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  • Arménie/Azerbaïdjan : Trois soldats arméniens tués dans des affrontements avec les forces azerbaïdjanaises

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    Trois soldats arméniens ont été tués dans des affrontements avec les forces azerbaïdjanaises à la frontière, a indiqué Erevan mercredi 28 juillet 2021. Il s'agit de l'accrochage le plus meurtrier depuis la fin de la guerre au Nagorny Karabakh.

    "Du fait d'actions armées lancées à la suite d'une attaque des forces azerbaïdjanaises, il y a trois morts et deux blessés du côté arménien", a indiqué le ministère de la Défense arménien dans un communiqué, précisant que l'accrochage a eu lieu sur le segment nord-est de la frontière, en particulier près du village de Sotk. 

    Selon le ministère arménien des Affaires étrangères, les forces azerbaïdjanaises ont "lancé une offensive à 03H40 sur les positions arméniennes", à la suite de laquelle "des combats locaux ont eu lieu". 

    L'Azerbaïdjan a de son côté fait état de deux de ses militaires blessés dans ces affrontements, sans que leur vie ne soit menacée. 

    Selon un communiqué du ministère azerbaïdjanais de la Défense, les combats ont commencé aux alentours de 00:50. Bakou a accusé les forces arméniennes d'avoir "utilisé des armes légères et des lance-grenades" pour faire feu sur ses positions. 

    Les 150 employés de la mine de Sotk (partie sous contrôle ) ont été évacués durant la nuit en raison de bombardements azéris.
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    Les deux camps se sont rejeté la responsabilité pour cet accrochage, le plus meurtrier depuis la fin d'une guerre ayant opposé Arménie et Azerbaïdjan en 2020 pour le contrôle de l'enclave disputée du Nagorny-Karabakh. Cette guerre de six semaines, qui a fait plus de 6.500 morts, a débouché sur une déroute militaire de l'Arménie, qui a dû céder d'importants territoires à l'Azerbaïdjan à la faveur d'un accord de cessez-le-feu négocié par Moscou. Les tensions sont néanmoins restées fortes entre les deux ex-républiques soviétiques du Caucase et des accrochages éclatent périodiquement à leur frontière commune, faisant craindre une résurgence du conflit. Le 23 juillet, un soldat azerbaïdjanais avait été tué et trois soldats arméniens blessés après des échanges de tirs.

  • Arménie/Azerbaidjan : Un soldat azerbaïdjanais tué dans un échange de tirs avec les forces arméniennes

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    Un soldat azerbaïdjanais a été tué et trois soldats arméniens blessés vendredi 23 juillet 2021 dans un nouvel incident entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie depuis la fin de la guerre qui les a opposés l'année dernière dans le Nagorny-Karabakh, selon des bilans officiels.

    Ce nouveau conflit, qui a éclaté en septembre 2020, faisant plus de 6.500 morts, s'est terminé six semaines plus tard par un cessez-le-feu parrainé par Moscou et la cession par l'Arménie de territoires qu'elle contrôlait depuis le début des années 1990 dans cette région disputée. Ces derniers mois, les deux pays ont signalé des échanges de tirs le long de leur frontière commune, faisant craindre une résurgence du conflit.

    "Le 23 juillet, à approximativement 16h00, les forces armées arméniennes ont ouvert le feu sur des positions de l'armée azerbaïdjanaise dans la région de Kelbajar à la frontière arméno-azerbaïdjanaise", a déclaré le ministère de la Défense à Bakou dans un communiqué. "Un militaire azerbaïdjanais a été tué par un tireur d'élite ennemi", a ajouté le ministère.

    L'Arménie a de son côté accusé les soldats azerbaïdjanais d'avoir été à l'origine de l'incident par la voix de son ministre de la Défense, selon lequel "trois militaires arméniens ont été blessés dans des tirs intenses".

    Plusieurs fois depuis le mois de mai, les tensions ont failli à nouveau dégénérer, l'Arménie accusant notamment les forces azerbaïdjanaises d'avoir franchi la frontière afin de "faire le siège" d'un lac à cheval sur les deux pays.

    "Ceci est la terre de nos ancêtres, nous sommes sur nos terres", a martelé jeudi le président de l'Azerbaïdjan Ilham Aliev sur la chaîne de télévision AzTV, parlant de territoires que l'Arménie considère comme rattachés à sa région de Syunik. Ilham Aliev s'était dit le 20 mai prêt à des pourparlers de paix avec Erevan. Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian avait annoncé le même jour qu'un accord avec Bakou était en préparation concernant la délimitation et démarcation de leur frontière commune, sous l'égide de la Russie.

    Peuplée majoritairement d'Arméniens, la région montagneuse du Nagorny-Karabakh, soutenue par Erevan, avait fait sécession de l'Azerbaïdjan à la chute de l'URSS, entraînant une guerre dans les années 1990 qui a causé la mort de 30.000 personnes et fait des centaines de milliers de réfugiés.

  • Arménie-Azerbaïdjan : les violations du cessez-le-feu se poursuivent

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    Malgré l'accord de paix du 9 novembre 2020, des violations du cessez-le-feu par les autorités arméniennes et azerbaïdjanaises continuent d'être enregistrées, comme cela a été le cas mardi 20 juillet. Les premières ont accusé Bakou d'avoir bombardé ses positions militaires le long de la frontière, causant de graves blessures à un soldat arménien. Ces dernières ont de leur côté annoncé qu'un soldat azerbaïdjanais avait été grièvement blessé à la suite des affrontements provoqués par l'Arménie le long de la ligne de contact. 

    Le ministère de la Défense de l'Arménie a déclaré que, dans la nuit du 19 au 20 juillet, les Forces armées azerbaïdjanaises avaient bombardé les postes arméniens situés dans le village d'Eraskh, à 70 kilomètres d'Erevan, la capitale de l'Arménie. C'est ce qu'a rapporté mardi 20 juillet l' agence de presse russe RIA Novosti . Selon certaines informations, Bakou a ouvert le feu avec des armes légères et n'a pas utilisé de mortier. Entre autres conséquences, les affrontements ont causé de graves blessures au représentant administratif d'Eraskh, Radik Ogikyan, qui tentait d'éteindre l'incendie causé par l'armée azerbaïdjanaise.

    Pendant ce temps, la même agence de presse russe a rapporté les déclarations faites par le département de la défense de l'Azerbaïdjan. Ce dernier a annoncé que, dans la nuit du 19 juillet, les Forces armées arméniennes avaient ouvert le feu sur des positions militaires azerbaïdjanaises dans la région de Sadarak, une région proche de la République autonome de Nakhitchevan, une enclave azerbaïdjanaise à la frontière avec l'Arménie et l'Iran. Le lieutenant Badalli Ramal Bahlul a été grièvement blessé au cours des échanges de tirs. La situation dans la région s'est depuis stabilisée.

    Alors que les autorités de Bakou et d'Erevan tentent de parvenir à un accord pour normaliser le conflit qui dure depuis une décennie, les combats le long des lignes de contact continuent de se multiplier. Il existe de nombreux acteurs internationaux qui jouent le rôle de médiateurs. Parmi eux, les États-Unis, la France, la Russie, la Turquie et l'Iran. Les tentatives de normalisation de la situation ont conduit  au rapatriement d'un total de 30 prisonniers arméniens les 5 juillet  et  12 juin . En retour, Erevan a remis aux autorités azerbaïdjanaises des cartes indiquant l'emplacement de près de 200 000 mines dans le sud-ouest de l'Azerbaïdjan. Dans les deux cas, la médiation des États-Unis et de la Géorgie a joué un rôle clé et permis aux belligérants de trouver un point de rencontre. 

    Le différend territorial historique découle du fait que les deux pays, utilisant des cartes soviétiques différentes, revendiquent la souveraineté des zones frontalières. Les tensions se sont intensifiées depuis le 12 mai, lorsque l'Arménie a accusé l'Azerbaïdjan d'avoir déployé ses troupes le long de la frontière, pénétrant le territoire d'Erevan sur 3,5 km de profondeur. Bakou affirme que l'avancée visait à délimiter les frontières tandis qu'Erevan a accusé l'Azerbaïdjan d'utiliser ce « prétexte » pour avancer. Suite à des violations répétées, l'Arménie a demandé l'intervention de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), une alliance militaire pour la sécurité régionale dirigée par la Russie, pour engager des consultations axées sur les zones contestées.

    Par la suite, le 27 mai , l'Azerbaïdjan a emprisonné six soldats arméniens alors qu'ils effectuaient des travaux d'ingénierie dans la région de Gegharkunik, une zone contrôlée par l'armée d'Erevan. Selon l'Arménie, les soldats arrêtés n'avaient pas violé la frontière avec l'Azerbaïdjan. En revanche, le ministère de la Défense de Bakou affirme que les six soldats, membres d'un "groupe de reconnaissance et de sabotage", avaient été arrêtés parce qu'ils tentaient de franchir la frontière azerbaïdjano-arménienne en direction de la colonie de Yukhary Ayrim dans la région de Kelbajar.

    La région autonome du Haut-Karabakh est contestée par l'Arménie et l'Azerbaïdjan depuis des décennies. Les affrontements, qui ont éclaté le 27 septembre 2020, ont atteint leur paroxysme en octobre de la même année. Sur la base du traité de paix du 9 novembre 2020, l'Arménie a cédé le contrôle de la région du Haut-Karabakh et des sept districts frontaliers de l'Azerbaïdjan, qui étaient occupés par les forces arméniennes depuis les années 1990 . En outre, l'accord prévoyait la libération immédiate de tous les prisonniers de guerre des deux côtés. L'Azerbaïdjan n'a pourtant pas libéré les Arméniens du Haut Karabakh capturés après la signature de l'armistice, affirmant que l'obligation de libération prévue par l'armistice ne peut s'appliquer à ces derniers. Cet aspect reste l'un des points critiques encore non résolus entre Bakou et Erevan.

    La République d'Artsakh, ou territoire du Haut-Karabakh, revêt une importance considérable de par sa position stratégique, notamment pour le  contrôle des gazoducs et des oléoducs  qui la traversent et approvisionnent en hydrocarbures le marché russe et turc. Il est également important de se rappeler que la Turquie soutient militairement l'Azerbaïdjan, tandis que la Russie est officiellement un allié de l'Arménie.

  • Arménie : Un soldat arménien tué dans un échange de tirs avec l'Azerbaïdjan, selon Erevan

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    Un soldat arménien a été tué mercredi dans un échange de tirs avec les forces azerbaïdjanaises qui ont "également subi des pertes", a annoncé le ministère arménien de la Défense. Il s'agit du dernier incident en date entre les deux pays rivaux du Caucase après une guerre au Nagorny Karabakh l'année dernière.

    Selon le ministère arménien de la Défense, le soldat est mort à la frontière entre les deux pays. Le ministère a accusé l'Azerbaïdjan d'avoir ouvert le feu sur les forces arméniennes, les obligeant à riposter. "Le côté azerbaïdjanais a également subi des pertes", a ajouté le ministère. Bakou a rétorqué que les forces arméniennes avaient ouvert le feu près du Nakhitchevan, exclave azerbaïdjanaise dans le Sud-Ouest de l'Arménie, blessant l'un de ses soldats. La semaine dernière, l'Arménie et l'Azerbaïdjan s'étaient également accusés mutuellement d'avoir ouvert le feu, faisant chacun état d'un soldat blessé, dans le district oriental de Guégarkounik frontalier de celui de Kalbajar, que les forces azerbaïdjanaises avaient repris à l'automne après quasiment trois décennies sous contrôle arménien.

    L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont livrés une courte guerre, faisant 6.000 morts, à l'automne 2020 pour l'enclave du Nagorny Karabakh qui avait déjà fait l'objet d'une guerre sanglante dans les années 1990. Le conflit de l'automne s'est soldé par la défaite de l'Arménie, contrainte de céder plusieurs régions formant un glacis autour de l'enclave séparatiste. Malgré la signature d'un cessez-le-feu et le déploiement de soldats de maintien de la paix russes, les tensions restent fortes entre les deux ex-républiques soviétiques. Elles avaient failli dégénérer en mai, l'Arménie ayant accusé son voisin d'avoir violé la frontière pour prendre le contrôle de terres au bord du Lac Sev, que se partagent les deux pays. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev s'est dit le 20 mai prêt à des pourparlers de paix avec l'Arménie. Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a annoncé le même jour qu'un accord avec l'Azerbaïdjan était en préparation, sous l'égide de la Russie, concernant la délimitation et démarcation de leur frontière.

  • Arménie : Six soldats arméniens capturés par l'Azerbaïdjan à la frontière des deux pays

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    Six soldats arméniens ont été capturés dans la nuit de mercredi à jeudi par les forces azerbaïdjanaises à la frontière entre les deux pays, qui se sont affrontés à l'automne dernier pour la région du Nagorny Karabakh.
    Le conflit, qui a fait 6.000 morts en seulement six semaines, s'est achevé par la défaite de l'Arménie, contrainte de céder à l'Azerbaïdjan des territoires qu'elle contrôlait depuis trois décennies et qui formaient un glacis sécuritaire autour du Nagorny Karabakh.

    Ces dernières semaines, des tensions ont failli dégénérer entre les deux rivaux du Caucase, Erevan accusant les forces azerbaïdjanaises de tenter de prendre le contrôle de nouveaux territoires. Selon l'armée arménienne, six de ses soldats qui effectuaient des "travaux de génie" dans le district de Guégarkounik, proche de la frontière avec l'Azerbaïdjan, "ont été encerclés et capturés" par les troupes de Bakou tôt jeudi matin.

    Lors d'une réunion gouvernementale, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a affirmé que les soldats "effectuaient des travaux d'aménagement de la frontière", notamment en installant des panneaux d'avertissement près des mines alors que la région a la réputation d'être l'une des plus minées au monde.

    Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a confirmé avoir fait prisonniers six militaires arméniens mais affirmé qu'il s'agissait d'un "groupe de reconnaissance et de sabotage", qui a tenté vers 03H00 (mercredi 23H00 GMT) de "s'introduire sur notre territoire" avant d'être capturé.

    Selon le communiqué, les soldats tentaient de poser des mines sur une route de ravitaillement menant vers les positions azerbaïdjanaises.

    Le district de Guégarkounik, dans l'est de l'Arménie, est frontalier de celui de Kalbajar, que les forces azerbaïdjanaises ont repris cet automne après quasiment trois décennies sous contrôle arménien. Kalbajar et d'autres districts formaient le glacis sécuritaire qui entoure le Nagorny Karabakh et que Bakou a récupérés après la guerre de l'automne dernier. Le Nagorny Karabakh, région azerbaïdjanaise à majorité arménienne, est resté en majeure partie sous le contrôle d'Erevan.

    Conflits frontaliers
    Bakou précise qu'"une concentration de plusieurs unités d'équipement militaire ennemi, dont des chars", étaient observés dans le secteur jeudi matin.

    Mardi, un soldat arménien avait déjà été tué dans un accrochage avec les troupes de Bakou. Les deux pays s'accusent mutuellement depuis cet automne de nombreuses provocations, chacun niant avec véhémence les affirmations de son ennemi.

    Le 13 mai, l'Arménie a accusé les forces azerbaïdjanaises d'avoir violé la frontière pour prendre le contrôle de territoires au bord du lac Sev que se partagent les deux pays. Ce petit lac est situé en haute montagne, en lisière d'un territoire que l'Azerbaïdjan a reconquis l'automne dernier.

    Washington s'était inquiété et Paris avait réclamé un "retrait immédiat des troupes azerbaïdjanaises du territoire arménien"

    L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont livrés une brève guerre ayant fait 6.000 morts à l'automne 2020, le conflit se soldant par une défaite arménienne. Les forces azerbaïdjanaises ont pu depuis être redéployées dans les territoires frontaliers reconquis, entraînant des tensions. Celles-ci persistent malgré le cessez-le-feu signé sous l'égide de Moscou et le déploiement de soldats de la paix russes, et la crainte d'un nouvel embrasement inquiète Moscou comme les pays occidentaux.

    Le conflit du Karabakh entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie déstabilise le Caucase depuis plus de trente ans. Erevan avait remporté au début des années 1990 une première guerre. Sous pression de l'opposition depuis la défaite de l'automne, Nikol Pachinian est quant à lui en campagne électorale après avoir dû convoquer des législatives anticipées en juin.

  • Arménie/Azerbaïdjan : L'armée russe renforce ses positions dans le sud de l'Arménie

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    L'armée russe s'est déployée sur deux nouveaux sites dans le sud de l'Arménie, près de la frontière avec l'Azerbaïdjan, afin de fournir une "garantie de sécurité supplémentaire" à Erevan, a déclaré lundi le Premier ministre arménien par intérim, Nikol Pachinian, cité par les agences de presse russes.

    Alliée de l'Arménie, la Russie dispose déjà d'une base militaire - la 102e - dans le nord-ouest de l'ancienne république soviétique, où elle a en outre déployé 2.000 militaires chargés du maintien de la paix à la suite de la guerre qui a opposé pendant six semaines, entre septembre et novembre dernier, l'Azerbaïdjan aux forces séparatistes arméniennes de l'enclave azerbaïdjanaise du Haut-Karabakh. 

    "La 102e base militaire russe a établi deux places fortes dans la région de Siounik", a déclaré Nikol Pachinian devant le Parlement d'Erevan, des propos rapportés par l'agence Interfax. "C'est une garantie de sécurité additionnelle non seulement pour le Siounik mais pour l'Arménie", a ajouté le chef du gouvernement par intérim, confronté à une fronde de l'armée depuis le conflit de l'automne dernier, qui s'est soldé par d'importants gains territoriaux en faveur de l'Azerbaïdjan. Le Siounik est une région située entre l'Azerbaïdjan à l'est, l'enclave azerbaïdjanaise du Nakhitchevan à l'ouest et l'Iran au sud.

    Nikol Pachinian a démissionné de ses fonctions le mois dernier et expédie les affaires courantes avant des élections législatives fixées au 20 juin.

     

  • La Russie et la Turquie ouvrent un centre militaire commun en Azerbaïdjan

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    La Turquie et la Russie ont ouvert une installation militaire conjointe en Azerbaïdjan pour aider à surveiller le cessez-le-feu avec l'Arménie, un indicateur clair de l'évolution de la géopolitique dans la région.

    Le centre a été officiellement inauguré le 30 janvier, près du village de Giyameddinli dans la région d'Aghdam. Composé d'un nombre égal de soldats russes et turcs - 60 soldats de chaque côté. Ce centre est nouveau à bien des égards. Il représente la première présence militaire turque officielle dans le Caucase en plus d'un siècle et la première présence militaire russe sur le territoire contrôlé par l'Azerbaïdjan depuis que Bakou a expulsé l'armée russe d'une installation radar à Gabala il y a huit ans. C'est aussi un cas rare de coopération militaire directe entre les deux ennemis historiques qui ont récemment commencé à essayer de collaborer dans des zones d'influence commune: la Syrie et le Caucase du Sud.

    Selon le journal russe Izvestia , la mission principale semble être celle d'une base de drones pour surveiller les nouvelles lignes de cessez-le-feu entre les forces arméniennes et azerbaïdjanaises. Les troupes russes utilisent les drones Orlan-10 et Forpost; les Turcs utilisent des Bayraktars. Le renseignement est utilisé pour soutenir le contingent russe de maintien de la paix de 2 000 hommes opérant sur le territoire du Haut-Karabakh, toujours sous le contrôle des forces arméniennes.

    Les deux contingents semblent travailler en parallèle et il n'y a pas de commandant unique: chaque camp a son propre général aux commandes. Même le nom formel du centre évite de privilégier une partie par rapport à l'autre. En turc, on l'appelle "Centre commun turco-russe", tandis qu'en russe les adjectifs sont inversés: "Centre commun russo-turc".

    "Les informations du drone parviennent au siège du contingent russe, où elles sont traitées et transmises au centre de surveillance", a déclaré la source d'Izvestia, le colonel Zavalkin, qui n'a pas rendu compte du fonctionnement des opérations avec les drones turcs.

    «Le centre de surveillance décide de la manière de réagir en cas de violation du cessez-le-feu», a poursuivi le colonel Zavalkin. «C'est là que l'autorité du centre est la plus large. Il peut transmettre l'information au commandement des casques bleus russes ou par ligne directe aux structures de défense de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan ».

    Le rôle opérationnel du centre semble toutefois secondaire: Les drones russes surveillaient déjà le cessez-le-feu et il est peu probable que l'ajout de forces turques améliorera cette capacité. Le sens semble être davantage une reconnaissance des équilibres géopolitiques du Caucase.

    Le centre est né de la déclaration de cessez-le-feu du 10 novembre qui a mis fin à la guerre de 44 jours entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, qui a conduit l'Azerbaïdjan à regagner les sept départements voisins du Haut-Karabakh perdus lors de la première guerre entre les deux pays dans les années 90.

    La déclaration originale de cessez-le-feu - signée par la Russie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan - ne prévoyait pas la création de ce centre, tout comme elle n'attribuait aucun rôle à la Turquie. Dans cet accord, la force russe de maintien de la paix a la seule responsabilité de surveiller le respect des dispositions. Après la signature de cet accord, la Russie et la Turquie ont négocié bilatéralement la création de ce centre, signant un accord le 1er décembre. L'installation elle-même a été construite par l'Azerbaïdjan, qui a insisté pour que la Turquie joue un rôle dans la région. 

    La présence turque est considérée comme une menace par les Arméniens, car Ankara n'a jamais reconnu ni condamné le génocide de 1915, lorsque 1,5 million d'Arméniens de l'Empire ottoman ont été massacrés ou déportés dans le désert syrien et laissés à mort. En outre, Ankara a transporté des mercenaires jihadistes syriens pour combattre aux côtés de l'Azerbaïdjan lors du récent conflit.