Armée américaine en Afghanistan

  • Afghanistan : L'Etat islamique affirme que le kamikaze de l'aéroport de Kaboul avait été libéré de prison lors de la prise de contrôle des talibans

    Imprimer

    Abdul Rahman al-Logari, le kamikaze responsable de l' attaque de l'aéroport de Kaboul le 26 août 2021, avait été libéré d'une prison du gouvernement afghan lors de la prise de contrôle de l'Afghanistan par les talibans, a révélé le journal al-Naba, affilié à l'Etat islamique, dans son édition du 2 septembre.

    L' attentat suicide a coûté la vie à 13 militaires américains, dont la plupart étaient des Marines, et en a blessé 22 autres. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière contre les forces américaines en Afghanistan depuis une décennie. 170 personnes, dont deux citoyens britanniques et 28 talibans, ont également été tués dans l'attaque.

    Al-Naba a révélé qu'al-Logari a combattu lors de la bataille de Darzab en 2018 contre les talibans. La bataille, qui a eu lieu entre le 12 juillet et le 1er août, a vu les talibans expulser les jihadistes de l'Etat islamique-Khorasan (IS-K) du district de Darzab dans la province de Jowzjan, dans le nord de l'Afghanistan.

    Al-Logari, dont le nom suggère qu'il est originaire de la province orientale de Logar, faisait apparemment partie des dizaines de jihadistes de l'Etat islamique qui s'étaient rendus au gouvernement afghan et avaient été évacués de Darzab par hélicoptère.

    Dans son rapport trimestriel 2018 sur l'Afghanistan, le département américain de la Défense avait affirmé que la victoire des talibans sur l'Etat islamique-K à Jowzjan était la sienne. Dès le début, les gouvernements américain et afghan ont tenté de qualifier la reddition des combattants de l'IS-K à l'armée afghane d'« opération réussie » menée par l'armée afghane. Bien que l'IS-K se soit rendu à la suite d'une défaite aux mains des talibans.

    Le président Joe Biden a promis de « traquer » les auteurs de l'attentat à l'aéroport de Kaboul. Jusqu'à présent, les États-Unis ont mené deux frappes de drones sur des cellules présumées d'IS-K en Afghanistan.

    L'information révélée par al-Naba met en lumière l'échec total des États-Unis en Afghanistan. Cela soulève également de sérieux doutes sur la capacité des talibans à contrer la menace posée par des groupes terroristes comme l'Etat islamique.

  • Afghanistan: Le dernier avion américain a quitté Kaboul

    Imprimer

    Les quatre derniers avions d'évacuation américains se sont envolés de l'aéroport de Kaboul, ce lundi 30 août 2021, mettant un terme à 20 ans de guerre en Afghanistan.  Les talibans  ont pris le contrôle total de l'aéroport de Kaboul.  De nombreuses sources sur le terrain ont rapporté avoir entendu des tirs nourris dans et autour de l'aéroport. Visiblement, les talibans ont célébré le départ du dernier soldat américain. Vidéo. Vidéo 2

    Le dernier soldat américain à quitter l'Afghanistan aura été le général de division Chris Donahue, commandant de la 82e division aéroportée de l'armée américaine. La photo ci-dessous le montre montant à bord d'un avion cargo C-17 à l'aéroport international Hamid Karzai de Kaboul.

    Le 11 septembre 2001, alors Capitaine, Chris Donahue travaillait au Pentagone en tant qu'assistant spécial du président des Joint Chiefs. Il a dirigé un escadron de la "Delta Force" dans le nord de l'Afghanistan, il y a dix ans et y a été le plus haut commandant des opérations spéciales en 2019-2020.

    E-FDLMBWYAM01eI.jpeg

    Un ancien officier supérieur du renseignement britannique, réagissant au retrait des États-Unis d'Afghanistan, a déclaré : « Cela marque la fin d'une ère du libéralisme occidental et de la démocratie qui a commencé avec la chute du mur de Berlin. C'est une défaite de l'idéologie occidentale. C'est la plus grosse défaite depuis Suez"

  • Afghanistan : Des roquettes tirées vers l'aéroport de Kaboul à la veille du départ des troupes américaines

    Imprimer

    Des roquettes ont été tirées lundi matin 30 août 2021 vers l'aéroport de Kaboul, à la veille du départ prévu d'Afghanistan, après 20 années de présence, de l'armée américaine qui procède à ses dernières évacuations sous la menace d'attentats de l'État islamique.

    Le président américain Joe Biden a fixé à mardi 31 août l'échéance pour retirer les dernières troupes américaines d'Afghanistan où elles étaient entrées en 2001 pour chasser du pouvoir les talibans, en raison de leur refus de livrer le chef d'al-Qaïda, Oussama Ben Laden, après les attentats du 11 septembre. Deux décennies plus tard, les talibans ont profité du progressif retrait américain ces derniers mois et de l'effondrement des forces de sécurité afghanes pour entrer dans Kaboul le 15 août et reprendre le pouvoir, après une offensive militaire éclair non anticipée par Washington.

    Le retour des islamistes au pouvoir a obligé les Occidentaux à évacuer dans la précipitation depuis l'aéroport de Kaboul leurs ressortissants et des Afghans susceptibles de subir des représailles de la part des talibans, notamment pour avoir travaillé pour les forces étrangères. Ce gigantesque pont aérien, commencé le 14 août et qui finira mardi, a permis d'exfiltrer plus de 114.000 personnes. Les Américains, qui assuraient la sécurité des opérations, consacrent maintenant ces dernières heures à faire partir leurs 300 ressortissants encore dans le pays.

    La tension autour de la dernière phase des opérations d'évacuation est à son comble depuis l'attentat de jeudi aux abords de l'aéroport, revendiqué par l'État islamique-Khorasan (EI-K) et qui a fait plus d'une centaine de morts dont 13 militaires américains.

    Les Américains, qui avaient immédiatement mis en garde contre de nouveaux attentats, ont détruit dimanche un véhicule qu'ils affirment être chargé d'explosifs, afin de "supprimer une menace imminente" de l'EI-K contre l'aéroport.

    Lundi, plusieurs roquettes ont été tirées vers l'aéroport, a confirmé la Maison Blanche, en précisant que les opérations d'évacuation continuaient "sans interruption". Un responsable taliban sur les lieux a indiqué que cinq roquettes avaient été tirées et qu'elles avaient été arrêtées par le système de défense anti-missile C-Ram de l'aéroport.

    'On ne peut plus dormir'
    Un drone américain a ensuite, selon lui, visé une voiture qui avait servi à lancer les roquettes, à près de deux kilomètres de l'aéroport. Même si ces roquettes ne semblent pas avoir fait de victimes, elles ont encore accentué l'angoisse des habitants vivant à proximité. "Le son des roquettes volant au-dessus de notre maison nous a réveillés. On avait peur", a raconté à l'AFP l'un d'eux, dénommé Abdullah. "Depuis que les Américains ont pris le contrôle de l'aéroport, on ne peut plus dormir comme il faut. On est sans cesse dérangé par des coups de feu, des roquettes, des sirènes ou de gros avions."

    L'Etat islamique a revendiqué l'attaque à la roquette contre l'aéroport de Kaboul
    Le groupe jihadiste Etat islamique au Khorasan (EI-K) a revendiqué les tirs de roquettes lundi contre l'aéroport de Kaboul, la capitale afghane.
    "Les soldats du califat ont ciblé l'aéroport international de Kaboul, avec six roquettes", a déclaré le groupe dans un communiqué. Un responsable des talibans sur les lieux a indiqué que cinq roquettes avaient été tirées et qu'elles avaient été interceptées par le système de défense anti-missile de l'aéroport.

    Joe Biden, sous le feu des critiques pour sa gestion de la crise, a accueilli dimanche les dépouilles des 13 soldats tués jeudi, sur la base militaire de Dover, dans le Delaware.

    Les États-Unis déplorent 2.500 morts et une facture de plus de 2.000 milliards de dollars en 20 ans. Ils ressortent de cette guerre, la plus longue qu'ait connue l'Amérique, avec une image encore plus écornée par leur incapacité à prévoir la rapidité de la victoire talibane et par leur gestion des évacuations. M. Biden a justifié sa décision de retirer les troupes américaines par son refus de faire durer plus longtemps cette guerre et par le fait que leur mission avait été accomplie avec la mort de Ben Laden, tué par les forces spéciales américaines en 2011 au Pakistan.

    Mais nombre d'analystes craignent que le retour au pouvoir des talibans ne galvanise les groupes jihadistes, comme l'Etat islamique, responsable de certains des plus sanglants attentats commis ces dernières années en Afghanistan, ou al-Qaïda. En représailles à l'attaque de jeudi, les États-Unis ont effectué samedi une frappe de drone dans l'Est de l'Afghanistan, tuant deux membres "de haut niveau" de la branche afghane de l'Etat islamique et en blessant un troisième. Ils ont averti que ce ne serait pas "la dernière".

    Les Américains n'ont pas complètement exclu que la frappe de dimanche ait pu faire des victimes civiles. Elle a détruit un véhicule piégé qui se dirigeait vers l'aéroport et une maison à proximité a aussi été touchée, selon un porte-parole des talibans.

    Des victimes civiles
    La chaîne américaine CNN a affirmé que neuf membres d'une famille, dont six enfants, avaient été tués. L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ce bilan, mais des médias locaux ont aussi annoncé des victimes civiles. "Nous savons qu'il y a eu des explosions importantes et puissantes à la suite de la destruction du véhicule, indiquant la présence d'une grande quantité de matière explosive à l'intérieur, ce qui a pu causer des pertes supplémentaires", a déclaré le Commandement central de l'armée américaine (Centcom) dimanche soir. "Ce qui s'est passé n'est pas clair, et nous continuons d'enquêter".

    Intense activité diplomatique ce lundi 30 août
    La journée de lundi va connaître une intense activité diplomatique. Washington réunit en visio-conférence ses "partenaires clés" (France, Canada, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni, Turquie, Qatar, Union européenne et Otan), afin de discuter "d'une approche alignée" pour l'avenir au-delà du 31 août.

    Lundi également se tient à l'ONU une réunion des membres permanents du Conseil de sécurité. La France et le Royaume-Uni vont y plaider en faveur de la création à Kaboul d'une "zone protégée" pour mener des opérations humanitaires, selon le président français Emmanuel Macron.

    Les talibans se sont engagés à laisser partir tous les étrangers et ressortissants afghans disposant d'un permis de s'installer ailleurs, même après mardi. Les islamistes se sont efforcés depuis leur retour au pouvoir d'afficher une image d'ouverture et de modération qui laisse néanmoins sceptiques de nombreux pays et observateurs.

    Le monde se rappelle que lors de leur précédent passage au pouvoir entre 1996 et 2001, ils avaient imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes ne pouvaient ni travailler ni étudier, voleurs et meurtriers encouraient de terribles châtiments.

    Des classes non mixtes
    Le ministre par intérim de l'Enseignement supérieur du gouvernement taliban, Abdul Baqi Hazzani, a assuré dimanche que les Afghanes pourraient étudier à l'université, mais dans des classes non mixtes. Le chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, qui n'est jamais apparu en public, est à Kandahar (Sud) où il vit "depuis le début", a annoncé dimanche son mouvement, affirmant qu'il apparaîtrait "bientôt en public".

  • Afghanistan : Des vétérans des opérations spéciales américaines mènent une mission audacieuse pour sauver les alliés afghans

    Imprimer

    Alors que les talibans ajoutent des points de contrôle près de l'aéroport de Kaboul, un groupe entièrement bénévole d'anciens combattants américains de la guerre en Afghanistan a lancé mercredi soir 25 août 2021 une dernière mission audacieuse baptisée "Pineapple Express" pour ramener des centaines de forces d'élite afghanes à risque et leurs familles en sécurité, ont déclaré des membres du groupe à ABC News.

    Se déplaçant après la tombée de la nuit dans une obscurité presque noire et des conditions extrêmement dangereuses, le groupe a déclaré qu'il travaillait officieusement en tandem avec l'armée américaine et l'ambassade américaine pour récupérer des personnes, parfois une personne à la fois, ou par paires, mais rarement plus d'un petit groupe, et les conduire à l'intérieur du côté contrôlé par l'armée américaine de l'aéroport international Hamid Karzai.

    La mission du Pineapple Express était en cours jeudi lorsque l'attaque s'est produite à Kaboul. Un kamikaze soupçonné d'appartenir à l' Etat islamique a tué au moins 13 militaires américains - 10 Marines américains, un soldat de la Marine, un soldat de l'armée et un autre militaire - et blessé 15 autres militaires, selon des responsables américains.

    L'explosion a fait des blessés parmi les personnes récupérées dans le cadre du Pineapple Express, et des membres du groupe ont déclaré qu'ils évaluaient si des Afghans portés disparus auxquels ils portaient assistance avaient été tués.

    Jeudi matin, le groupe a déclaré avoir amené jusqu'à 500 membres des forces spéciales, actifs et facilitateurs afghans et leurs familles à l'aéroport de Kaboul pendant la nuit, les remettant chacun sous la garde protectrice de l'armée américaine.

    Ce nombre s'est ajouté à plus de 130 autres au cours des 10 derniers jours qui avaient été introduits clandestinement dans l'aéroport encerclé par des combattants talibans depuis que la capitale était tombée aux mains des islamistes le 16 août par la Task Force Pineapple , un groupe ad hoc d'actuels et anciens agents spéciaux américains. opérateurs, travailleurs humanitaires, agents de renseignement et autres ayant une expérience en Afghanistan qui se sont regroupés pour sauver autant d'alliés afghans que possible.

    "Des dizaines d'individus à haut risque, des familles avec de jeunes enfants, des orphelins et des femmes enceintes, ont été secrètement déplacés dans les rues de Kaboul toute la nuit et jusqu'à quelques secondes avant que l'Etat islamique ne fasse exploser une bombe dans la masse regroupée d'Afghans en quête de sécurité et de liberté. ", a déclaré à ABC News le lieutenant-colonel de l'armée Scott Mann, un commandant à la retraite des bérets verts qui a dirigé l'opération de sauvetage privée.

    La "Task Force Pineapple", un groupe informel dont la mission a commencé  le 15 août pour évacuer un ancien commando afghan à l'aéroport de Kaboul alors qu'il était pourchassé. par les talibans qui lui envoyaient des menaces de mort par SMS.

    Ils savaient qu'il avait travaillé avec les forces spéciales américaines et l'élite SEAL Team Six pendant une douzaine d'années, ciblant les dirigeants talibans, et était donc une cible de grande valeur pour eux, ont déclaré des sources à ABC News.

    Il y a deux mois, ce commando a déclaré à ABC News qu'il s'était échappé de justesse d'un petit avant-poste dans le nord de l'Afghanistan qui a ensuite été envahi en attendant que son visa d'immigrant spécial américain soit approuvé.

    L'opération depuis cette première opération d'évacuation du commando et de sa famille de six personnes, a atteint un crescendo cette semaine avec des dizaines de mouvements secrets coordonnés par plus de 50 personnes dans une salle de commandement cryptée. Une opération  de nuit pleine. de scènes dramatiques rivalisant avec un thriller "Jason Bourne".

    Les petits groupes d'évacués Afghans ont rencontré à plusieurs reprises des talibans qui, selon eux, les ont battus mais n'ont jamais vérifié les papiers d'identité qui auraient pu les révéler comme des opérateurs qui ont passé deux décennies à tuer des dirigeants talibans. Tous portaient des visas américains, des demandes de visa en attente ou de nouvelles demandes préparées par des membres de la Task Force Pineapple, ont-ils déclaré à ABC News.

    "Cet effort herculéen n'aurait pas pu être accompli sans les héros officieux à l'intérieur de l'aérodrome qui ont défié leurs ordres de ne pas aider au-delà du périmètre de l'aéroport, en pataugeant dans les canaux d'égout et en attirant ces personnes ciblées qui faisaient clignoter des ananas sur leurs téléphones", a déclaré un responsable de l'opération.

    L'armée américaine en uniforme étant incapable de s'aventurer à l'extérieur du périmètre de l'aéroport pour recueillir les Américains et les Afghans qui ont demandé la protection des États-Unis en raison de leur service passé. Ils ont plutôt assuré une surveillance et attendu des mouvements coordonnés par une équipe au sol informelle de Pineapple Express qui comprenait des « conducteurs » dirigés par l'ancien capitaine de béret vert Zac Lois, connu comme « l'ingénieur ».

    Les opérateurs, les actifs, les interprètes afghans et leurs familles étaient connus sous le nom de « passagers » et étaient guidés à distance par des « bergers », qui, dans la plupart des cas, étaient leurs anciens fidèles des forces d'opérations spéciales américaines et des camarades et commandants de la CIA.

    Les renseignements étaient regroupés dans le groupe de discussion crypté en temps réel et comprenaient le guidage des personnes sur des cartes vers des points de repère GPS aux points de rassemblement pour qu'elles puissent rejoindre l'endroit dans l'ombre et se cacher jusqu'à ce qu'elles soient convoquées par un conducteur portant une lampe chimique verte.

    Une fois convoqués, les passagers brandissaient leurs smartphones avec un graphique d'ananas jaunes sur un champ rose.

    Avant l'attentat meurtrier de jeudi près de la porte Abbey Gate de l'aéroport connu sous le nom de HKIA, des avertissements des renseignement avaient été émis sur d'éventuelles attaques d'engins explosifs improvisés par l'Etat islamique. Vers 20 heures, mercredi, les bergers qui ramenaient  les groupes de passagers discrètement dans l'obscurité vers les points de rassemblement ont soudainement vu leurs téléphones portables devenir sombres.
    E9-RYHRWQAoEnYn.jpeg

    "Nous avons perdu les communications avec plusieurs de nos équipes", a écrit Jason Redman, un ancien Navy SEAL blessé au combat, qui gardait les Afghans qu'il connaissait.

    On craignait que les talibans aient rendu inopérante les tours de téléphonie cellulaire – mais un autre membre de la Task Force Pineapple, un béret vert, a rapporté qu'il avait appris que l'armée américaine avait utilisé des brouilleurs de téléphones portables pour contrer la menace terroriste à Abbey Gate. En moins d'une heure, la plupart avaient rétabli les communications avec les "passagers" et les mouvements lents et délibérés de chaque groupe ont pu reprendre avant le lever du soleil.

    "Toute la nuit a été un tour de montagnes russes. Les gens étaient tellement terrifiés dans cet environnement chaotique. Ces gens étaient tellement épuisés que j'ai à essayé de me mettre à leur place", a déclaré Redman.
    pineapple-express-blur-ht-rc-210827_1630068218164_hpEmbed_13x6_992.jpeg

    En repensant à l'opération qui a sauvé au moins, selon leur décompte, 630 vies afghanes, Redman a exprimé sa profonde frustration "que notre propre gouvernement n'ait pas fait cela. Nous avons fait ce que nous devrions faire, en tant qu'Américains".

    De nombreux Afghans sont arrivés près d'Abbey Gate et ont traversé un canal obstrué par les eaux usées en direction d'un soldat américain portant des lunettes de soleil rouges pour s'identifier. Ils ont agité leurs téléphones avec les ananas et ont été ramassés et amenés à l'intérieur de la zone de sécurité. D'autres ont été amenés par un Ranger de l'armée portant un drapeau américain modifié avec l'emblème du Ranger Regiment, ont déclaré des sources à ABC News.

    La Task Force Pineapple a accompli une opération véritablement historique, en évacuant des centaines de personnes en une semaine.

    "C'est un nombre incroyable pour une organisation qui n'a été constituée que quelques jours avant le début des opérations et la plupart de ses membres ne s'étaient jamais rencontrés en personne", a déclaré Lois Zac à ABC News.

    Les membres de l'opération Pineapple comprenaient le major de l'armée Jim Gant, un béret vert à la retraite connu sous le nom de « Lawrence d'Afghanistan », qui a fait l'objet d'une enquête « Nightline » en 2014 .

    "J'ai été impliqué dans certaines des missions et opérations les plus incroyables auxquelles un membre des forces spéciales pourrait participer, et je n'ai jamais participé à quelque chose de plus incroyable que cela", a déclaré Gant à ABC News. "La bravoure, le courage et l'engagement de mes frères et sœurs de la communauté Pineapple étaient supérieurs à l'engagement des États-Unis sur le champ de bataille."
    "Je voulais juste faire sortir mon peuple", a-t-il ajouté.

    Dan O'Shea, un commandant de SEAL à la retraite, a déclaré qu'il avait aidé avec succès son propre groupe, qui comprenait un citoyen américain qui a servi comme agent, son père et son frère afghans. Ils ont esquivé les postes de contrôle et les patrouilles des talibans afin d'entrer dans le côté américain de l'aéroport.
    "Il n'était pas disposé à laisser son père et son frère derrière lui; même si cela signifiait qu'il pouvait mourrir. Il a refusé de quitter sa famille", a déclaré O'Shea, un ancien conseiller contre-insurrectionnel en Afghanistan, à ABC News. "Laisser un homme derrière ne fait pas partie de notre philosophie SEAL. De nombreux Afghans ont une vision plus forte de nos valeurs démocratiques que de nombreux Américains."

    Tout a commencé en essayant de sauver un commando afghan, dont le visa d'immigrant spécial n'a jamais été finalisé.

    Au cours d'une nuit intense la semaine dernière impliquant une coordination entre Mann et un autre béret vert, un officier du renseignement, d'anciens travailleurs humanitaires et un membre du personnel républicain de Floride et officier des bérets verts, Mike Waltz, l'équipe ad hoc a fait appel à un officier de l'ambassade américaine insomniaque. à l'intérieur de l'aéroport. Il a aidé les Marines à une porte à identifier l'ancien commando afghan, qui a été pris dans la foule de civils à l'extérieur de l'aéroport et qui a déclaré avoir vu deux civils renversés et tués.

    "Deux personnes sont mortes à côté de moi – à un pied de distance", a-t-il déclaré à ABC News depuis l'extérieur de l'aéroport cette nuit-là, alors qu'il tentait pendant des heures d'atteindre un point de contrôle d'entrée tenu par des Marines américains à une courte distance.

    Avec des combattants talibans se mêlant à la foule immense et tirant leurs AK-47 au-dessus des masses, l'ancien commando d'élite a finalement été attiré dans le périmètre de sécurité américain, où il a crié le mot de passe « Ananas ! » aux troupes américaines au poste de contrôle. Le mot de passe a depuis changé, ont indiqué les sources.

    Deux jours plus tard, le groupe de ses amis et camarades américains a également aidé à faire entrer sa famille à l'intérieur de l'aéroport pour le rejoindre avec l'aide du même officier de l'ambassade américaine.

    Mann a déclaré que le groupe d'amis avait décidé de continuer en sauvant sa famille et des centaines d'autres de ses camarades des forces d'élite fuyant les talibans.

    L'ancien sous-secrétaire adjoint à la défense et analyste d'ABC News, Mick Mulroy, fait partie à la fois de la Task Force Pineapple et de la Task Force Dunkerque, qui assistent d'anciens camarades afghans.

    "Ils n'ont jamais vacillé. Moi et beaucoup de mes amis sommes ici aujourd'hui à cause de leur bravoure au combat. Nous leur devons tous les efforts pour les faire sortir et honorer notre parole", a déclaré Mulroy.

     

     

     

  • Afghanistan : Les Etats-Unis ont réalisé une frappe aérienne à Kaboul contre un véhicule supposé lié à l'Etat islamique

    Imprimer

    Les Etats-Unis ont réalisé, dimanche 29 août 2021 à Kaboul, une frappe "défensive" de drone contre un véhicule, afin de "supprimer une menace imminente" de l'Etat islamique-Khorasan (EI-K) contre l'aéroport, a annoncé le Pentagone. La frappe aérienne américaine a eu lieu dans l'après-midi du 29 août dans le quartier PD-15 de Kaboul, à quelques kilomètres au nord de l'aéroport de la ville. 

    Des sources de la défense américaine ont affirmé que plusieurs kamikazes de l'Etat islamique-Khorasan (Etat islamique-K) se trouvaient à l'intérieur du véhicule ciblé. Les terroristes étaient en route pour attaquer les troupes américaines à l'aéroport de Kaboul, affirme l'armée américaine.

    "Les forces américaines ont mené aujourd'hui une frappe aérienne défensive" de drone, lancée depuis l'extérieur de l'Afghanistan, "contre un véhicule à Kaboul, éliminant une menace imminente de l'EI-K contre l'aéroport international" Hamid Karzai, a précisé Bill Urban, un porte-parole du commandement central. "Nous sommes certains d'avoir atteint la cible", a-t-il ajouté. "Nous vérifions l'éventualité de victimes civiles", a-t-il dit en précisant n'avoir "pas d'indication à cette heure" qu'il y en ait. "De fortes explosions secondaires provenant du véhicule ont montré la présence d'une quantité importante d'explosifs", a-t-il ajouté. "Nous restons vigilants face à de futures menaces potentielles."
    E9-JaIJXoAE6MHe.jpeg

    Des victimes civiles lors de l'explosion du véhicule kamikaze
    Muslim Shirzad, de Tolo News, affirme que neuf membres d'une famille, dont six enfants, ont été tués par les effets de l'explosion du véhicule kamikaze détruit par la frappe américaine.
    "Nous savons qu'il y a eu des explosions importantes et puissantes à la suite de la destruction du véhicule, indiquant la présence d'une grande quantité de matière explosive à l'intérieur, ce qui a pu causer des pertes supplémentaires", a déclaré le Commandement central de l'armée américaine (Centcom) dimanche soir. "Ce qui s'est passé n'est pas clair, et nous continuons d'enquêter".
    Muslim Shirzad a identifié les victimes collatérales. Il s'agit de Zamaray Ahmadi un interprète avec les troupes américaines en Afghanistan, Naseer Nejrabi un officier de l'armée, Faisal un étudiant, Armin et Benyameen, ainsi que 4 autres membres d'une même famille. Il ajoute que Naseer Nejrabi devait se marier le lendemain.
    E-BWIYkXMAAossJ.jpeg

    Joe Biden avait fait savoir samedi qu'une nouvelle attaque était "hautement probable", après l'attentat de jeudi aux abord de l'aéroport de Kaboul, revendiqué par l'EI-K et qui a fait plus d'une centaine de morts dont 13 militaires américains. En représailles, les Etats-Unis ont effectué une frappe de drone en Afghanistan, tuant deux membres du groupe Etat islamique et en blessant un troisième, et prévenu que ce ne serait pas "la dernière".

    Le président américain et son épouse Jill Biden se trouvaient dimanche matin sur la base militaire de Dover, à l'est de Washington, auprès de familles de ces militaires lorsque l'annonce de la dernière frappe aérienne est tombée. Ils rendront hommage à leurs dépouilles à midi (16H00 GMT).

    L'armée américaine reconnaît une bavure "tragique" à Kaboul
    L'armée américaine reconnaîtra, vendredi 17 septembre 2021, avoir tué dix civils afghans innocents dans une bavure "tragique", lors des opérations de retrait chaotique des Etats-Unis fin août à Kaboul, en frappant par erreur un véhicule qu'elle croyait rempli d'explosifs.

    "Dix civils, dont jusqu'à sept enfants, ont été tragiquement tués dans cette frappe" par drone, a déclaré à la presse le général Kenneth McKenzie, chef du commandement central de l'armée américaine. "Il est improbable que le véhicule et ceux qui sont morts aient été liés à l'EI-K", le groupe jihadiste Etat islamique-Khorasan, ou qu'ils aient représenté "une menace directe pour les forces américaines". En d'autres mots, contrairement aux affirmations initiales de l'armée, les "explosifs" n'étaient vraisemblablement que d'inoffensifs bidons d'eau et le conducteur du véhicule, un paisible père de famille, n'avait rien d'un jihadiste.

    "Notre enquête conclut désormais que cette frappe était une erreur tragique", a ajouté le général McKenzie, assurant assumer "l'entière responsabilité" de cette bavure, intervenue quelques jours après un attentat de l'EI-K qui avait tué 13 militaires américains et une centaine d'Afghans près de l'aéroport de Kaboul.

    Le général McKenzie, qui dirigeait les forces américaines en Afghanistan avant leur retrait du pays, a expliqué comment dans le chaos des évacuations de milliers de civils afghans et étrangers de Kaboul, ses services avaient reçu le 29 août des informations sur une "menace imminente" contre l'aéroport, venant d'une Toyota Corolla Blanche. Or une voiture de ce modèle s'est garée ce matin-là à proximité d'un bâtiment qui était déjà considéré comme un repaire de l'EI-K. Les militaires américains ont alors surveillé étroitement tous les mouvements du véhicule pendant plus de huit heures, par des drones de surveillance et des images satellites. Seuls deux, parfois trois hommes montaient ou descendaient du véhicule chaque fois qu'il se déplaçait.

    Ce n'est qu'en fin d'après-midi, lorsque le véhicule s'est approché de l'aéroport de Kaboul, s'immobilisant à moins de 3 km des pistes, que l'armée américaine a décidé de le détruire par un missile Hellfire, réglé pour exploser à l'intérieur du véhicule. Le missile a bien atteint sa cible, et il a été suivi d'une deuxième explosion qui a laissé croire aux militaires qu'il était bien piégé. Or, a admis vendredi le général McKenzie, "la cause la plus probable" de cette deuxième explosion est "une bonbonne de gaz propane qui se trouvait juste derrière la voiture".

    Tout en reconnaissant que les informations sur la Corolla blanche étaient "clairement erronées", le général a souligné que des roquettes avaient été tirées le lendemain du bâtiment considéré comme un repaire de l'EI-K "et en fait d'autres lieux proches du véhicule".

    Le ministre américain de la Défense Lloyd Austin présentera, vendredi 17 septembre 2021, ses "excuses" pour cette bavure. "Je présente mes plus sincères condoléances aux proches encore en vie de ceux qui ont été tués", a-t-il déclaré dans un communiqué, reconnaissant que l'homme pris pour cible était "juste une victime innocente, comme les autres personnes tragiquement tuées". "Nous présentons nos excuses, et nous efforcerons de tirer les leçons de cette horrible erreur", a-t-il ajouté. "Aucune armée ne travaille aussi dur que la nôtre pour éviter des victimes civiles. Quand nous avons des raisons de croire que nous avons pris des vies innocentes, nous enquêtons et, si c'est vrai, nous le reconnaissons".

    Ken Roth, directeur exécutif de l'ONG Human Rights Watch (HRW), s'est demandé si le Pentagone aurait admis sa bavure sans l'existence d'une enquête fouillée à Kaboul du New York Times, mettant fortement en cause la version initiale des militaires.

    Plus de 71.000 civils afghans et pakistanais ont été tués durant les 20 ans de la guerre en Afghanistan, et selon une étude publiée en avril par la Brown University, le nombre des victimes civiles a fortement augmenté depuis 2017, lorsque l'administration de Donald Trump a adopté des règles d'engagement plus permissives, facilitant l'usage de la force par les militaires.

    Évacuation en phase finale
    Aujourd'hui, dimanche, l'évacuation des étrangers et des Afghans fuyant le régime taliban est entrée dans sa phase finale à l'aéroport de Kaboul, deux jours avant le retrait complet attendu des États-Unis au milieu des craintes d'une nouvelle attaque.

    Le secrétaire d'Etat américain, Anthony Blinken, a annoncé aujourd'hui dans une interview au réseau américain "ABC", qu'il y avait encore "300 Américains ou moins" qui devraient être évacués d'Afghanistan. "Nous travaillons activement pendant ces heures et ces jours pour faire sortir ces gens", a-t-il déclaré.

    114 400 personnes ont quitté le pays. sur des avions affrétés, notamment par des pays occidentaux, selon les derniers chiffres publiés par la Maison Blanche.

    Le rythme des évacuations s'est ralenti ces derniers jours, au moment où plusieurs pays européens, dont la Grande-Bretagne et la France, ont annoncé la fin de leurs opérations d'évacuation, dans l'attente d'un retrait complet des États-Unis le 31 août après une guerre de vingt ans contre le "Talibans".

    Cette courte période fait craindre de ne pas pouvoir évacuer une partie des Afghans qui se disent menacés par les « talibans », notamment ceux qui travaillaient avec des forces étrangères ou des civils au cours des deux dernières décennies.

    L'évacuation britannique d'Afghanistan s'est terminée samedi, avec le décollage du dernier avion transportant les derniers soldats restants.

    Le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, a déclaré que jusqu'à 1 100 Afghans éligibles à l'évacuation vers la Grande-Bretagne restaient dans le pays, tandis que le commandant des forces armées britanniques, le général Nick Carter, a confirmé que Londres les recevrait s'ils pouvaient quitter le pays par un autre moyen après l'expiration du délai, ajoutant que " Ne pas pouvoir faire sortir tout le monde est déchirant. "

    Exécutions extra judiciaires (Frud Bezhan)
    Des rapports de plus en plus nombreux font état de la détention, de l'enlèvement et de l'exécution par les talibans d'anciens responsables gouvernementaux, de membres du personnel de sécurité et de personnalités culturelles et religieuses à Kaboul et ailleurs.

     

     

  • Afghanistan : L'armée américaine élimine un membre de haut rang de l'État islamique

    Imprimer

    Le commandement central américain (CENTCOM) a annoncé l'élimination de deux membres de l'État islamique-Khorasan, dont un membre important. Un autre aurait été blessé. Il s'agit d'"organisateurs" et "opérateurs" de l'organisation islamiste radicale.

    La frappe a été menée par un avion sans pilote dans la province afghane de Nangarhar. Les trois jihadistes se trouvaient dans un véhicule lorsqu'il a été atteint par le tir du drone.

    "Les premières indications sont que nous avons tué la cible", a déclaré l'armée américaine dans le communiqué. Selon l'armée, il n'y a eu aucune victime parmi la population civile.

    "Il n'y a à notre connaissance aucune victime civile", a indiqué le général américain Hank Taylor. "Je peux confirmer, maintenant que nous avons reçu plus d'informations, que deux cibles importantes de l'Etat islamique-Khorasan ont été tuées et une blessée" dans la frappe lancée samedi depuis l'extérieur de l'Afghanistan, a-t-il précisé.

    Le porte-parole du Pentagone John Kirby a refusé d'expliciter s'ils avaient été directement impliqués dans l'attentat de jeudi près de l'aéroport de Kaboul, qui a fait plus d'une centaine de morts dont 13 soldats américains.

    Cette attaque a été revendiquée par l'Etat islamique au Khorasan . "Il s'agit d'organisateurs et d'opérateurs de l'EI-K, c'est une raison déjà suffisante", a répondu le porte-parole lors d'une conférence de presse. Cette frappe a été conduite au cours "d'une seule mission", a précisé M. Kirby.

    Personne ne dit que parce que "nous les avons eus, nous n'avons plus à nous inquiéter face à l'EI-K", a souligné le porte-parole, en affirmant que l'armée américaine restait "concentrée" sur cette "menace encore active". "Le fait que ces deux individus ne soient plus sur la surface de la Terre est une bonne chose", a-t-il poursuivi.

    L'armée américaine prévoit d'effectuer des frappes aériennes supplémentaires dans les jours et les semaines à venir, selon des responsables américains.

    Les opérations d'évacuations d'Afghanistan se poursuivent. "De fait, il y a environ 1.400 personnes à l'aéroport de Kaboul qui ont été contrôlées et se sont enregistrées pour des vols aujourd'hui", a précisé le général Taylor.

    Au total, environ 111.900 personnes ont été évacuées depuis le 14 août, veille de la prise de pouvoir des talibans à Kaboul, selon les derniers chiffres du gouvernement américain.

    600 Américains restés dans le pays
    Le Pentagone a révélé qu'environ 600 citoyens américains étaient toujours en Afghanistan à la date limite fixée par Biden le 31 août. 

    La CIA a évacué des Afghans qu'elle avait formés
    Apparemment, la CIA a évacué des combattants entraînés par elle de l'aéroport de Kaboul avant que les talibans n'investissent la place. 

    La Turquie rouvre son ambassade à Kaboul
    la Turquie rouvre son ambassade à Kaboul| L'ambassadeur turc a été escorté de l'aéroport de Kaboul par les talibans. L'ambassadeur de Turquie et toute son équipe diplomatique, sont revenus de l'aéroport de Kaboul avec les membres du ministère des Affaires étrangères de l'Émirat islamique pour rouvrir l'ambassade de Turquie.

    Executions extrajudiciaires
    Malgré les assurances données par le porte-parole des talibans, des rapports continuent d'arriver révélant que les talibans exercent des exécutions extrajudiciaires dans les provinces. Un procureur du gouvernement a été traîné hors de sa maison vendredi par les talibans à Jalalabad pour être retrouvé mort plus tard. 
    Fawad Andarabi, un artiste afghan, a également été traîné hors de chez lui, vendredi 27 août, et tué par les talibans dans le village de Kishnabad à Andarab. Il était un chanteur folklorique célèbre dans la vallée. Son fils a confirmé l'incident. Vidéo.

    La mort du chanteur a été confirmée par l'ancien ministre afghan de l'Intérieur, Masood Andarabi. "Il ne faisait qu'apporter de la joie aux habitants de la vallée, en chantant à quel point la terre ancestrale est belle et qu'elle ne se soumettra pas à la brutalité des talibans", a-t-il écrit.

    La province de Baghlan est devenue l'un des rares centres de résistance au pouvoir des talibans. Les groupes militants d'autodéfense locaux avaient réussi à repousser les talibans. Toutefois, leurs gains ont été de courte durée, et les talibans ont rapidement annoncé qu'ils avaient repris le contrôle de la province.

    Rostamozi.jpegLes talibans nomment un terroriste à la tête de la Fédération afghane d'éducation physique
    Les talibans ont nommé Bashir Ahmad Rostamozi à la tête de la Fédération afghane d'éducation physique. M. Rostamozi est un expert sportif qui a été emprisonné il y a plusieurs années pour avoir fomenté un attentat suicide contre des athlètes du Comité national olympique afghan.

    Nouvelles instructions des talibans dans la province de Kandahar
    Tous les médias locaux de Kandahar (radios et télévisions) sont informés que la musique et les programmes qui impliquent des voix de femmes ou des femmes d'une manière ou d'une autre ne seront plus autorisés.
    E95AIUwVgAckin7.jpeg

     

     

  • Afghanistan : Puissante Explosion à l'entrée de l'aéroport de Kaboul - 169 morts (dont 13 soldats US) et 158 blessés

    Imprimer

    L'explosion, déclenchée par un kamikaze, a eu lieu à l'extérieur d'Abbey Gate. Elle a été suivie de tirs d'armes automatiques, de la part des talibans présents sur place et des forces américaines qui ont également provoqué des victimes. On estime que le kamikaze portait 25 livres (12,5kg) d'explosifs sur sa veste suicide, ce qui est une quantité considérable et explique le grand nombre de victimes. les kamikazes portent généralement soit une ceinture contenant 5 kg ou moins d'explosifs, soit un gilet rempli de 5 à 10kg  livres d'explosifs.

    L'explosion à proximité de l'aéroport a eu lieu alors que des milliers d'Afghans y étaient massés pour tenter de fuir leur pays avant la fin prochaine des vols d'évacuation affrétés par les Occidentaux. Vidéo
    E9ugmGwWYAE7Jaz.jpegLe dernier bilan provisoire fait état de 169 morts, dont des enfants et des femmes, et 158 blessés. Le bilan est assez difficile à connaître avec précision car une panique totale a régné sur les lieux aussitôt après les attentats.

    Maxton Soviak.jpegLaredoan David Lee Espinoza .jpeg13 soldats américains tués
    Selon deux responsables américains : 12 Marines et un médecin de la marine américaine ont été tués au cours des attaques kamikazes. 22 autres Marines ont été blessés. 28 talibans ont également été tués au cours des attentats.
    Le médecin de la Navy a été identifié. Il s'agit de Maxton Soviak (photo de gauche).
    L'identité d'un des 12 Marines tués a également été révélée. Il s'agit du Marine David Lee Espinoza (photo de droite).

    E9379oJWQAACaON.jpegNicole Gee.jpegEgalement, Karim Nikouei (photo de gauche), un marine irano-américain, fait partie des 13 soldats américains décédés, ainsi que Nicole Gee (photo de droite), US Marine. Elle était apparue sur les réseaux sociaux en train d'aider les familles afghanes à franchir la porte de l'aéroport.

    Johanny Rosario (sergent).jpegHector Mopez.jpegUn autre soldat décédé est le sergent des Marines. Johanny Rosario (photo de gauche). Rosario était membre de l'équipe d'engagement féminin. 
    Un autre soldat est Hector Mopez 22 ans (photo de droite). On le voit sur cette photo, envoyée peu de temps avant l'explosion à ses amis, se raisant photographié avec un petit réfugié Afghan.


    Photos des soldats américains décédés

    E_A4ZiqXEAU2kGl.jpeg

    Les Américains voulaient fermer la porte Abbey Gate de l'aéroport en raison de la menace terroriste
    La veille, le DOD prévoyait de fermer la porte Abbey Gate, où ils savaient que la menace d'une attaque était la plus élevée. Mais ils l'ont gardé ouvert plus longtemps pour laisser aux Britanniques plus de temps pour évacuer. Le lendemain, un kamikaze se faisait exploser à cette même porte, tuant 169 personnes, dont 13 soldats américains.





    forward_2.gifPlusieurs explosions ont retenti dans la soirée à Kaboul, quelques heures après que deux explosions aient coûté la vie à des dizaines de ressortissants afghans et de soldats américains. Selon les premières informations, un engin explosif improvisé a frappé un véhicule taliban sur la place Sarai Shamali dans le centre de Kaboul.
    E9vHA57XoAIdQhk.jpeg

    Une quatrième explosion a eu lieu dans le district de Baba Mina, à l'extrême est de Kaboul. Une cinquième et une sixième explosion ont retenti dans le district de Sharenaw, dans le 10ème PD, au nord-ouest de Kaboul. Une septième énorme explosion s'est faite entendre du côté de l'aéroport mais il semble qu'il s'agissait d'une "explosion contrôlée" de  l'armée américaine. Soit il s'agit de la neutralisation d'un IED ou de la destruction de matériel militaire de l'armée en préparation de son départ d'Afghanistan.

    Plus tôt jeudi, l'agence de presse italienne ANSA a cité des sources militaires selon lesquelles un avion de transport militaire italien C-130 transportant des employés de l'OTAN avait essuyé des tirs alors qu'il décollait de l'aéroport de Kaboul, sans causer de dommages.

    Les deux incidents sont survenus à un moment où les États-Unis, l'Australie, la Grande-Bretagne et la Belgique avaient averti d'une attaque imminente contre l'aéroport de Kaboul, à un moment où des foules se rassemblaient aux portes de l'aéroport dans une tentative désespérée de partir à la suite des attaques des talibans. prise de contrôle de l'Afghanistan.

    Le commandement de l'OTAN a ordonné à ses soldats de quitter immédiatement les portes de l'aéroport de Kaboul. On craint en effet qu'une attaque à la roquette puisse également avoir lieu prochainement. Les portes de l'aéroport sont à présent fermées en raison des risques d'attaques terroristes. Or, Il y a environ 150 citoyens américains et 1 800 employés afghans de l'ambassade des États-Unis qui devaient encore se rendre à l'aéroport. 

    L'Etat islamique-Khorasan revendique l'attaque contre Kaboul et son aéroport
    L'attaque de l'aéroport de Kaboul et de la capitale afghane était finalement une opération visiblement très bien planifiée et visait aussi bien l'armée américaine que les talibans. L'Etat islamique - Khorasan, à couteaux tirés avec les talibans, a revendiqué, tard dans la soirée, l'attaque de l'aéroport. Selon le communiqué, un kamikaze a réussi à franchir la ceinture de sécurité à proximité de l'aéroport et à s'approcher à moins de cinq mètres d'un rassemblement de militaires américains et d'interprètes afghans. L'Etat islamique a publié une photo de l'attaquant, Abdul Rehman Al-Logari, donc originaire de la province du Logar.
    E9vcmVKXsAgAfwx.jpegQui est le kamikaze de l'aéroport de Kaboul ?
    Abdul Rehman, ancien étudiant en ingénierie originaire de la province afghane de Logar et fils d'un commerçant qui se rendait fréquemment à New Delhi pour affaires, avait été libéré de la prison de Bagram le 15 août.
    Des sources de renseignement indiennes proches du dossier ont déclaré qu'il avait été remis à la Central Intelligence Agency des États-Unis par la Research and Analysis Wing en septembre 2017 et incarcéré dan la prison de haute sécurité de Bagram. 
    Son arrestation avait permis de mettre un terme à un complot de l'État islamique de la province du Khurasan (IS-K) visant à commettre des attentats-suicides à New Delhi et dans d'autres villes de la région.
    Ce complot a été rendu public pour la première fois par The Indian Express en 2018 et a été détecté pour la première fois à la mi-2017 par la CIA, qui avait recueilli des renseignements à partir des communications des dirigeants de l'EI en Afghanistan et de leurs réseaux de soutien financier à Dubaï.
    Rehman a été choisi pour mener le complot en raison de sa familiarité avec New Delhi, que le djihadiste s'était rendue à plusieurs reprises en lien avec son entreprise familiale.
    Rehman, ont indiqué les sources, est arrivé en Inde sous couvert d'études dans un institut d'ingénierie à Noida. Après avoir séjourné dans l'auberge de l'institut pendant quelques semaines, il a emménagé dans un appartement du quartier de Lajpat Nagar à New Delhi. Des communications interceptées ont permis à RAW d'insérer un agent se faisant passer pour un djihadiste dans le cercle de Rehman, qui prétendait faire avancer le complot en se procurant des engins explosifs et en recrutant du personnel.
    Des sources ont déclaré que l'unité antiterroriste de la police de Delhi, dirigée par l'actuel commissaire de police adjoint Pramod Kushwaha, avait mené une surveillance sur le terrain contre Rehman pendant plusieurs semaines avant son arrestation.
    L'agent de RAW, selon les sources, a persuadé Rehman qu'il avait recruté plusieurs kamikazes et acheté suffisamment d'explosifs pour mener les attaques. Cela a généré beaucoup de bavardages dans le réseau des extrémistes et provoqué de multiples communications entre le djihadiste afghan et ses commandants, que la CIA a pu exploiter.
    Au lieu de poursuivre Rehman en Inde, ont indiqué les sources, une décision a été prise de l'extrader vers Kaboul sur un vol spécial, afin de faciliter l'enquête de la CIA. A Bagram, il a été interrogé par la CIA et le service de renseignement afghan, la Direction nationale de la sécurité. L'interrogatoire a conduit à l'élimination de plusieurs dirigeants de l'État islamique dans les frappes de drones aux États-Unis jusqu'en 2019.

    Cependant, il a été libéré le 15 août avec des milliers d'autres terroristes dangereux, profitant du chaos qui a suivi la sortie précipitée des États-Unis et la prise de contrôle rapide de l'ensemble du pays par les talibans.
    "Le retrait désorganisé de l'Amérique d'Afghanistan a conduit à la libération de centaines de terroristes hautement compétents et hautement engagés pour rejoindre l'État islamique, al-Qaïda et d'autres groupes terroristes", a déclaré un officier qui a travaillé sur l'affaire Abdul Rehman.
    « Littéralement, le travail d'une décennie sur la lutte contre le terrorisme a été annulé par l'échec des États-Unis à sécuriser les prisonniers clés à Bagram », a-t-il déclaré, ajoutant que les conséquences de cet échec seraient « de très grande envergure ».
    "Il n'y a aucune clarté sur ce qui est arrivé à Abdul Rehman entre son évasion de Bagram et l'attentat suicide", a déclaré un responsable du renseignement. "Il est possible qu'il veuille se venger, ou qu'il ait été persuadé par ses anciens amis djihadistes d'expier son rôle dans les meurtres de ses associés de cette manière."

    Il faut s'attendre à d'autres attaques sanglantes de l'Etat islamique
    Le fait que l'Etat islamique n'a revendiqué la responsabilité que d'une seule opération suicide, alors que plusieurs attentats à la bombe ont été signalés à Kaboul, est plutôt
    inhabituel, voire, sans précédent. On peut supposer que cela signifie que d'autres opérations pourraient être imminentes, voire en cours.

    La guerre a visiblement atteint un nouveau niveau de violence entre les jihadistes de l'Etat islamique et les talibans. Depuis quelques jours, de violents affrontements ont lieu dans la province de Kunar entre les talibans (aidés par des combattants pakistanais de Lashkar-e-Taiba) et l'État islamique (ISKP). Les talibans ont capturé Qorengal et Qalay Gal, chassant l'Etat islamique de la plupart de ses avant-postes. Vidéo. L'Etat islamique a cependant affirmé  avoir repoussé l'offensive des talibans à Kunar.

    Live TV - en direct de l'aéroport de Kaboul juste après l'explosion
    :

    Dans la nuit du 25 u 26 août, les États-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni avaient émis simultanément des mises en garde très précises et presque identiques sur des menaces d'"attentat terroriste" dans la zone de l'aéroport, à l'approche de la date butoir prévue pour le retrait des forces américaines d'Afghanistan, le 31 août.

    Les personnes "se trouvant actuellement aux entrées Abbey, Est et Nord devraient partir immédiatement", avait indiqué Washington en invoquant des "menaces sécuritaires", après que le président Joe Biden eut déjà évoqué mardi la possibilité d'un attentat de l'État Islamique, rival des talibans en Afghanistan ces dernières années.

    La diplomatie australienne a parlé d'une "menace très élevée d'attentat terroriste". Et Londres a appelé ses ressortissants se trouvant près de l'aéroport à le quitter "pour un endroit sûr" en attendant "d'autres instructions, ou pour ceux qui peuvent partir d'Afghanistan par d'autres moyens, à le faire "immédiatement".

    Aucune précision sur la nature de la menace n'a été apportée dans ces avis, mais le Premier ministre belge, Alexander De Croo, a expliqué que la situation s'était "fortement dégradée" mercredi à l'aéroport et que plusieurs pays avaient évoqué la possibilité d'un attentat suicide.

    Le secrétaire d'État britannique chargé des forces armées, James Heappey, a pour sa part évoqué une menace "très sérieuse" et "imminente".

    Ces avertissements sont intervenus après que le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a assuré que les talibans s'étaient engagés à laisser partir les Américains et les Afghans à risque se trouvant encore dans le pays après le 31 août. L'Allemagne a précisé avoir eu l'assurance qu'ils pourraient prendre des vols commerciaux.

    Malgré une situation chaotique, plus de 95.000 personnes ont été évacuées depuis la mise en place du pont aérien le 14 août, à la veille de l'entrée des talibans dans Kaboul et de leur prise du pouvoir, selon Washington. Quelque 13.400 l'ont été entre mercredi et jeudi, un chiffre en baisse par rapport aux derniers jours.

    Plusieurs pays ont plaidé en vain pour une extension du délai au-delà du 31 août, estimant qu'il ne serait pas possible d'évacuer tout le monde d'ici là. Jeudi, le ministère américain de la Défense a confirmé que les évacuations allaient continuer "jusqu'à la fin de la mission" américaine le 31 août.

    La menace État islamique
    Mais plusieurs pays occidentaux, ayant moins de marge de manoeuvre que les Américains qui contrôlent l'aéroport, ont déjà annoncé la fin effective ou prochaine de leurs évacuations. Le Canada a ainsi annoncé avoir interrompu ses vols jeudi, comme la Belgique dès mercredi soir. Les Pays-Bas devaient en faire de même dans la journée, à la demande des États-Unis.

    La France a indiqué qu'elle y mettrait fin vendredi soir, une date là aussi "imposée par les Américains" selon une source gouvernementale.

    Ces annonces font craindre que de nombreux Afghans qui ont travaillé ces dernières années avec les étrangers ou le gouvernement pro occidental déchu, et se sentent menacés par les talibans, ne pourront tous quitter le pays à temps. "Il s'agit d'un moment douloureux parce que cela signifie que, malgré les efforts importants dans la période récente, des gens éligibles à l'évacuation vers les Pays-Bas seront abandonnés", ont estimé les ministres néerlandaises des Affaires étrangères, Sigrid Kaag, et de la Défense, Ank Bijleveld.

    Lors d'un sommet virtuel mardi avec les autres dirigeants du G7, le président américain Joe Biden avait évoqué déjà un "risque grave et croissant d'attaque" de l'EI à l'aéroport.

    Sous le nom d'ISKP (État islamique Province du Khorasan), l'Etat islamique a revendiqué certaines des attaques les plus sanglantes commises ces dernières années en Afghanistan, faisant des centaines de morts.

    Il a surtout ciblé les musulmans qu'il considère comme hérétiques, en particulier les chiites. L'attentat qu'il a revendiqué contre un mariage chiite à Kaboul en août 2019 avait ainsi par exemple coûté la vie à 91 personnes.

    Même s'il s'agit de deux groupes sunnites radicaux, l'Etat islamique et les talibans sont en concurrence et sont animés par une haine tenace et réciproque.

    Jeudi, des analystes en sécurité relevaient que l'activité de l'ISKP s'était brutalement arrêtée depuis 12 jours, signe possible qu'il prépare une opération d'ampleur, via des tirs de mortier ou des attentats-suicide, véhiculés ou individuels. "Il y a beaucoup de cibles idéales en ce moment" à l'aéroport, a tweeté ExTrac, un groupe privé spécialisé dans le traitement de données sur les groupes jihadistes.

    'Le business de la peur'
    Ces mises en garde n'avaient pas dissuadé, avant l'explosion, nombre d'Afghans de continuer d'assiéger l'aéroport dans l'espoir de prendre place sur un avion vers l'occident.

    "J'attendrai jusqu'à ce que l'aéroport soit fermé", a déclaré à l'AFP un homme qui s'est présenté sous le nom d'Hamid et qui affirme avoir travaillé dans un ministère avant l'arrivée au pouvoir des talibans. "Ils donneront notre emploi à des parents à eux. Comment prendrai-je soin de ma famille?", a-t-il demandé, accompagné de son épouse, son beau-père et deux jeunes enfants. Il a affirmé n'être pas rassuré par les promesses des talibans que la population n'avait rien à craindre d'eux. Mais il a aussi admis ne pas appartenir à la catégorie la plus à risque de représailles, ceux qui ont travaillé pour les forces étrangères en 20 ans de guerre.

    Beaucoup d'Afghans, souvent urbains et éduqués, craignent que les islamistes n'instaurent le même type de régime fondamentaliste et brutal que lorsqu'ils étaient au pouvoir entre 1996 et 2001.

    Les femmes et les minorités ethniques en particulier s'inquiètent pour leur sort. "Nous sommes la génération des femmes éduquées, ils (les talibans) ne le supportent pas, ils ne peuvent pas gouverner avec nous, ils vont nous exterminer", a déploré une jeune femme bloquée à Mazar-e-Sharif (Nord), en quête de contacts à l'étranger pour l'aider à fuir.

    Les talibans s'efforcent de se présenter sous un jour plus modéré, souvent sans convaincre, en tout cas à Kaboul. "C'est le business de la peur. Ils n'ont pas d'armée pour contrôler les gens. Mais la peur contrôle tout le monde", a observé un jeune banquier de la capitale.