armée américaine en Syrie

  • Frontlive-Chrono du dimanche 11 janvier 2020

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    Irak: Bagdad: des inconnus assassinent un important leader du Hashd al-Chaabi (coalition de milices chiites pro-iraniennes)

    Un important chef du Hashd al-Chaabi, la coalition de milices chiites pro-iraniennes, a été tué samedi à Bagdad. Talib Abbas Al-Saadi, commandant de ce qu’on appelle la « Brigade de Karbala » du Hashd al-Chaabi, a été tué à Bagdad. Le directeur des médias du Hashd al-Chaabi, Muhannad al-Aqabi, a confirmé aux médias locaux le meurtre d’al-Saadi,…

    Iran: Pour la deuxième journée, des manifestants scandent des slogans anti-régime

    Des messages sur « Twitter » montrent des dizaines de manifestants rassemblés pour un deuxième jour consécutif, dimanche 11 janvier, scandant des slogans anti-régime, suite à l’approbation par l’armée de la destruction d’un avion de passagers ukrainien. Les médias affiliés à l’État ont rapporté que des manifestations ont éclaté samedi soir après que les Gardiens de la…

    Irak: Au moins sept roquettes s’abattent sur la base de Balad qui abritait des soldats américains

    Sept roquettes se sont abattues dimanche sur une base aérienne irakienne abritant des soldats américains au nord de Bagdad, ont indiqué des sources militaires irakiennes. Un des obus est tombé sur la piste d’atterrissage. Quatre soldats irakiens ont été blessés, selon l’armée irakienne. La quasi-totalité des troupes américaines avaient déjà quitté cette base située à…

    Syrie/Iran : des Iraniens de la force al-Quds ont déserté en Syrie

    L’Observatoire syrien des droits de l’homme (SOHR) rapporte que plus de 20 membres des forces Quds du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran ont déserté leur base dans la ville d’Al Mayadin, dans l’est de la Syrie, après avoir été envoyés en mission dans le désert de Badiya. Ces éléments d’al-Quds étaient censés…

  • Syrie : l’armée russe s’installe dans une ex-base US près de Raqqa

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    La police militaire russe a établi ses quartiers dans une base qui était contrôlée il y a peu de temps encore par l’armée américaine près de la ville de Raqqa, ancienne capitale du groupe jihadiste Etat islamique en Syrie, rapporte jeudi l’agence de presse russe Tass. Il s’agit d’un point stratégique situé dans le village de Tell Samin, à 26 km de Raqqa, à l’intersection des routes qui relient la ville de Raqqa, le centre de la province du même nom, avec le centre de la Syrie, ses régions du nord et les villes de la plaine  de l’Euphrate.
    L’armée russe est entrée dans Raqqa au début du mois après la décision du président Donald Trump de retirer les troupes américaines du nord de la Syrie, laissant le champ libre à une offensive turque contre les forces kurdes qui avaient combattu au côté des Etats-Unis et de leurs alliés.
    Selon Tass, qui cite un responsable de la police militaire russe, Arman Mambetov, cette dernière commencera à patrouiller dans les environs dès jeudi dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu conclu entre Moscou et Ankara.
    La chaîne Zvezda TV du ministère russe de la Défense a diffusé des images de soldats hissant le drapeau russe et d’une colonne de véhicules de la police militaire pénétrant dans la base, une ancienne école située dans le village de Tall Samin.

  • Syrie: Affrontement entre des soldats américains et russes

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    Comme l’a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme, le 25 décembre, dans l’est de la Syrie, des soldats américains et russes se sont affrontés. L’incident a eu lieu dans la ville de Tall Tamr, située dans la province de Hasakeh.
    Selon la SOHR, une patrouille américaine accompagnée d’un interprète était arrivée dans la localité pour obtenir des renseignements de la population sur les relations entre les Kurdes et le clan Sharabi. Cependant, les habitants ont injurié les Américains, les accusant de trahison – la ville était contrôlée par les Américains avant la décision du président américain Donald Trump de retirer les forces U.S.
    A un moment, des militaires russes qui patrouillaient la ville sont arrivés sur place et une dispute a commencé entre les soldats des deux armées, qui s’est transformée en bagarre sans qu’aucune arme n’ait été utilisée.
    Il convient de noter que depuis le retrait américain, la localité est passée sous le contrôle du régime de Bachar Assad. Une grande partie de la population de Tall Tamr est chrétienne et elle se sentait en sécurité sous contrôle américano-kurde. Les habitants craignent aujourd’hui qu’un nettoyage ethnique aurait forcément lieu si les unités turques ou leurs supplétifs entraient dans la ville.

  • Daech renaît déjà de ses cendres

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    (Foreign Affairs)
    La coalition militaire dirigée par les États-Unis a réussi à écraser en mars dernier le califat autoproclamé de l’État islamique. Il est remarquable qu’environ 2 000 soldats américains seulement ont pris part à cet effort, une infime fraction par rapport au nombre déployé en Irak ou en Afghanistan au plus fort de ces guerres. La clé du succès en Syrie réside dans le fait que les États-Unis ont opéré par, avec et à travers les milices locales, à savoir les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), dont l’épine dorsale était la milice kurde connue sous le nom d’unités de protection populaire (YPG).
    Pourtant, en un seul appel au président turc Recep Tayyip Erdogan, le président américain Donald Trump aurait donné son feu vert à une offensive turque contre ces mêmes partenaires kurdes, dont les liens étroits avec les militants kurdes en Turquie avaient longtemps irrité Ankara.
    Trump a ordonné le retrait des troupes américaines qui avaient entraîné et assisté les FDS dans le cadre de l’effort de la coalition contre Daech. La Turquie a maintenant lancé une campagne sanglante pour déloger les Kurdes de la frontière turco-syrienne. Les FDS sont occupées à se défendre et on peut être sûr que Daech, qui a fait preuve d’une capacité de résistance et d’adaptation, va savoir, comme toujours, exploiter le chaos. Les informations selon lesquelles des militants de Daech se seraient déjà évadés de prisons gardées par des Kurdes font craindre que l’extrémisme islamiste ne renaisse de ses cendres en Syrie.
    La réalité est que Daech et Al-Qaïda ont connu une résurgence avant même la décision de Trump de retirer ses troupes et l’invasion turque – Daech est barricadé en Syrie orientale et Al-Qaïda solidement installé à l’ouest du pays. Maintenant que les États-Unis s’apprêtent à se retirer, que les Kurdes sont occupés à combattre la Turquie et que le régime d’Assad et ses partisans poursuivent d’autres priorités, il ne reste aucune force pour contrer un renouveau extrémiste islamiste. La poursuite du conflit ne fera qu’alimenter la radicalisation, qui déstabilisera à nouveau la région et constituera une menace pour l’Europe, et même les États-Unis. Malheureusement, dans quelques années, la Syrie sera revenue au point où elle se trouvait avant la campagne militaire contre Daech : elle souffrira du chaos et du conflit, avec un terrorisme islamiste croissant.
    LA TEMPÊTE QUI S’ANNONCE
    Le dernier bastion du califat de l’Etat islamique, à Baghouz, en Syrie, est tombé aux mains des forces de la coalition en mars 2019. Mais même avant la chute de Baghouz, les dirigeants de Daech étaient déjà occupés à reconstituer leur groupe en tant que mouvement d'insurrection rurale. Des dizaines de milliers de combattants sont morts en défendant les bastions de l’ISIS dans la vallée de l’Euphrate, mais des milliers d’autres se sont retirés dans des refuges sûrs dans les campagnes syrienne et irakienne et ils ont survécu. Parmi eux se trouve le chef du groupe, Abu Bakr al-Baghdadi.
    L’Etat islamique a passé les derniers mois à se regrouper dans des sanctuaires ruraux, à mener des attaques de guérilla contre les patrouilles des FDS et à rassembler ses forces pour des attaques ultérieures contre des villes et villages importants. A Raqqa et Deir ez-Zor, des cellules clandestines de Daech recueillent des renseignements qui aideront le groupe à planifier des assassinats, des attentats suicides et des enlèvements. Ces opérations visent à éliminer les commandants compétents des FDS et à faire pression sur les chefs tribaux arabes pour qu’ils coopèrent avec Daech plutôt qu’avec les FDS. En bref, l’Etat islamique prépare le champ de bataille militairement, politiquement et psychologiquement pour pouvoir passer à l’offensive dès que la coalition dirigée par les États-Unis se retirera.
    Al-Qaïda est également en train de s’adapter et de se renforcer en Syrie occidentale. Le groupe a prospéré dans le chaos régnant dans la province d’Idlib, le dernier bastion de l’opposition, qui a été attaqué par les forces pro-régime plus tôt cette année. Autrefois le foyer d’un mélange de groupes modérés, durs et extrémistes, Idlib est maintenant un bastion des jihadistes salafistes, dominé par le groupe Hay’at Tahrir al Sham (HTS), ex-associé d’al Qaïda. Un groupe d’anciens combattants d’Al-Qaïda s’est séparé de HTS en 2017 pour former un nouveau groupe appelé Houras al-Din. Sous la direction du chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri, ce groupe se consacre d’abord et avant tout à attaquer l’Occident. Il a trouvé des recrues volontaires parmi les milliers de combattants idéologiquement alignés et aguerris à Idlib.
    Le régime d’Assad a aggravé la situation à Idlib en suivant ses vieux schémas offensifs depuis Homs, Alep et la banlieue de Damas. Avec l’appui de l’Iran et de la Russie, les forces d’Assad ont cherché à maximiser les pertes civiles afin de pousser la population à la soumission ou à l'exil. De telles tactiques ont donné lieu à des victoires à court terme sur les champs de bataille, mais à long terme, elles radicalisent la population locale et fournissent légitimité, sanctuaire et main-d’œuvre à Al-Qaïda. En outre, pour accroître la pression sur Idlib, les forces pro-régime ont dû réduire leurs opérations contre Daech dans le centre et le sud-est de la Syrie. La Russie a également concentré son attention sur Idlib, tandis que l’Iran et le Hezbollah sont plus préoccupés par la préparation d’une guerre potentielle avec Israël, ce qui donne à Daech un espace supplémentaire pour se regrouper.
    Daech et Al-Qaïda ont déjà profité du désengagement des États-Unis pour reprendre des forces. Dès le mois d’avril, après la chute du califat, les Etats-Unis ont réduit de moitié leur présence en Syrie à 1.000 hommes. Le Département de la Défense a rapporté en août que  "la réduction des forces américaines a diminué le soutien disponible pour les forces partenaires en Syrie " et que les FDS n’étaient plus en mesure de  "soutenir des opérations à long terme contre les militants de Daech" .
    Le soutien des États-Unis aux forces kurdes dans l’est de la Syrie, qui comprenait une formation spécialisée en matière de patrouille, de maintien de l’ordre, de gouvernance et de collecte de renseignements, va maintenant disparaître à mesure que les troupes américaines vont partir. Dans l’ouest de la Syrie, la situation est tout aussi désastreuse : des frappes aériennes américaines occasionnelles visaient des dirigeants d’Al-Qaïda à Idlib, avec l’aide de renseignements recueillis par des forces modérées sur le terrain. Mais les États-Unis ont cessé de soutenir les combattants de l’opposition en 2017 et n’ont depuis lors pas été en mesure de contrecarrer la prise de pouvoir par les jihadistes.
    L’ASCENSION DE L’EXTRÉMISME
    L’invasion de la Syrie par la Turquie fait de la résurrection de l’Etat islamique un fait accompli. L’objectif primordial d’Ankara est d’anéantir le proto-état kurde de Rojava dans le nord de la Syrie, qui est actuellement un rempart contre la domination de l’Etat islamique dans cette région. Face à une telle menace existentielle, la milice kurde YPG utilisera certainement ses liens étroits avec les militants kurdes en Turquie pour y intensifier l’insurrection kurde. Le YPG portera donc son attention non plus sur la lutte contre Daech mais sur la lutte contre la Turquie.
    Déjà, les FDS semblent incapables de sécuriser les milliers de combattants jihadistes qu’elles détiennent. Elles ne peuvent pas non plus garder les dizaines de milliers de membres des familles jihadistes dans le camp de réfugiés d’Al Hol soumis à une sécurité minimale et pratiquement sans soutien international. Si le chaos s’installe dans le nord-est de la Syrie dans les mois à venir, l’Etat islamique pourrait à nouveau s’emparer de pans entiers du territoire pour former un nouveau califat et envoyer des combattants au-delà des frontières non sécurisées pour mener des attaques terroristes.
    L’assaut turc a également contraint les FDS à conclure un accord avec Damas. Le régime d’Assad vise à réaffirmer sa souveraineté sur l’ensemble du territoire syrien et à prévenir de nouvelles incursions étrangères. En tant que tel, le gouvernement syrien partage avec les FDS le point de vue que la Turquie est l’ennemi commun, et les deux ont occasionnellement collaboré tout au long de la guerre civile. En 2016, à Alep, ils ont travaillé ensemble pour éliminer ce qui restait de l’opposition syrienne dans l’est de la ville. En échange d’un soutien du régime contre la Turquie, et peut-être d’un statut semi-autonome pour Rojava, le YPG pourrait être disposé à laisser Assad arborer le drapeau syrien et exercer son autorité nominale dans les villes sous contrôle kurde. Déjà, les Kurdes semblent prêts à céder au régime et aux forces russes le contrôle des villes de Manbij et de Kobani, au nord du pays, lieux de batailles cruciales contre Daech.
    Un tel accord devrait permettre à Daech de poursuivre sa renaissance. De nombreux Arabes sunnites de l’est de la Syrie se sont rebellés contre Assad et considèrent le YPG comme des usurpateurs. Pour cette population, une entente du YPG avec Damas sera mal reçue. Daech aura un nouveau récit à diffuser, se positionnant comme l’avant-garde de la résistance arabe sunnite, que ce soit contre les Turcs, les Kurdes, les Assyriens ou tout ceux dont on a parlé plus haut.
    Daech exploitera la frustration des Arabes sunnites pour obtenir le soutien de la population, peu importe ce que les FDS choisiront de faire. Avant l’invasion turque, les FDS, encouragées par les États-Unis, amélioraient leurs relations avec la population arabe sous leur contrôle. La campagne contre l’Etat islamique avait particulièrement dévasté les parties arabes de la région et les habitants de ces régions étaient sceptiques à l’égard du YPG, mais le groupe avait fait des progrès vers une gouvernance meilleure et plus inclusive. Cependant, au fur et à mesure que le YPG combattra la Turquie, ces efforts de gouvernance s’effondreront et la tension montera entre les factions kurdes, arabes et, éventuellement celles soutenues par le régime syrien. En 2013, lorsque les villes de Raqqa et Deir Ez-Zor se sont révoltées contre Assad, Daech a exploité l’anarchie qui en a résulté en se positionnant comme le seul groupe capable de fournir sécurité et justice. Tel sera probablement son plan aujourd’hui.
    TOUT FOUT LE CAMP
    Qui sera le grand gagnant de ce chaudron jihadiste une fois que les États-Unis se seront retirés ? La réponse est probablement personne. Après huit années de guerre,, l’armée syrienne manque de personnel et de motivation pour un autre combat. L’Iran et le Hezbollah sont également lassés de la guerre et ne seraient prêts à combattre un Etat islamique résurgent que si le groupe menace à nouveau des villes clés en Syrie occidentale et le long de la frontière libanaise. De plus, le fait de permettre à la menace jihadiste de se renforcer en Syrie permettra aux deux puissances chiites de justifier le maintien d’une présence antiterroriste sur place, alors que leur but réel est de préparer un conflit avec Israël.
    La Russie n’est pas non plus très incitée à s’attaquer à un renouveau jihadiste. Le président russe Vladimir Poutine veut surtout devenir le médiateur indispensable du Moyen-Orient. Il se soucie peu des flux de réfugiés, de l’extrémisme croissant et de l’instabilité régionale. Au contraire, plus la Syrie devient précaire, plus Poutine aura d’influence dans la région.
    Les responsables militaires et du renseignement russes ont compris que les tactiques militaires brutales du régime Assad radicalisaient les sunnites et les poussaient vers des groupes tels que l'Etat islamique et Al-Qaeda. Mais pour Moscou une victoire par les armes du régime de Bachar al-Assad était la priorité. Pour les Russes, la croissance de groupes terroristes islamistes était plutôt un problème pour ses adversaires - l'Europe et les États-Unis - que pour elle-même.
    Après des décennies de participation des États-Unis à des conflits au Moyen-Orient qui ont fait d'innombrables victimes, épuisé les ressources économiques et fait des États-Unis une puissance occupante, les Américains craignent à juste titre de s'enliser dans des guerres interminables ou de contribuer à l'édification d'une nation intenable. Mais la coalition dirigée par les États-Unis qui a renversé le califat territorial de l'Etat islamique plus tôt cette année a été parmi les opérations militaires les plus efficaces et les plus rentables de l'histoire.
    Malheureusement, non seulement l'administration Trump a jeté aux oubliettes ses gains durement gagnés en retirant les troupes américaines et en abandonnant ses partenaires kurdes, mais elle a garanti la résurgence d'une menace extrémiste dans la région, en Europe et aux Etats-Unis. Bientôt, les États-Unis devront tenir compte des conséquences désastreuses de cette décision.

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