Asmara

  • Ethiopie : Des soldats érythréens tirent à l'aveugle sur des civils au Tigray - 19 blessés

    Imprimer

    Des soldats érythréens ont ouvert le feu sur des civils  dans la région éthiopienne du Tigray, blessant 19 personnes, selon plusieurs sources.

    Des médecins et des témoins oculaires ont déclaré que l'incident s'est produit tôt lundi 12 avril 2021 dans la ville d'Adwa. "Nous avons entendu des coups de feu et avons été immédiatement appelés à l'hôpital", a déclaré un médecin à l'AFP.

    "A notre arrivée, il y avait 19 patients. Dix d'entre eux ont été grièvement blessés, quatre moyennement et cinq légèrement", a ajouté le médecin, qui a demandé à ne pas être identifié par crainte de représailles.

    Un témoin oculaire a déclaré que les balles visaient des civils alignés devant une banque et d'autres qui se rendaient au travail.

    Le même témoin, qui a également demandé l'anonymat, a ajouté: "Lors des massacres précédents, les soldats érythréens descendaient de véhicules et attaquaient des civils. Mais cette fois, ils ont ouvert le feu avec leurs mitrailleuses depuis leurs voitures en traversant la route principale à Adwa."

    En réponse aux questions de France Press, les habitants d'Adwa ont déclaré que les Érythréens pouvaient facilement être identifiés par leurs uniformes et leur dialecte.

    L'organisation humanitaire Médecins sans frontières a écrit mardi sur son compte Twitter que 18 blessés sont arrivés à l'hôpital d'Adwa et que 11 «plus grièvement blessés» ont été emmenés dans la ville d'Axoum, à l'ouest.

    L'organisation, qui n'a pas précisé la nationalité des soldats impliqués, a déclaré que "les blessés disent que les soldats ont ouvert le feu sur eux près de la gare routière d'Adwa". Elle  a exprimé sa "préoccupation face aux violences en cours au Tigray".

    En réponse à une question de France Press, le ministre érythréen de l'Information a refusé mardi soir une demande de commentaire sur l'incident. Asmara a précédemment nié des informations sur des Érythréens commettant des violations contre des civils, notamment des massacres et des viols.

    Le dernier incident survient plus de deux semaines après que le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé le début du départ des Érythréens de la région.

    Début novembre 2020, Abiy a annoncé l'envoi de l'armée fédérale au Tigray pour arrêter les dirigeants du Front populaire de libération du Tigray, que les forces d'Addis-Abeba accusent d'avoir mené des attaques contre les camps militaires des forces fédérales.

    Le Front de libération du peuple du Tigray, qui dirigeait cette région à l'époque, a dominé la politique nationale en Éthiopie pendant près de trois décennies.

    L'armée éthiopienne a reçu le soutien des forces de l'Érythrée, le pays qui borde le Tigray au nord et avec la région éthiopienne d'Amhara qui borde la région au sud.

    Abiy a déclaré la victoire le 28 novembre après avoir capturé la capitale provinciale, Mekele.

    Addis-Abeba et Asmara ont constamment nié toute participation réelle des forces érythréennes à la guerre, ce qui contredit les témoignages de résidents locaux, d'organisations de défense des droits de l'homme, de travailleurs humanitaires, de diplomates et même de certains responsables civils et militaires éthiopiens.

    Abiy a finalement reconnu la présence de ces forces en mars 2021.

    Le nombre de soldats érythréens dans la région est inconnu. On ne sait pas non plus si certains ont effectivement quitté la région ces dernières semaines.

  • Ethiopie : L'Erythrée va retirer ses troupes du Tigray selon le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed

    Imprimer

    L'armée érythréenne va se retirer du Tigray, où elle a pénétré après le début du conflit en novembre dans cette région du nord de l'Ethiopie, a assuré vendredi le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed à l'issue d'une rencontre avec le président érythréen.

    Pendant des mois, les autorités d'Asmara et d'Addis Abeba ont démenti la présence de forces érythréennes au Tigray, qui était pourtant largement rapportée par des habitants, des humanitaires, des diplomates et même certains responsables civils et militaires éthiopiens. Ces troupes, ainsi que l'armée éthiopienne, y ont été notamment accusées de pillages, de massacres et de viols.

    Abiy Ahmed a lancé le 4 novembre 2020 une intervention militaire visant à renverser le Front de libération du peuple du Tigray (TPLF), parti au pouvoir dans cette région. Il a proclamé la victoire le 28 novembre mais les combats s'y sont poursuivis.

    Mardi 23 mars 2021, le Premier ministre éthiopien a admis pour la première fois, devant le Parlement, que des troupes érythréennes étaient présentes au Tigray. Il s'est ensuite rendu dans la capitale érythréenne, Asmara, jeudi.

    "Dans mes discussions du 26 mars avec le président (érythréen) Issaias Afeworki (...), le gouvernement érythréen a accepté de retirer ses forces en dehors des frontières de l'Ethiopie", a-t-il annoncé vendredi matin dans un communiqué posté sur Twitter. Le ministère érythréen de l'Information a publié en début d'après-midi un communiqué relatant la visite de M. Abiy, sans mentionner un retrait de troupes. Mais l'ambassadeur au Japon, Estifanos Afeworki, a confirmé sur Twitter qu'"à partir d'aujourd'hui" les forces érythréennes "restitueront toutes les positions quittées par les troupes éthiopiennes" lorsque le conflit a éclaté.

    Les Etats-Unis ont salué cette annonce, qualifiée de "pas important" vers une "désescalade du conflit" dans la région.
    "Nous devons voir un retrait immédiat et inconditionnel des troupes, la fin des hostilités et une solution politique", a réagi de son côté le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, sur Twitter.

    Massacres 
    L'Éthiopie et l'Érythrée se sont opposées entre 1998 et 2000 durant une sanglante guerre frontalière, alors que le TPLF dominait le pouvoir en Ethiopie. Les deux pays se sont rapprochés après l'arrivée au pouvoir en 2018 d'Abiy Ahmed. Mais l'Érythrée et le TPLF sont restés de féroces ennemis.

    Selon M. Abiy, des tirs de roquettes du TPLF sur la capitale Asmara ont poussé "le gouvernement érythréen à traverser la frontière avec l'Ethiopie, à prévenir d'autres attaques et à sauvegarder sa sécurité nationale". Selon lui, les troupes érythréennes ont pris le contrôle de zones proches de la frontière, mais des groupes de défense des droits humains et des habitants du Tigray ont, eux, décrit une présence érythréenne beaucoup plus loin dans la région.

    Amnesty International et Human Rights Watch accusent l'armée d'Asmara d'avoir tué des centaines de Tigréens lors d'un massacre fin novembre dans la ville d'Aksoum. La Commission éthiopienne des droits de l'Homme, organe indépendant mais rattaché eu gouvernement, a affirmé mercredi avoir "réuni des preuves concernant la mort de plus d'une centaine de victimes" dans cette ville sainte du Tigray. L'AFP a documenté un autre massacre qui aurait été perpétré en novembre par les troupes érythréennes dans la ville de Dengolat. Lors d'une visite ce mois-ci dans la ville de Wukro, des habitants ont également déclaré à l'AFP que des soldats érythréens étaient toujours présents, parfois vêtus d'uniformes éthiopiens. Ces troupes sont également soupçonnées d'avoir attaqué deux camps abritant des dizaines de milliers de réfugiés érythréens. L'ONU a annoncé vendredi qu'elle a pu se rendre dans ces camps, Shimelba et Hitsats, qui ont été "totalement détruits".

    "Tromperie" 
    Le parti d'opposition tigréen, Salsay Weyane Tigray, a estimé que tout accord sur le retrait de l'Érythrée était "inutile" sans "un organisme de réglementation international pour vérifier". "C'est un autre niveau de tromperie, un jeu auquel ils jouent depuis longtemps", a déclaré sur Twitter Hailu Kebede, en charge des affaires étrangères au sein du parti. "Retirez toutes les forces et mettez en place une équipe d'observation internationale. Le monde ne doit pas être dupé une nouvelle fois", a-t-il lancé.

    Le conflit a fait près d'un million de déplacés. Les autorités locales estiment qu'environ 950.000 personnes ont fui les combats et les persécutions, essentiellement en provenance du Tigray occidental mais aussi du nord-ouest et du centre de la région.

  • Ethiopie : La crise au Tigray "hors de contrôle"

    Imprimer

    La crise dans la région éthiopienne du Tigray, théâtre d'un conflit entre ses autorités dissidentes et le pouvoir fédéral, semble "hors de contrôle", a averti mardi le ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, de retour d'une mission pour l'Union européenne (UE).

    "La situation est militairement, humainement et sur le plan humanitaire, incontrôlable", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec la presse à Bruxelles. Le Tigray est le théâtre de combats depuis début novembre 2020, après la décision du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed d'envoyer l'armée éthiopienne en déloger le Front de libération du Peuple du Tigray (TPLF), parti qui dirigeait alors la région et contestait depuis plusieurs mois l'autorité du gouvernement fédéral. M. Abiy avait justifié l'opération militaire en accusant les forces régionales du TPLF d'avoir d'attaqué des bases de l'armée fédérale.

    Les troupes éthiopiennes ont pris la capitale régionale Mekele fin novembre, mais le TPLF a assuré continuer la lutte et des affrontements continuent d'être signalés, entravant l'acheminement de l'aide humanitaire. "Cette opération a duré plus de trois mois et nous n'en voyons pas la fin", a commenté M. Haavisto, qui s'est rendu en février à Addis-Abeba, où il a rencontré M. Abiy. Pekka Haavisto a rendu compte de sa mission lundi aux ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'UE à Bruxelles.

    Il a déploré que les dirigeants éthiopiens n'aient pas réussi à fournir une "image claire" de la situation au Tigray, notamment concernant l'implication largement documentée des forces de l'Erythrée voisine. "La question des troupes érythréennes est extrêmement sensible. Nous n'obtenons donc pas de réponse claire sur l'emplacement ou l'ampleur de leur présence", a-t-il déclaré.

    Addis Abeba et Asmara nient l'implication des forces érythréennes dans le conflit, malgré les témoignages de civils, de travailleurs humanitaires et de certains responsables militaires et gouvernementaux. L'UE s'est jointe aux Etats-Unis pour exiger le retrait des troupes érythréennes.

    Pekka Haavisto a réitéré les appels urgents de la communauté internationale pour que le gouvernement éthiopien autorise un accès humanitaire total au Tigray, y compris dans les zones échappant à son contrôle. "Nous avons besoin du feu vert du gouvernement éthiopien pour négocier l'accès aux zones contrôlées par l'Erythrée et aux zones contrôlées par l'opposition", a-t-il déclaré.

    M. Haavisto a averti que le Soudan voisin avait du mal à faire face à l'afflux de dizaines de milliers de Tigréens qui y ont fui et que ces réfugiés risquent de vouloir gagner l'Europe, évoquant "le début d'une autre crise de réfugiés potentiellement importante dans le monde".

    "Si rien n'est fait, les conditions de vie vont s'aggraver et de plus en plus de réfugiés vont arriver", a-t-il mis en garde. La Commission européenne a en décembre suspendu le versement de quelque 90 millions d'euros d'aide bugétaire à l'Ethiopie, faute pour Addis Abeba de garantir un accès humanitaire total au Tigray.
    Em2YAc9XIAMx2yE.png



  • Érythrée : Le département d'État américain annonce 6 explosions à Asmara, la capitale érythréenne

    Imprimer

    Samedi 28 novembre, le département d'État américain a annoncé qu'il y avait eu des rapports faisant état de six explosions dans la capitale érythréenne, Asmara, tard hier soir, soulignant que la cause et le lieu des explosions n'étaient pas clairs.

    Le département d'Etat américain a déclaré dans un tweet qu '"à 10 h 13, le soir du 28 novembre, six explosions se sont produites à Asmara".

    Ce n'est pas la première fois que les forces de la région éthiopienne du Tigray, qui combattent les forces fédérales éthiopiennes, tirent des missiles sur l'Érythrée.

    Le Front de libération du peuple du Tigray (TPLF) considère l'Érythrée comme un ennemi acharné en raison de ses liens étroits avec le premier ministre éthiopien, Abiy..

    Samedi soir, Abiy Ahmed a affirmé que "les forces fédérales avaient pris le contrôle de Mekele, la capitale du Tigray, quelques heures après y avoir lancé une offensive ".

    Le Front de libération du peuple du Tigray, un parti politique qui a commencé sa lutte contre le gouvernement le 4 novembre, a indiqué, lui, qu'il s'était retiré de Mekele.

     

  • Ethiopie : L'armée lance son offensive sur la capitale du Tigray

    Imprimer

    Des "tirs à l'arme lourde" ont touché samedi Mekele, la capitale de la région dissidente du Tigray (nord) où l'armée éthiopienne mène une opération militaire, ont affirmé les autorités locales, qui y sont retranchées.
    L'information a été confirmée à l'AFP par deux responsables humanitaires ayant des équipes dans cette ville qui comptait 500.000 habitants avant le début du conflit.

    Trois semaines après le début des combats, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a ordonné jeudi à l'armée d'enclencher la "dernière phase" de l'opération militaire démarrée le 4 novembre, en lançant une offensive sur Mekele, le fief des dirigeants du Front de libération du peuple du Tigray (TPLF), qu'il combat.

    L'armée fédérale "a commencé à toucher avec des armes lourdes et de l'artillerie le centre de Mekele, qui abrite une importante population et des organisations de développement", ont déclaré les autorités tigréennes dans un communiqué diffusé samedi à la télévision locale, Tigray TV. "Hier, de la même manière, de nombreux secteurs de Mekele ont été bombardés par des avions militaires", affirment-elles également.

    Aux dernières nouvelles, les unités de l'armée fédérale seraient entrées à Mekele, selon le gouvernement éthiopien.

    Le gouvernement local appelle la communauté internationale "à condamner les attaques d'artillerie et d'avions militaires et les massacres" commis sur "les civils et les infrastructures" par M. Abiy et par Issaias Afeworki, le président érythréen, qu'il accuse d'aider Addis Abeba. Le gouvernement tigréen a promis "une réponse proportionnée".

    Vendredi soir, au moins une roquette tirée depuis le Tigray a ciblé la capitale de l'Erythrée, Asmara, ont indiqué à l'AFP quatre diplomates basés dans la Corne de l'Afrique. Elle serait selon l'un d'eux tombée "au sud d'Asmara". D'éventuels victimes ou dégâts ne sont toujours pas connus. Le TPLF, qui avait visé Asmara il y a dix jours avec des armes similaires, accusant l'Erythrée de servir de base à l'armée éthiopienne, n'a pas revendiqué ce tir. Ni l'Ethiopie, ni l'Erythrée n'ont réagi pour le moment.

    "Maintenir l'ordre"
    Samedi matin, l'armée éthiopienne a affirmé sur la radio-télévision Fana BC, affiliée au pouvoir, qu'elle contrôlerait dans "quelques jours" Mekele. Elle déclarait contrôler plusieurs localités des environs, dont celle d'Agula, à moins de 40 km au nord de la capitale régionale, mais n'avait pas précisé si des combats avaient déjà lieu à Mekele.

    La vérification sur le terrain et de source indépendante des affirmations de l'un et l'autre camp est difficile, le Tigray étant quasiment coupé du monde depuis le début du conflit. Vendredi, sur Tigray TV, les autorités tigréennes avaient appelé leurs administrés à se battre, affirmant que l'armée fédérale bombardait leurs "villes et villages", en y "infligeant de lourds dégâts".

    Inquiète d'une propagation du conflit à l'échelle régionale, la communauté internationale a également alerté sur de possibles "crimes de guerre" en Ethiopie et tenté de faire pression sur M. Abiy pour qu'il accepte une médiation. L'UA, dont le siège est à Addis Abeba, a nommé en ce sens trois envoyés spéciaux, les anciens présidents mozambicain Joaquim Chissano, libérienne Ellen Johnson-Sirleaf et sud-africain Kgalema Motlanthe. Après les avoir rencontrés vendredi, M. Abiy a exprimé sa "gratitude" mais a rappelé que son gouvernement avait "la responsabilité constitutionnelle de maintenir l'ordre (au Tigray) et à travers le pays". L'UA a remercié dans un communiqué M. Abiy d'avoir reçu ses émissaires, à qui ce dernier a affirmé que l'opération militaire "ne durerait pas longtemps", qu'un comité allait être établi pour "répondre aux besoins humanitaires essentiels" et qu'un corridor humanitaire "allait être identifié et annoncé".

    "Plusieurs milliers de morts"
    Aucun bilan précis des combats au Tigray n'est jusqu'ici disponible, mais le centre de réflexion International Crisis Group (ICG) a estimé vendredi que "plusieurs milliers de personnes sont mortes dans les combats". Par ailleurs, plus de 43.000 Ethiopiens ont fui au Soudan voisin, selon le HCR, l'agence onusienne chargée des réfugiés. Un nombre indéterminé de personnes se déplacent également à l'intérieur du Tigray, et de l'Ethiopie. Le Comité international de la Croix-Rouge a indiqué vendredi avoir comptabilisé au moins 2.000 déplacés dans le nord-est du pays.

    Les tensions entre M. Abiy et le TPLF, qui a dominé pendant près de trois décennies l'appareil politique et sécuritaire de l'Ethiopie, n'ont cessé de croître depuis l'arrivée au pouvoir du Premier ministre en 2018. Elles ont culminé avec l'organisation au Tigray en septembre d'un scrutin régional qualifié "d'illégitime" par Addis Abeba, puis avec l'attaque début novembre de deux bases de l'armée fédérale attribuée aux forces du TPLF, ce que dément ce dernier.

  • Érythrée : Asmara de nouveau visée par une roquette tirée depuis la région éthiopienne du Tigray

    Imprimer

    Asmara, la capitale de l'Erythrée, a de nouveau été visée vendredi soir par au moins une roquette tirée depuis la région du Tigray, contre laquelle l'armée éthiopienne mène une opération militaire, ont indiqué à l'AFP quatre diplomates basés dans la Corne de l'Afrique.

    "Une roquette venant du Tigray semble avoir atterri au sud d'Asmara", a déclaré l'un de ces diplomates, soulignant qu'aucune information n'était dans l'immédiat disponible sur d'éventuels victimes ou dégâts.

    Un second diplomate a déclaré qu'un second tir de roquette avait été signalé dans un quartier d'Asmara, mais cette information n'a pas pu être vérifiée.

    Le Front de libération des Peuples du Tigray (TPLF), au pouvoir dans cette région du Nord de l'Ethiopie frontalière de l'Erythrée, avait déjà revendiqué mi-novembre plusieurs tirs de roquettes sur Asmara, tombées à proximité de l'aéroport. Ce deuxième tir visant l'Erythrée réanime les craintes d'une potentielle escalade du conflit à l'échelle régionale, alors que la communauté internationale s'inquiète des répercussions du conflit sur les civils.

    Lancée le 4 novembre, l'opération militaire au Tigray est entrée jeudi dans sa "dernière phase" selon le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, qui a ordonné à l'armée de lancer une offensive sur Mekele, la capitale régionale, où sont retranchés les dirigeants du TPLF.

    Vendredi, les autorités tigréennes ont accusé M. Abiy et Issaias Afeworki, le président érythréen, d'avoir ensemble "envahi" le Tigray, dans un communiqué lu à la télévision tigréenne. Les forces tigréennes accusent l'Erythrée de prêter main-forte à l'armée fédérale éthiopienne en laissant son aviation décoller du territoire érythréen, mais aussi en intervenant militairement dans les combats au Tigray.

    L'Erythrée est l'ennemi juré du TPLF, qui a contrôlé durant presque 30 ans l'appareil politique et sécuritaire en Ethiopie. Lorsque le TPLF était au pouvoir à Addis Abeba, Ethiopie et Erythrée se sont affrontées dans une guerre meurtrière entre 1998 et 2000. Les deux pays sont restés à couteaux tirés jusqu'à ce que Abiy Ahmed devienne Premier ministre en 2018, et fasse la paix avec Asmara.

    De nombreux observateurs craignent que le conflit au Tigray n'entraîne l'Ethiopie et sa mosaïque d'ethnies dans une guerre communautaire, mais aussi qu'il ne déstabilise la Corne de l'Afrique.

  • Ethiopie : Le Tigray tire des roquettes sur l'Amhara voisine

    Imprimer

    Trois roquettes ont été tirées dans la nuit par les forces de la région éthiopienne dissidente du Tigray sur la capitale de celle voisine d'Amhara, Bahir Dar, sans faire de victimes ni dégâts, ont indiqué vendredi les autorités locales.

    Vers 01H40 locales (22H40 GMT), un journaliste de l'AFP a entendu deux fortes explosions dans la ville, suivies de tirs d'armes automatiques de plusieurs minutes.

    Un responsable de la communication de la région Amhara, Gizachew Muluneh, a indiqué à l'AFP vendredi matin que trois roquettes avaient été tirées en direction de Bahir Dar depuis le Tigré, mais qu'elles avaient raté leurs cibles.

    Deux ont atterri près de l'aéroport et une dans un champ de maïs, a-t-il ajouté, précisant qu'elles n'avaient fait ni victime ni dégâts.

    "Je suppose qu'ils visaient l'Agence (de presse officielle) Amhara Mass Media, l'aéroport et la tour de télécommunications à côté", a déclaré M. Gizachew à propos des autorités du Front de libération du Peuple du Tigray (TPLF), dont les troupes affrontent l'armée fédérale éthiopienne depuis le 4 novembre. L'agence Amhara Mass Media a également attribué les tirs à "la junte illégale du TPLF", qui dirige la région dissidente du Tigray, dans le nord de l'Ethiopie.

    A Bahir Dar, située à environ 200 km à vol d'oiseau au sud de la frontière du Tigray, les journalistes ont été empêchés d'accéder aux sites où les roquettes sont tombées. Les autorités du Tigray - région largement soumise à un black out depuis le début de l'offensive militaire éthiopienne - n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

    Le 13 novembre, des roquettes avaient déjà visé l'aéroport de Bahir Dar et celui de Gondar, autre localité d'Amhara située à une centaine de km plus au nord. Le TPLF avait revendiqué ces tirs, affirmant avoir infligé de "lourds dégâts" aux installations militaires des deux aéroports, utilisés selon lui par les appareils de l'aviation éthiopienne bombardant le Tigray.

    Les autorités du Tigray avaient également revendiqué le lendemain le tir de roquettes sur Asmara, capitale de l'Erythrée voisine, pays qui borde toute la frontière nord du Tigray, accusant les autorités érythréennes de laisser les forces d'Addis Abeba utiliser son territoire et l'armée érythréenne de prêter main-forte à l'armée éthiopienne dans des combats au sol au Tigray.

    Le TPLF poursuivra le combat, même si la capitale, Mekelle, tombe entre les mains des forces fédérales
    Le chef du TPLF a déclaré à Reuters que bien que les forces du Tigray aient perdu du terrain dans le sud et que les soldats fédéraux aient pris la ville de Shire à l'ouest, elles tenaient toujours la ville d'Aksoum, à environ 215 km (134 miles) au nord-ouest de Mekelle. Cela signifie, a-t-il ajouté, que même si la capitale tombait, les combats continueraient.

    Le bureau d'information du TPLF a déclaré que ses forces avaient éliminé deux divisions de l'armée et une force mécanisée autour de la ville d'Alamata, sans fournir de preuves.

    Dans des SMS, le chef des forces rebelles du Tigray, Debretsion Gebremichael, a déclaré à Reuters que Mekelle avait été bombardée le 19 novembre, mais aucune preuve n'a été fournie.

    Le gouvernement central nie avoir bombardé des cibles civiles.

    Le TPLF accuse le gouvernement fédéral de mener une action inconstitutionnelle contre les droits régionaux. Les deux parties accusent l'autre de commettre des atrocités et de bloquer l'aide humanitaire.

    Jusqu'à présent, le conflit dans le nord de l'Ethiopie a fait des centaines de morts ces deux dernières semaines et a envoyé 33 000 réfugiés au Soudan.

    Le chef de l'Organisation Mondiale de la Santé accusé d'aider le Tigray
    L'armée éthiopienne, sous le gouvernement central, a accusé le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, d'essayer d'obtenir des armes et un soutien diplomatique pour le TPLF.

    Le chef de l'armée éthiopienne Birhanu Jula a qualifié de "criminel" Tedros, qui a été ministre dans un gouvernement de coalition éthiopien dirigé par le TPLF pendant plus d'une décennie avant de prendre la tête de l'organisme mondial de santé.

    Dans un message sur Twitter, Tedros a nié l'accusation et a appelé toutes les parties en Ethiopie à travailler pour la paix, la sécurité des civils et l'accès à la santé et à l'aide humanitaire pour ceux qui en ont besoin.

    "Il y a eu des rapports qui suggèrent que je prends parti dans cette situation. Ce n'est pas vrai et je tiens à dire que je ne suis que d'un seul côté et que c'est le côté de la paix". a déclaré Tedros.