Beaune Clément

  • France : Paris agite le chantage aux visas envers les pays d'origine des migrants clandestins

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    La France envisage une réduction "ciblée" du nombre de visas attribués aux pays qui rechignent à reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière, notamment ceux soupçonnés de radicalisation.

    "Il faut dire à ces pays qu'ils doivent reprendre les personnes qui sont identifiées comme leurs ressortissants", a déclaré le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, dans l'émission "Le Grand Rendez-vous" sur la radio Europe 1. "Nous avons des leviers pour le faire, par exemple les visas (...) en ciblant des responsables politiques, des responsables économiques. Oui, c'est un des leviers que le président de la République, que le ministre de l'Intérieur envisagent", a-t-il ajouté.

    La question des expulsions a pris un tour particulièrement aigu en France après les derniers attentats jihadistes perpétrés sur son sol, notamment celui de Nice fin octobre commis par un Tunisien fraîchement arrivé en Europe. En tournée dernièrement dans les pays du Maghreb, le ministre français de l'Intérieur Gérard Darmanin leur a présenté une liste de ressortissants en situation irrégulière et soupçonnés de radicalisation, que la France souhaite expulser.

    Clément Beaune a insisté sur la nécessité d'une action concertée avec les autres pays européens, notamment de l'espace Schengen, pour une meilleure efficacité. "A un moment il faut être concret, efficace (...) On respecte nos partenaires mais en Européens, avec nos partenaires européens, on doit mettre cette pression", a-t-il relevé. "Là aussi il faut sortir de la naïveté, il faut passer par une action européenne parce que nous sommes plus forts dans ces pressions", a-t-il martelé.

    Selon le ministère français de l'Intérieur, la France compte 231 étrangers en situation irrégulière suivis pour "radicalisation", dont une soixantaine de Tunisiens, autant de Marocains et un peu plus d'Algériens, et a fait de leur expulsion une priorité. Le sujet fait polémique dans les pays concernés, notamment en Tunisie où la possibilité d'un retour au pays de Tunisiens ayant rejoint des groupes jihadistes en Syrie avait déclenché des manifestations hostiles en 2016.

  • France : Paris évoque de "possibles sanctions économiques" sectorielles contre la Turquie

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    La France a évoqué dimanche de "possibles sanctions économiques" sectorielles de l'Union Européenne contre la Turquie, déplorant son "islamisme agressif" aux portes de l'Europe.

    "Des sanctions dans certains secteurs économiques, c'est une possibilité", a déclaré le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune dans l'émission "Le Grand Rendez-vous" de la radio Europe 1 et du quotidien Les Echos. "Toutes les options sont sur la table", y compris les sanctions individuelles, a-t-il ajouté, en rappelant celles déjà prises envers certains responsables turcs pour des forages gaziers contestés en Méditerranée. "Vous évoquez l'Union douanière, je ne crois pas que ce soit (l'option) la plus efficace", a-t-il en revanche souligné en référence à des informations de presse sur une possible suppression de l'union douanière entre l'UE et la Turquie.

    Après une série de contentieux, l'Union européenne a condamné fin octobre les provocations "totalement inacceptables" d'Ankara mais renvoyé à son sommet de décembre toute prise de décision sur d'éventuelles sanctions.

    "Nous avions donné une chance au dernier sommet européen à la Turquie qui avait donné de petits signaux d'apaisement (...) Maintenant elle a choisi la voie encore une fois de la provocation et de l'agressivité systématiques", a estimé Clément Beaune. "Nous irons plus loin certainement", a-t-il martelé.

    Les tensions et les contentieux se sont multipliés entre l'UE et la Turquie, notamment en Méditerranée orientale où la découverte de vastes gisements gaziers aiguise les appétits. Dernièrement, la Turquie a apporté un soutien majeur à l'Azerbaïdjan face à l'Arménie dans le conflit du Nagorny Karabakh. Elle a aussi appelé à boycotter les produits français après le soutien exprimé par le président Emmanuel Macron au droit à la caricature au nom de la liberté d'expression, après la décapitation le 16 octobre par un islamiste d'un enseignant français qui avait montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet.

    "Pendant 10 ou 15 ans, on a pensé que la Turquie était une sympathique démocratie-chrétienne à l'orientale avec une modernisation qui se ferait progressivement", a déclaré Clément Beaune. "Ca n'est pas cela. C'est un islamisme agressif culturellement, géo-politiquement, dans tous les domaines. On l'a vu encore dans le Haut Karabakh ces derniers jours et donc il ne faut avoir aucune naïveté", a-t-il insisté. "Non la France n'est pas seule face à la Turquie (...) Aujourd'hui aucun pays européen n'a plus d'illusions sur ce que sont M. Erdogan et son régime", a-t-il assuré.

  • Union Européenne: Visio-conférence mardi sur une réponse européenne contre le terrorisme - Kurz à Paris

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    La France, l'Autriche, l'Allemagne et l'UE tiendront mardi 10 novembre un mini-sommet virtuel sur la réponse européenne à la menace terroriste, juste après une rencontre à Paris entre Emmanuel Macron et le chancelier autrichien Sebastian Kurz, a annoncé l'Elysée.

    Cette visioconférence, organisée une semaine après l'attentat jihadiste de Vienne et après celui de Nice et la décapitation de l'instituteur Samuel Paty en France en octobre, réunira Emmanuel Macron et Sebastian Kurz à Paris, la chancelière Angela Merkel à Berlin ainsi que le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à Bruxelles. Elle sera suivie d'une conférence de presse commune, a précisé la présidence française.

    Lundi dernier, un sympathisant de l'Etat islamique a ouvert le feu dans le centre de Vienne, faisant quatre morts, dans la première attaque de ce type depuis des décennies en Autriche. Elle s'inscrivait dans le contexte d'un regain de menaces jihadistes depuis la republication en France par l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo des caricatures de Mahomet.

    Charles Michel et Clément Beaune, secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, étaient tous deux attendus à Vienne lundi afin de rendre un hommage aux victimes de l'attentat.

    Ils devaient aussi discuter dès lundi avec M. Kurz de "la réponse européenne au terrorisme, notamment le renforcement des contrôles aux frontières extérieures européennes, le traité de Schengen et la lutte contre la haine en ligne au niveau européen", selon l'ambassade de France en Autriche.

    Jeudi, Emmanuel Macron a déjà annoncé vouloir doubler les forces de contrôles aux frontières françaises et a appelé à "refonder" "en profondeur" les règles régissant l'espace Schengen de libre circulation en Europe, estimant que la lutte contre l'immigration clandestine fait partie de la lutte contre le terrorisme.

    Le président français compte présenter de premières propositions en ce sens au Conseil européen de décembre, avec l'objectif "d'aboutir sous la présidence française", au premier semestre 2022.

  • France/Turquie : "Une volonté de déstabilisation" venant de Turquie, dénonce un ministre français

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    Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes a dénoncé dimanche "une volonté de déstabilisation" de la part du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui "se présente en protecteur des musulmans de façon complètement instrumentalisée".

    Interrogé dans l'émission radio Forum Radio J, Clément Beaune a appelé à cesser d'être "naïfs" à l'égard de la Turquie comme "on l'a été en Europe ces 15 dernières années". Selon lui, "ce n'est pas un hasard s'il n'y a pas eu de condamnation officielle" d'Ankara après l'attentat "immonde" contre un professeur de collège près de Paris, le 16 octobre, pris pour cible pour avoir montré des caricatures de Mahomet. M. Erdogan cherche, a estimé M. Beaune, à "instrumentaliser un événement dramatique pour dire : +la France se bat contre les Musulmans+, pour confondre Islam et islamisme". En Europe, "on a cru que le parti AKP de M. Erdogan c'était une forme d'islamisme politique modéré. L'islamisme politique à visage humain, ça n'existe pas", a ajouté M. Beaune.

    Face à des "insultes" proférées par le président turc à l'adresse d'Emmanuel Macron, M. Beaune a souligné qu'il fallait réagir "avec fermeté", comme cela a été fait avec le rappel "pour consultation" de l'ambassadeur de France en Turquie, "un geste rare" dont il faut "mesurer la solennité et la gravité". "Nous sommes une démocratie, un Etat de droit, nous ne réagirons pas par l'insulte et la calomnie mais par la fermeté la plus grande", a ajouté le secrétaire d'Etat, et ancien conseiller du président Macron aux questions européennes.

    Pour M. Beaune, les déclarations "agressives" de M. Erdogan ne sont pas surprenantes outre mesure. "La Turquie mène une stratégie politique, offensive, agressive, provocatrice tous azimuts", a poursuivi M. Beaune, en citant les tensions avec la Grèce en Méditerranée orientale, "son soutien" à l'Azerbaïdjan dans le conflit du Nagorny Karabakh, "son influence" en Bosnie, sa stratégie en Syrie et en Libye. Il a dénoncé "une influence turque délétère" que l'on "voit aussi dans nos sociétés, par des associations, des réseaux sociaux". Selon lui, M. Erdogan cherche à "entretenir une ambiguïté destructrice, en confondant la lutte contre l'islamisme que nous menons sans relâche et une lutte supposée qui n'existe pas contre l'Islam et les musulmans".

    En réaction aux appels au boycott de produits français dans certains pays arabes (Qatar, Koweït, Jordanie) et aux photos de M. Macron brûlées samedi à Gaza, M. Beaune a souligné qu'il faut voir si cela vient de "gouvernements organisés ou si ce sont des appels associatifs ciblés". "Cela ne doit que conforter notre détermination à continuer, nous ne renoncerons pas" à publier les caricatures de Mahomet et à défendre la liberté d'expression, a-t-il dit. "C'est notre modèle, c'est un combat culturel" face à des "projets d'intimidation contre l'émancipation, contre les Lumières".