Base militaire Al-Shaferleit

  • Soudan : Mise en échec d'une tentative de contrebande de munitions à partir de la Libye

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    Les Forces de soutien rapide (RSF) du Soudan ont signalé avoir déjoué une tentative de contrebande de munitions à la frontière avec la Libye. La cargaison, à destination des territoires soudanais, comprenait 3 638 cartouches de mitrailleuses et 357 munitions DshK (Doushka), emballées dans des sacs placés sur un véhicule « Sequoia ».

    La nouvelle a été rapportée le 9 janvier par l'agence de presse soudanaise SUNA, qui a annoncé que deux individus, membres d'un gang de trafiquants particulièrement actif à la frontière entre les deux pays africains, ont été arrêtés pour implication présumée dans l'activité illégale. Le lieutenant-colonel Othman Abkar, commandant en second de la base militaire « Al-Shaferleit », a déclaré à la presse que, dès que des informations ont été reçues sur l'activité des bandes de contrebande dans la zone de Saif al-Barli, sur le triangle frontalier, une patrouille a été mobilisée pour fouiller la zone. Une fois retrouvés, les passeurs ont été poursuivis sur plus de 10 kilomètres avant que les forces ne parviennent à arrêter deux individus.

    Selon Othamn Abkar, ces dernières années, et en particulier depuis la création de la base militaire d'al-Shaferleit, les forces soudanaises sont parvenues à obtenir des résultats significatifs en ce sens. Ce n'est pas la première fois que RSF annonce des opérations similaires. Le 18 septembre 2021 également, les forces soudanaises déployées sur la bande frontalière entre le Soudan, l'Égypte et la Libye ont réussi à saisir un chargement d'armes, de munitions et d'explosifs en provenance de Libye. A cette occasion, 4 individus, dont deux de nationalité libyenne, ont été arrêtés, tandis que deux voitures GMC transportant 36 fusils Kalachnikov, des grenades à munitions DahK et un lanceur RPG-7 ont été saisis. La frontière sud de la Libye voit encore la présence de routes empruntées par les trafiquants et les terroristes,

    Un protocole de sécurité a été signé le 31 mai 2018 par la Libye, le Soudan, le Tchad et le Niger pour renforcer la coopération entre les quatre pays africains et lutter contre les trafics criminels, notamment d'êtres humains, d'armes et de drogue. Ces dernières années, cependant, les membres des Forces de soutien rapide (RSF) ont été accusés d'avoir commis de graves violations des droits de l'homme et des abus contre la population civile dans ces zones, et en général dans toute la région du Darfour. Les RSF ont également soutenu la chute du régime de l'ancien président al-Bashir, ce qui a finalement conduit à son renversement. 

    Lors du conflit civil libyen, Khartoum a été accusé d'avoir envoyé environ 1 000 combattants des RSF combattre dans les rangs de l'Armée nationale libyenne (ANL), fidèle au général Khalifa Haftar. Les allégations, cependant, ont été rejetées à plusieurs reprises par le gouvernement soudanais. Selon le porte-parole des forces armées soudanaises, Aamer Mohamed al-Hasan, les RSF opèrent dans le respect des conventions internationales et des Nations unies. "L'armée soudanaise n'est pas une société de sécurité louée comme indiqué dans ce rapport", a déclaré al-Hasan en octobre 2019, se référant à un rapport de l'ONU, ajoutant : "Ces allégations font partie d'une malveillance systématique envers les institutions nationales soudanaises". Le panel de l'ONU avait déclaré que certains mercenaires appartenaient aux mêmes tribus qui constituaient la majorité du personnel des RSF, mais avait précisé qu'il n'y avait pas de preuves suffisantes et fiables pour prouver que les Forces de soutien rapide elles-mêmes avaient déployé ces combattants en Libye.