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  • Kazakhstan : De graves émeutes menacent la sécurité de ce pays central

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    Le Kazakhstan pourrait apparaître comme lointain pour la majorité des Européens, mais il ne faut pas oublier qu'il est utilisé comme plaque tournante par les narco-trafiquants, les migrants et de nombreux jihadistes à partir, notamment de l'Afghanistan vers la Russie et l'Europe.  A tel point que des sociétés comme Thalès (France), mais aussi d'Israël, de Russie et de Turquie avaient été approchées pour proposer une mise à niveau d'équipements destinés à la lutte contre ces trafics. Une situation chaotique dans ce pays pourrait avoir des conséquences sur la sécurité de la Russie et des pays de l'Union européenne.

    Dans la ville d'Almaty, dans l'ouest du Kazakhstan, de violents affrontements se sont poursuivis le 5 janvier entre des manifestants et des policiers, qui ont utilisé des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes pour disperser des milliers de citoyens. Ces derniers, armés de bâtons et de barres métalliques, ont pris d'assaut et occupé le bâtiment du gouvernement régional, l'Akimat, malgré l'entrée en vigueur de l'état d'urgence et du couvre-feu.

    Le site d'information kazakh zakon.kz  a publié une vidéo montrant des centaines de manifestants tentant d'accéder au siège du gouvernement. Les citoyens sont descendus dans la rue pour condamner le doublement du prix du gaz de pétrole liquéfié (GPL), un carburant largement utilisé pour alimenter les véhicules dans le pays en raison de son coût économique. L' agence de presse russe TASS , citant des correspondants sur place, a révélé que les manifestants avaient pénétré dans le bâtiment et mis le feu au premier étage du bâtiment.  

    Le bilan des affrontements serait d'environ 190 personnes, 137 officiers et 53 civils. Cela a été confirmé mercredi 5 janvier 2022 par le service de presse du ministère de la Santé publique d'Almaty. 150 ont été soignés sur place dans des ambulances, tandis que 40 autres étaient transportées d'urgence à l'hôpital. Sept personnes ont été grièvement blessées et sont hospitalisées en soins intensifs, dont quatre policiers. Selon les données préliminaires du ministère kazakh de l'Intérieur, environ 200 manifestants ont été arrêtés. Les bâtiments de la ville ont également été endommagés. TASS a signalé qu'environ 300 structures ont été endommagées, dont 120 magasins, 100 immeubles et 80 restaurants et bars. En outre, zakon.kz a signalé que 33 véhicules ont été pris d'assaut, dont 16 véhicules des forces de l'ordre, 7 ambulances, deux camions de pompiers, 7 camions et un camion-citerne. 

    L'aéroport est bouclé par les forces de sécurité et isolé, et il ne semble pas que les manifestants aient réussi à y pénétrer. 

    Dans la matinée du 5 janvier, le président du pays, Qasym-Zhomart Toqaev, a accepté la démission du gouvernement, dirigé par le Premier ministre Asqar Mamin. C'était l'une des principales revendications des manifestants, après que l'exécutif ait annoncé le doublement du prix du GPL. Il a été aussitôt remplacé par le vice-Premier ministre, Alikhan Smailov, a titre intérim. Il collaborera avec les membres actuels du gouvernement, qui continueront à exercer leurs fonctions jusqu'à la formation d'un nouveau cabinet, indique la page Web présidentielle. .

    Le 4 janvier, Toqaev avait décrété l'état d'urgence dans les régions occidentales d'Almaty et de Mangystau. La mesure sera en vigueur jusqu'au 19 janvier et a été adoptée après que les manifestations aient commencé à prendre une tournure violente dans la nuit du 4 au 5 janvier. Dans les deux régions, un couvre-feu nocturne sera en vigueur, de 23 heures à 7 heures du matin, accompagné de restrictions de circulation à l'intérieur et à l'extérieur des centres urbains et d'une interdiction de rassemblements. Les manifestations ont commencé le 2 janvier, dans la région sud-ouest de Mangystau, notamment dans la ville d'Aktau et dans celle pétrolière de Zhanaozen. C'est la même région où,  en décembre 2011, la police avait ouvert le feu sur les manifestants, tuant au moins 16 personnes. L'étincelle qui a déclenché les troubles a été l'annonce du doublement du prix du GPL à 120 tenge (0,27 $). C'est une matière première vitale pour les Kazakhs. L'annonce de l'augmentation du pris du GPL à 120 tenge avait été annoncée dans les derniers jours de décembre 2021, pour une entrée en vigueur le 1er janvier. 

    Le 4 janvier, les manifestations se sont étendues à Almaty, dans le sud-est du pays, où la police est intervenue avec des véhicules blindés pour disperser plus de 5 000 manifestants. Ce même 4 janvier, d'autres villes enregistraient également une forte mobilisation populaire, comme Uralsk, au nord-ouest, Aqtöbe, à l'ouest - où les manifestants occupaient la place centrale et l'administration de la ville- mais aussi dans les villes méridionales de Taraz, Shymkent et Kyzylorda. Enfin, au Nord-Est, on signale des manifestations à Karaganda et même Nur-Sultan. Une manifestation de masse a également lieu devant le bureau du maire de Kostanay. A Petropavlovsk et Pavlodar, la police a jusqu'ici réussi à retenir les manifestants.

    13H27 : La résidence du président du Kazakhstan à Alma-Ata  incendiée
    À Alma-Ata, le bâtiment de l'ancienne résidence du président du Kazakhstan a été incendié. Cela a été rapporté par l' agence Interfax en référence au service d'incendie. Auparavant, on avait appris les incendies dans le bâtiment de l'administration municipale, du bureau du procureur et du siège du parti au pouvoir.
    Le palais présidentiel est situé à côté de l'administration d'Almaty. Les manifestants, qui ont pris d'assaut la mairie, ont tenté d'occuper la résidence du chef de l'Etat. Ils ont également réussi à détourner un véhicule spécial appartenant à la police.

    14H27 : Internet est coupé dans le pays 
    Des coupures Internet  ont été enregistrées sur tout le territoire du Kazakhstan, indique l' agence RIA Novosti en référence à l'organisation NetBlocks, qui analyse l'activité du réseau mondial.
    La fermeture d'Internet vise à empêcher les manifestants de coordonner leurs activités. Le 4 janvier, il y a eu des interruptions dans les communications mobiles sans que cela puisse empêcher les manifestations de l'opposition.

    16H24 : Le président du Kazakhstan, Kassym-Zhomart Tokayev, remplace le premier ministre à la tête du Conseil de sécurité du pays
    Le président du Kazakhstan a déclaré qu'à partir du 5 janvier, il dirigeait le Conseil de sécurité du pays, auparavant piloté par Noursoultan Nazarbayev. Il a également déclaré que lors des affrontements entre la police et les manifestants, il y avait eu des morts et des blessés.

    "Des foules de bandits battent et se moquent des militaires, les emmènent nus dans les rues, maltraitent les femmes, braquent des magasins. La situation menace la sécurité de tous les habitants d'Almaty. Et cela ne peut être toléré", cite Interfax.

    Tokayev a démenti les rumeurs de fuite du Kazakhstan, affirmant qu'il resterait dans la capitale et publierait bientôt un plan de réforme politique. Dans le même temps, le président a averti que les autorités agiraient durement contre les participants aux émeutes.

  • https://www.frontlive-chrono.com du mercredi 28 novembre 2018

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