BAB EL MANDEB

  • Emirats Arabes Unis : Les EAU déménagent leur base militaire d'Erythrée vers Bab el Mandeb

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    L’armée des Emirats Arabes Unis a déménagé sa base militaire qui couvre le détroit de Bab el Mandeb, entre la mer Rouge et le Golfe d’Oman. Les forces émiraties ont progressivement vidé le port et la base maritime d’Assab en Érythrée pour s’établir à Périm, dans l’île yéménite de Mayyun, contrôlant ainsi l’endroit le plus étroit de ce détroit stratégique pour le commerce mondial.
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    Les images satellites montrent l’édification de hangars pour drones et avions légers ainsi que la construction d’une piste d’atterrissage. Ces travaux font suite à ceux commencés il y a quatre ans puis abandonnées par les émiratis sur l’île.

    La construction de la base maritime d’Assab en Erythrée avait été achevée en 2015 et répondait à un besoin logistique émirati pour faire face à la guerre au Yémen. L’armée des EAU en avait fait un hub logistique important.

    La mer Rouge et le détroit de Bab el Mandeb sont devenus un enjeu capital pour les grandes  puissances et les puissances moyennes. Les Emirats, la Turquie, la Chine, les Etats-Unis, la France et la Russie s’y installent en utilisant des ports et des bases au Soudan, Ethiopie, Yémen, Érythrée et Djibouti. L'Iran mise sur une victoire des Houthis pour s'établir sur les bords yéménites du détroit. 

    Dans le même temps, la région de la corne de l’Afrique et Afrique de l’Est sont entrain de connaitre une guerre généralisée, ressemblant à celle qui a lieu sur la rive asiatique du détroit.

  • Les Emirats Arabes Unis démantèlent une base en Érythrée, sous l'influence des développements au Yémen

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    Des images satellites ont montré le retrait partiel des forces des Émirats arabes unis (EAU) de leur base située dans la corne de l'Afrique, en Érythrée, à environ 70 km au large des côtes du Yémen. Cette décision coïncide avec le désengagement croissant d'Abou Dhabi du conflit yéménite.

    En particulier, les images montrent des équipement en cours de transport, tandis que les structures nouvellement construites semblent également avoir été démontées. La reconstruction du port d'Assab et l'extension de la piste d'atterrissage avaient commencé en septembre 2015, permettant aux EAU de rendre l'installation fonctionnelle pour le transport d'armes lourdes et de troupes soudanaises vers le Yémen. A cette époque, le Soudan , membre de la coalition internationale dirigée par l'Arabie saoudite engagée dans le conflit yéménite aux côtés des forces progouvernementales, a participé à la guerre avec environ 6000 soldats, puis progressivement réduit, jusqu'en 2020, à 657.

    D'après ce que plusieurs experts ont relevé, Abu Dhabi, défini comme la «petite Sparte» du Golfe arabe par l'ancien secrétaire américain à la Défense, James Mattis, semble avoir trouvé des limites dans son expansion militaire au Yémen et, après avoir également retiré un grand nombre de ses troupes des fronts de combat yéménites, il semble réorganiser ses bases dans la région de la mer Rouge , à la lumière d'un changement de ses priorités au niveau régional et d'une plus grande mobilisation internationale pour résoudre la guerre civile au Yémen. Enfin, la nécessité de repositionner les troupes dans la région repose également sur la ruée des acteurs étrangers, Turquie et Iran en premier lieu, pour obtenir des positions stratégiques dans la Corne de l'Afrique.

    Les EAU ont investi des millions de dollars pour améliorer la base d'Assab. Les EAU ont dragué le port, amélioré la piste d'atterrissage de 3500 mètres de long, ainsi que construit des casernes, des abris d'avion et des clôtures autour de la structure qui couvre environ 9 kilomètres carrés, précédemment construite, dans les années 1930, par l'Italie qui colonisait l'Erythrée. Au fil des ans, selon des experts de l'ONU, les EAU ont envoyé à la base des chars Leclerc, des obusiers automoteurs G6 et des véhicules de combat amphibies BMP-3, ainsi que des drones de fabrication chinoise et plusieurs avions, qui ont été utilisés au Yémen. Enfin,  les Emirats ont également utilisé la base pour détenir des prisonnier yéménitess,

    La décision d'Abou Dhabi de réduire le nombre de ses troupes sur les fronts de combat yéménites, qui sont officiellement retournés au pays le 9 février 2020, remonte à juin 2019. On ne sait pas combien de soldats émiratis sont toujours présents dans le cadre de la coalition sunnite dirigée par l'Arabie saoudite. Les informations à son sujet semblent contradictoires. Cependant, c'est à partir de cette année-là que la démolition des installations d'Assab a été ordonnée, tandis que des images satellites prises début janvier 2021 montrent des véhicules et autres équipements transportés sur un cargo. Malgré les opérations de démantèlement, les hélicoptères d'attaque émiratis sont toujours dans la base.

    Assab, disent les experts, continue de représenter un point stratégiquement important, situé juste à l'extérieur du détroit de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden. Abu Dhabi, cependant, doit faire face à d'autres préoccupations, définies comme plus "urgentes", dérivant également des tensions persistantes entre Washington et Téhéran au Moyen-Orient, et des attaques qui ont également impliqué des navires au large des côtes des EAU. À la lumière de cela, selon certains, l'attention des Emiratis est désormais plus focalisée sur les menaces «proches de chez soi», que sur l'expansion militaire à l'étranger. Par ailleurs, l'objectif des Emirats pourrait être de signaler son désengagement progressif dans le dossier yéménite, afin de mettre en lumière les menaces posées par d'autres acteurs à la sécurité du Yémen et de la Corne de l'Afrique,

    Dans tous les cas, la présence émiratie au Yémen est toujours tangible également grâce à la présence continue d'environ 50 000 combattants entraînés et équipés par Abu Dhabi au cours des dernières années. Il s'agit de membres de divers groupes armés locaux, dont les forces d'élite Hadrami et shabwani, particulièrement actifs dans la lutte contre Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQAP). Les brigades nouvellement formées sont concentrées principalement dans les zones qui, avant l'unification du Yémen en 1990, formaient la frontière entre le nord et le sud du pays, y compris les provinces de Lahj, Aden, Dhali, Abyane et Yafa.

  • Yémen : Une mine marine posée par les rebelles yéménites Houthis explose au passage d'un navire commercial en Mer rouge

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    La coalition dirigée par l'Arabie saoudite a annoncé le 25 décembre qu'une mine marine posée par les rebelles chiites yéménites Houthis avait explosé au passage d'un navire commercial en mer Rouge.
     
    Dans un communiqué, la coalition a déclaré que l'avant du navire avait été légèrement endommagé par l'explosion de la mine. Aucune perte humaine n'a été signalée.
     
    La coalition dirigée par l'Arabie saoudite affirme que les rebelles yéménites Houthis ont posé encore plus de mines dans la mer Rouge et dans le détroit de Bab al-Mandab. La coalition a qualifié ces actes de «menace dangereuse pour la navigation et le commerce internationaux».
     
    La coalition affirme que ses forces navales ont détruit 175 mines marines posées par les Houthis dans les eaux du Yémen depuis le déclenchement de la guerre en 2015. Les mines sont de type «Sadaf» de fabrication iranienne.
     
    Au cours des deux derniers mois, les Houthis ont intensifié leurs opérations navales contre l'Arabie saoudite. Le 25 novembre , les Houthis ont pris pour cible un pétrolier géré par la Grèce dans un terminal pétrolier saoudien situé près de la ville de Djeddah. Le 14 décembre , un pétrolier battant pavillon de Singapour a été attaqué dans le port de Djeddah.
     
    Dans les deux attaques, les Houthis ont utilisé des engins explosifs improvisés télécommandés. Le groupe fabriquerait ces bateaux kamikazes bourrés d'explosifs avec l'aide iranienne.
     
    Les opérations croissantes des Houthis en mer Rouge et dans le détroit de Bab al-Mandab posent un sérieux défi à la coalition dirigée par l'Arabie saoudite. Les forces navales saoudiennes n'ont pas réussi à sécuriser les eaux du Royaume.

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  • Somalie : lutte d'influence entre Emirats arabes unis d'un côté, Turquie et Qatar de l'autre

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    Après une période de gel diplomatique, les Emirats Arabes Unis tentent de se rapprocher de la Somalie, proposant de rouvrir l'hôpital Sheikh Zayed , fermé il y a deux ans. Le geste humanitaire d'Abu Dhabi est cependant lié à un coût que Mogadiscio ne semble pas disposé à payer. Selon Al Monitor, le vendredi 10 juillet, en échange de la restauration de l'hôpital, les Emirats Arabes Unis ont demandé à la Somalie de soutenir le front émirati dans la guerre au Yémen. L'offre est intervenue après que le Conseil de transition sud (STC) soutenu par Abu Dhabi a pris le contrôle le 20 juin de l'île yéménite de Socotra dans le golfe d'Aden.
    "Les Émirats arabes unis tentent de rétablir de bonnes relations avec la Somalie pour diverses raisons. La raison la plus importante concerne l'archipel stratégique de Socotra", a déclaré à Al-Monitor Mohammad Shire, professeur à l'Université de Portsmouth. "L'île est située au milieu de l'un des canaux de commerce de pétrole les plus importants au monde et a servi aux Émirats arabes unis, au cours des deux dernières années, comme point d'appui stratégique pour projeter ses intérêts militaires et économiques au-delà du Golfe".
    Les relations entre les Émirats et la Somalie se sont effondrées après la crise du Golfe de 2017, lorsque Mogadiscio a refusé de prendre parti pour les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite contre le Qatar. En mai 2018 , Abu Dhabi a retiré ses programmes d'aide humanitaire et de coopération militaire avec la Somalie dans le but de punir le pays et de le pousser à soutenir une position en sa faveur.
    L'objectif des Émirats arabes unis est également d'affaiblir l'influence du Qatar et de la Turquie, qui entretiennent des liens étroits avec la Somalie. Le développement d'une présence dans la Corne de l'Afrique aiderait Abu Dhabi à contrôler les flux commerciaux à travers le détroit de Bab el-Mandeb, une voie clé pour le transport maritime mondial. Ceci explique également les tentatives de contrôle des ports du sud du Yémen et de l'île de Socotra, où les Émirats souhaitent établir une présence militaire et exercer une plus grande influence régionale.
    Pourtant, la Somalie a condamné à plusieurs reprises le rôle des Émirats arabes unis dans le pays. Il a bloqué des millions de dollars destinés à la région autonome autoproclamée de Somaliland en avril 2018 et, selon les informations de Mogadiscio, a traqué et arrêté un vaste réseau d'espions émiratis opérant dans le pays. La position du gouvernement somalien a donc toujours été un obstacle aux objectifs d'Abu Dhabi et à ses tentatives de devenir une puissance dans la Corne de l' Afrique.
    Face à ces obstacles, les Emirats Arabes Unis semblent être passés à une approche plus pragmatique, basée sur une empreinte « plus humaine». "Il y a un nouvel élan dans la région et nous devons collectivement saisir cette occasion pour formuler des solutions durables qui servent les intérêts des États de la région et satisfont les aspirations de sa population", a déclaré le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Anwar Gargash, dans un discours prononcé lors du Forum sur la sécurité nationale à Abu Dhabi, en décembre 2019. "Nous pensons que ces modèles finiront par jouer un rôle important dans le soutien de la stabilité et du développement dans la Corne de l'Afrique", a-t-il ajouté.
    la diplomatie du "Coronavirus"
    Profitant de la pandémie de coronavirus, certains pays riches ont utilisé la « diplomatie de coronavirus » vers les Etats les plus pauvres en leur donnant une aide dans « l'objectif de renforcer les relations bilatérales et leur influence. Parmi ceux-ci, on trouve les Émirats arabes unis. Le 14 avril, Abu Dhabi a envoyé à Mogadiscio, en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé, 8 tonnes d'aide pour lutter contre le coronavirus. Le 12 mai, le prince Mohammed bin Rashed Al Makhtoum, de Dubaï, a livré une quantité encore plus grande de fournitures médicales à la capitale de la Somalie. Cependant, malgré ces gestes, Abu Dhabi ne semble pas encore avoir réussi à rallier Mogadiscio.
    "Si l'histoire nous a montré quelque chose, je doute que les fournitures humanitaires des EAU produiront les effets escomptés", a déclaré le professeur Shire. La Somalie, selon plusieurs sources, a déjà rejeté le soutien d'Abu Dhabi à la réouverture de l'hôpital et critiqué le rôle émirati dans la guerre au Yémen. «Les Somaliens ne sont pas des outils bon marché utilisés pour répondre à vos besoins. Le Yémen est un pays proche et fraternel et a sa propre souveraineté et dignité ", a déclaré Ahmed Issa Awad, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la Somalie, en réponse à la récente offre émiratie. "Le monde sait que Socotra est une terre yéménite et ce depuis les temps anciens", a-t-il ajouté.
    À un moment donné, cependant, la Somalie était en faveur des Émirats arabes unis et, plus largement, de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen. "L'ancien gouvernement somalien de Hasan Sheikh a soutenu la coalition dirigée par l'Arabie saoudite. Ils l'ont fait en approuvant officiellement l'utilisation de l'espace aérien national, des eaux territoriales et des terres pour effectuer des frappes aériennes contre le mouvement chiite Houthi ", a déclaré Shire, soulignant que "bien sûr, les liens étroits qu'entretenaient Hasan Sheikh avec les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, outre les raisons financières, ont été les principaux moteurs de la collaboration " .
    À ce jour, cependant, la Turquie et le Qatar exercent une forte influence sur le gouvernement somalien actuel, dirigé par le président Mohamed Abdullahi Mohamed, et Mogadiscio sait qu'il peut compter sur eux. Par conséquent, les Émirats arabes unis auront du mal à attirer la Corne de l' Afrique toute proche en utilisant l'argument financier . "Le dernier rapprochement, avant les élections somaliennes de 2020, pourrait être favorisé par la tentative d'Abou Dabi de trouver un pied dans la future administration somalienne", a déclaré à al-Monitor,Mais, souligne l'analyste Abdullahi Halakhe, les Emirats Arabes Unis pourraient profiter des élections somaliennes de 2020 pour retrouver une influence sur le pays : " Si les Émirats arabes unis soutiennent un candidat ou un ensemble de candidats contre le président actuel, ils pourraient créer un point d'ancrage".
    Le Yémen est ravagé par une guerre civile depuis le 19 mars 2015, lorsque les rebelles chiites houthis ont lancé une offensive pour prendre le contrôle des régions du sud du pays. Le 21 septembre 2014, soutenus par l'ancien régime du défunt président Ali Abdullah Saleh, les Houthis avaient procédé à un coup d'État qui leur avait permis de prendre le contrôle des institutions de l'État dans la capitale Sanaa. Le président légitime du gouvernement reconnu par la communauté internationale, Rabd Abbo Mansour Hadi, avait pris la fuite, gagnant d'abord Aden puis l'Arabie saoudite. Cette dernière a mis sur pied une coalition pour soutenir Hadi qui est intervenue dans le conflit à partir du 26 mars 2015. Cette coalition comprend l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Soudan, Bahreïn, le Koweït, le Qatar, l'Égypte, le Maroc, la Jordanie et le Sénégal, tandis que les rebelles chiites houthis sont soutenus par l'Iran.

  • Yémen : La coalition arabe détruit deux bateaux piégés des rebelles chiites houthis en mer Rouge

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    Le commandement des forces conjointes de l'Alliance arabe pilotée par l'Arabie saoudite a annoncé avoir détruit de deux bateaux piégés appartenants aux rebells chiites yéménites Houthis. Ces embarcations représentaient une menace imminente pour la navigation internationale, affirme la Coalition.
    Le porte-parole des forces de la coalition au Yémen, le colonel Turki Al-Maliki, a déclaré que "à 03h20 jeudi, jeudi, la direction des forces de la coalition a mené une opération qualitative pour viser et détruire deux cibles militaires légitimes appartenant à la milice terroriste Houthi soutenue par l'Iran, à 6 km au sud du port de Salif. Ils représentaient une menace imminente pour les compagnies maritimes et le commerce mondial et une menace pour la sécurité régionale et internationale. "
    Maliki a déclaré: "Les deux cibles détruites sont deux bateaux piégés et télécommandés à 6 kilomètres au sud du port de Salif et à 215 mètres de la côte. Ils étaient prêts à mener des actions hostiles et des opérations terroristes imminentes dans le détroit de Bab al-Mandeb et le sud de la mer Rouge". Maliki a ajouté que l'action de la Coalition était conforme au "droit international humanitaire et ses règles coutumières. Les mesures préventives ont été prises pour protéger les civils. "
    Al-Maliki a ajouté que les Houthis utilisent la province de Hodeidah pour lancer des missiles balistiques, des drones, des bateaux piégés télécommandés, ainsi que le déploiement aléatoire de mines marines en violation flagrante du droit international humanitaire et en violation des dispositions de l'Accord de Stockholm.
    Il a affirmé: "Les forces de la coalition appliquent les mesures nécessaires pour faire face à ces menaces imminentes, et soutiennent avec constance les efforts de l'Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour mettre en œuvre l'Accord de Stockholm, mettre fin au coup d'État (au Yémen) et parvenir à une solution politique globale et durable à la crise yéménite."



  • Le Japon envoie un navire et deux avions de patrouille au Moyen-Orient

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    Le Japon va dépêcher un navire militaire et deux avions pour aider à protéger les voies maritimes au Moyen-Orient, stratégiques pour le pétrole, sans toutefois rejoindre une coalition dirigée par les États-Unis dans la région, a annoncé vendredi le gouvernement. Seront envoyés sur place un destroyer de renseignement avec un hélicoptère et deux avions de patrouille maritime P-3C, a précisé vendredi le porte-parole de l’exécutif, Yoshihide Suga. « Il s’agit d’une mission visant à garantir la paix et la stabilité au Moyen-Orient ainsi qu’à assurer la sécurité des bateaux assurant un transport pour le compte du Japon », a-t-il souligné, notant que 90% des importations de pétrole brut du pays provenaient de la région. En cas d’urgence, le ministre japonais de la Défense autorisera les forces à utiliser des armes pour défendre les navires menacés.
    La zone d’acivité de la Force d’autodéfense maritime japonaise est limitée à la haute mer du golfe d’Oman, au nord de la mer d’Oman et au côté est du détroit de Bab al-Mandeb. Compte tenu des  relations amicales que le Japon entretient avec l’Iran, les avions de combat japonais n’opèreront pas dans le détroit d’Ormuz et le golfe Persique proches de l’Iran.
    Le port d’Oman, à la pointe sud-est de la péninsule arabique, devrait être utilisé comme base de ravitaillement de la frégate des Forces d’autodéfense Japonaise (SDF). L’effectif du personnel  militaire japonais envoyé sur place est de 260 marins et aviateurs.
    La surveillance japonaise sera exécutée conformément au droit international, et seuls les navires japonais bénéficieront de la protection japonaise. Toutefois, les japonais pourront adresser des avertissements aux navires étrangers en cas de menace.
    Après environ 4 semaines de formation, la frégate des Forces d’autodéfense de la marine japonaise commencera à patrouiller début février 2020. La mission est prévue pour une période d’un an et sa prolongation devra être décidée à nouveau par le conseil des ministres.
    A noter que le Japon ne participera pas à l' »alliance des escortes » dirigée par les États-Unis visant à assurer la sécurité du Moyen-Orient et du détroit d’Ormuz. Il mènera plutôt des activités séparément. Toutefois, les enseignements recueillis par les frégates et les avions de patrouille seront partagés avec les pays membres de l’alliance. Le Japon enverra également un officier de liaison des Forces d’autodéfense au QG américain à Bahreïn.
    Cette décision intervient après les attaques cette année contre des pétroliers dans le Golfe, dont un navire japonais, ainsi que contre des installations pétrolières saoudiennes. Washington, d’autres États occidentaux et l’Arabie saoudite accusent Téhéran, qui nie toute implication.
    Les tensions au Moyen-Orient se sont aggravées depuis le début de cette année. L’Iran a été accusé d’avoir miné plusieurs pétroliers au large de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, puis d’avoir attaqué ou saisi d’autres bâtiments maritimes près du détroit crucial d’Ormuz.
    Les activités de patrouille des forces japonaises ne seront pas déployées dans cet étroit lieu de passage par lequel transite une grande partie du pétrole mondial et où opère une coalition dirigée par les États-Unis, a précisé à l’AFP un porte-parole du ministère de la Défense. Les Forces d’autodéfense (nom de l’armée japonaise) opéreront en haute mer dans le golfe d’Oman, le nord de la mer d’Oman et le golfe d’Aden, a-t-il expliqué. Il s’agit de la première décision de ce type par Tokyo depuis l’adoption au forceps de nouvelles lois de Défense en 2016, qui étendent les prérogatives des Forces d’autodéfense à l’étranger. Cette nouvelle législation avait fait polémique, les opposants estimant qu’elle violait la Constitution pacifiste interdisant au Japon d’employer des moyens militaires offensifs pour résoudre des différends internationaux. Cette mission est prévue pour durer un an, avec une possibilité de renouvellement.

    Lien permanent Catégories : BAB EL MANDEB, GOLFE D'OMAN, Oman 0 commentaire
  • Quel avenir pour le Yémen ? Par Jacques Myard

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    Yémen 

    Quel avenir pour le Yémen ?
    (Intervention de Jacques MYARD sur le Yémen au colloque international de l'Académie de Géopolitique de Paris le 18 octobre 2017 au Parlement européen à Bruxelles)
    I - Caractéristiques du Yémen
    Avant toute chose, il convient de rappeler les caractéristiques du Yémen, peu connu en Europe et en France en particulier.
    C'est un pays de 527 970 Km2, il est presque aussi grand que la France
    Population : 27 millions d'habitants
    1800 tribus très actives. C'est donc un pays tribal avec tout ce que cela comporte de rivalités et d'alliances.
    Son histoire est tourmentée et il a connu de très nombreux affrontements et guerres.
    Abdallah Saleh, un berger, prend la tête du Yémen du Nord en 1978.
    Le 22 mai 1990, Abdallah Saleh unifie le nord et le sud. La capitale est à Sanaa, le sud a un grand port maritime, ancienne base anglaise, Aden.
    EN 1994, le sud fait sécession mais subit un échec militaire.
    Sur le plan religieux, 30 à 40 % des Yéménites sont des chiites, zaydites, les Houthistes d'aujourd'hui du nom d'Hussein Al Houthi, tué en septembre 2004 par des frappes de la C.I.A.
    65 à 70 % de la population est sunnite, néanmoins, les Zaydites, Houthistes et les Sunnites sont très proches sur le plan religieux et partagent des interprétations communes des règles religieuses. Il existe de nombreux mariages interreligieux.
    Il ne s'agit donc pas d'une guerre entre Chiites et Sunnites. Les Houthistes habitants des montagnes du Nord du Yémen, guerriers aguerris, souhaitent une large autonomie et ont reproché au pouvoir central de les délaisser sur le plan économique.
    Relevons qu'au sud, il existe désormais une forte présence d'Al Qaida en péninsule arabique (A.Q.P.A) ainsi que des éléments de l'Etat islamique (Daech) en raison de la faillite de l'Etat.
    II - L'histoire du Yémen
    L'histoire du Yémen est une histoire malheureusement faite de guerres dont les causes sont d'abord des rivalités tribales, les guerres sont déclenchées à partir de problèmes strictement internes au Yémen.
    Les principales dates de ces multiples affrontements récents et de manière très résumée sont les suivantes :
    2004 : Les Chiites, Zaydites dirigés par Hussein al Houthi se rebellent contre le pouvoir central de Sanaa
    2005 : les Houthistes gagnent du terrain et se heurtent le long de la frontière nord à l'armée saoudienne.
    L'Arabie saoudite effectue des frappes aériennes et accusent l'Iran d'aider les rebelles.
    2011 : dans la vague du printemps arabe, en Tunisie et en Egypte, les Houthistes manifestent avec les étudiants pour contester le pouvoir du Président Ali Saleh qui réprime les manifestants mais se voit contraint de céder la pouvoir à son vice-président Rabbo Mansour Hadi qui devient Président et gagne les élections législatives.
    2014 : Une conférence du dialogue internationale propose de faire du Yémen un Etat fédéral de 6 provinces ce qui donnerait aux Houthistes un territoire important plus vaste au sud mais les Houthistes refusent car ils exigent un accès à la mer.
    Ils reprennent les combats et prennent Sanaa en septembre 2014 ainsi que la 3ème ville du pays en mars 2015, Taëz.
    2015 : une coalition arabe dirigée essentiellement par l'Arabie saoudite, les Emirats arabes, et soutenus par les Etats-Unis, bombarde Sanaa. Le Président Hadi fuit Aden où il était réfugié pour l'Arabie saoudite.
    2017 : les observateurs constatent les ravages d'une guerre oubliée ; malnutrition, développement du choléra, nombreuses victimes civiles femmes et enfants, notamment lors de la célébration d'un mariage et lors d'un office funéraire ce qui provoque une très forte émotion dans le monde et met en accusation l'Arabie saoudite, en 2015 et 2016.
    III - Le Yémen victime des rivalités régionales
    Ce qui était à l'origine un conflit interne et propre au Yémen, entre une région montagneuse délaissée par le pouvoir central, les Houthistes, et la capitale Sanaa où régnait en maître le Président Saleh ,au pouvoir depuis 40 ans, devient à partir de 2004 l'enjeu d'une guerre par procuration. L'intervention de l'Arabie saoudite voit dans les Houthistes des alliés religieux, des alliés de l'Iran ce qui est loin d'être prouvé.
    Dès 2004, la C.I.A, dans des opérations clandestines, intervient en représailles de l'attentat du destroyer USS Cole et c'est au cours de ces opérations que Hussein al Houthi est tué.
    En janvier 2013, un cargo transportant des armes qui auraient été commandité par l'Iran est arraisonné en mer. L'Arabie saoudite dénonce fortement l'intervention de l'Iran mais à la même époque, personne ne parle des bateaux turcs qui livrent des armes aux Frères musulmans au sud.
    En mars 2015, c'est le jeune prince héritier saoudien ben Salmane Al Saoud, âgé de 30 ans alors, qui obtient du roi d'intervenir, de lancer des bombardements, opération «  tempête décisive » en formant une coalition avec les Emirats arabes unis, le Qatar, l'Égypte, le Soudan, le Maroc, la Jordanie, le Koweït et le Bahreïn.
    Le Qatar est exclu de cette coalition en juin 2017, dans le conflit qui les oppose à l'Arabie saoudite. L'Emirat d'Oman reste sagement en dehors de cette coalition. A l'évidence, à ce stade, l'Arabie saoudite est obnubilée par l'Iran et en intervenant au Yémen, qu'elle considère comme son arrière-cour, elle voit, à tort la main de Téhéran dans ce qui est en réalité un conflit interne au Yémen.
    On a dit plus haut que l'opération « tempête décisive » avait été initiée par le jeune dauphin du Roi, ben Salmane, fils de la dernière épouse du Roi, qui voulait se faire reconnaître comme un chef de guerre charismatique afin de conforter son assise en Arabie saoudite.
    Selon des informations, ce va-t'en guerre serait contesté en interne par de très nombreux chefs tribaux d'Arabie saoudite qui lui sont hostiles.
    IV Le Yémen à l'O.N.U
    La situation au Yémen a fait l'objet de nombreuses résolutions au Conseil de sécurité agissant en application du chapitre VII de la charte des Nations unies qui confère au Conseil de sécurité la possibilité de prendre des sanctions, voire user de la force militaire pour rétablir la paix.
    La résolution 21-40 du 29 février 2014 a institué un comité, article 19, fixant des sanctions afin notamment de sanctionner les livraisons d'armes aux rebelles. Le Président Hadi est toujours aux yeux de la communauté internationale, le Président légitime même s'il n'a plus d'influence.
    En parallèle, la résolution soutient la conférence du dialogue national sans exclusion comme le prévoit le Conseil de Coopération du Golfe afin de rédiger une nouvelle constitution établissant un État fédéral.
    La résolution 22-14 du 14 avril 2015 reprend les dispositions de la résolution précédente tout en renforçant les sanctions à l'encontre notamment d'Abdallah Saleh, l'ancien Président, et soutient toujours le Président Hadi installé à Ryad.
    A l'évidence, les décisions du Conseil de Sécurité apparaissent décalées par rapport aux réalités.
    La « communauté internationale » part du principe que le seul Président légitime est le Président Hadi alors même qu'il n'a plus le contrôle du terrain et est rejeté par les Yéménites. De surcroît Al Qaida et des éléments de l'Etat islamique sont très présents dans le sud du Yémen.
    V - Quelles solutions pour le Yémen
    Il faut souligner qu'il y a une urgence, celle de pouvoir envoyer au Yémen des médicaments et de la nourriture pour faire face à la situation sanitaire déplorable notamment la propagation du choléra. Sur ce point précis, les États de l'Union européenne devraient se mobiliser et exiger des belligérants, la mise en place d'une intervention humanitaire.
    De plus, il convient de reconsidérer la nature de cette guerre oubliée : les interventions extérieures essentiellement celles de la coalition internationale menée par l'Arabie Saoudite a transformé ce conflit interne en conflit international voyant dans les Houthis une tête de pont de l'Iran alors même qu'aucun combattant iranien ne se trouve au Yémen ce qu'attestent tous les experts.
    Le premier pas pour aller à la paix est bien l'arrêt de l'intervention de la coalition internationale dirigée par l'Arabie saoudite avec le soutien des Etats-Unis.
    La constitution d'un Etat fédéral est certainement la solution pour régler les problèmes des Yéménites entre eux à la condition toutefois, que les Houthistes puissent être satisfaits en ayant un accès à la mer. Pourquoi ne pas leur accorder et en donnant aussi satisfaction également à l'Arabie Saoudite qui souhaite pouvoir vendre son pétrole grâce à un oléoduc qui pourrait transiter par la province d'Hadramaout pour gagner le golfe d'Aden sans passer par le détroit de Bab-el-Mandeb qu'elle ne contrôle pas ?
    Enfin, certains experts estiment d'une part que le Président Hadi n'a plus aucune chance d'être reconnu comme le Président légitime des Yéménites et que le fils de l'ancien Président Saleh, Ambassadeur retenu en résidence surveillée à Abu-Dhabi, Mohamed ben Abdellah Saleh pourrait être un candidat accepté par l'ensemble des Yéménites.
    C'est d'ailleurs aux seuls Yéménites de décider de leur propre gouvernement en dehors de toute intervention étrangère mais en attendant une solution politique, il est urgent d'intervenir sur le plan humanitaire, le choléra et la famine gagnent du terrain chaque jour.