Ben Salmane Khaled (ministre de la défense)

  • Arabie saoudite : Interception d'un drone des houthis, poursuite des combats à Ma'rib, au Yémen

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    Un drone armé, tiré par les rebelles Houthis du Yémen en direction de l'Arabie saoudite, a été intercepté jeudi matin, a annoncé la coalition militaire menée par Riyad, tandis que les combats se poursuivaient à Ma'rib, au Yémen, entre loyalistes et rebelles chiites houthis. 

    Le drone visait la ville garnison de Khamis Mushait, dans le sud de l'Arabie saoudite, qui abrite une importante base aérienne. Il a été détruit avant d'atteindre son objectif, a indiqué Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition, cité par l'agence officielle saoudienne SPA.

    Un tir groupé de drones a visé mercredi l'aéroport international d'Abha, dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite. La coalition a affirmé que l'attaque avait endommagé un avion commercial. Les houthis ont soutenu avoir visé des "objectifs militaires" sur l'aéroport.

    Hicham Charaf, "ministre" des Affaires étrangères des houthis, a affirmé mardi que les attaques en Arabie saoudite étaient en riposte aux raids aériens de la coalition.

    Les Etats-Unis ont exhorté les rebelles à "cesser immédiatement leurs agressions", après avoir demandé lundi "la fin de toute nouvelle offensive militaire au Yémen". Tim Lenderking, émissaire au Yémen du président américain Joe Biden, a été reçu mercredi soir à Riyad avec l'émissaire de l'ONU au Yémen Martin Griffiths par le prince Khaled ben Salmane, vice-ministre de la Défense chargé du dossier yéménite. Washington a annoncé il y a quelques jours la fin de son soutien aux opérations militaires de la coalition au Yémen, a retiré les Houthis de sa liste des organisations qualifiées de "terroristes" tout en réaffirmant son engagement à aider les Saoudiens à défendre leur territoire.

    Par ailleurs, au Yémen, des combats se sont encore déroulés mercredi près de la ville de Ma'rib, autour d'un camp militaire du gouvernement, a précisé à l'AFP un commandant loyaliste, indiquant qu'ils ont fait quinze morts côté loyaliste et 23 morts côté rebelles. Le camp Koufel "a été pris par les houthis mais ils ont été délogés sous la pression des raids aériens" - une dizaine mercredi -, a-t-il déclaré. Selon lui, la perte de ce camp couperait une importante route d'approvisionnement des forces du gouvernement qui ont reçu des renforts de la province voisine de Chabwa.

    La guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, selon des organisations internationales. Elle a provoqué la pire crise humanitaire actuellement dans le monde, d'après l'ONU. Les houthis sont soutenus par l'Iran chiite, rival régional de l'Arabie saoudite sunnite

  • Yémen : Les séparatistes sudistes renoncent à leur autonomie

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    Les séparatistes du sud du Yémen ont annoncé mercredi renoncer à leur autonomie et se sont dit prêts à mettre en oeuvre l'accord de Riyad, qui prévoit un partage du pouvoir dans le sud entre le gouvernement et eux.
    Le Conseil de transition du sud (STC) "annonce qu'il renonce à sa déclaration d'autonomie" afin de permettre la mise en place de l'accord de Riyad, a écrit sur Twitter le porte-parole du STC, Nizar Haitham, évoquant le rôle joué par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.
    Le gouvernement soutenu par l'Arabie saoudite et le Conseil de transition du Sud soutenu par les Émirats arabes unis sont en théorie des alliés dans la lutte contre les rebelles chiites Houthis soutenus par l'Iran. Cependant, cette alliance était extrêmement volatile.
    Les séparatistes sudistes ont capturé Aden une première fois en janvier 2018 et une deuxième fois en août 2019. Les tentatives de résolution du conflit ont conduit à la signature des accords de Riyad, qui prévoyaient la création d'organes gouvernementaux unifiés.
    L'Arabie saoudite a confirmé avoir proposé un plan pour "accélérer" la mise en oeuvre de l'accord de Riyad de 2019, a commenté l'agence de presse officielle saoudienne. Le plan prévoit que le Premier ministre yéménite forme un nouveau gouvernement d'ici à 30 jours, ainsi que la nomination d'un nouveau gouverneur à Aden, la capitale du sud, où sont basés les séparatistes.
    Les efforts de l'Arabie saoudite "ont conduit le gouvernement yéménite et le Conseil de transition du sud à accepter le mécanisme proposé pour mettre en oeuvre l'accord de Riyad", s'est félicité le vice-ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, sur Twitter. L'obtention de ce consensus "montre qu'il est possible de résoudre les dissensions au Yémen à travers le dialogue, sans recours à la force", a ajouté le prince saoudien.
    Guerre dans la guerre
    Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, exilé en Arabie saoudite, avait exhorté fin juin les séparatistes à "mettre fin à l'effusion de sang" et à respecter un accord de partage du pouvoir, lors de sa première prise de parole depuis leur déclaration d'autonomie du sud en avril.
    Le conflit entre le gouvernement et les séparatistes du STC, en principe alliés contre les rebelles houthis, représentait une guerre dans la guerre au Yémen.
    L'accord dit "de Riyad" a été signé en novembre 2019 et prévoit un partage du pouvoir dans le sud du Yémen entre le gouvernement et les séparatistes. Mais ses dispositions n'ont quasiment pas été mises en place et ont vite été caduques.
    Fin juin, la coalition militaire menée par Riyad au Yémen avait déployé des observateurs saoudiens pour surveiller un cessez-le-feu décrété entre les forces pro-gouvernementales, qu'elle soutient, et les combattants séparatistes, après des accrochages dans le Sud.
    Cette guerre dans la guerre a rendu encore plus complexe un conflit qui, en cinq ans, a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué, selon l'ONU, la pire crise humanitaire en cours dans le monde au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique.
    L'insécurité alimentaire aiguë devrait fortement augmenter dans le sud du Yémen, pays ravagé par la guerre, en raison d'une combinaison de facteurs qui ont été exacerbés par la maladie de Covid-19, selon un rapport de plusieurs agences de l'ONU publié il y a quelques jours. Selon ce document, qui ne couvre que les régions du sud du Yémen, le nombre de personnes "confrontées à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire aiguë" devrait passer de 2 millions en février-avril à 3,2 millions en juillet-décembre, soit une augmentation de 60%.