Bashaga Fathi (ministre de l'intérieur du GNA)

  • Libye : Le ministre de l'Intérieur sort indemne d'une tentative d'assassinat

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    Bashaga Fathi.jpgLe puissant ministre de l'Intérieur libyen, Fathi Bachagha, est sorti indemne dimanche d'une tentative d'assassinat près de Tripoli, selon son entourage, une attaque qui fait craindre une reprise des violences en plein effort pour une transition politique.

    M. Bachagha fait partie du Gouvernement d'union nationale (GNA) sortant de Fayez al-Sarraj, basé dans la capitale Tripoli et reconnu par l'ONU. Il était fortement pressenti pour occuper le poste de Premier ministre par intérim, finalement revenu le 5 février à Abdel Hamid Dbeibah, dans le cadre d'un processus politique parrainé par l'ONU.

    Le convoi de M. Bachagha a été la cible de balles tirées à partir d'une voiture blindée à Janzour, à une douzaine de kilomètres de Tripoli, a indiqué son entourage. "L'escorte de police qui suivait le ministre a riposté. Un assaillant a été tué, deux autres arrêtés. Un garde du corps de Bachagha a été blessé au cours de l'affrontement lors de la tentative d'assassinat. Le ministre va bien." M. Bachagha, un poids lourd de la politique locale, revenait d'une visite de routine au siège d'une nouvelle unité de sécurité qui dépend de son ministère, d'après la même source.

    Vidéo de l'attaque - La vidéo montre l'assaillant abattu

    Désigné en 2018 ministre de l'Intérieur, ce cacique de 58 ans a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, tout en menant une diplomatie active. Dix ans après le soulèvement appuyé par l'OTAN qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est toujours minée par les luttes de pouvoir, divisée entre deux autorités rivales, sur fond d'ingérences étrangères. Le GNA à Tripoli et des autorités parallèles dans l'Est liées à l'homme fort Khalifa Haftar.
    EuwZzYbWQAclIW_.jpegSécurité précaire 
    Le 23 octobre, les deux camps rivaux avaient signé un accord de cessez-le-feu permanent avec "effet immédiat", après des discussions à Genève sous l'égide de l'ONU. Le 5 février, outre le Premier ministre par intérim, un Conseil présidentiel transitoire de trois membres a été désigné par un forum politique libyen en Suisse, pour assurer la transition dans l'attente d'élections annoncées pour décembre.

    Mais la tentative d'assassinat est venue rappeler que la situation sécuritaire reste précaire. Elle survient également alors qu'une relance du dialogue politique a ravivé les espoirs d'une fin des divisions et des violences.

    Le 17 février, les Libyens ont célébré à Tripoli et d'autres régions de l'ouest du pays le 10e anniversaire du début de la révolution ayant renversé le régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Les autorités de l'Est, région contrôlée par le maréchal Haftar, n'ont tenu aucune célébration, pas même à Benghazi, berceau de la révolution et deuxième ville du pays.

    Les ingérences étrangères ont aidé à alimenter l'animosité et les violences. Le GNA, installé en 2016 à Tripoli au terme d'un fragile processus onusien, est appuyé par la Turquie. Son rival, pouvoir incarné par Khalifa Haftar et implanté en Cyrénaïque (est), est soutenu par les Emirats arabes unis, l'Egypte et la Russie.

    Les Libyens sont eux appauvris, privés notamment des revenus des plus importantes réserves d'or noir d'Afrique. Leur quotidien est ponctué de pénuries de liquidités et d'essence, de coupures d'électricité, avec une inflation galopante.

  • Libye : "Les Kadhafistes sont de retour"...Seif el-Islam, avec l'appui de la Russie

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    Les sympathisants du Régime libyen déchu ambitionnent de retourner à nouveau au pouvoir par le biais de la réconciliation nationale et les élections présidentielle et législatives, prévues à la fin de l'année 2021 et ce, dix ans après le renversement du Régime de Mouammar Kadhafi.

    Bien que ce scénario soit peu probable, il n'en demeure pas moins que les sympathisants de Kadhafi ne dissimulent pas leur volonté de présenter la candidature de Seif el-Islam, fils de Mouammar Kadhafi, à la prochaine Présidentielle avec un soutien russe et tribal, d'autant plus que le cousin de Kadhafi, Ahmed Kadhaf al-Dam dispose toujours d'une « fortune » qui lui permet de financer le projet de retour au pouvoir.

    Première participation des sympathisants de Kadhafi au Dialogue
    Contrairement à l'Accord de Skhirat au Maroc, à la fin de l’année 2015, qui avait exclu les sympathisants de Kadhafi du Dialogue, la Mission onusienne a accepté, avec la pression de la Russie, de les faire participer au Forum de Dialogue politique, qui a démarré en Tunisie, au mois de novembre dernier.

    Mieux encore, Omar Abou Cherida, un des dirigeants loyaux à Seif el-Islam Kadhafi, s'est porté candidat aux élections du Conseil présidentiel, représentant la région du Fezzan et a obtenu 5 voix sur un total de 14 votants au premier round.

    Abou Cherida a occupé la deuxième place au premier round au niveau du la région du Fezzan (sud), distancé d’une seule voix par Abdelmajid Seif Ennasr, et devançant Moussa Kouni qui n'a obtenu que deux voix, mais qui a remporté au troisième round le siège de Fezzan au Conseil présidentiel.

    Abou Cherida s’est allié au deuxième round avec Chérif el-Wafi (candidat à la Présidence du Conseil présidentiel) et Mohamed al-Montassar (candidat à la Présidence du gouvernement) et Abdallah Balaazi (candidat au Conseil présidentiel). Ils ont obtenu 15 voix sur un total de 73 votants, occupant ainsi une 3ème place éliminatoire au dernier round.

    Un franc soutien russe
    La Russie est quasiment le seul pays qui a reçu, à titre officiel et public, des représentants de ce qu'elle a appelé « Le Mouvement de Seif el-Islam Kadhafi ». La délégation était conduite par Abou Cherida, qui s'est porté candidat par la suite au Conseil présidentiel.

    Le 15 janvier dernier, le site « Russia Today » (public) a rapporté un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères dans lequel il était écrit que « l'émissaire spécial du président russe pour la région du Moyen-Orient et en Afrique, Mickaël Bogdanov, a reçu Mefteh al-Werfelli et Omar Abou Cherida, représentants du Mouvement de Seif el-Islam Kadhafi.

    Quelques jours auparavant, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Verchinine avait mis l'accent sur la nécessité d'associer les sympathisants de Mouammar Kadhafi au Dialogue national inter-libyen.

    Rappelons que Mouammar Kadhafi était un proche allié de Moscou en Afrique du Nord et avec son départ, la Russie a perdu de son influence ainsi que d’importants marchés d'armes. Son fils Seif el-Islam est en mesure de redorer le blason de cette relation s'il parvient à accéder au pouvoir avec l'aide de Moscou.

    Dbaibah balisera-t-il la voie au retour de Seif el-Islam?
    Le Chef du gouvernement libyen désigné, Abdulhamid Dbeibah ne s'oppose pas à la candidature de Seif el-Islam à la Présidentielle, selon des déclarations antérieures faites au magazine français « Jeune Afrique » en 2018.

    De plus, ses récentes déclarations confirment son soutien à la réconciliation entre tous les Libyens, ce qui donne l'occasion aux sympathisants de Kadhafi de jouer un rôle politique plus important en cette phase transitoire, au lieu de s’engager, à nouveau, aux aventures militaires du général putschiste Khalifa Haftar.

    D'autres parties parient sur le fait que le Courant « La Libye de l’Avenir » que conduit Dbeibah n’est que le prolongement du projet « La Libye de demain » lancé par Seif el-Islam en 2006. A l'époque, Dbeibah était l'un des points cardinaux de ce plan de réforme du régime de l'Intérieur et qui visait à développer le pays.

    Ayant occupé plusieurs postes, dont celui de Directeur général de la Compagnie d'Investissement national intérieur et de président du Conseil d'administration d'une holding qui compte 15 entreprises internationales dans le domaine du développement ainsi que celui de président du Conseil d'administration de la Compagnie libyenne pour le développement et l'investissement, Dbeibah est considéré comme faisant partie du premier cercle proche de Seif el-Islam.

    Toutefois, Dbelbah a adhéré à la Révolution après son enclenchement, le 17 février 2011, et a, ensuite, contribué au financement des forces du gouvernement libyen pour faire face aux milices de Haftar, ce qui a poussé la chambre des députés de Tobrouk à l'inscrire, en juin 2017, sur la liste des personnalités et des entités accusées de « terrorisme ».

    Le Chef du gouvernement désigné et bien qu'il ait annoncé sa dissension prématurée du Régime de Kadhafi, il n'en demeure pas moins qu'il reste un homme pragmatique qui favorise la réconciliation.

    Il n'est pas, d’ailleurs, exclu qu'il ait obtenu l'appui de parties considérées comme proches de l'ancien Régime, lors de l'ultime et décisif round du vote, qu'il a remporté avec Mohamed al-Manfi, contre la liste de Aguila Salah, Oussama Jouili et Fathi Bachagha.

    Sur la base de cela, il est attendu que les sympathisants de Seif el-Islam Kadhafi multiplient leurs activités au cours de la phase transitoire, dans le cadre du mouvement « Rachahnak » (Nous t’avons désigné candidat).

    Une condamnation à mort et un rêve de la Présidence
    Néanmoins, une série de d'obstacles d'ordre juridique empêche la candidature de Kadhafi fils à la Présidentielle du 24 décembre prochain.

    Seif el-Islam a été, en effet, condamné à mort par contumace, par un tribunal de Tripoli, mais ses sympathisants espèrent qu'il bénéficiera d'une amnistie générale dans le cadre d'une Réconciliation nationale.

    De plus, la Cour Pénale Internationale (CPI) réclame son extradition, étant accusé de crimes contre l'Humanité. A la fin de l'année 2019, la CPI a affirmé qu'il est encore dans la ville de Zenten (sud-ouest de Tripoli), bien que le régiment de « Abou Bakr al-Seddik », qui le séquestrait depuis 2011, avait annoncé sa libération en juin 2017.

    Depuis cette date, Seif el-Islam n'a pas été aperçu en public, à telle enseigne que le journal « Al-Ounwan » (Le Titre, proche de Haftar) avait rapporté qu'il était décédé après avoir été atteint de la tuberculose dans son lieu de détention, quelques jours avant l'annonce de sa libération.

    Cependant, ce qui met en doute cette hypothèse, est l’affirmation par deux chercheurs russes, emprisonnés par le gouvernement de l'Entente pendant deux ans, étant accusés d'espionnage, qu’ils ont rencontré Seif el-Islam plus d'une fois, selon des forces du gouvernement libyen qui menaient l’interrogatoire des deux russes.

    Cela atteste que Seif el-Islam est encore en vie, du moins jusqu'au mois de mai 2019. A défaut, Moscou ne se serait pas aventuré à accueillir des représentants du fils de Kadhafi, au début de l'année 2021.

    L'administration Biden maintient ses sanctions contre Seif el-Islam
    L’écoulement de dix ans, depuis le déclenchement de la Révolution libyenne, n’a pas intercédé en faveur de Seif el-Islam et de ses sympathisants, auprès de la nouvelle Administration américaine. Le président Biden a annoncé le 11 février courant avoir notifié au Congrès la décision portant prolongation, d’une année, des sanctions contre les fils et proches de Mouammar Kadhafi.

    Les sanctions américaines prises contre Seif el-Islam et ses sympathisants consistent en la prise de mesures pour empêcher « la mauvaise utilisation de leurs fonds et d’autres biens », ce qui est synonyme que la famille est dépourvue de ses soutiens financiers, estimés par certains médias à des milliards de dollars, ce que démentent les sympathisants de l’ancien Régime.

    Cette position américaine hostile à l’endroit de Seif el-Islam et de sa fratrie entrave son retour au pouvoir en dépit du soutien russe.

    Des médias libyens rapportent que des sympathisants de l'ancien Régime à Syrte et à Béni Walid ont procédé à la collecte de dons pour la construction de deux maisons, afin d'accueillir la famille de Kadhafi, qu’il s’agisse des membres qui sont en exil ou ceux qui sont en prison.

    La veuve de Kadhafi, Safia Ferkache, réside actuellement en Egypte et ses enfants Mohamed et Aicha sont au Sultanat d’Oman, tandis que Hannibal est détenu au Liban. Al-Saadi est emprisonné à Tripoli alors que Seif el-Islam est caché quelque part en Libye.

    Mais en décembre 2020, l'interdiction de voyage infligée à Safia, Mohamed et Aicha, par le Comité des Sanctions du Conseil de sécurité, a été provisoirement suspendue. Le ministère libyen de la Justice a salué cette décision, dans la mesure où ces 3 personnes ne sont pas impliquées dans des actes de torture ou dans des meurtres.

    Seif el-Islam compte à son actif plusieurs points forts, principalement la loyauté de plusieurs tribus, notamment celles qui habitent dans la région qui s'étend de l'axe Syrte (est de Tripoli) jusqu’à Barrak al-Chott (sud de Tripoli) en passant par Béni Walid (sud-est de Tripoli).

    Ces régions sont habitées par les tribus des Guededfa, des Ouerfella et des M’guerha, les plus loyales au régime de Kadhafi ainsi que par les tribus des Werchfena (sud de Tripoli) et d'autres tribus, telles que les Sai’an et les al-Orben.

    Cependant, les régiments sécuritaires qui ont défendu le Régime de Kadhafi jusqu'au bout ont été intégrés dans les milices de Haftar avec le soutien de l’Egypte, à l'instar du 9ème régiment de Tarhouna, qui a commis les pires crimes contre les civils, en particulier, les « rebelles du 17 février ».

    Les Libyens qui ont participé à la révolution du 17 février 2011, qui a renversé le Régime de Mouammar Kadhafi, craignent que Seif el-Islam ne se venge d’eux après son accession à la Présidence.

    Il est donc peu probable que cette frange de Libyens autorise Seif el-Islam de se porter candidat à la prochaine Présidentielle mais ses sympathisants pourraient en revanche accéder au Parlement.

    Mona Saanouni  (Anadolu)

  • Libye: les consultations se poursuivent, mais des "désaccords" éclatent

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    Les 75 représentants libyens, membres du Forum de dialogue politique, continuent de se consulter pour déterminer qui dirigera le pays dans la phase de transition. Cependant, les controverses et les désaccords ne manquent pas.

    Le cycle de négociations a commencé le 1er février et devrait durer jusqu'au 5 février. La réunion a lieu à Genève, sous les auspices des Nations Unies, et devrait conduire à la nomination d'un nouveau chef du Conseil présidentiel et d'un nouveau Premier ministre, en remplacement de celui qui occupe actuellement les deux bureaux, Fayez al-Sarraj . Cependant, comme le rapporte le journal al-Arabiya , il existe des "différends juridiques" impliquant certains candidats, dont le président de la Chambre des représentants de Tobrouk, Aguila Saleh, l'actuel ministre de l'Intérieur du Gouvernement d'accord national (GNA), Fathi Bashagha, et le ministre de la Défense, Salah al-Din al-Namroush, accusés par certains d'avoir violé certaines règles et réglementations.

    Comme l'explique le journal, parmi les 45 personnes qui ont présenté leur candidature au poste de Premier ministre ou parmi les dirigeants du Conseil présidentiel, 11 candidats occupent actuellement des postes politiques, judiciaires et militaires élevés et 5 candidats ont la double nationalité. À la lumière de cela, certains membres du Forum ont déclenché un débat, invoquant l'article 177 du règlement intérieur de la Chambre des représentants libyenne, qui établit qu'un membre de la Chambre, toujours en fonction, ne peut pas se porter candidat au poste de premier ministre ou de ministre. En outre, ceux qui possèdent la double nationalité, en vertu de la loi libyenne, ne peuvent pas occuper des postes  souverains, tout comme ceux qui travaillent dans l'armée ou dans la magistrature ne peuvent pas postuler à des postes similaires,

    À la lumière de cela, certains représentants du Forum ont demandé l'exclusion des candidats qui enfreignent ces règles, comme établi avec la feuille de route esquissée à Tunis. Cependant, certains juristes ont souligné que la candidature des personnalités dont l'exclusion est demandée, dont Saleh, al-Nimroush et Bashagha, s'inscrit dans le cadre d'un accord politique, qui n'est pas soumis aux règles précitées. Celles-ci, a-t-on précisé, s'appliquent en cas de candidature aux élections générales, tandis que les organes qui devraient être constitués avant le 5 février sont temporaires, en attendant ceux qui seront démocratiquement élus le 24 décembre 2021. En tout cas, il est demandé que les personnalités considérées responsables de "l'effusion de sang" provoquée par la crise libyenne soient exclues.

    De son côté, Aguila Saleh a déclaré, à l'ouverture du cycle, qu'il s'engagera à respecter les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et ce qui a été établi au cours des forums internationaux et du Forum de dialogue politique. Pour le président de la chambre de Tobrouk, les priorités sont l'unification des institutions et la réconciliation nationale. 

    L'Envoyée spéciale intérimaire de l'ONU, Stephanie Williams, a souligné à quel point les 75 représentants libyens ont beaucoup de travail à faire, mais en même temps ils ont une belle opportunité à saisir, ce qui pourrait permettre à la Libye d'avoir un gouvernement unitaire. Le but ultime est de mettre fin à la crise persistante qui caractérise le pays d'Afrique du Nord depuis le 15 février 2011, date du début de la révolution et de la guerre civile. L'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar, et le gouvernement de Tripoli (GNA), dirigé par le Premier ministre al-Sarraj, se sont affrontés sur les fronts de combat. L'accord de cessez-le-feu a été signé le 23 octobre 2020, lors d'une réunion du Comité militaire mixte 5 + 5, formé par des représentants des deux camps en guerre. Bien que des progrès aient été accomplis sur la voie politique, nous attendons le retrait des forces étrangères et des mercenaires, principalement turcs et russes, comme prévu par l'accord du 23 octobre.

  • Libye: annonce des candidats à la direction de l'exécutif de transition

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    La Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL ) a annoncé le 30 janvier qu'un comité d'examen composé de trois membres du Forum de dialogue politique libyen avait approuvé une liste de candidats pour diriger le gouvernement de transition qui conduirait la Libye aux élections prévues le 24 décembre 2021. Le Forum de dialogue politique libyen en Suisse se réunira donc du 1er au 5 février pour voter sur les candidats proposés.

    La MANUL a publié deux listes, la première contenant les 24 candidats au Conseil présidentiel et la seconde avec les 21 noms pour le poste de Premier ministre. Toutes les personnes indiquées se sont engagées à respecter la voie indiquée par le Forum de dialogue politique libyen pour amener le pays aux élections et, dans le cas où elles seraient choisies, à soumettre une déclaration des biens meubles et immeubles détenus en Libye et à l'étranger, y compris celles des conjoints et des enfants. Les candidats se sont alors engagés à ne pas se présenter aux élections à la fin de la période de transition.   

    Parmi les personnes nommées pour siéger au conseil présidentiel du nouvel exécutif figurent le président de la Chambre des représentants de Tobrouk, Aguila Saleh, et le ministre de la Défense du gouvernement d'accord national (GNA) de Tripoli, Saleh Namroush. Les candidats au poste de Premier ministre comprennent le ministre de l'Intérieur du GNA, Fathi Bashagha, et le vice-premier ministre du GNA, Ahmed Maiteeg.

     Le vote aura lieu en Suisse du 1er au 5 février prochain lors d'une réunion interactive au cours de laquelle la MANUL invitera les candidats à s'adresser aux 75 membres du Forum de dialogue politique pour présenter la manière dont ils entendent mettre en œuvre la voie tracée vers les élections et répondre aux les questions auxquelles ils seront soumis. L'exécutif qui résultera de ces votes sera composé du Conseil présidentiel, lui-même composé d'un président et de deux vice-présidents, et des bureaux du Premier ministre.

    Comme le rapporte Al-Arabiya , malgré les progrès réalisés par les dialogues promus par l'ONU, plusieurs personnalités libyennes ont exprimé des craintes que la compétition créée au niveau politique ne conduise à de nouveaux affrontements sur le terrain. 

    En ce moment, en Libye, il y a un cessez-le-feu convenu le 23 octobre dernier par les délégations libyennes de l'Armée nationale libyenne (ANL) et du GNA de Tripoli, réunies à Genève dans le cadre du Comité militaire mixte 5 + 5. Suite à cet accord, plusieurs initiatives ont été organisées pour parvenir à une solution politique au conflit et aux divisions en Libye, y compris la formation du Forum de dialogue politique qui rassemble les différentes composantes de la population libyenne sous l'égide de l'ONU.

    La Libye est le théâtre d'une longue guerre civile qui a débuté le 15 février 2011 qui a été suivie, en octobre de la même année, par la chute du régime dictatorial de Mouammar Kadhafi. Depuis cet événement, le pays n'a jamais réussi à réaliser une transition démocratique et, pour le moment, il voit, au niveau politique, la présence de deux administrations rivales, celle de la Chambre des représentants de Tobrouk (HoR), dirigée par Aguila Saleh, et que du GNA, dirigé par Fayez Al-Sarraj, et, sur le plan militaire, la confrontation des milices liées au GNA et l'Armée Nationale Libyenne (ANL), qui relève du général Khalifa Haftar.

    Le GNA d'al-Sarraj est le gouvernement officiellement reconnu par l'ONU en Libye, il est né le 17 décembre 2015 avec les accords de Skhirat, signé au Maroc puis expiré le 17 décembre 2017. Il est formellement soutenu par la Turquie, le Qatar et l'Italie. Les forces de l'ANL sont plutôt proches du gouvernement de Tobrouk qui contrôle l'est de la Libye et est dirigé par Aguila Saleh, et, au niveau international, elles sont soutenues par l'Égypte, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie, la Russie et, d'une façon plus discrète, par la France..

  • Libye : Une délégation égyptienne en visite à Tripoli, une première depuis 2014

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    Une délégation égyptienne a rencontré dimanche dans la capitale libyenne de hauts responsables du Gouvernement d'union nationale (GNA), une première depuis six ans alors que l'Egypte est considérée comme un soutien du camp rival à l'exécutif basé à Tripoli. Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est dirigée depuis 2015 par deux autorités rivales: le GNA, reconnu par l'ONU et soutenu par la Turquie, et une assemblée (House of Representatives) basé à Tobrouk, soutenue par le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est du pays, assisté par la Russie, les Emirats arabes unis et l'Egypte.
     
    Le ministre libyen de l'Intérieur Fathi Bachagha a tenu "une réunion de haut niveau" avec la délégation égyptienne composée notamment du vice-directeur des services de renseignement, a annoncé son ministère dans un communiqué. A l'ordre du jour de cette visite, à laquelle assistait Imed Trabelsi, chef de l'Organe libyen de la Sûreté générale, "les moyens de renforcer la coopération sécuritaire" ainsi que "l'appui au cessez-le-feu", selon le ministère.
     
    Les camps rivaux libyens ont conclu un accord de cessez-le-feu en octobre dernier sous l'égide de l'ONU, mettant fin à plus d'un an de conflit déclenché par une offensive sur Tripoli des forces du maréchal Khalifa Haftar en avril 2019. Dimanche, les deux parties ont "examiné les conclusions de la commission militaire conjointe 5+5 en appui aux efforts déployés par l'ONU (...) pour une sortie de crise par des voies politiques et pacifiques", selon le communiqué.
     
    C'est la première visite d'une délégation officielle égyptienne à Tripoli depuis 2014, date à laquelle l'Egypte avait fermé son ambassade à Tripoli en raison de violences. La délégation égyptienne a également été reçue par le chef de la diplomatie libyenne Mohamad Taher Siala. Le but est de "normaliser les relations diplomatiques" entre Tripoli et Le Caire et d'évoquer "la coopération dans divers domaines", a précisé sur Twitter Mohamad Elgeblawi, porte-parole du ministère libyen des Affaires étrangères. Selon M. Elgeblawi, la délégation égyptienne s'est engagée à rouvrir l'ambassade égyptienne "le plus tôt possible" et rétablir les liaisons aériennes entre les deux capitales, interrompues depuis plusieurs années.
     
    Cette visite intervient après que Khalifa Haftar a menacé jeudi de "chasser l'occupant" turc en Libye, où Ankara a envoyé des troupes pour soutenir le GNA. Lors d'une visite samedi à Tripoli, le ministre turc de la Défense Hulusi Akar a lui promis de riposter à toute attaque contre les forces turques.

  • Libye : Colère de la Turquie après la saisie d'un navire turc par les forces de Haftar

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    La Turquie a "fermement" dénoncé, mardi 8 décembre, la saisie d'un navire commercial par les forces du maréchal Khalifa Haftar en Libye, les sommant de libérer les membres de son équipage sous peine de "graves conséquences".

    L'"Armée nationale libyenne" (ANL) de M. Haftar, homme fort de l'Est libyen qui combat le gouvernement de Tripoli soutenu par Ankara, a annoncé lundi soir avoir intercepté dimanche un navire battant pavillon jamaïcain appartenant à un armateur turc. Selon l'ANL, le navire commercial, baptisé Mabrooka, était entré dans une "zone d'opérations militaires" dans la région de Ras Al-Hilal. Il a été remorqué au port et une enquête a été ouverte. Son équipage est composé de 17 personnes, dont neuf marins turcs.

    Le ministère turc des Affaires étrangères a "fermement condamné cette mesure". "Le navire doit être autorisé à poursuivre sa route sans tarder", a-t-il ajouté dans un communiqué. "Nous rappelons une fois de plus que si les intérêts turcs en Libye sont pris pour cible, il y aura de graves conséquences et les auteurs de (ces atteintes) seront considérés comme des cibles légitimes", a-t-il mis en garde. Selon les autorités turques, le navire transporte du matériel humanitaire et a été intercepté par des vedettes.

    Par ailleurs, l'ambassadeur de Turquie en Libye a  informé le 7 décembre Fathi Bashagha, le ministre de l'Intérieur du gouvernement d'accord national (GNA), de l'énervement du président turc Recep Tayyip Erdogan à propos de la visite de Bashaga en Égypte et en France.

    L’ambassadeur de Turquie a également informé le chef du Conseil suprême du gouvernement d’accord national, Khaled al-Mishri, de l’inconfort du président turc face au rapprochement entre le Conseil suprême et la Chambre des représentants (HoR) basée à Tobrouk, ajoutant qu'Ankara considérait  tout rapprochement entre al-Mishri et Aqila Saleh, le président du Parlement (HoR),  à moins que ce dernier n’accepte l’accord entre la Turquie et le gouvernement. d'accord national.

    Rappelons que Fathi Bashagha a rencontré des hauts fonctionnaires égyptiens au cours de la première semaine de novembre lors d'une visite au Caire.

     

  • Libye: Les pourparlers de paix en Tunisie confirment des élections dans 18 mois

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    Les participants au Forum de dialogue politique de Tunis sont parvenus à un accord sur une feuille de route pour l'avenir politique de la Libye, qui prévoit l'organisation d'élections dans un délai maximum de 18 mois.

    Selon ce qui a été rapporté par l'envoyée spéciale par intérim de l'ONU, Stephanie Williams , dans la soirée du 11 novembre, les 75 participants au Forum tunisien ont fait des progrès significatifs sur la voie tant politique que militaire, marquant un tournant vers une résolution de la crise libyenne. Les pourparlers organisés en Tunisie, dans le district de Gammarth, ont débuté le 9 novembre. L'objectif principal était de mettre fin à la situation instable en Libye, par la formation de nouveaux organes exécutifs et l'organisation d'élections présidentielles et parlementaires, sur la base de la résolution 2510 du Conseil de sécurité des Nations unies et des résultats de la conférence de Berlin. du 19 janvier.

    Pour Williams, la Libye a actuellement la meilleure opportunité de mettre un terme aux divisions internes. Selon ce qui a émergé des discussions du 11 novembre, les parties sont parvenues à un accord préliminaire sur un plan qui conduira à des élections parlementaires et présidentielles, ainsi qu'à des élections "libres, justes et inclusives", ce qui devrait faciliter l'unification des différentes institutions libyennes. Les discussions doivent maintenant porter sur la formation d'un gouvernement de transition, dont la tâche sera de surveiller le processus électoral. Les 75 participants sont appelés, en particulier, à définir les rôles et compétences exigés des membres qui formeront les nouveaux organes exécutifs, à savoir le gouvernement et le Conseil présidentiel.

    Selon Williams, la mission principale du futur gouvernement sera de lutter contre le phénomène de la corruption et de restaurer la détérioration continue des services publics. Ces deux questions ont été à l’origine des mouvements de protestation ces derniers mois. L'envoyé spécial de l’ONU a également déclaré que la feuille de route prévoyait les étapes à suivre pour lancer un processus de « réconciliation nationale et de justice transitionnelle» et pour mettre fin aux difficultés des personnes déplacées. Concernant l’aspect militaire, Stephanie Williams a indiqué que les participants au Forum avaient confirmé les résultats positifs en ce qui concerne la mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu signé à Genève le 23 octobre.

    Comme l'a précisé l'envoyé de l'ONU, cette question était au centre des discussions qui ont eu lieu, à partir du 10 novembre, à Syrte, et qui ont impliqué les délégations du Comité militaire mixte 5 + 5. Pour Williams, les résultats obtenus jusqu'à présent par le Comité doivent être préservés et, en parallèle, on espère que les pourparlers de Tunis seront également couronnés de succès, sachant que la Libye a devant elle une occasion historique de créer un système de gouvernement unifié et la tenue d'élections démocratiques.

    Selon ce qui a fui d'un projet d'accord final éventuel, la nouvelle autorité exécutive en Libye sera composée d'un conseil présidentiel, à son tour formé d'un président et de deux vice-présidents qui refléteront l'équilibre géographique entre les régions du pays, et par un gouvernement unifié composé d'un Premier ministre, qui devra alors prendre en charge la formation du gouvernement. Contrairement à ce qui s'est passé jusqu'à présent, le premier ministre de l'exécutif sera différent du chef du conseil présidentiel.

    Le plus grand défi pour les 75 représentants de Tunis semble être la nomination de ceux qui participeront au nouveau gouvernement, ainsi que de surmonter les divisions internes persistantes. Jusqu'à présent, le nom de la Présidente du Parlement, Aguila Saleh, a circulé en tant que chef du nouveau Conseil présidentiel et représentant de la région orientale de la Cyrénaïque. Un de ses adjoints devrait donc venir du Sud, de la région du Fezzan, et l'ambassadeur de Libye au Maroc, Abd al-Majid Saif al-Nasr, du gouvernorat de Sabha est l'un des candidats favoris à ce poste. Le troisième adjoint devra venir de la région ouest de Tripoli, où plusieurs personnalités semblent se disputer le rôle.

    Quant aux candidats potentiels au poste de Premier ministre, on pense au ministre de l'Intérieur Fathi Bashagha, soutenu par des alliés extérieurs tels que les États-Unis, la Turquie, la Grande-Bretagne et l'Égypte. Cependant, Bashagha fera face à un concurrent tout aussi puissant, l'homme d'affaires Ahmed Maitiq, ancien premier ministre et vice-président du Conseil présidentiel. Maitiq semble être particulièrement favorisé dans l'est de la Libye, surtout après avoir conclu un accord avec les représentants de l'ANL (Armée Nationale Libyenne – fidèle au maréchal Haftar) pour reprendre les activités pétrolières.

    La Libye connaît une crise continue depuis le 15 février 2011, date du début de la révolution et de la guerre civile. Après le cessez-le-feu annoncé le 21 août par le Premier ministre de Tripoli, Fayez al-Sarraj, et par le président de la Chambre des représentants de Tobrouk, Aguila Saleh, le 23 octobre, les délégations du GNA et de l'Armée nationale libyenne (ANL), participants au Comité militaire mixte 5 + 5, ont signé un accord avec lequel ils s'engagent officiellement à garantir une trêve permanente dans le pays, sous les auspices des Nations Unies.