Bakou

  • Nagorny-Karabakh : Pas de répit dans les combats - Victimes civiles

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    Forces arméniennes du Nagorny Karabakh et armée azerbaïdjanaise poursuivaient sans relâche lundi 5 octobre leurs affrontements, au lendemain d'une journée marquée par les bombardements de zones urbaines ayant fait des victimes civiles.

    Le ministère des Affaires étrangères du Karabakh a indiqué que dans la matinée leur capitale, Stepanakert, peuplée de 50.000 habitants, était visée par "des tirs de roquettes intensifs". La veille, des deux côtés du front, des tirs d'artillerie avaient déjà visé des villes, en particulier Stepanakert et sa voisine Chouchi, et en Azerbaïdjan: Ganja, deuxième ville du pays à 60 km de la ligne de contact, ou encore Beylagan.

    Et selon Bakou, les frappes sur les zones urbaines azerbaïdjanaises ont aussi repris lundi. "Les forces armées arméniennes attaquent les zones densément peuplées à Ganja, Barda, Beylagan et d'autres villes d'Azerbaïdjan avec des missiles et des roquettes. Barbarie et vandalisme", a dénoncé le conseiller présidentiel azerbaïdjanais Hikmet Hajiyev sur Twitter.

    Au Karabakh comme en Azerbaïdjan, les journalistes de l'AFP ont vu des maisons ou immeubles d'habitants touchés par les tirs. Selon des bilans officiels, les bombardements dimanche ont fait quatre morts parmi les habitants de la république auto-proclamée, et cinq en Azerbaïdjan. Ainsi que de nombreux blessés.

    Comme à leur habitude depuis la reprise du conflit le 27 septembre, les belligérants s'accusent de délibérément viser des civils, diffusant des images d'habitations détruites ou de missiles non explosés plantés dans des façades.

    Dimanche soir, face à la violence des bombardements touchant les zones habitées, la Russie s'est inquiétée de ce tournant. Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a exprimé sa préoccupation, auprès de son homologue arménien, face à "la hausse du nombre de victimes au sein de la population civile". Il a réitéré l'appel de la Russie, principale puissance régionale, à "un cessez-le-feu au plus vite".

    Le Comité international de la Croix-Rouge a lui aussi condamné "les bombardements aveugles". Des centaines de maisons et d'infrastructures clés comme des hôpitaux et des écoles ont été détruites ou endommagées, selon le CICR.

    Les séparatistes, soutenus politiquement et militairement par l'Arménie, et les Azerbaïdjanais n'ont donné, au neuvième jour de combats, aucun signe de vouloir entendre les appels à la trêve de l'essentiel de la communauté internationale.

    Le Nagorny Karabakh, majoritairement peuplé d'Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan à la chute de l'URSS, entraînant au début des années 1990 une guerre qui a fait 30.000 morts. Le front y est quasiment gelé depuis malgré des heurts réguliers. Les deux camps s'accusent de la reprise des hostilités, une crise parmi les plus graves, sinon la plus grave, depuis le cessez-le-feu de 1994, faisant craindre une guerre ouverte entre les deux pays ex-soviétiques.

    "Un retrait et des excuses!"
    Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, dans un discours télévisé à la nation a proclamé dimanche que l'offensive continuerait jusqu'à ce que son adversaire quitte "nos territoires", que le Premier ministre arménien Nikol Pachinian "présente ses excuses" et proclame que "le Karabakh, ce n'est pas l'Arménie". Bakou revendique nombre de succès militaire sur le terrain, notamment la prise de plusieurs villes et villages.

    "Victoires imaginaires"
    Mais du côté arménien, on rejette ces affirmations et on affiche aussi sa détermination. "Ayant échoué à gagner sur le champ de bataille, la partie azerbaïdjanaise proclame des victoires imaginaires et répand des +fake news+ sur des bombardements arméniens de zones habitées azerbaïdjanaises", a dénoncé le ministère arménien des Affaires étrangères.

    Le bilan des morts - toujours très partiel, Bakou ne communiquant pas ses pertes militaires - s'établit à 245, le Karabakh ayant revu à la baisse à 202 le nombre de ses combattants tués. S'y ajoutent 18 civils du territoire séparatiste et 25 Azerbaïdjanais. Mais chaque partie affirme avoir tué de 2.000 à 3.000 soldats ennemis.

    Une escalade du conflit pourrait avoir des conséquences imprévisibles, plusieurs puissances étant en concurrence dans le Caucase: la Russie, le traditionnel arbitre régional, la Turquie, alliée à l'Azerbaïdjan, ou encore l'Iran. Les Turcs sont déjà accusés d'aggraver le conflit en encourageant Bakou à l'offensive militaire et sont accusés d'avoir déployé des mercenaires syriens pro-turcs au Karabakh.

    21 civils tués au Karabakh depuis le début du conflit, selon les autorités arméniennes
    Le Centre d'information unifié arménien, sous l'autorité du gouvernement arménien, a déclaré lundi que depuis le début des hostilités dans la zone de conflit du Karabakh, 21 civils avaient été tués par les bombardements azerbaïdjanais et 82 autres blessés.
    "Dès les premiers jours de l'agression, les forces armées azerbaïdjanaises ont tiré sur des localités pacifiques et les infrastructures civiles en Arménie et en Artsakh (le nom du Karabakh - ndlr). En conséquence, 21 civils sont morts, 82 ont été blessés, 2104 unités de biens, bâtiments et structures ont été endommagés", indique le message. publié sur la page Facebook du centre.

    Lundi 5 octobre - 18H30 : Les forces arméniennes annoncent s'être repliées pour "éviter des victimes"
    L'armée de défense du Karabakh a retiré ses troupes de certaines régions, a déclaré l'attaché de presse du président du Haut Karabakh, Vahram Poghosyan, sur Facebook.
    Il a ajouté que le retrait avait été ordonné pour "éviter des pertes inutiles et causer plus de dégâts à l'ennemi".
    Selon lui, les forces du Karabakh ont atteint leur objectif et continuent de se battre.

    Pertes en matériel par les deux belligérants

    Arménie / République d'Artsakh

    Tanks (43, dont 39 détruits ou abandonnés)
    - 10 T-72A: 10 détruits ; 2 endommagés ; 2 capturés
    - 2 T-72AV: (1, détruit et 1 capturé)
    - 7 T-72B: (4 détruits et 3 capturés)
    - 20 T-72 non précisés: (18 détruits et 2 endommagés)

    Véhicules blindés de combat (5 détruits ou abandonnés)
    1 MT-LB avec tri-tube anti-aérienne Zavasta M55 AA: (détruite)
    3 MT-LB avec canon anti-aérien de 23mm (détruits)
    1 Armored Fighting Vehicle non précisé: (détruit)

    Véhicules de combat d'infanterie (11détruits ou abandonnés)
    5 BMP-1: (détruits)
    5 BMP-2: (1 détruit et 4 abondonnés)
    1 BMP non précisé: (détruit)

    Artillerie remorquée (8 détruites ou abandonnées)
    7 Obusier de 122 mm (D-30) 2A18: (5 détruits et deux capturés)
    1 canon-obusier de 152 mm (D-20) M-1955: (détruit)

    Artillerie automotrice (4 détruites)
    1 122mm 2S1 Gvozdika: (détruit)
    3 152 mm 2S3 Akatsiya: (détruits)

    Lance-roquettes multiples (13 détruits)
    13 122mm BM-21: (détruits)

    Mortiers (6 détruits ou abandonnés)
    - 5 120 mm M75: (capturés)
    - 1 mortier non précisé: (détruit)

    Systèmes de missiles sol-air (12 détruits)
    - 3 9K35 Strela-10: (détruits)
    - 9 9K33 Osa: (détruits)

    Brouilleurs et systèmes de réception (1 détruit)
    - 1 brouilleurs: (détruit)

    Aéronefs (1 détruit)
    - 1 Su-25K (détruit)

    Camions, véhicules et jeeps (68 détruits ou abandonnés)
    - 2 GAZ-452: (2 endommagés et abandonnés)
    - 3 GAZ-3308: (1 détruit ; 1 endommagé et capturé et 1 capturé)
    - 1 transloader 9T217 (pour 9K33 Osa): (détruit)
    - 2 ZiL-131: (1 détruit et 1 capturé)
    - 1 Ural-375D: (capturé)
    - 32 Ural-4320: (13 détruits ; 2 abandonnés et 17 capturés)
    - 15 Ural-43206: (1 détruit ; 4 endommagés et capturés et 10 capturés intacts)
    - 2 UAZ-469: (endommagés et capturés)
    - 3 KamAZ: (2 détruits et 1 capturé intact)
    - 5 Camions non précisés: (4 détruits et un capturé intact)
    - 1 fourgon / jeep non précisé: (capturé)
    - 1 Bus (transportant des renforts): (détruit)

    Leurres (2 détruits ou abandonnés)
    - 2 Leurre 9K33 Osa: (détruits)

    Zones stratégiques touchées (7)
    - base militaire: (1)
    - poste de commandement: (2)
    - stock de munitions: (2)
    - dépôt de stockage: (1)
    - Aéroport de Stepanakert

    Missiles guidés antichars (9 capturés, dont 2 lanceurs ou optiques)
    - 4 9M111 Fagot: (4 capturés)
    - 3 9M133M-2 Kornet-EM: (3 capturés)
    - 1 lanceur 9P163-1 pour le 9M133M-2 Kornet-EM: (capturé)
    - 1 Optique thermique 1PN65 'Trakt-1' pour lanceur 9P135M Konkurs ATGM: ( capturé)

    Azerbaïdjan

    Tanks (21 détruits ou abandonnés)
    - 3 T-72A: (1 détruit et 2, endommagés)
    - 6 T-72AV / T-72 `` Aslan '': (3 détruits et 3 endommagés)
    - 9 T-72 non spécifiés (détruits)
    - 2 T-90S: (2 endommagés et capturés)

    Véhicules de combat d'infanterie (14, dont 13 détruits ou abandonnés)
    - 2 BMP-1: (2 détruits)
    - 8 BMP-2: (4 détruits ; 1 endommagé et abandonné ; 1 endommagé et capturé et 2 capturés)
    - 2 BTR-82A: (1, endommagé et 1 endommagé et capturé)
    - 1 BMP non spécifié: (détruit)

    Matériel d'ingénierie (10)
    - 1 IMR-2: (endommagé)

    Aéronefs (5)
    - 5 An-2 (utilisé comme appât sans pilote pour permettre à l'Arménie de révéler des systèmes de défense aérienne): (détruits)

    Véhicules aériens sans pilote (11)
    - 2 IAI Harop: (2 détruits)
    - 1 Orbiter 1K: (endommagé et capturé)
    - 8 UAV inconnu: (détruits)

    Camions, véhicules et jeeps (4)
    - 2 Ural-4320: (détruits)
    - 2 Camions non précisé: (détruits)

    Vidéos - côté arménien


    Vidéos - Côté azéri
    la ville de Talish prise par les forces azéries - Les habitants arméniens ont fui la ville.

  • La Turquie pourrait avoir envoyé des centaines de combattants syriens pro-turcs en Azerbaïdjan

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    La Turquie a envoyé 300 militants syriens en Azerbaïdjan, où ils doivent soutenir les forces armées azerbaïdjanaises en conflit avec l'Arménie, a rapporté le 24 septembre l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

    Selon l'OSDH, les combattants syriens ont été recrutés dans de nombreuses villes et villages de la région d'Afrin, au nord de la Syrie, occupée par la Turquie. La plupart d'entre eux sont membres des brigade Suleyman Shah et Sultan Mourad soutenues par la Turquie,.

    Les militants ont été informés qu'ils se rendaient en Azerbaïdjan pour garder la frontière avec l'Arménie. On leur a promis un salaire mensuel de 1 500 à 2 000 dollars.

    "L'Observatoire syrien n'a pas été en mesure de confirmer, avec certitude, que la destination finale [des militants] était bien l'Azerbaïdjan. Ils pourraient finalement sse retrouver en Libye ou une autre région", peut-on lire dans le rapport de l'OSDH.

    Il y a quelques jours, des militants de l'opposition syrienne ont partagé une photo qui prétendait montrer des militants syriens pro-turcs à bord d'un avion se dirigeant vers la capitale azérie, Bakou. La photo n'a pas encore été authentifiée. A noter que la Turquie a démenti l'information révélée par l'OSDH.

    Au cours des deux derniers mois, plusieurs rapports ont allégué que la Turquie avait recruté des militants syriens pour combattre avec les forces armées azerbaïdjanaises en tant que mercenaires contre les forces arméniennes.

    L'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont engagés dans une série d'escarmouches militaires en juillet. À l'époque, la Turquie s'était engagée à fournir une assistance militaire aux forces armées azerbaïdjanaises.

  • Azerbaïdjan : Les forces turques se déploient en Azerbaïdjan pour participer à des exercices militaires conjoints dans un contexte de tensions avec l'Arménie.

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    La Turquie et l'Azerbaïdjan se préparent à mener des exercices militaires conjoints de grande envergure en Azerbaïdjan, a déclaré le ministère azerbaïdjanais de la défense le 27 juillet.
    "Selon le plan, des exercices impliquant les forces terrestres auront lieu du 1er au 5 août à Bakou et au Nakhitchevan", peut-on lire dans la déclaration.
    "Les exercices conjoints, a-t-il ajouté, impliqueront du personnel militaire, des véhicules blindés, des supports d'artillerie et des mortiers, ainsi que de l'aviation militaire et des équipements de défense aérienne".
    "Des exercices avec la participation de l'aviation militaire auront lieu du 29 juillet au 10 août - à Bakou, Nakhitchevan, Ganja, Kurdamir, et Yevlakh."
    Les troupes et les équipements turcs ont déjà commencé à être déployés dans le Nakhitchevan en Azerbaïdjan.
    L'annonce des exercices communs est intervenue quelques jours seulement après l'escalade des tensions à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan dans la région de Tovuz. Au moins 11 soldats azerbaïdjanais - dont un général de division et un colonel - ont été tués. L'Azerbaïdjan a blâmé l'Arménie pour ses actions agressives et son rôle d'instigateur du conflit. La Turquie a déclaré un soutien total à Azerbaijan, affirmant qu'elle n'hésiterait pas à soutenir son voisin de l'Est dans le conflit.
    L'Arménie, à son tour, a blâmé l'Azerbaïdjan pour l'escalade en disant qu'elle avait commencé par une attaque des forces azerbaïdjanaises sur les positions arméniennes. Le déploiement des forces turques en Azerbaïdjan et les exercices conjoints annoncés ont été décrits par le ministère arménien des affaires étrangères comme une menace pour la sécurité régionale. Il a ajouté que l'annonce a été faite juste un jour après qu'un soldat arménien ait été tué par des tirs de sniper à la frontière avec l'Azerbaïdjan.
    "Tout cela témoigne du fait que les dirigeants de l'Azerbaïdjan ... entravent les efforts des médiateurs internationaux pour régler la situation et reprendre le processus de paix", a déclaré la partie arménienne.
    Il est également intéressant de noter que les dirigeants arméniens ne cessent de critiquer certains "médiateurs internationaux" qui ne font rien pour aider à désamorcer la situation et à sauver l'Arménie en cas de conflit ouvert avec l'Azerbaïdjan et la Turquie. En fait, aucun pays autre que la Russie ne semble vouloir lever le petit doigt pour aider réellement Erevan. Pourtant, la politique étrangère menée par les dirigeants arméniens au cours des années précédentes visait clairement à saper ses relations avec la Russie et à plaire à ses "partenaires occidentaux". Par conséquent, les actions du gouvernement arménien ont mis le pays tout entier dans une position assez dangereuse dans la région.