Armée des Naqchbandis

  • Du 13 au 19 avril 2015 – Evènements du Moyen Orient et d’Afrique du Nord

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    De retour dans la cyber-civilisation, je vous propose un résumé des principaux évènements qui ont eu lieu au Moyen Orient et en Afrique du Nord entre le lundi 13 et le dimanche 19 avril 2015 avec de nombreuses vidéos pour illustrer les informations.

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    Lien permanent Catégories : Aden, Aïn el-Arab (Kobane), al-Anbar, AL-QAÏDA, Alep, Alliance du Front du sud, Ansar Beit el-Maqdess, Ansar Ullah, AQPA, ARABIE SAOUDITE, Armée des Naqchbandis, Armée Syrienne Libre, Asa’ib Ahl al-Haq, Ataq, AUTORITÉ PALESTINIENNE, Bachar el-Assad, Benghazi, Camp palestinien de Yarmouk, Chabwa, Damas, Deraa, ÉGYPTE, ÉTAT ISLAMIQUE, ÉTATS-UNIS, Fajr al-Libya (Aube de la Libye), Falloujah, FRANCE, Front al-Nosra, Front Islamique, GAZA, Ghouta orientale, GOLAN, Hadramout, Haftar Khalifa, Haïdar Abadi, Hama, HAMAS, HEZBOLLAH, Houthis, IRAK, IRAN, ISRAËL, Jeich al-Islam, JIHADISTES TCHETCHENES, Jobar, JORDANIE, Kirkouk, Kurdistan, Lattaquié, LIBAN, LIBYE, Maroc, Mohammed Ben Salman Ben Abdel Aziz, Nouri al-Maliki, Okba Ibn Nafaa, Pakistan, PALESTINIENS, Peshmerga, Qaïm, Ramadi, Raqqa, Samir Geagea, Sinaï, SYRIE, Taëz, Tobrouk, Tripoli, TUNISIE, Wilayat Sina', Yarmouk, YEMEN, YPG, Zahran Alloush 0 commentaire
  • Renaissance du Califat

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    Qu’est-ce que le califat ?
    La notion d’un califat est apparue avec les quatre premiers califes qui ont régné après la mort du prophète. Le califat a vraiment connu son âge d’or au temps des Omeyyades (661-750) et surtout des Abbassides (750-1517). Il a été aboli en 1924, suivant le démantèlement de l’Empire ottoman après la première guerre mondiale. 

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  • 24 juin – Nouvelles de la guerre sunnites/chiites

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    Front irakien

    Localité de Saadia – province de Diyala
    Une vidéo intéressante prise au moment où l’EIIL est entré dans la localité de Saadia – province de Diyala. Le texte indonésien explique que le film montre les forces spéciales de l’armée irakienne évacuer la localité en toute hâte, et dans la plus grande confusion. Je ne sais pas quelle langue parle les personnes que l'on voit de dos sur la vidéo : la langue kurde ? ou un dialecte malais (l’un d’eux prononce le mot « Malaysia » à la fin du film) ? La vidéo pourrait dater du 15 ou 16 juin.
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=AcjTTYC2Ufw

    Al Qaïm
    La ville de Qaïm, à la frontière irako-syrienne, a été bombardée par l’aviation militaire irakienne. Une vidéo montre quelques dégâts :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=2pjYVox-OUY&list=UUM43DEZd2uiaf_dXHrnuFXA

    Raffinerie de Baiji
    Les combats continuent pour le contrôle de la raffinerie de Baiji, la principale du pays. L’aviation irakienne a bombardé plusieurs quartiers de la ville faisant 19 morts sans que l’on sache s’il s’agit de civils ou de combattants islamistes.

    Front syrien

    Damas
    Quartier de Jobar – une vidéo russe mise en ligne le 23 juin montre deux chars de Bachar el-Assad engagés dans un combat de rue à travers les ruines du quartier rebelle. Très impressionnant !
    https://www.youtube.com/watch?v=uGbmaSadO7s&feature=player_detailpage

    Les Américains

    John Kerry délivre un message confus
    John Kerry délivre un curieux message : Il est venu à Bagdad pour promettre de tout faire pour aider le régime de Nouri al-Maliki à résister à l’offensive islamiste dans le nord de l’Irak et à protéger la capitale des Islamistes sunnites. Il sait pertinemment pourtant - parce que Kerry est un homme intelligent - qu’en prenant cette décision il va s’aliéner l’Arabie saoudite et les pays du Golfe pour qui la situation est due en premier lieu à la politique sectaire de Maliki et au jeu de l'Iran.
    Il se rend ensuite au Kurdistan. Pour leur dire quoi ? Qu’ils doivent renoncer à leur ambition de créer un Etat kurde indépendant ? Les Kurdes sont pro-américains mais il y a des limites ! Pour eux, il n’est plus question d’un retour en arrière, vers une situation où un pouvoir central vous discute le moindre denier et où des Islamistes sunnites répandent quotidiennement le sang dans les rues du Kurdistan.
    Les vrais amis des Américains dans la région sont les Kurdes et eux seuls ! Les Chiites de Nouri al-Maliki, et même les autres leaders chiites qui s’opposent à lui, se sont vraissemblablement résolus à la séparation en trois Etats distincts. C’est la seule façon, quand on y pense bien, de mettre un terme à la guerre sectaire qui ravage le pays depuis des années.

    La naissance d’un Etat islamique sunnite sous la gouvernance de l’EIIL est un problème pour les Occidentaux
    Et du coup, la naissance d’un Etat islamiste d’Irak et du Levant n’est plus, ni un problème chiite irakien ni un problème kurde. Il s’agit d’un problème pour l’Occident et pour lui seul en raison de l’émergence d’une zone de non droit (droit occidental s'entend !) où les Jihadistes du monde entier pourront venir se former avant de repartir dieu seul sait où accomplir leur Jihad.
    Les 300 bérets verts américains envoyés d’urgence en Irak pour épauler l’armée irakienne risquent bien d’être très déçus par la combativité de l'armée qu'ils sont supposés aider. Celle-ci se bornera sans doute à protéger les lieux saints chiites, à interdire l'accès de Bagdad et à s’assurer que les Islamistes sunnites ne viendront pas menacer l’Etat chiite en gestation.

    L'EIIL, les tribus et l'armée des Naqshbandis : une alliance contre nature 
    Lorsque l’Irak aura éclaté en trois morceaux – ce qui est déjà pratiquement fait – les Américains devront sans doute « manœuvrer » à nouveau en direction des tribus sunnites et de l’armée des Naqshbandis pour les convaincre de se dresser contre les Islamistes de l’EIIL. On peut en effet parier que l’alliance contre nature de l’EIIL, des tribus et des anciens soldats de Saddam Hussein fera long feu.

    Avoir un jeu plus équilibré entre Iraniens et Saoudiens

    Il faudra pour cela qu'ils réussissent à calmer la colère des Saoudiens qui voient d'un très mauvais œil les Américains être à tu et à toi avec Téhéran. Mais se posera alors l'épineux problème des ambitions nucléaires iraniennes.  Une situation vraiment compliquée pour des diplomates américains ! On peut regretter qu’un général Petraeus n’ait été que brièvement directeur de la CIA !

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

     

     

  • Nouvelles de la guerre globale sunnites – chiites : 23 juin 2014

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    Front libanais

    Interpellation à Beyrouth d'un kamikaze français
    Un Français d'origine comorienne, soupçonné d'avoir voulu commettre un attentat suicide au Liban, faisait parti e d’un groupe de quatre jihadistes kamikazes entrés au Liban pour y commettre des attentats. C’est l’un de ces quatre hommes, un Syrien si l’on en juge par son accent, qui serait l'auteur de l'attentat suicide vendredi 20 juin contre le barrage des Forces de Sécurité Intérieure sur le col de Dahr el-Baïdar. 
    Le Français avait été interpellé par la Sûreté générale libanaise dans un hôtel du quartier Hamra.  Il aurait reconnu au cours de son interrogatoire être venu au Liban pour y commettre un attentat suicide.

    Front irakien

    Tal-Afar
    Le commandement de l’armée irakienne avait annoncé, il y a trois jours l’envoi de renfort pour reprendre la ville stratégique de Tal Afar prise en partie par les Islamistes sunnites. La contre-offensive est finalement un échec et l’armée a du abandonner le terrain, laissant l’EIIL seul maître de la région. Il n’y a plus, désormais, de troupes gouvernementales entre Mossoul et la frontière syrienne.

    L’EIIL massacre ses prisonniers
    Selon Qassem Atta, porte-parole du Premier ministre Nouri al-Maliki pour les affaires de sécurité, "des centaines de soldats ont été décapités, pendus (...) à Salaheddine, Ninive, Diyala, Kirkouk » par les jihadistes de l'EIIL".  une vidéo particulièrement odieuse a été mise en ligne par l'EIIL. Elle montre un officier de l'armée se faire décapiter.

    Al-Walid, poste frontière entre l’Irak et la Syrie
    Après avoir pris la localité de Rutbah à l’ouest de l’Irak, les Islamistes sunnites annoncent avoir occupé le poste frontière d’al-Walid entre l’Irak et la Syrie sur la route internationale 11. Mais les combats continuent entre l’armée irakienne et les islamistes pour le contrôle de ce poste frontière ainsi que pour le poste frontière entre l’Irak et la Jordanie où les affrontements ne sont pas terminés contrairement à ce qui avait été annoncé.

    Ville frontière d’Al-Qaïm
    Confirmation : l’EIIL a bien pris le contrôle de la ville irakienne d’al-Qaïm à la frontière avec la Syrie, face à la localité de Boukamal qui, elle, n’est pas entre les mains de l’EIIL mais du Front al-Nosra, le représentant officiel d’al-Qaïda en Syrie en guerre avec l’EIIL.

    L’armée des Naqchbandis exécute le juge qui a condamné Saddam Hussein à mort
    Raouf Abdul Rahman, le  juge qui, en 2006, a condamné à mort Saddam Hussein, ainsi que Barzan Ibrahim al-Tikridi, le demi-frère de Saddam Hussein et chef de la police secrète, et Awad al-Bandar, chef du tribunal révolutionnaire de Saddam,  a été exécuté par les membres de l’armée des Naqchbandis. Cette armée, rappelons-le, est composée d’un grand nombre d’officiers et de soldats de Saddam Hussein. Elle participe à l’assaut mené par les Islamistes sunnites contre le pouvoir irakien. Rahman avait été capturé par les Naqchbandis le 16 juin dernier. A noter qu’un Islamiste du parlement jordanien, Khalil Attieh, s’est publiquement réjoui de l’exécution du juge Rahman.

    Front Yéménite

    AQPA aux côtés du Front al-Nosra
    Selon une information diffusée par un media américain, AQPA (Al-Qaïda dans la péninsule arabique), le représentant officiel d’al-Qaïda au Yémen et en Arabie saoudite, aurait annoncé son soutien à l’EIIL. Il semble que cette information soit fausse si l’on en croit l’arrivée en Syrie pour rejoindre le Front al-Nosra, d’un des membres d’AQPA les plus recherchés par le FBI : Sanafi al-Nasr. Ce saoudien est l’un des principaux dirigeants d’AQPA. Cette arrivée d’al-Nasr en Syrie semble confirmer que les récents succès de l’EIIL en Irak n’ont pas convaincu la centrale d’al-Qaïda de mettre un terme à la lutte fratricide que se livrent en Syrie son représentant, le Front al-Nosra, et la « bande d’al-Bagdadi », comme les adversaires de l’EIIL surnomment cette organisation.

    Front jordanien
    L’armée jordanienne a dépêché des renforts vers la zone frontière avec l’Irak. Ces renforts comprennent des tanks, des lance-roquettes multiples et des transports de véhicules blindés. Leur mission est d’empêcher toute infiltration d’éléments armés islamistes à partir du territoire irakien.

    Les réseaux jihadistes à travers le monde

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    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)
      
     

     

  • Nouvelles de la guerre globale entre Sunnites et Chiites – 21 juin 2014

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    Sur le front syrien

    - Province de Hama
    Les rebelles syriens ont fait exploser, vendredi 20 juin, un camion chargé de près de trois tonnes d’explosifs contre un barrage de l’armée fidèle au régime dans  le village d'al-Horra (province de Hama).
    L’explosion a fait 38 morts dont des civils et des membres des forces de sécurité, et plus de 40 blessés. Le Front islamique, une coalition de rebelles islamistes soutenus par l’Arabie saoudite et les Emirats du Golfe, a revendiqué l'attaque sur son compte Twitter, en précisant que les explosifs placés dans le véhicule avaient été actionnés à distance et visaient des « rassemblements de miliciens d'Assad ».
    La vidéo ci-dessous montre l’attaque de la position dans la nuit suivie de tirs de roquettes le lendemain :
    https://www.youtube.com/watch?v=YyRXREHScJo&feature=player_detailpage

    - Province de Deir ez-Zhor (est syrien)
    À l'Est, l'EIIL a gagné du terrain, prenant à des groupes rebelles la ville de Mouhasan et deux autres villages de la province pétrolière de Deir ez-Zor, dont il contrôle de larges secteurs

    - Sur le front irakien

    Combats entre l’EIIL et l’armée des Naqchbandis
    J’avais prévenu, le mercredi 17juin que les jihadistes de l’EIIL allaient forcément s’affronter avec les organisations qui participaient à l’offensive sunnite contre le régime de Nouri al-Maliki en Irak. Cela n’a pas tardé. Les affrontements qui ont eu lieu depuis vendredi 20 juin à Hawija, province de Kirkouk, opposent l’EIIL à l’armée de Naqchbandis dont les membres sont en majorité d’anciens militaires de l’armée de Saddam Hussein.
    Les combattants de l’armée des Naqchbandis auraient refusé de rendre leurs armes et de prêter allégeance aux jihadistes. Une autre raison pourrait être de savoir qui mettrait la main sur les citernes pétrolières, nombreuses dans cette région du pays.
    Dès le début de l’offensive sunnite en Irak on pouvait s’interroger sur la viabilité d’une alliance regroupant des éléments très disparates, comme les tribus sunnites, d’anciens militaires de Saddam Hussein et une floraison de groupes jihadistes dont la plus importante est l’EIIL.
    On savait que l’EIIL chercherait à imposer son interprétation rigoriste de l’Islam et que son but était de recréer un califat sunnite dans la région du Moyen orient. Beaucoup d’autres groupes étaient, eux, animés par l’esprit de vengeance, à savoir redonner la suprématie politique à la communauté sunnite, ou s’étaient tout simplement dressés contre la politique autoritaire de Nouri al-Maliki qui se faisait surtout au détriment de la communauté sunnite.

    Si seulement Nouri al-Maliki se retirait !
    On peut imaginer que dans le cas où Nouri al-Maliki laissait la place à un dirigeant mieux inspiré de nombreux Sunnites pourraient préférer coopérer avec l’Etat irakien plutôt que de passer sous la coupe des jihadistes de l’EIIL.
    Nouri al-Maliki est l’objet de critiques sur sa façon de gouverner, non seulement des Sunnites mais également de la part de nombreux Chiites comme l’Imam Moqtada Sadr ou encore l’ayatollah Sistani, la principale autorité religieuse chiite du pays.
    Il semble que les Etats-Unis soient de plus en plus impatients vis-à-vis de Maliki qu’ils considèrent désormais comme un obstacle à la cohésion du pays. Le problème est que Nouri al-Maliki a remporté les  dernières élections législatives du 30 avril 2014. Il tarde, toutefois, à former son gouvernement et l’administration américaine pourrait en profiter pour convaincre diverses forces politiques irakiennes à proposer une personnalité chiite plus consensuelle, avec l’espoir que Kurdes et Sunnites reviendront sur leur décision de faire sécession, ce qui est loin d’être acquis.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

     

     

     

  • Nouvelles de la guerre Sunnites/Chiites

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    Le front syrien

    Offensive imminente des rebelles soutenus par l’Arabie saoudite à Damas
    On s’attend à une offensive imminente vers le centre de Damas. Le Front islamique, financé et armé par l’Arabie saoudite, aurait progressé depuis quelques jours vers la place des Abassides à partir du quartier de Jobar.
    Il s’apprêterait à lancer une offensive baptisée « Kasr al-aswar » - Briser les murs en arabe (sous-entendu de Damas). Le chef du Front islamique, Zahran Aloush, serait déjà à Jobar pour commander l’offensive.

    Vidéos des opérations militaires près de la place des Abbassides
    Une première vidéo montre les insurgés à proximité immédiate de la place des Abbassides. Le cinéaste filme l’explosion gigantesque suivie de fusillades :
    https://www.youtube.com/watch?v=AOGzrv4Sm24&feature=player_detailpage
    Cette autre vidéo montre l’explosion du bâtiment visé qui était occupé par les miliciens du régime (appelés Shabbiha par les rebelles) à proximité de la place des Abbassides :
    https://www.youtube.com/watch?v=ZACNMHvEHqE&feature=player_detailpage
    Cette dernière vidéo montre le résultat de l’explosion et ce qu’il reste du bâtiment :
    https://www.youtube.com/watch?v=JJCfChdOqVo&feature=player_detailpage

    Les rebelles syriens aidés et financés par l’Arabie saoudite prennent un poste à la frontière entre l’Irak et la Syrie
    L’Armée Syrienne Libre vient de prendre le poste de Qaïm à la frontière entre l’Irak et la Syrie. Qaïm est une localité irakienne qui avait donné beaucoup de fil à retordre aux troupes U.S. La localité fait face à la localité syrienne de Boukamal. Le fait que ce poste frontière échappe au contrôle de l’EIIL me fait tirer deux conclusions :
    1 – Les tribus sunnites agissent sur ordre de l’Arabie saoudite. Or le royaume wahhabite a visiblement l’intention d’assurer des voies d’approvisionnement en hommes et matériel vers les groupes rebelles syriens qu’il soutient.
    2 – La coopération militaire entre l’EIIL et les tribus sunnites pourrait bien ne durer qu’un temps. Dans un avenir plus ou moins lointain, on devrait assister à un nouvel affrontement entre les guérilleros de l’EIIL et les membres des tribus.

    Précisions sur la bataille de Kassab – Forces en présence
    Les combats pour le contrôle de Kassab, à la frontière turque, ont impliqué des combattants du Hezbollah, et les forces spéciales de l'armée syrienne, appuyés par des combattants de nationalités arabes et iranienne. Les insurgés appartenaient à la brigade Ahrar alCham (islamiste – membre du Front islamique pro-saoudien), le mouvement de Cham al-Islam (islamiste – membre du Front islamique pro-saoudien), katiba ansar al-Cham, la brigade de Cham, le groupe des Fils de Qadisiyah, le rassemblement  Chamouna, et des brigades islamiques.

    Armes françaises à Kassab
    Cela dit, l'armée syrienne a récupéré dans la ville de Kassab des missiles Milan (armes française antichars) -

    Armes françaises à Kassab.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Cette photo mise en ligne par un site du Hezbollah est supposée confirmer ces affirmations. On savait qu’un contrat d’achat d’armes françaises  par l’Arabie saoudite avait été signé en janvier 2014. Il portait sur 3 milliards de dollars et était supposé avoir pour but de renforcer l’armée libanaise. Les armes trouvées à Kassab font elles partie du contrat d’achat ? ou s’agit-il d’une intox ou encore d’une autre source d’approvisionnement, comme la Libye, par exemple ? Il faut se souvenir que des Missiles Milan avaient été fournis aux insurgés libyens pour lutter contre les forces fidèles à Mouammar Kadhafi. Certains de ces missiles avaient atterri entre les mains des insurgés au cours de la bataille de Baba Amro (Homs) mais les postes de tirs avaient été détruits par des bombardements intensifs de l’armée syrienne.

    Le front irakien

    La prise de Tal Afar par l'EIIL confirmée
    Les insurgés sunnites ont confirmé la prise de la ville de Tal Afar, à l’ouest de Mosoul, une ville peuplée majoritairement de chiites turkmènes. Les Islamistes sunnites ont également progressé dans la province de Diyala. Ils ont pris le contrôle de la ville d’al-Adhim.
    Par contre, ils n’ont pas réussi à s’emparer de Baqouba, une ville importante située à 60km au nord de Bagdad. Les insurgés avaient lancé une attaque dans la nuit du 16 au 17 juin contre la localité, et ils avaient réussi à s'emparer de plusieurs quartiers avant d’être repoussés par les forces de sécurité.

    Nombreux morts de part et d’autre
    Les autorités affirment avoir tué près de 279 Islamistes à la suite du bombardement aérien d’un convoi au nord de Bagdad. Il est difficile de confirmer l’exactitude des chiffres. Il est certain qu’à la vue des vidéos diffusées sur le net, on comprend qu’en cas de  bombardement d’un convoi, le nombre des victimes ne peut être que très élevé, les Islamistes progressant dans le plus grand désordre au milieu de la foule.
    En ce qui concerne les vidéos et images de massacres de prisonniers par les guérilleros de l’EIIL, il est, là aussi, difficile de les authentifier mais ils sont crédibles car l’EIIL a une longue tradition de telles exécutions.

    L’EIIL et l’armée de Naqshbandi formeront un commandement uni
    L’EIIL et l’Armée de Naqshbandi - un groupe sunnite comptant dans ses rangs d’anciens officiers de l’armée de Saddam Hussein et dirigé par l’ancien vice-président du régime de Saddam Hussein, Ezzat Douri - ont décidé de former un commandement uni en Irak.
    Selon la chaîne de télévision panarabe Al-Mayadeen, les commandants du groupe de l’EIIL et de l’Armée de Naqshbandi ont participé à une réunion au sud de Mossoul au cours de laquelle il a été décidé de former un commandement militaire uni sous la direction d'Ezzat Al-Douri.
    Il a également été prévu que 5% des véhicules militaires saisis auprès de l’armée irakienne seront transférés en Syrie.

    5000 volontaires iraniens prêts à se rendre en Irak
    Quelque 5.000 Iraniens se sont portés volontaires pour défendre les lieux saints chiites en Irak face à l'offensive des Islamistes sunnites.  L'Irak compte, en effet,  plusieurs lieux saints chiites, à Najaf et Kerbala, au sud de Bagdad, et à Samarra au nord de la capitale. Selon le site, Tabnak, l'appel a été lancé par l'organisation "Quartier général populaire des défenseurs des sanctuaires chiites" et les volontaires peuvent s'inscrire sur le site www.harimshia.org (sanctuaire du chiisme, en persan) ou par SMS.
    "Les inscrits sont organisés en unités (...) et si l'ordre est donné par le guide suprême (l'ayatollah Ali Khamenei), ils se rendront en Irak pour défendre les lieux saints".

    Liban

    Psychose à Beyrouth
    Les forces de sécurité du Hezbollah et les forces de sécurité intérieure (FSI) se sont déployées en masse à l'entrée de la banlieue chiite de Beyrouth, le Dahiyé, par crainte d'attentats islamistes dans le quartier.

     Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

     

     

     

  • Les évènements d'Irak vont avoir des répercussions mondiales

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    La prise de vastes régions irakiennes par des islamistes est un évènement aux répercussions mondiales
    L’avancée fulgurante des combattants islamistes de l’EIIL et de l’armée des tribus sunnites constitue un évènement nouveau d’une ampleur régionale considérable qui risque d’inspirer, non seulement des groupes islamistes locaux (je pense à la Libye, au Liban, l’Egypte, la Syrie, le Pakistan et la Jordanie) mais aussi à travers le monde, Europe et Etats-Unis plus particulièrement. Il est évident que cela redonnera du moral à certains groupes islamistes en raison de ce qu'ils considéreront sans nul doute comme un grand succès.

    Le danger terroriste plus grand
    Le danger terroriste vas s’accroître en raison de l’attrait que va représenter l’EIIL aux yeux de jeunes jihadistes étrangers, le fait qu’ils vont savoir désormais où aller pour s’entraîner avant de partir accomplir le jihad là où on leur demandera d’aller.

    Exaspération du conflit sunnito-chiite
    Il faut craindre une gigantesque explosion du conflit sunnito-chiite, non seulement en Irak mais dans toute la région du Moyen orient.

    Nouri al-Maliki avait tout fait pour exacerber les Sunnites
    On ne s’en était pas vraiment rendu compte, mais cela fait deux ans que Nouri al-Maliki, s’était mis à dos la population sunnite irakienne, même ceux qui étaient pourtant prêts à coopérer avec lui. Les accusations d’autoritarisme et les soupçons de vouloir marginaliser la population sunnite étaient reprises par toute la communauté sunnite. C’est pourquoi, les populations sunnites ne se sont pas opposées à la poussée des islamistes dans leur région. Plutôt la charia que vivre opprimé. Le fait que les dernières élections ont finalement maintenu Nouri al-Maliki au pouvoir n’a fait qu’exacerber la colère sunnite.

    En Irak, l’EIIL a une assise populaire – pas en Syrie
    Cette colère de la population sunnite d’Irak, le fait que l’armée des tribus se soit rangée aux côtés des Islamistes de l’EIIL, que l’armée de Naqchbandis, regroupant d’anciens officiers et soldats de l’armée de Saddam Hussein, ait fait de même, a finalement donné une assise populaire à l’EIIL en Irak, ce qui n’est plus le cas en Syrie en raison des dérapages sécuritaires et de son insistance à vouloir faire appliquer la Charia la plus stricte, en utilisant la plus grande brutalité. On va voir très rapidement si l’EIIL va commettre les mêmes fautes dans les régions conquises d’Irak.

    Des questions sur la rapidité de la défaite militaire du régime
    Il y a cependant des questions. Bien sûr on savait que l’armée irakienne, forte d’un million d’hommes, n’était pas bien formée dans son ensemble et pas très motivée. Mais il y avait cependant des unités d’élite qui avaient un compte à régler avec l’EIIL depuis les combats de Falloujah et de Ramadi et les nombreux attentats qui les avaient visés. Alors, on peut s’interroger sur la facilité avec laquelle les Islamistes se sont emparés de vastes régions sunnites sans avoir eu à livrer de grands combats. Cela nous rappelle que Nouri al-Maliki n’a jamais été un fervent défenseur de l’unité de l’Irak. Il n’a jamais été hostile, finalement, à ce que le pays soit divisé en zones contrôlées par des minorités. Kurdes au nord, Sunnites à l’ouest et chiites à Bagdad, à l’est et au sud. Ce serait machiavélique et extraordinairement dangereux, mais en livrant les zones sunnites aux Islamistes, Nouri al-Maliki n'a-t-il pas voulu discréditer l'ensemble de la population sunnite aux yeux du monde ? C'est tout au moins ce que certains analystes chuchotent à voix basse tant la défaite militaire a été rapide et surprenante.  

    Revoyons les faits :

    Mossoul a été trop facilement capturée par les Islamistes
    Mossoul, qui compte deux millions d’habitants, est une ville pluriethnique avec une population arabe, assyrienne, chrétienne, Turcomane et kurde. Il y avait longtemps déjà que la ville était en proie à la violence. Attentats et attaques suicides s’étaient multipliées ces derniers temps.
    Le mardi 10 juin, la ville est finalement tombée en quelques heures aux mains des Islamistes. La majorité des militaires en poste dans la ville n’ont opposé qu’une faible résistance. La plupart a pris la fuite, déserté ou même rejoint le camp adverse, probablement en raison de liens tribaux.
    Des convois de troupes en fuite ont été pris en embuscade par les Islamistes sunnites et détruits. De nombreux corps de soldats irakiens jonchaient les rues de la ville.
    En prenant Mossoul, les insurgés sunnites ont également fait main basse sur  260 véhicules blindés de différents types et des stocks importants d’armes et de munitions.
    La chute de Mossoul est la pire défaite subie par l'armée irakienne dans son bras de fer avec les Islamistes depuis plus d'un an.

    Un demi-million de réfugiés sur les routes
    La prise de vastes régions par les Islamistes de l’EIIL a jeté sur les routes un demi-million de civils apeurés. Les routes menant vers le Kurdistan voisins sont encombrées de réfugiés fuyant les combats, sans aucun moyen de subsistance.

    L’Etat irakien désemparé
    Bien qu'il ait déclaré l'état d'urgence national, le Premier ministre Nouri al-Maliki n'a aucune illusion sur l'efficacité de son armée. C’est pourquoi il a appelé les citoyens a se dresser contre les Jihadistes et a promis de leur distribuer des armes. Mais pour l’instant son appel a reçu peu d’écho. Les civils chiites ne sont pas préparés pour affronter les féroces combattants de l’EIIL. Quant aux Sunnites des régions qui viennent de passer sous leur contrôle, ils ne sont pas mécontents d’être débarrassés de l’armée du régime.

    L’EIIL et l’armée des tribus contrôlent de vastes régions du paysEtat islamique d'Irak et du Levant.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     L’EIIL et l’armée des tribus contrôlent désormais deux grandes villes :
    - Mossoul et Falloujah (qu’ils ont conquise au début de l’année),
    - Une partie de Ramadi,
    - Tikrit (le fief de feu Saddam Hussein) située à 160km de Bagdad,
    - Souleiman Bek ( 150 km au nord de Bagdad)
    - Les provinces de l'Est voisines de l'Iran
    - La province et une partie de la ville de Bakuba et l’offensive se poursuit.
    Le gros des combats a lieu actuellement à l’entrée nord de Samarra, à 110 km au nord de Bagdad). Samarra abrite un mausolée chiite qui avait été la cible d'une attaque en février 2006, déclenchent un conflit entre sunnites et chiites qui avait fait des dizaines de milliers de morts de 2006 à 2008, au moment de l’occupation américaine. Il semble cette fois-ci que l’armée irakienne ait réussi à bloquer les Islamistes et les empêcher d’investir la ville.

    Un Etat islamique d’Irak et du Levant indépendant au cœur du Moyen orient ?
    L’EIIL va pouvoir fusionner les fronts irakiens et syriens et déplacer ses forces indifféremment de Syrie ou d’Irak au besoin des combats.
    L’organisation jihadiste contrôle désormais les deux rives du Tigre et de l’Euphrate. Les eaux de ces fleuves sont partagées à la fois par l’Irak, la Turquie, la Syrie et l’Iran. Ils ont donc la possibilité théorique de contrôler leur débit.
    La capture de Mossoul permet à Bakr al-Baghdadi, le chef de l’EIIL de faire un pas vers la création d’un Etat islamique indépendant au cœur même du Moyen orient. Pour l’instant, aucune armée n’a réussi à endiguer sa progression.

    L’Iran et le Hezbollah vont vouloir s’engager en Irak
    L'Iran et le Hezbollah vont vouloir accourir au secours du pouvoir chiite d’Irak et s’engager sur un second front, après le front syrien. Téhéran pourrait rapidement envoyer des troupes en Irak pour éviter que Bagdad ne tombe aux mains des  islamistes, ce qui risquerait d’entraîner la Syrie dans le chaos. Le 11 juin, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a appelé son homologue irakien, Hoshyar Zebari, pour apporter le soutien de Téhéran "au gouvernement et peuple irakiens face au terrorisme". On va voir dans les prochains jours ce que signifiera concrètement ce soutien.
    En attendant, l’EIIL poursuit ses attentats. Des responsables tribaux chiites ont été la cible d’un attentat suicide alors qu’ils étaient rassemblés sous une tente à Sadr City. On relèvera  quinze tués et 34 blessés.

    Seuls les Etats-Unis et la Russie peuvent intervenir
    Les Etats-Unis et la Russie devraient s’entendre pour intervenir rapidement. Ceci pour éviter que ce ne soit l’Iran et le Hezbollah qui se portent au secours du gouvernement irakien, ce qui ne ferait qu'aggraver le conflit sunnito-chiite. Après tout, les Etats-Unis ont une part de responsabilité dans le chaos irakien et la Russie a montré qu’elle restait intransigeante face à la menace islamiste. 

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)