bloc Fattah (pro-iranien)

  • Irak : Les manifestants contre les résultats des élections bloquent la "zone verte" de Bagdad

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    Des centaines de manifestants qui rejettent les résultats des élections parlementaires ont bloqué les entrées de la "zone verte", dans le centre de Bagdad. Vidéo.

    La « zone verte » fortement fortifiée abrite des bâtiments gouvernementaux, le parlement et des missions diplomatiques, y compris l'ambassade des États-Unis.

    Une source de sécurité irakienne a déclaré : « Des centaines de manifestants se sont avancés vers les portes de la zone verte, et ont empêché tout mouvement d'entrée et de sortie de cette zone. Les manifestants entendaient peser sur la décision du Tribunal fédéral spécial chargé d'examiner les poursuites demandant l'annulation des résultats de les élections qui ont eu lieu le 10 octobre 2021.

    La source, qui a requis l'anonymat, a indiqué que « des renforts militaires importants étaient arrivés aux entrées de la Zone verte et se sont déployés autour de la place, en prévision d'une tentative des manifestants de la prendre d'assaut.

    Le 4 décembre, le chef de la coalition al-Fatah, Hadi Al-Amiri, a annoncé avoir déposé une plainte devant le Tribunal fédéral pour faire annuler les résultats des élections. Il a déclaré lui avoir fourni  des preuves techniques et juridiques des irrégularités dans le processus de vote.

    Des dirigeants de l'Alliance al-Fatah ont expliqué en conférence de presse les raisons de leur plainte, détaillant des ratés survenus lors du vote. Citant des rapports d'expertise d'une entreprise allemande commandités par la commission électorale pour évaluer le déroulé du vote, ils ont rappelé que les empreintes digitales de nombreux électeurs n'ont pas pu être reconnues durant le vote électronique. Ils ont également pointé du doigt les défaillances d'un appareil électronique utilisé pour le vote, le C-1000. 

    La coalition al-Fatah est considérée comme le parapluie politique des factions armées irakiennes pro-iraniennes qui sont les plus grands perdants des élections législatives. 

    Selon les résultats, le bloc sadriste est arrivé en tête des élections avec 73 sièges sur 329, suivi par l'Alliance du progrès avec 37 sièges, la coalition État de droit avec 33 sièges et le Parti démocratique du Kurdistan avec 31 sièges. La coalition al-Fatah n'a obtenu que 17 sièges alors qu'elle en avait 48 aux élections de 2018.

    Dernière nouvelle : La plus haute instance judiciaire refuse d'annuler les résultats des législatives
    La Cour suprême fédérale, plus haute instance constitutionnelle d'Irak, a rejeté lundi 27 décembre 2021 une plainte déposée par la coalition al-Fatah, qui regroupe les groupes paramilitaires du Hachd al-Chaabi pour annuler les résultats des dernières élections législatives.

    "Le tribunal fédéral a décidé de rejeter la plainte visant à ne pas faire entériner les résultats définitifs des élections et faire assumer les frais (de l'affaire) au plaignant", a indiqué le juge Jassem Mohamed Aboud en lisant le verdict. "Le verdict est contraignant pour toutes les autorités."

    Cela ne signifie pas encore que le tribunal a officiellement entériné les résultats des élections législatives, a souligné un des avocats de la commission électorale, présent à l'audience lundi. Il a précisé qu'une autre décision doit encore être prise pour annoncer officiellement que les résultats ont été entérinés.

    Malgré son échec, le Hachd al-Chaabi reste un acteur politique incontournable, fort du soutien de l'Iran et de ses 160.000 combattants intégrés aux forces régulières.

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  • Irak : L'imam Moqtada Sadr dissout la "Brigade du Jour Promis" après son appel aux milices à remettre leurs armes

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    Muqtada-al-Sadr.jpgLe chef du mouvement sadriste en Irak, Moqtada Sadr (photo ci-contre), a annoncé vendredi 19 novembre 2021, la dissolution de la milice « Brigade du Jour Promis », qui a été décrite comme l'unité d'élite de son mouvement « l'Armée du Mahdi », exprimant son espoir que cette étape marquerait le début de la dissolution du reste des milices armées du pays.

    La décision de Moqtada Sadr est intervenue moins de 24 heures après avoir appelé les factions chiites armées fidèles à l'Iran à se dissoudre si elles voulaient rejoindre le prochain gouvernement.

    Le leader chiite, grand vainqueur des dernières élections, a déclaré dans un tweet que la décision de dissoudre la "Brigade du Jour Promis" et de fermer son siège était un "geste de bonne volonté", appelant les militants de la faction à remettre leurs armes dans les 48 heures.

    Moqtada Sadr a exprimé son espoir que cette étape constituerait "le début de la dissolution des factions armées, de la remise de leurs armes et de la fermeture de leur quartier général".

    Sadr avait appelé les factions chiites armées irakiennes fidèles à l'Iran à se dissoudre si elles voulaient rejoindre son prochain gouvernement, et avait également exigé qu'elles remettent leurs armes aux Forces de mobilisation populaire (Hashd al-Chaabi), qui sont affiliées au gouvernement.

    Moqtada Sadr a demandé aux Forces de mobilisation populaire de "purifier" leurs rangs des "éléments indisciplinés" et de remettre les "individus corrompus" à la justice.

    Il a également réitéré son affirmation de former un "gouvernement politique majoritaire", dans un message clair à ses opposants, dans lequel il les a également appelés à reconnaître leur défaite aux élections.

    L'Alliance Fattah, un puissant allié de Téhéran, n'a remporté qu'une quinzaine de sièges aux élections, selon les résultats préliminaires, après avoir été la deuxième force du parlement précédent avec 48 sièges.

    Les dirigeants de l'Alliance Fattah ont condamné la "fraude" dans le processus électoral, et leurs partisans, qui représentent des factions pro-iraniennes au sein des Forces de mobilisation populaire (Hashd al-Chaabi), ont organisé un sit-in devant les entrées de la "zone verte".

     

     

  • Irak : Le leader chiite Al-Sadr crie victoire aux élections législatives

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    Sadr Moqtada.jpgLe théologien nationaliste chiite Moqtada al-Sadr (photo ci-contre) a annoncé sa victoire aux élections législatives qui ont eu lieu le 10 octobre, malgré le fait que les résultats officiels du vote n'aient pas encore été publiés.

    Dans une allocution télévisée, al-Sadr a déclaré que le gouvernement qui devrait être formé avec sa participation chercherait le retrait de toutes les troupes étrangères d'Irak. "Nous accueillons toutes les ambassades qui n'interfèrent pas dans les affaires intérieures de l'Irak", a-t-il ajouté, exhortant ses partisans à s'abstenir de tirer lors de la célébration de la victoire.

    Selon des données non officielles, les sadristes ont remporté 73 des 329 sièges du parlement irakien. Par rapport aux élections de 2018, leur représentation a augmenté de 19 mandats. En deuxième position se trouve le mouvement dirigé par l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki. Le bloc pro-iranien "Fattah" arrive en troisième position.

    Le boycott l'emporte
    Seuls 41 % des Irakiens ayant le droit de vote ont participé aux élections législatives en Irak. Le faible taux de participation record était le résultat d'un boycott par de nombreux mouvements politiques.

    Dans la capitale irakienne Bagdad, un peu plus de 30% des électeurs ont participé au vote. La passivité est une manifestation de la méfiance à l'égard de l'ensemble du système politique, la conviction que les élections ne sont pas capables de changer la situation dans un pays en proie à la corruption.

    Les résultats des élections devraient être annoncés dans les prochaines heures. Alors l'une des principales interrogations du scrutin sera résolue : qui deviendra la principale force politique de la rue chiite où les partisans nationalistes de Moqtada Sadr s'opposent au bloc pro-iranien du Fattah.

    Les pro-Iraniens parlent de fraude
    Parallèlement, d'éminents représentants des forces chiites fidèles à l'Iran ont une"manipulation" et des "fraudes" dans les résultats du processus électoral, ce qui augure de négociations difficiles entre les blocs politiques cherchant à dominer un parlement fragmenté.

    Abu Ali al-Askari, porte-parole du Kata'ib Hezbollah, l'une des factions chiites pro-iraniennes les plus influentes, a annoncé lundi dans un communiqué que "ce qui s'est passé lors des élections représente la plus grande fraude et tromperie du peuple irakien dans l'histoire moderne."

    L'alliance al-Fattah a annoncé, mardi soir 12 octobre, qu'elle rejetait les résultats préliminaires annoncés par la Commission électorale.

    Cependant, malgré leur défaite, le courant politique allié à l'Iran reste un acteur incontournable de la scène politique irakienne. Dans un pays où une forte division politique caractérise la scène, le jeu politique ne se limite pas aux couloirs du Parlement, mais la rue a son mot à dire, les grands partis détenant une carte de pression représentée par leurs factions armées.

    La défaite des pro-iraniens n'est pas une surprise
    La baisse de popularité des forces fidèles à l'Iran ne surprend pas les observateurs. La colère contre les forces pro-iraniennes s'était intensifiée, notamment après la répression sanglante des manifestations de "Tishreen" en 2019. Les manifestants ont accusé les "groupes armés" chiites pro-iraniens d'être intervenus pour mater les manifestations.