Zaïdites - Page 6

  • 25 juin 2014 – Nouvelles de la guerre globale sunnites-chiites

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    Front irakien

    Raffinerie de Baiji
    La  ville de Baiji est finalement tombée entre les mais de l’EIIL dans la nuit du 24 au 25 juin.
    La vidéo ci-dessous montre les partisans de l’EIIL fêtant la victoire :
    https://www.youtube.com/watch?v=qyUdmdrBbJI&feature=player_detailpage&list=UUXlQjCFr2NXJK-wLqsTFU1Q

    Samarra
    Des tribus sunnites, combattant avec l’EIIL, prennent le contrôle d’un carrefour menant à Samarra :
    https://www.youtube.com/watch?v=loaofrYTgnc&feature=player_detailpage
    https://www.youtube.com/watch?v=m6mC9xsna8A&feature=player_detailpage

    Al-Qaïm
    Selon des renseignements américains, des avions de chasse syriens ont bombardé des cibles de l’EIIL en territoire irakien dans le secteur d’al-Qaïm, une ville irakienne située à la frontière avec la Syrie en face de la ville syrienne de Boukamal. On ne sait pas si le gouvernement irakien de Nouri al-Maliki avait demandé ces frappes aériennes à Damas.

    Nouri al-Maliki, le Premier ministre irakien (chiite), exclut la formation d'un gouvernement national d'urgence
    Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a finalement exclu la formation d'un gouvernement national d'urgence pour lutter contre les insurgés au cours d'une allocution télévisée ce mercredi 25 juin 2014.
    "L'appel à la formation d'un gouvernement national d'urgence est un coup contre la Constitution et le processus politique", a expliqué Nouri al-Maliki.
    Le premier ministre irakien entérine par cette décision l’éclatement de l’Irak en trois entités distinctes et indépendantes car aucune institution ne regroupera plus, désormais, les communautés chiite, sunnite et kurde.

    Mort d’Abou Hajer, un commandant de la brigade Abou Fadel al-Abbas
    La brigade Abou Fadel al-Abbas est une milice chiite irakienne engagée en Syrie pour protéger le sanctuaire chiite Sayyidah Zaynab à Damas. Cette milice compte de nombreux combattants originaires d'organisations soutenues par l'Iran (comme les Kataëb du Hezbollah irakien et Asa'ib Ahl al-Haq). Il dispose de personnel en uniforme, d’armes modernes et un commandement autonome. La brigade avait annoncé son retour en Irak  pour contrer l’offensive des Islamistes sunnites. Abou Hajer serait mort lors de combats avec les combattants de l’EIIL :
    https://www.youtube.com/watch?v=9qF8mjulJP0&feature=player_detailpage&list=TLL1yVw7UCl_K3zvccG9cyZZ4PSJeT3pKz

    Les bases aériennes de Balad  et Taji au nord ouest de Bagdad sont menacées
    Le terrain d'aviation était une base clé du dispositif américain quand les troupes américaines étaient dans le pays. Elle a compté jusqu’à 36 000 militaires américains à l’époque de la présence militaire américaine dans le pays.  La base abrite toujours une grande quantité de matériel militaire, y compris des avions et des hélicoptères.
    La Russie avait  commencé à livrer à partir de décembre 2013 des hélicoptères d’attaque Mi-35 et des hélicoptères de transport Mi-8. La base devait recevoir des F-16 américains en Septembre 2014.
    Mais aujourd’hui, la base de Balad est sous le feu de mortier et entouré sur trois côtés par les Islamistes armés de l’EIIL. Le 13 juin, des techniciens américains travaillant sur la base de Balad ont été évacués en toute hâte vers Bagdad.
    L’enjeu de la bataille est énorme car la prise des bases de Balad et Taji représenterait une énorme victoire pour l’EIIL. Les bases abritent un immense arsenal d’équipements militaires. On y compte un millier de camions et de véhicules dont beaucoup sont blindés, 500 à 600 générateurs électriques portables, des hélicoptères Mi-8 de transport, des avions de surveillance, des Humvees et des camions équipés de mitrailleuses lourdes.
    Les Islamistes sunnites se sont déjà emparés d’une immense quantité d’équipements militaires sur les sites déjà conquis dans le nord, y compris même des hélicoptères.

    Des militaires américains sont en place à Bagdad
    Un petit contingent de forces américaines est arrivé à Bagdad. Sa mission sera de recueillir des renseignements pour d’éventuelles frappes aériennes aériennes et établir un centre des opérations à Bagdad. Quarante militaires déjà stationnés à l'ambassade des États-Unis ont commencé leur nouvelle mission de renseignement, et 90 autres viennent d’arriver  à Bagdad à partir de postes au Moyen-Orient, ce qui porte à 130 le nombre de personnes impliquées.
    Les États-Unis ont, selon le Pentagone, commencé à effectuer des vols de surveillance au-dessus de l'Irak avec des avions et des drones à la demande du gouvernement irakien. 30 à 35 vols sont effectués chaque jour actuellement.

    Front syrien

    Boukamal (à la frontière avec l’Irak) : Le Front al-Nosra fait allégeance à l'EIIL
    Les évènements se sont précipités dans la ville syrienne de Boukamal, à la frontière avec l’Irak. La ville irakienne d’al-Qaïm qui lui fait face vient de tomber sous le contrôle des Islamistes de l’EIIL. Mais à Boukamal, les chefs des brigades islamistes locales (soutenues par l’Arabie saoudite) ont décidé d’exclure le Front al-Nosra du tribunal islamique, qui exerce de facto le véritable pouvoir dans cette région comme dans d’autres secteurs rebelles. Du coup, le Front al-Nosra, qui était allié jusqu’ici avec les rebelles islamistes pour lutter contre l’EIIL, ont décidé de changer de camp et de rejoindre l’EIIL.
    Un  membre de l'EIIL a confirmé l'information sur Twitter et posté une photo montrant un commandant égyptien du Front al-Nosra avec un chef tchétchène de l'EIIL.
    Le Front al-Nosra a prêté allégeance à Daech dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 juin 2014. Cette allégeance d’al-Nosra à l’EIIL permet théoriquement aux Islamistes de l’EIIL d’être des deux côtés de la frontière puisqu'ils contrôlent déjà la localité irakienne d'Al-Qaïm en Irak.
    J’ai dit « théoriquement » car le ralliement du Front al-Nosra à l’EIIL a aussitôt créé une vive tension avec les autres groupes rebelles qui contrôlent la ville de Boukamal et ses environs. Des combats avaient déjà opposé l’EIIL à ces groupes rebelles et au Front al-Nosra en avril 2014. Les Islamistes de l’EIIL avaient été chassés de la ville au prix d’une centaine de morts.
    Selon un habitant de Boukamal, "la tension est vive dans la localité et la situation va empirer car cette fusion causera de graves problèmes avec les tribus locales qui refusent ces changements" en raison de leur hostilité à l'EIIL.

    Front yéménite

    Localité d’Amrane
    Les combats se poursuivent entre les miliciens chiites d’Ansarullah et l’armée yéménite dans et autour d’Amrane, au nord de Sanaa. Les combats ont été particulièrement violents dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 juin dans les quartiers nord-ouest de la ville.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)


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  • Nouvelles de la guerre globale entre Sunnites et Chiites – Dimanche 22 juin

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    Sur le front syrien
    L'armée syrienne, appuyée par la milice chiite libanaise du Hezbollah, a lancé ces dernières heures une offensive pour déloger les rebelles installés dans des grottes sur les contreforts de Qalamoun, au nord de Damas.
    L’armée a repris le contrôle de quelques collines surplombant la plaine de Rankous et poursuit des groupes rebelles qui ont essayé de s'infiltrer dans la région à partir du Liban.
    Les insurgés s’étaient retranchés sur les hauteurs et dans des grottes de la chaîne de l'Anti-Liban après avoir été chassés en avril 2014 des localités de la région. Ils avaient repris l’offensive depuis deux semaines contre les positions de l'armée et du Hezbollah, ce qui avait contraint les forces du régime à abandonner quelques positions.

    L"EIIL utilise des Humvees américains en Syrie

    Les jihadistes de l'EIIL ont utilisé des Humvees américains pris sur l'armée irakienne pour capturer deux villages, Ekar et Maalal dans la province d'Alep où de violents combats opposent l'EIIL au Front islamique soutenu par les Saoudiens et le Front al-Nosra, le représentant officiel d'al-Qaïda en Syrie. Il semble que l'EIIL cherche à reprendre la localité d'Azaz qu'elle avait perdue en février 2014.

    L'EIIL capture vingt étudiants kurdes sur une route du Kurdistan syrien

    Les jihadistes ont également capturé vingt étudiants kurdes sur la route Hasakeh-Qamishli, la capitale du Kurdistan syrien. Les Jihadistes de l'EIIL avaient déjà capturé 145 étudiants kurdes à Alep  et 193 civils kurdes dans la localité de Qabasine, également dans la province d'Alep. Les Kurdes syriens sont en guerre depuis des mois avec les jihadistes de l'EIIL.
     
    Sur le front irakien
    Les forces irakiennes se sont retirées de trois villes de l'ouest du pays sous la pression des insurgés sunnites.
    Les unités militaires ont abandonné Al-Qaïm, Rawa et Anah. Al-Qaïm est située sur l’Euphrate et fait face à la ville syrienne de Boukamal. D’après nos informations ce point de passage frontalier est entre les mains du Front al-Nosra et d’habitants d’al-Qaïm et non pas de l’EIIL. Rawa est également située sur l’Euphrate à l’intérieur de la province d’Anbar et Anah est située sur l’Euphrate à la sortie du lac de barrage d’Adithah.
    Ces deux dernières villes ont été occupées par l’EIIL et on a rapporté que 21 responsables locaux y avaient été exécutés, ces deux jours.
    Certaines des victimes ont été tuées par balles dès samedi, lorsque les insurgés de l’EIIL ont pris le contrôle de ces deux villes, tandis que d'autres ont été abattues dimanche.

    Sur le front yéménite
    Les rebelles chiites (Zaïdites) d’Ansarullah sont implantés à l’est de Sanaa, la capitale yéménite. Ils ont un centre (markaz) dans le quartier d’al-Jarraf.
    Samedi 21 juin, des centaines de Yéménites sunnites ont manifesté à Sanaa pour dénoncer l’inaction des autorités face à la poussée des rebelles chiites qui menacent maintenant la capitale.
    Et dimanche 22 juin, comme pour confirmer leurs craintes, les rebelles chiites d’Ansarullah  ont tendu une embuscade à une patrouille de police, blessant dix-sept policiers, dont trois officiers. L’attaque des Chiites était censée répondre à la capture par la police de deux membres d’Ansarullah.
    Dans un communiqué sur son site internet, Ansaruallah a affirmé que son bureau à Sanaa était "visé" par les forces de sécurité dans une tentative de "déclencher une guerre insensée".

    Sur le front libanais
    Les services de renseignements de l'armée libanaise ont arrêté dimanche 22 juin dans la Békaa cinq personnes, dont Omar Satem. Cet individu est sous le coup d'un mandat d'arrêt et l'un des suspects les plus dangereux recherchés par les services de sécurité libanais.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

  • les combats entre Chiites et Sunnites reprennent au Yemen

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    Reprise des combats au Yémen

    Parmi les théâtres d’opération où s’affrontent dans une guerre globale les forces sunnites soutenues par l’Arabie saoudite et les Emirats du Golfe et les forces chiites soutenues par l’Iran, il manquait le Yémen.
    C’est chose faite depuis dimanche 15 juin. Le cessez-le-feu conclu le 4 juin après des combats très meurtriers (voire ma note du 3 juin 2014 : https://jrbelliard.blog.tdg.ch/zaidites/) a volé en éclats.

    Ansarullah, la milice chiite a repris l'offensive
    De violents accrochages opposaient hier l'armée à des rebelles chiites d’Ansar Ullah dans le nord du Yémen autour de Jebel al-Dhine, une zone montagneuse à une cinquantaine de kilomètres au nord de Sanaa. Les rebelles chiites contrôlent la province de Sa’dah dans le nord du pays et cherchent à élargir leur zone d’influence jusqu’à Sanaa, la capitale du pays. Ils ont lancé dimanche une nouvelle offensive au sud de la ville d’Amrane. Les combats opposent les rebelles chiites au 310ème  bataillon blindé soutenu par les combattants de la confédération tribale des Hached (sunnites).

    Un nouveau front de l'affrontement global Sunnites/Chiites
    La reprise des hostilités constitue un nouveau front de l’affrontement global entre Sunnites et Chiites. Il reste Bahreïn qui, pour l’instant, reste calme.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)