Ben Dagher Ahmed (ancien premier ministre)

  • Yémen : Les Frères musulmans à la recherche d'un gain politique

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    La survie du gouvernement unitaire yéménite, mis en place dans le cadre de l'Accord de Riyad, risque d'être menacée par l'absence de mécanismes clairs, ce qui pourrait permettre à d'autres acteurs, dont les Frères musulmans, de compromettre la stabilité de l'organe nouvellement créé.
     
    Le quotidien al-Arab affirme que les Frères musulmans tentent, une fois de plus, d'obtenir au niveau politique des résultats qu'ils n'ont pas pu atteindre, jusqu'à présent, sur le champ de bataille, en tirant parti des faiblesses du nouvel exécutif. Pour comprendre les raisons de ces hypothèses, il est fait référence aux objections qui ont caractérisé les dernières décisions prises unilatéralement par le chef de l'Etat, Rabbo Mansour Hadi, et, plus précisément, la nomination de personnalités à des postes importants. Il s’agit notamment de la nomination d’un ancien Premier ministre, Ahmed Obeid bin Daghr, à la tête du Conseil de la Choura, et d’Ahmed Saleh al-Musai au poste de procureur général. Le Conseil de la Choura est une deuxième chambre parlementaire, dont les membres sont nommés «parmi ceux qui ont l'expérience et l'expertise». Selon al-Arab,
     
    Or,selon al-Arab, Bin Daghr a été démis de ses fonctions en 2018 à la suite d'allégations de mauvaise gestion. Enfin, rapporte le journal, une enquête a également été ouverte à son encontre, mais on ne sait pas quels résultats elle a obtenus. En ce qui concerne al-Musai, celui-ci est le chef du parti islamiste al-Islah, et a été accusé d'avoir participé aux projets de la Fraternité de prendre le contrôle de la capitale provisoire Aden.
     
    Suite aux récentes nominations, plusieurs acteurs du paysage politique yéménite, dont le Parti socialiste et l'Organisation unioniste nassérienne, ont exprimé leur opposition le 16 janvier, déclarant que la décision de Hadi représentait "une violation flagrante de la Constitution et de la loi sur l'autorité judiciaire », et enfreint les principes qui sous-tendent l'accord de gouvernement unitaire. Pour cette raison, le président a été invité à revenir sur ses pas et à s'engager dans un véritable partenariat, dans le respect de l'esprit de l'accord de Riyad, sans agir unilatéralement.
     
    Comme l'explique al-Arab, l'opposition, également manifestée par certains membres du Conseil de transition du sud (CTS) et d'autres représentants de la soi-disant légitimité, est en fait justifiée par la crainte que Hadi ne soit subjugué par les nouveaux membres de son entourage. et, par-dessus tout, par les représentants d'al-Islah qui cherchent à réaliser politiquement ce qu'ils ne peuvent plus accomplir par la force des armes.
     
    Pour le Conseil de transition du sud, le comportement de Hadi, qui a agi de sa propre initiative, risque de faire échouer l'accord signé à Riyad le 5 novembre 2019, et qui a conduit, le 18 décembre 2020, à la formation d'un nouveau exécutif partagé à parts égales entre le nord et le sud du Yémen. De plus, pour le CTS, le risque est que des décisions prises unilatéralement conduisent à des déséquilibres au sein de l'équipe gouvernementale, en faveur du parti islamiste. Selon des membres du CTS, la nomination d'un dirigeant d'al-Islah comme procureur général pourrait également conduire les Frères musulmans à prendre le contrôle d'autres institutions, telles que le ministère de la Justice, la Cour suprême et le ministère des Affaires juridiques et des droits de l'homme. pour pouvoir agir selon leurs propres intérêts. 
     
    Dans ce contexte, ce qui s'est passé le 16 janvier a mis en évidence comment un désaccord sur les mécanismes de nomination des responsables de la «légitimité» peut compromettre la stabilité du nouveau gouvernement et cela, a expliqué un membre du CTS, pourrait favoriser les milices de rebelles chiites. Houthi et les "terroristes", qui espèrent qu'un faux pas frappe une structure et un organisme apparemment solides. En outre, des désaccords internes pourraient entraîner un ralentissement des décisions nécessaires pour améliorer les conditions de vie de la population yéménite.
     
    Comme l'a rapporté à plusieurs reprises le journal al-Arab, les Frères musulmans du Yémen, représentés par les partis al-Islah et Tayyar Doha, sont soutenus par l'axe turco-qatari, qui, à travers ces mouvements politiques yéménites, a précédemment lancé une campagne contre la soi-disant «légitimité» représentée par le gouvernement yéménite et la coalition dirigée par l'Arabie saoudite. Le but de l'alliance soutenue par la Turquie et le Qatar est de former une large coalition qui regrouperait les Frères musulmans et les rebelles chiites houthis, ces derniers soutenus par l'Iran..

  • YEMEN : Situation extrêmement dangereuse à Aden avec de forts risques d'internationalisation

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         FRONTLIVE CHRONO
          Dimanche 28 janvier 2018

    Situation extrêmement dangereuse à Aden où les indépendantistes sudistes se sont emparés d'une bonne partie de la ville, fragilisant un peu plus un camp gouvernemental (seul reconnu par la communauté internationale) incapable de venir à bout de la rébellion chiite des Houthis. Qui contrôle Aden contrôle la circulation maritime sur la mer rouge. A noter qu'al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQAP), considérée comme la branche d'al-Qaïda la plus dangereuse, et des réseaux de l'Etat islamique sont très présents à Aden. Une situation que tous les décideurs politiques doivent suivre avec la plus grande attention.
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    Jean René Belliard
     
     
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  • Yémen : L'ex-président Ali Abdallah Saleh a été tué par les chiites houthis

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