Attentats au Balouchistan

  • Pakistan: les attentats se poursuivent au Balouchistan

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    Mercredi 2 février 2022, deux postes de sécurité dans des zones reculées de la province pakistanaise du Baloutchistan (Sud-Ouest) ont été attaqués par des assaillants armés, à quelques heures d'intervalle, déclenchant des échanges de tirs, au cours desquels au moins 13 assaillants, 7 militaires et un civil ont été tués. Jeudi 3 février , le ministre de l'Intérieur Sheikh Rasheed Ahmed a déclaré que "quatre ou cinq" assaillants étaient toujours actifs à Panjgur et que les forces pakistanaises continuaient à les combattre.

    Le groupe nouvellement formé, connu sous le nom de "Nationalist Army Baloch", a revendiqué la responsabilité des attaques dans un message sur Twitter.  Le 11 janvier 2022, la Baloch Republican Army (BRA) et la United Baloch Army (UBA) ont annoncé leurs dissolutions pour s’unifier sous le nom de la Baloch Nationalist Army (BNA). »

    L'Armée de libération baloutche (BLA) a également revendiqué une attaque, déclarant que ses kamikazes avaient fait exploser des véhicules chargés d'explosifs à l'entrée des bases, tuant plus de 50 soldats.

    Selon le rapport de l'armée, la première des deux attaques, revendiquée par la Nationalist Army Baloch, a eu lieu dans le district de Panjgur, où un couvre-feu a alors été imposé. Quelques heures plus tard, les assaillants de la BLA ont tenté de s'infiltrer dans un camp de sécurité à Naushki, mais les troupes ont déjoué la tentative.

    Le dernier épisode est survenu quelques jours seulement après une autre attaque au Balouchistan, au cours de laquelle 10 soldats ont été tués près de la ville de Kech, le 25 janvier. L'attaque avait été revendiquée par le Front de libération baloutche (BLF).

    Le Balouchistan est le théâtre d'une longue insurrection de groupes sécessionnistes de l'ethnie baloutche qui, depuis des décennies, organisent des attentats, principalement contre les forces de sécurité, pour obtenir l'indépendance. La province, située à la frontière avec l'Iran et l'Afghanistan, est la plus grande du Pakistan, ainsi que la moins peuplée et la moins développée. Son territoire est riche en ressources naturelles et les habitants locaux se plaignent de ne pas recevoir une partie des richesses provenant du gaz et des minéraux obtenus localement.

    Des groupes sécessionnistes baloutches tels que le Front de libération baloutche et l'Armée de libération baloutche sont actifs au Baloutchistan. Le Pakistan accuse l'Inde de soutenir secrètement les insurgés du Balouchistan, ce que l'Inde nie.

     Ces dernières années, les séparatistes baloutches se sont rendus responsables d'attentats visant les projets du corridor économique sino-pakistanais (CPEC), qui passe par le Balouchistan et qui sont menés par Pékin et Islamabad dans le cadre du grand projet d'infrastructure et de financement de la Nouvelle "Route de la Soie" et dans laquelle le gouvernement chinois a l'intention d'investir environ 62 milliards de dollars.

    Outre les militants baloutches, divers groupes armés sont également actifs. Parmi ceux-ci, il y a des groupes affiliés à l'État islamique ou aux talibans pakistanais, également connus sous le nom de  Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) . Le  9 novembre 2021, le gouvernement pakistanais et les talibans pakistanais avaient conclu un accord de cessez-le-feu pour poursuivre les pourparlers entre les parties. Cependant, le  9 décembre 2021 , le TTP a annoncé la fin du cessez-le-feu accusant l'exécutif de ne pas respecter la trêve et de ne pas avoir libéré 102 de ses combattants. Suite à cette décision, entre le 17 et le 18 janvier, le TTP a  attaqué les autorités pakistanaises dans plusieurs régions, dont la capitale Islamabad.

    Islamabad a engagé de nombreuses forces dans la province du Baloutchistan pour contrer la violence et, de manière générale, ces dernières années, l'armée a intensifié la lutte contre tous les différents groupes armés opérant dans la région, sans parvenir, pour autant, à faire cesser les attaques.

  • Pakistan: Le Front de Libération Baloutche (BLA) a revendiqué l'attaque contre un poste militaire qui a tué 10 soldats

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    Le groupe séparatiste Front de libération des Baloutches (BLF) a revendiqué, vendredi 28 janvier, la paternité de l'attentat qui, le 25 janvier, a fait 10 morts parmi les militaires dans la province sud-ouest du Balouchistan.

    Dans un communiqué publié par l'armée pakistanaise, cité par Reuters, il a été rapporté que le BLF, avant l'aube, avait lancé une attaque contre un poste militaire près de Kech, une ville de la province du Balouchistan, non loin du port sud-ouest de Gwadar, où la Chine fait de nombreux investissements. Les troupes pakistanaises ont ouvert le feu en réponse, tuant l'un des assaillants. Dix membres des forces armées ont perdu la vie au cours de l'attaque. Suite au raid, les autorités ont arrêté trois membres du groupe séparatiste. "Nous avons l'intention de libérer le Pakistan de toutes les formes de terrorisme", a déclaré le 28 janvier le Premier ministre Imran Khan dans un communiqué dans lequel il rendait hommage aux 10 soldats "martyrs". 
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    Bien que les autorités d'Islamabad aient déclaré que le nombre de morts était de 10, les rebelles ont affirmé dans une déclaration envoyée à Reuters que 17 soldats et un membre du BLF avaient été tués. 

    Le Balouchistan est le théâtre d'une longue insurrection de groupes sécessionnistes de l'ethnie baloutche qui, depuis des décennies, organisent des attentats, principalement contre les forces de sécurité, pour solliciter leurs revendications d'indépendance. Au Baloutchistan, des groupes sécessionnistes de cette ethnie tels que le Front de libération du Baloutchistan et l'Armée de libération du Baloutchistan sont actifs. Ces dernières années, les séparatistes baloutches se sont rendus responsables d'attentats visant les projets du corridor économique sino-pakistanais (CPEC), qui passe par le Balouchistan et qui sera mis en œuvre par Pékin et Islamabad dans le cadre du grand projet d'infrastructure et de financement des nouvelles routes de la soie et dans lequel le gouvernement chinois a l'intention d'investir environ 62 milliards de dollars.

    Sur son territoire, outre les militants baloutches, divers groupes armés appartenant à différentes organisations sont également actifs. Parmi ceux-ci, il y a des groupes affiliés à l'État islamique et aux talibans pakistanais, également connus sous le nom de  Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) . Ces derniers sont une branche du groupe des talibans afghans qui s'est formée à partir des groupes talibans présents et opérant au Pakistan, qui se sont réunis en 2007 et sont fidèles à la direction des talibans afghans. L'objectif du TTP est d'introduire la charia au Pakistan et de renverser le gouvernement d'Islamabad en attaquant l'armée et les autorités. Comme les talibans afghans, le TTP promeut également une ligne conservatrice de l'islam et son idéologie est proche de celle d'Al-Qaïda. Le 9 novembre 2021 , le gouvernement pakistanais et les talibans pakistanais ont conclu un accord de cessez-le-feu pour permettre la poursuite des pourparlers entre les parties. Cependant, le  9 décembre suivant , le TTP a annoncé la fin du cessez-le-feu accusant l'exécutif de ne pas respecter la trêve et de ne pas libérer 102 de ses combattants. Suite à cette décision, entre le 17 et le 18 janvier 2022, le TTP a  attaqué  les autorités pakistanaises dans plusieurs régions, dont la capitale Islamabad.

  • Pakistan : Les forces de sécurité pakistanaises subissent des pertes au Baloucistan pour le 3ème jour consécutif

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    Samedi 25 septembre, au moins quatre soldats du Corps des gardes-frontières du Pakistan ont été tués et deux autres été blessés par l'explosion d'une bombe en bordure de route (IED).

    L'incident a eu lieu dans la province du Baloutchistan, dans le district de Harnai. Le véhicule des militaires a été prise pour cible par un engin explosif improvisé (EID). 

    L'Armée de libération du Baloutchistan a revendiqué l'attaque en publiant une photographie de la voiture détruite par l'explosion.

    Divers groupes séparatistes baloutches restent actifs dans la région, luttant pour l'indépendance de la province riche en gaz et en minéraux depuis des décennies.

    Un autre incident a eu lieu le 26 septembre, lorsqu'un soldat du Frontier Corps pakistanais a été tué et deux autres blessés lors d'une attaque contre un poste de contrôle dans la région de Mach au Baloutchistan .

    Le 24 septembre, deux membres du personnel de sécurité ont été tués et cinq autres blessés lors d'une attaque dans le district d'Awaran.

    En réponse aux attaques régulières, les forces pakistanaises ont mené plusieurs opérations de sécurité dans la région.

    Aux premières heures du 26 septembre, les forces de sécurité ont tué un commandant de l'Etat islamique, identifié comme Mumtaz Ahmed alias Pehelwan, lors d'un raid dans le district de Mastung au Baloutchistan, a affirmé un porte-parole du département provincial de lutte contre le terrorisme.

    Selon certaines informations, Ahmed était soupçonné d'avoir organisé l'attentat-suicide meurtrier lors d'un rassemblement électoral en 2018 qui a coûté la vie à au moins 128 personnes.

    De plus, tard le 24 septembre, six terroristes présumés, dont deux commandants, ont été tués dans une autre opération menée par le Baloutchistan Frontier Corps avec le soutien des services de renseignement du district de Kharan au Baloutchistan. Une cache d'armes qui auraient appartenu à l'Armée de libération du Baloutchistan a été découverte.

    Au cours d'un intense échange de tirs, six terroristes dont les commandants Gul Mir alias Pullen et Kaleemullah Bolani ont été tués, selon les déclarations officielles.

  • Pakistan : 11 membres de l'Etat islamique tués par la police

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    Le Pakistan a déclaré que 11 militants de l'État islamique avaient été tués lors d'un raid de la police dans la province agitée du sud-ouest du Baloutchistan. Le raid a eu lieu avant l'aube, mardi 31 août 2021. Les jihadistes ont opposé une vive résistance, déclenchant une fusillade au cours de laquelle 11 membres de l'Etat islamique ont été tués, a annoncé la police.

    Les unités, agissaient sur la base de renseignements. Le raid a eu lieu dans le district de Mastung, où des militants de l'Etat islamique avaient récemment tué deux policiers. La police a déclaré que des ceintures suicide, des grenades à main et des fusils d'assaut ont été récupérés lors du raid.

    Le département antiterroriste n'a encore fourni aucun autre détail sur la nationalité des jihadistes tués. La police antiterroriste est une branche spéciale de la police qui combat les groupes jihadistes.

    Quetta est la capitale de la province du Baloutchistan où l'Etat islamique y a revendiqué plusieurs attaques ces dernières années. L'Etat islamique est établi au Pakistan et en Afghanistan voisin.

    Le Baloutchistan est également le théâtre d'une insurrection  menée par des groupes séparatistes baloutches, qui ont également ciblé des travailleurs non baloutches. Cependant, contrairement à Daech, ils n'ont pas d'antécédents d'attaques contre la communauté chiite minoritaire.
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    Tirs de roquettes au Balouchistan - peut être en provenance de l'Afghanistan
    Des sources pakistanaises ont signalé que des roquettes avaient atterri près de l'école publique FC et du complexe judiciaire à Miranshah, dans le Waziristan du Nord. Aucune victime n'a été signalée pour le moment. La zone est à environ 17 km de la frontière afghane.

  • Pakistan : Attentat suicide anti-chinois au Balouchistan

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    Sirbuland Baloch.jpegUn attentat suicide a visé le véhicule d'un ressortissant chinois à Gwadar, au Balouchistan. Deux enfants ont été tués et l'expatrié chinois blessé, selon le porte-parole du gouvernement du Balouchistan.

    L'Armée de libération baloutche (BLA) a revendiqué la responsabilité de l'attentat suicide visant des chinois à Gwadar. Le BLA a identifié le kamikaze comme Sirbuland Baloch alias Umar Jan (photo ci-contre).

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  • Pakistan : troubles au Baloutchistan, un attentat et un enlèvement

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    Le gouvernement de la province pakistanaise du Baloutchistan a annoncé qu'au moins 2 policiers avaient été tués et 21 personnes, dont 12 officiers, blessées à la suite d'une explosion le dimanche 8 août 2021 dans la capitale provinciale, Quetta. Le même jour, le Département de lutte contre le terrorisme du Baloutchistan a annoncé avoir tué 5 personnes impliquées dans l' enlèvement et la mort du chef du Parti nationaliste Awami, Malik Ubaidullah Kasi, dans la ville de Pishin.

    L'attentat de Quetta visait un fourgon de police sur la place Tanzeem, près de l'hôtel Serena. L'explosion a été provoquée par une bombe placée sur une moto. Au moment de l'explosion, il y avait plusieurs policiers dans le fourgon. L'explosion a également blessé des passants. Pour le moment, l'attaque n'a pas encore été revendiquée. Les agences de sécurité ont isolé la zone de l'attaque et lancé une chasse à l'homme pour arrêter l'auteur.

    Quant au cas de Malik Ubaidullah Kasi, l'homme politique kidnappé contre rançon à Quetta, dans le district de Kuchal, en juin dernier, son corps a été retrouvé le 5 août dernier près d'un camp de réfugiés afghans à Pishin. La police a investi la planque des auteurs et trouvé des mitrailleuses, des grenades à main et des pistolets. Cinq des ravisseurs ont été tués dans une fusillade avec la police. Selon l'Associated Press, Kasi est le premier homme politique à avoir été kidnappé contre rançon au Baloutchistan, où les enlèvements sont fréquents.

    Le Baloutchistan, situé à la frontière avec l'Iran et l'Afghanistan, est la plus grande province du Pakistan, ainsi que la moins peuplée et la moins développée. Son territoire est riche en ressources naturelles et les habitants se plaignent de ne pas recevoir une partie des richesses provenant du gaz et des minéraux exploités. Divers groupes armés sont actifs sur le territoire du Baloutchistan. Parmi ceux-ci, il y a les groupes séparatistes de l'ethnie baloutche qui, depuis des années, mènent des insurrections dans la région. On trouve également des groupes islamistes radicaux et des talibans pakistanais. Ces dernières années, les séparatistes baloutches se sont distingués par des attaques contre le projet de corridor économique sino-pakistanais (CPEC),

    À la lumière de ces attaques, Islamabad a envoyé des renforts dans la province pour contrer la violence et l'armée a intensifié sa lutte contre les différents groupes armés opérant dans la région, sans pour autant parvenir à stopper les attaques terroristes. Le  21 avril 2021, par exemple, Quetta a été le théâtre d'un attentat contre un hôtel qui accueillait l'ambassadeur de Chine dans le pays, Nong Rong, et qui a fait 5 morts et 12 blessés. L'attaque a été revendiquée par l'organisation talibane pakistanaise, connue sous le nom de Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP). Mais pour le gouvernement pakistanais, l'attentat perpétré à la voiture piégée est l'œuvre d'une  « main étrangère » . 
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  • Pakistan : Islamabad pourrait chercher à négocier avec les rebelles baloutches anti-chinois face à la montée en puissance des talibans afghans

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    Le Premier ministre pakistanais Imran Khan s'est récemment engagé à entamer des pourparlers avec les insurgés armés du Baloutchistan.

    Le gouvernement pakistanais semble avoir pris conscience de la grave menace que l'insurrection baloutche fait peser sur le corridor économique Chine-Pakistan (CPEC) et du pourrissement de la situation politique au Baloutchistan, dans le sillage de la résurgence des talibans dans l'Afghanistan voisin.

    La province du Baloutchistan, avec son port stratégique de Gwadar où la Chine investit des milliards de dollars, est un territoire vital pour le corridor économique Chine-Pakistan (CPEC).

    Dans le même temps, le Baloutchistan a également été historiquement une base sûre pour le leadership des talibans afghans. Quetta, la capitale du Baloutchistan,  est sans doute en train de devenir une zone de confluence de militantisme d'inspiration religieuse et d'insurrection ethnique.

    Cela en fait une région extrêmement sensible pour le Pakistan, car l'instabilité généralisée qui gagne l'Afghanistan depuis le départ des troupes américaines pourrait fournir un nouvel élan aux groupes baloutches pour réorganiser leurs milices et intensifier leur agenda séparatiste. Le 14 juillet 2021, une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux montrait un rassemblement pro-taliban dans la capitale du Baloutchistan, Quetta. Avec des personnes portant des armes et louant les victoires des talibans en Afghanistan. Le rassemblement confirme non seulement une présence taliban très visible dans la province, mais montre également la tendance croissante du groupe à projeter son pouvoir par des moyens politiques et militants.

    Certes, les groupes d'insurgés baloutches ne sont pas le seul groupe à cibler la province du Baoutchistan. Ces derniers mois, il y a eu au moins une douzaine d' attaques au Baloutchistan par les islamistes de Tehreek-i-Taliban , soulignant à quel point la situation sécuritaire de la province se détériore à la suite de l'intensification de la guerre civile en Afghanistan.

    Bien que l'État pakistanais soit la principale cible des insurgés baloutches, ceux-ci ont récemment ciblé les ressortissants chinois et le CPEC associés à Islamabad.

    De nombreux analystes et dirigeants politiques au Pakistan pensent qu'une insurrection militante et ethnique généralisée pourrait finalement forcer la Chine à quitter le Baloutchistan, ce qui porterait un coup sérieux aux efforts du Pakistan pour dynamiser son économie.

    Les attaques contre les forces gouvernementales et les Chinois ne cessent de prendre de l'ampleur. Elles sont le fait, non seulement des insurgés baloutches, mais aussi des islamists de Tehreek-i-Taliban, les talibans pakistanais, bien que les deux groupes d'insurgés ne partagent aucune affinité idéologique.

    En juin 2020, l'Armée de libération du Baloutchistan a attaqué la Bourse du Pakistan à Karachi, où sont basées un certain nombre d'entreprises chinoises impliquées dans la CPEC. En 2017, un consortium d'entreprises chinoises avait acheté une participation de 40 % dans la Bourse du Pakistan, ce qui en fait leur plaque tournante au cœur de la plus importante ville financière du Pakistan.

    14 agents de sécurité, dont sept membres du Frontier Corps, ont été tués en octobre 2020 lors d'une attaque armée contre leur convoi sur la route côtière dans la zone d'Ormara du district de Gwadar. 

    En mars 2021, des insurgés armés baloutches ont attaqué un véhicule transportant du personnel de la marine pakistanaise, tuant au moins un et en blessant deux.

    Le 21 avril, une voiture piégée à l'hôtel de luxe Serena à Quetta a tué cinq personnes et en a blessé 12. Les talibans pakistanais ont revendiqué la responsabilité de l'attaque  et déclaré que la police et d'autres responsables étaient la cible. 

    Le 14 juillet, une explosion survenue dans un bus dans la province pakistanaise de Khyber Pakhtunkhwa a fait au moins 13 morts, dont neuf ressortissants chinois. Alors que la Chine a rapidement qualifié cela d'attentat à la bombe, les autorités pakistanaises continuent d'insister sur le fait qu'il s'agissait d'une panne de véhicule. 

    Le 15 juillet, deux militaires pakistanais, dont un capitaine, ont été tués par une explosion dans le district de Pasni au Baloutchistan, à 126 kilomètres à l'est du port de Gwadar.

    Alors que l'apparente attaque de bus dans la province de Khyber Pakhtunkhwa met en évidence l'accent mis par les Tehreek-i-Taliban sur la CPEC, les insurgés baloutches considèrent également que la CPEC manifeste et perpétue ce qu'ils considèrent comme « l'impérialisme chinois » au Baloutchistan, qui, selon eux, se fait au détriment de la population indigène.

    Certains dirigeants politiques et responsables de la sécurité au Pakistan suggèrent cependant que le succès des talibans en Afghanistan pourrait en fait être de bon augure pour la lutte du Pakistan contre les insurgés baloutches, car le Pakistan pourrait tirer parti de son influence sur les talibans pour forcer les groupes militants baloutches à mettre un terme à leur insurrection.

    Cependant, la suggestion néglige la dynamique en évolution rapide des liens traditionnels du Pakistan avec les talibans afghans.

    Lors d'une récente séance d'information privée donnée au parlement, les plus hauts responsables militaires pakistanais auraient décrit les Tehreek-i-Taliban et les talibans afghans comme les deux faces d'une même pièce, ajoutant qu'une divergence croissante se fait jour entre les deux groupes militants à la suite de la distanciation calculée du  Pakistan par rapport aux talibans en Afghanistan.

    À la suite de l'activité militante croissante au Baloutchistan, « il est rationnel pour le gouvernement d'essayer de faire la paix avec au moins un des auteurs », a déclaré un chef du parti au pouvoir à Asia Times sous couvert d'anonymat.

    Les groupes d'insurgés baloutches sont le choix logique car le Pakistan les considère comme les principaux auteurs des attaques contre les projets de la CPEC. Comme plusieurs analystes l'ont noté, une alliance tacite entre les groupes d'insurgés baloutches et les talibans pourrait nuire considérablement au projet et avec lui à la fragile alliance du Pakistan avec la Chine.

    Un accord de paix avec les insurgés baloutches relâcherait considérablement la pression sécuritaire sur le Pakistan et lui permettrait plutôt de se concentrer sur la menace croissante émergeant d'Afghanistan.

    En tant que tel, le Pakistan envisage d'inclure Pékin dans ses pourparlers avec les groupes militants baloutches, en vue de répondre aux préoccupations des groupes insurgés baloutches concernant le contrôle de la Chine sur leurs ressources, y compris le port de Gwadar.

    Mais cette initiative ne va-t'elle pas s'ajouter à la  longue liste des tentatives infructueuses pour répondre aux préoccupations des Baloutches ?

    Comme le montre l'histoire, ce n'est qu'en répondant à la demande fondamentale des Baloutches d'une autonomie politique, administrative et fiscale significative au sein de la fédération que le Pakistan pourra améliorer la situation dans une province agitée depuis son adhésion au Pakistan en 1948.

    Une réponse positive à certaines des demandes fondamentales des Baloutches liées à l'autonomie provinciale - permettrait au Pakistan de déployer des ressources et des forces. à la menace croissante de l'activisme transnational d'inspiration religieuse des talibans.

    Pour que les pourparlers réussissent, le Pakistan doit engager des négociations avec les véritables dirigeants politiques baloutches, pas les mandataires connus de l'État, tels que Shahzain Bugti, qui n'ont aucun lien politique réel avec les insurgés baloutches. Parmi les dirigeants baloutches crédibles, on peut citer le Dr Abdul Malik, ancien ministre en chef du Baloutchistan et champion connu de l'autonomie provinciale.