Bang Maruad (village du sud)

  • Thailande : Les rebelles islamistes poursuivent leurs attaques après le cessez-le-feu du Covid-19

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    Les rebelles islamistes thaïlandais ont intensifié leurs attaques depuis quelques jours.
    Le 15 juillet, dix personnes ont été blessées par l'explosion d'un engin explosif improvisé en bord de route (IED).
    Il a été activé au passage de soldats thaïlandais circulant à moto.
    Quatre civils ont également été blessés, dont deux enfants.
    Les soldats visés étaient des membres de la 42e Force opérationnelle de rangers qui patrouillaient dans le village de Bang Maruad.
    Un autre IED avait explosé un peu plus tôt dans la région de Mei Lan. La cible de l'attaque était, une fois de plus, les forces armées thaïlandaises, qui accompagnaient des enseignants sur le chemin du travail.
    Un soldat a été tué par l'explosion.
    Etant donné que les deux explosions ont eu lieu dans la province méridionale de Pattani, le groupe du Front national révolutionnaire (Barisan Revolusi Nasional (BRN)), qui opère dans cette partie du pays, a été accusé dêtre responsable de ces attaques terroristes.
    Au début de cette année, les militants avaient entamé des pourparlers de paix avec le gouvernement thaïlandais. Les négociations ont été interrompues par la pandémie COVID-19.
    Le 3 avril, les islamistes ont annoncé un cessez-le-feu temporaire en raison de la pandémie.
    Cependant, on pense que les récents attentats ont pour but de rappeler aux autorités que le BRN représentait toujours une menace afin d'obtenir des positions plus favorables avant la reprise des négociations, prévue pour le mois d'août.
    L'Institut Lowy a analysé le texte de l'annonce du cessez-le-feu temporaire et a déclaré qu'il était très éloigné de ce que l'on attendait.
    "Dans son annonce du 3 avril, le BRN a pris soin d'éviter d'utiliser les termes "cessez-le-feu" ou "cessation des hostilités". Dans son communiqué de presse à la suite des discussions de janvier avec les autorités thaïlandaises, le BRN a utilisé les termes "Patani" (en référence au territoire de l'ancien Sultanat de Patani, qui a perdu son indépendance lorsque les Thaïlandais l'ont annexé en 1902), "conflit armé" et "résolution politique".
    Bangkok, qui veut éviter de perdre ce qu'elle considère désormais comme son territoire inaliénable, utilise des termes tels que "les provinces frontalières du sud" plutôt que "Patani", et "solutions pacifiques" plutôt que "résolution politique".
    Il y a eu peu d'activité depuis le 3 avril, tant de la part des forces de sécurité thaïlandaises que de la BRN, mais il semble qu'il ne s'agissait en fait que d'une mesure temporaire et les attaques se sont multipliés récemment.

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