Zabiullah Mujahid - Page 2

  • Afghanistan : Les talibans interdisent aux sikhs d'aller en pèlerinage en Inde

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    Les talibans qui ont usurpé le pouvoir en Afghanistan ont interdit à 140 sikhs et hindous locaux de se rendre en Inde pour célébrer le 400e anniversaire de la naissance du gourou Teg Bahadur, a déclaré le chef du gurdwara (temple sikh) de New Delhi, Partap Singh.
    Singh a noté que les Sikhs ont demandé aux autorités indiennes de les aider dans le voyage.
    "Nous avons demandé au gouvernement indien de faciliter leur participation à ces grandes célébrations. Je regrette de noter que la nuit dernière, ces pèlerins respectueux des lois ont été ramenés de l'aéroport par les forces de sécurité talibanes après plus de 15 heures d'attente", a-t-il déclaré à India TV. 

    Auparavant, un porte-parole des talibans * Zabiullah Mujahid avait déclaré que les talibans avaient bloqué la route menant à l'aéroport de Kaboul et n'autoriseraient personne à l'exception des citoyens étrangers à s'y rendre.

    Au cours de la première décennie d'août, les talibans ont intensifié leur offensive contre les forces gouvernementales en Afghanistan. La seule province qui n'est pas sous leur contrôle reste le Panjshir, au nord-est de Kaboul, l'une des plus petites régions du pays en termes de superficie et de population. Le 15 août, les militants pénètrent dans la capitale et prennent le contrôle du palais présidentiel. Dans la nuit du 16 août, un représentant du bureau politique des talibans, Mohammad Naim, a déclaré que la guerre en Afghanistan était terminée et que la forme de gouvernement de l'État deviendrait claire dans un proche avenir.
    Tous les postes frontaliers terrestres en provenance d'Afghanistan sont actuellement contrôlés par les talibans. L'évacuation du personnel étranger et des Afghans travaillant pour des missions étrangères s'effectue par le seul aéroport de Kaboul, détenu par l'armée des États-Unis et d'autres pays de l'OTAN. Les talibans ont déclaré qu'ils n'avaient pas l'intention d'accorder aux Américains une prolongation pour évacuer les citoyens américains après le 31 août.

  • Afghanistan : Derniers évènements sécuritaires

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    Aéroport de Kaboul : un chaos sans fin
    Six jours après l'entrée des talibans dans Kaboul, des dizaines de milliers d'Afghans cherchent toujours désespérément à fuir, via un pont aérien "difficile" dont le président américain Joe Biden a reconnu ne pouvoir garantir "l'issue".

    Routes paralysées par la foule, avions cargos pris d'assaut, enfants lancés par leurs parents par dessus des barbelés: les images du chaos à l'aéroport de Kaboul ne font que renforcer chaque jour le sentiment d'impréparation de l'opération d'évacuation. Ce pont aérien est "l'un des plus importants et difficiles de l'histoire", a reconnu vendredi, dans sa seconde allocution télévisée en quelques jours, M. Biden lors d'un discours à la Maison Blanche.

    "Je ne peux pas promettre ce qu'en sera l'issue finale" ni qu'il n'y aura pas "de risques de pertes" en vies humaines, a déclaré le président, assurant que les alliés de Washington ne remettaient pas en cause la "crédibilité" américaine de mener à bien cette opération. Il a annoncé que 13.000 personnes avaient été évacuées par l'armée américaine depuis le 14 août. Des milliers d'autres ont embarqué à bord d'avions venus notamment des pays européens et de Grande-Bretagne.

    Des Américains évacués par hélicoptères
    Les Etats-Unis à eux seuls prévoient de faire partir 30.000 personnes. Les évacués sont en majorité des citoyens américains que les talibans laissent entrer. Mais de nombreux Afghans, notamment ceux ayant travaillé pour les Etats-Unis et détenteurs d'un visa d'immigration spéciale (SIV) pour eux et leurs proches, ne peuvent pas accéder à l'enceinte sécurisée par plus de 5.000 militaires américains.

    Vendredi, l'armée américaine a dû déployer trois hélicoptères pour aller chercher dans un hôtel de Kaboul 169 Américains n'ayant pu se rendre à l'aéroport. Et ils sont encore très nombreux, coincés entre les postes de contrôle talibans et les barbelés posés par l'armée américaine, dans l'attente désespérée d'un vol.

    Parmi d'innombrables témoignages poignants, une vidéo postée sur les réseaux sociaux montre des Afghans faisant passer un bébé en pleurs par-dessus la foule à l'aéroport et le donnant à un soldat américain. Selon le Pentagone, il a été soigné puis rendu à ses parents.

    Face aux critiques et polémiques qui agitent les Etats-Unis depuis la victoire éclair des talibans, l'armée américaine a pris en mains sa communication vendredi en publiant un florilège de photographies montrant ses militaires prenant soin de bébés et de jeunes enfants afghans à l'aéroport. Et le porte-parole du Pentagone John Kirby de mettre en avant la "compassion" des soldats.

    Les évacuations de civils ont été suspendues plusieurs heures vendredi à cause de l'encombrement des bases américaines dans le Golfe, notamment au Qatar, où se trouvent des milliers de réfugiés.

    Les Etats-Unis ont obtenu le feu vert de Berlin pour que certains évacués soient dirigés vers l'Allemagne, où les Etats-Unis disposent de nombreuses bases militaires, notamment la grande base de Ramstein et son important hôpital militaire.

    Les talibans empêchent des fonctionnaires de reprendre le travail
    Les fonctionnaires ont été empêchés de retourner travailler dans les bâtiments publics par les talibans, alors que la semaine de travail reprend le samedi en Afghanistan, ont indiqué plusieurs d'entre eux à l'AFP.

    "Je suis allé à mon bureau ce matin, mais le taliban qui était à l'entrée m'a dit qu'il n'avait pas reçu l'ordre de rouvrir", a indiqué Hamdullah, un fonctionnaire kabouli. "Ils nous ont dit de regarder à la télé ou d'écouter à la radio l'annonce de la reprise du travail", a-t-il ajouté. "Les talibans ont fermé toutes les routes jusqu'au ministère. Ils n'autorisent personne à entrer dans le bâtiment", a de son côté indiqué un employé du ministère des Affaires étrangères afghan. "L'un d'entre eux m'a dit d'attendre jusqu'à la nomination du nouveau ministre et de ses directeurs." "Ils nous ont renvoyés chez nous", a confirmé un fonctionnaire de la mairie de Kaboul. "Je suis venu avec beaucoup d'espoir mais suis reparti déçu."

    Depuis que les talibans ont pris le pouvoir le 15 août, les bâtiments gouvernementaux, les banques, les bureaux des passeports, les écoles et les universités sont restés largement fermés. Seules quelques entreprises privées de télécommunication ont fonctionné ces derniers jours.

    Les talibans n'ont toujours pas formé de gouvernement après avoir conquis le pays à une vitesse folle et s'être emparés de Kaboul sans opposition.

    Depuis l'effondrement du gouvernement, l'une des principales préoccupations des Afghans est de continuer à percevoir un salaire, ce qui semble impossible sans un maintien de l'activité.

    La plupart des routes de la capitale étaient en grande partie désertes samedi, à l'exception des postes de contrôle des talibans, de leurs patrouilles et des axes menant à l'aéroport encombrés par des milliers d'Afghans cherchant à fuir le pays.

    Chasse aux opposants
    Les talibans tentent de convaincre qu'ils ne cherchent pas à se venger de leurs anciens ennemis, promettant de "nombreuses différences" par rapport à leur précédent règne, entre 1996 et 2001, quand ils avaient imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique qui empêchait les femmes de travailler ou étudier et punissait de sanglants châtiments les voleurs et les meurtriers. Mais selon un rapport d'un groupe d'experts travaillant pour l'ONU, les nouveaux maîtres de l'Afghanistan possèdent des "listes prioritaires" d'Afghans recherchés, les plus menacés étant les gradés de l'armée, de la police et du renseignement.

    Le rapport indique que les talibans effectuent des "visites ciblées" chez les personnes recherchées et leurs familles. Leurs points de contrôle filtrent aussi les Afghans dans les grandes villes et ceux souhaitant accéder à l'aéroport de Kaboul.

    La Fédération internationale des journalistes (FIJ) indique avoir reçu "des centaines de demandes d'aide" de professionnels de l'information afghans, majoritairement des femmes, chez qui règnent "la panique et la peur".

    Les talibans affirment que leurs hommes n'étaient pas autorisés à agir ainsi. "Certaines personnes le font encore, peut-être par ignorance (...) Nous avons honte", a tweeté un de leurs hauts responsables, Nazar Mohammad Mutmaeen.

    Peur sur les réseaux sociaux
    Beaucoup d'habitants de
    Kaboul suppriment leurs comptes de médias sociaux et leurs messages sur les téléphones. Beaucoup craignent que leur empreinte numérique ne fasse d'eux des cibles de représailles des talibans. Les talibans infiltrent les groupes WhatsApp et Facebook et confisquent les téléphones au cours des perquisitions porte-à-porte. (Information Frud Bezhan).

    Peur chez les journalistes
    Zabiullah Mujahid, un porte-parole des talibans affirme qu'un  comité de trois membres va être créé pour aborder les problèmes auxquels sont confrontés les médias à Kaboul. Le comité comprendra un membre de la « Commission culturelle » des talibans, un membre des médias et un membre de la police. (
    Natsecjeff)
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    Avenir des relations internationales
    Les talibans ont dit vouloir établir de "bonnes relations diplomatiques" avec tous les pays, mais prévenu qu'ils ne feraient aucun compromis sur leurs principes religieux. La Chine, la Russie, la Turquie et l'Iran ont émis des signaux d'ouverture, les pays occidentaux restant méfiants.

    Le président russe Vladimir Poutine a appelé vendredi à empêcher "l'effondrement" de l'Afghanistan, critiquant au passage la politique occidentale "irresponsable" visant à "imposer des valeurs étrangères".

    De son côté, le Tadjikistan menace de fermer toutes les ambassades à Douchanbé des pays qui décideraient de soutenir financièrement ou militairement les talibans. Il a demandé l'ONU de ne pas reconnaître le régime taliban comme gouvernement officiel.

    Vers la fin de la résistance au Panjshir ?
    Si on croit Khalil al-Rahman Haqqani, Ahmad Massoud, le fils du légendaire Ahmad Shah Massoud et commandant des forces de résistance du Panjshir, aurait finalement prêté allégeance aux talibans. Vidéo de la déclaration de Khalil Haqqani. Mais Un conseiller de Massoud réfute l'information et affirme que des négociations, facilitées par les anciens des tribus et des proches des talibans, sont toujours en cours pour un "gouvernement global" avec les talibans et qu'aucun accord ou allégeance n'a été conclu.

    La situation pourrait devenir assez tragique à Andarab, dans la province de Baghlan, dans le cas où aucun accord serait conclu entre les talibans et leurs opposants. Au moins 20 talibans ont déjà perdu la vie au cours de récents affrontements et les talibans promettent d'être impitoyables :  "aucune pitié pour les traîtres", ont-ils promis.
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  • Pakistan L'émir des talibans pakistanais renouvelle son allégeance aux talibans afghans

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    Mehsud Nur Wali.jpegNoor Wali Mehsud (photo), l'émir du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), a renouvelé son serment d'allégeance à l'Émirat islamique d'Afghanistan des Taliban. M. Mehsud célèbre également la "victoire historique et bénie" des talibans dans une déclaration d'une page publiée sur les médias sociaux et le site Web du TTP.

    Mehsud décrit la vicoir des talibans face au gouvernement afghan soutenu par les États-Unis comme une "victoire" pour "l'ensemble de l'oumma musulmane" (ou communauté mondiale des musulmans), ajoutant que "l'avenir de l'ensemble de l'oumma islamique en dépend". Il "renouvelle" l'"allégeance" du TTP à l'émirat islamique" d'Afghanistan, promettant que ses hommes "n'épargneront aucun sacrifice pour la stabilité et le développement" de l'émirat restauré.

    Mehsud félicite spécifiquement l'"émir des fidèles" des talibans, Haibatullah Akhundzada, ainsi que ses adjoints, en nommant Sirajuddin Haqqani (émir adjoint de l'émirat islamique), Muhammad Yaqub Sahib (autre adjoint) et le chef du bureau politique, Mullah Baradar.

    L'émir du TTP cite la "grande et exemplaire persévérance" de l'Émirat islamique, affirmant que cela a conduit à une victoire. "En conséquence, pendant vingt ans, loué soit Allah, nous avons vaincu le grand tyran des temps modernes [les États-Unis] et ses esclaves et couronné toute la Oumma islamique et surtout le peuple afghan moudjahid et ghazi", écrit Mehsud.

    Le TTP est étroitement affilié à Al-Qaïda et dispose d'une importante empreinte en Afghanistan. Le groupe mène de fréquentes attaques terroristes au Pakistan.

    Rappelons qu'en début de semaine, le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, avait, à l'occasion de sa première conférence de presse, promis "à tous les pays du monde qu'aucune menace ne sera posée à aucun pays à partir de l'Afghanistan". Les talibans ont longtemps répété cette affirmation, alors même que le TTP et d'autres groupes terroristes internationaux continuent d'utiliser le sol afghan comme sanctuaire pour planifier leurs attaques dans leurs pays d'origine ou d'autres pays.

    Les talibans afghans ont libéré des milliers de prisonniers lorsqu'ils ont envahi le pays, parmi lesquels de nombreux membres du TTP. 

     

  • Afghanistan : Quatre jours après la chute de Kaboul

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    Le regard de la communauté internationale est toujours tourné vers l'Afghanistan, attendant de découvrir les futurs mouvements des talibans. De son côté, Washington a annoncé que ses troupes resteraient dans le pays jusqu'à l'évacuation complète des citoyens américains, tandis que l'ancien président, Ashraf Ghani, a déclaré son soutien aux négociations visant à former un nouveau gouvernement.

    Une situation toujours instable autour de l'aéroport - situation inconnue dans le reste du pays
    Comme le rapporte le quotidien al-Arabiya , quatre jours après la chute de Kaboul, que les talibans ont investi le 15 août, la situation est toujours instable. Alors que de nombreux pays continuent d'évacuer leurs citoyens et personnel diplomatique, le chaos règne toujours dans l'aéroport de la capitale. Ici, le 16 août , des milliers de citoyens se sont rassemblés pour tenter de sortir d'Afghanistan, et, selon l'armée américaine, il y a eu au moins 7 morts dans la confusion, dont certains sont tombés de l'avion auquel ils s'étaient accrochés. Le 19 août, les talibans et les responsables de l'OTAN ont annoncé que 12 personnes ont été tuées dans et autour de l'aéroport depuis que le mouvement islamiste radical a pris le contrôle de la capitale. 
    Coincés entre les postes de contrôle tenus par les talibans et la clôture de barbelés posée par l'armée américaine à l'aéroport, la seule porte de sortie de l'Afghanistan, des centaines de civils afghans attendaient toujours, ce 19 juillet, dans l'espoir de trouver un vol pour fuir le pays. 
    Si les talibans laissent bien les citoyens américains accéder à l'aéroport de Kaboul, il semble qu'ils "empêchent les Afghans qui souhaitent quitter leur pays d'atteindre l'aéroport", où les complexes opérations d'évacuation se poursuivent laborieusement, a déploré Mme Wendy Sherman, le numéro deux du département d'État américain. Les Etats-Unis attendent d'eux qu'"ils permettent à tous les citoyens américains, tous les ressortissants de pays tiers et tous les Afghans de partir s'ils le souhaitent, de façon sûre et sans être harcelés", a-t-elle ajouté. 
    Près des ambassades également, de nombreux Afghans supplient d'être évacués. Beaucoup ont déjà des visas pour un pays étranger, mais ils ne peuvent entrer dans les enceintes diplomatiques.
    "J'ai parlé avec mon ami qui est sur place. Il a une lettre des Espagnols assurant qu'il peut partir avec eux, mais quand il essaie de gagner la porte on le menace de lui tirer dessus", raconte à l'AFP un homme qui a demandé à rester anonyme. "Les Espagnols lui ont dit que s'il parvenait à entrer, tout irait bien pour lui, mais il n'y arrive pas", ajoute-t-il.
    Tous se souviennent encore du précédent régime taliban, entre 1996 et 2001, et de son bilan catastrophique en matière de respect des droits humains, et n'ont aucune confiance dans les multiples assurances données ces derniers jours par ces islamistes.
    Mardi pourtant, un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, avait assuré qu'ils avaient appris de leur premier exercice du pouvoir, avant d'en être chassés en 2001 par une coalition menée par les Etats-Unis, et qu'il y aurait de "nombreuses différences" dans leur manière d'administrer leur pays. Ils avaient alors imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes ne pouvaient ni travailler ni étudier, et voleurs et meurtriers encouraient de terribles châtiments.

    Les troupes américaines resteront jusqu'au départ du dernier ressortissant américain, assure Biden
    Parallèlement, Biden a déclaré le 18 août que les troupes américaines, qui comprennent actuellement quelque 4 500 soldats, resteraient en Afghanistan jusqu'à ce que le dernier de ses citoyens soit évacué, quitte à maintenir une présence militaire dans le pays asiatique au-delà de la date limite du 31 août. Le chef de la Maison Blanche a ensuite précisé que les talibans, pour le moment, n'entravaient pas l'évacuation des citoyens américains, mais des difficultés ont été rencontrées dans la fuite des Afghans qui avaient coopéré avec les Etats-Unis. 5 000 personnes ont encore quitté l'aéroport de Kaboul, mercredi 18 août, mais des hommes armés affiliés aux talibans empêchaient, ce même mercredi 18 août les citoyens afghans d'atteindre l'aéroport.
    En réponse aux déclarations de Joe Biden, les talibans exigent que les États-Unis s'en tiennent à la date de sortie du 11 septembre pour évacuer la totalité de leurs soldats d'Afghanistan,  mais 'nous ne les attaquerons pas', ajoutent-ils.

    Les Etats-Unis bloquent les fonds afghans déposés à l'étranger et arrêtent les aides économiques
    Sur le plan économique, l'administration américaine a fait part de son intention de bloquer l'accès des talibans aux fonds déposés à l'étranger, ainsi qu'aux armes américaines sur le sol afghan. 
    À cet égard, le gouverneur de la banque centrale, Ajmal Ahmadi, a révélé le 18 août que l'Afghanistan disposait de réserves à l'étranger d'environ 9 milliards de dollars, dont près de 7 milliards de dollars en obligations, actifs et or de la Réserve fédérale américaine, tandis que les avoirs en dollars de la Banque centrale afghane sont « proches de zéro » car le pays n'a pas reçu les expéditions en espèces prévues pour la semaine passée. Parallèlement, le Fonds monétaire international annoncé avoir suspendu l'aide directe à l'Afghanistan, dont environ 440 millions de dollars de nouvelles réserves en devises, en raison de l'incertitude sur le statut des dirigeants à Kaboul et d'un manque de clarté au sein de la communauté internationale concernant la reconnaissance d'un nouveau gouvernement.

    Consultations politiques 
    Les talibans, dont le cofondateur et numéro deux, le mollah Abdul Ghani Baradar, est rentré mardi en Afghanistan, ont mené des consultations politiques mercredi à Kaboul avec d'éminentes personnalités afghanes. Ils ont diffusé des images montrant l'ancien président afghan Hamid Karzai avec Anas Haqqani. Celui-ci participait aux négociations avec le gouvernement afghan à Doha, qui n'ont jamais débouché sur une issue quelconque. Mais il est surtout le frère cadet de Sirajuddin Haqqani, le chef du réseau éponyme, qualifié de terroriste par Washington, qui a aussi le statut de numéro deux au sein des talibans.

    Ces derniers ont également rencontré l'ancien vice-président Abdullah Abdullah, selon le groupe de surveillance des sites islamistes SITE. Ces négociations ont été bien accueillies par l'ex-président Ashraf Ghani, qui s'est enfui dimanche pour les Émirats arabes unis. "Je souhaite le succès de ce processus", a-t-il déclaré dans un message vidéo posté sur Facebook, affirmant être "en pourparlers pour retourner en Afghanistan". Mais les Etats-Unis ont estimé que M. Ghani, qui avait succédé en 2014 à Hamid Karzai, n'est "plus une personne qui compte en Afghanistan".

    Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a dit jeudi espérer que ces négociations puisse déboucher sur un "gouvernement représentatif" en Afghanistan. Il a aussi souligné que les talibans ne contrôlaient pas l'intégralité du territoire afghan, une résistance tentant de s'organiser dans la vallée du Panchir, avec l'ancien vice-président Amrullah Saleh et Ahmad Massoud, le fils du commandant Ahmed Shah Massoud, assassiné en 2001 par al-Qaïda. Ce dernier a d'ailleurs appelé Washington à le soutenir en lui fournissant armes et munitions, dans une tribune publiée mercredi par le quotidien Washington Post.

    Ashraf Ghani, le président afghan en fuite, soutient les négociations entre les Talibans et l'ancien président afghan, Hamid Karzai
    Le 18 août également, le désormais ancien président de l'Afghanistan, Ashraf Ghani , arrivé aux Émirats arabes unis avec sa famille, s'est adressé à la nation, pour la première fois depuis la chute de Kaboul, via une diffusion en direct sur Facebook. Le chef de l'Etat, se référant aux critiques de ceux qui se sont opposés à son évasion du pays, a déclaré que ces personnes ne devraient pas parler sans connaître les détails, tout en démentant les informations selon lesquelles il aurait quitté le pays avec une valise pleine d'argent. Dans le même temps, Ashraf Ghani a déclaré qu'il soutenait les négociations en cours pour former un nouvel exécutif. Le 18 août, en effet, les talibans ont rencontré l'ancien président Hamid Karzaï et le haut responsable Abdullah Abdullah.

    L'Union européenne toujours préoccupée par le respect des droits de l'homme en Afghanistan
    Malgré les assurances du groupe islamiste radical, qui a promis un gouvernement différent de celui qu'il a dirigé dans la période 1996-2001, et le respect des droits humains, y compris les femmes, l'Union européenne, les États-Unis et 18 autres pays ont publié une déclaration commune dans laquelle ils se sont dits "profondément préoccupés par le sort des femmes et les filles afghanes", exhortant les talibans à garantir leur sécurité.

    Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) tire la sonnette d'alarme
    Par ailleurs, Mary Ellen McGroarty, cheffe de l'agence des Nations Unies "Programme alimentaire mondial" (PAM) en Afghanistan, a déclaré qu'une "crise humanitaire" est en train de se produire dans le pays, avec 14 millions de personnes souffrant de la faim suite à la prise du pouvoir par les talibans. Le conflit, la deuxième vague de sécheresse la plus aiguë du pays au cours des trois dernières années, et l'impact social et économique de la pandémie de COVID-19 ont amené une situation déjà désastreuse vers une situation de  "catastrophe". Comme le précise McGroarty, plus de 40% des récoltes ont été perdues, tandis que des centaines de milliers de personnes ont été déplacées par la guerre et l'offensive des talibans. Le représentant du PAM a exhorté les donateurs à fournir 200 millions de dollars, nécessaires pour fournir de la nourriture à la population afghane.

    Le départ des troupes américaines à l'origine de la débâcle de l'armée afghane
    Ce qui s'est passé à Kaboul le 15 août est l'aboutissement des tensions qui ont duré des semaines et qui ont permis aux talibans de prendre progressivement le contrôle du pays. En fait, l'offensive massive du groupe islamiste a commencé en avril lorsque le président américain Joe Biden a annoncé que les troupes américaines se retireraient d'Afghanistan après deux décennies de présence sur le terrain. Le retour des soldats américains dans leur patrie avait été convenu par des représentants de Washington et des talibans à l'occasion d'un accord de paix "historique" conclu entre les parties à Doha, au Qatar, le 29 février 2020. L'accord prévoyait également une feuille de route vers la paix en Afghanistan, la fin des relations entre les talibans et al-Qaïda et la fin des offensives contre les grands centres urbains. Cependant, l'accord a été rompu à plusieurs reprises et n'a pas mis fin aux violences, qui se sont intensifiées pendant et après les négociations. 

    Inquiétude devant une possible résurgence du terrorisme islamiste
    Certains analystes s'inquiètent que ce qui se passe en Afghanistan n'inspire les jihadistes du monde entier. De nombreux groupes islamistes, parmi lesquels les branches d'al-Qaïda en Syrie et au Yémen (AQAP) ont félicité les talibans et se sont engagés à poursuivre le jihad.
    "Cette victoire et cette prise de pouvoir nous révèlent que le jihad et le combat représentent le moyen légal et réaliste, sur la base de la charia, de rétablir les droits (et) d'expulser les envahisseurs et les occupants", a déclaré dans un communiqué la branche yéménite d'al-Qaïda.
    Les Etats-Unis considèrent AQPA comme la branche la plus dangereuse du réseau mondial d'al-Qaïda et a ciblé ses combattants au Yémen après les attentats du 11 septembre 2001.
    Lundi 16 août, les combattants d'AQPA ont célébré le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan avec des feux d'artifice et en tirant des coups de feu en l'air dans certaines provinces du Yémen, ont rapporté des habitants à l'AFP.
    Dans leurs récentes négociations avec les Américains, les talibans avaient promis de ne pas protéger les combattants d'al-Qaïda. Les experts estiment toutefois que les deux mouvements conserveront des liens étroits mais plus discrets.
    En Syrie, la branche du groupe djihadiste anti-chinois Turkestan Islamic Party (TIP) a publié une déclaration félicitant les talibans et les Afghans pour l'établissement de « l'émirat islamique » en Afghanistan.
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  • Afghanistan : les talibans s'emparent de Ghazni puis de Herat, la troisième ville du pays

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    Ghazni tombe entre les mains des talibans
    Les talibans ont pris jeudi la ville stratégique de Ghazni, à 150 km au sud-ouest de Kaboul, et se rapprochent dangereusement de la capitale de l'Afghanistan après s'être emparés en quelques jours de l'essentiel de la moitié nord du pays.

    Le gouvernement a reconnu que Ghazni était tombée, mais assuré que des combats y étaient toujours en cours. "L'ennemi a pris le contrôle de Ghazni (...) Il y a des combats et de la résistance (de la part des forces de sécurité)", a affirmé Mirwais Stanikzai, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, dans un message WhatsApp aux médias. M. Stanikzai a ensuite annoncé que le gouverneur de la province avait été arrêté par les forces de sécurité, après qu'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, mais dont l'authenticité n'a pu être immédiatement vérifiée, l'a montré quittant Ghazni avec la bénédiction des talibans.

    Ghazni est la capitale provinciale la plus proche de Kaboul conquise par les insurgés depuis qu'ils ont lancé leur offensive en mai, à la faveur du début du retrait des forces étrangères, qui doit être achevé d'ici la fin août. 

    Mardi soir, les talibans avaient conquis Pul-e-Khumri, capitale de la province de Baghlan, à 200 km au nord de Kaboul. Ils se rapprochent ainsi donc de la capitale à la fois par le nord et par le sud. Ghazni, qui était déjà tombée brièvement en 2018, est la plus importante prise des talibans jusqu'ici avec Kunduz, carrefour stratégique du nord-est, entre Kaboul, à 300 km au sud, et le Tadjikistan.

    Même si les talibans étaient déjà présents depuis longtemps dans les provinces de Wardak et Logar, à quelques dizaines de kilomètres de Kaboul, la chute de Ghazni est un signal très inquiétant pour la capitale. Cette ville est aussi un verrou important sur l'axe majeur reliant Kaboul à Kandahar, la deuxième plus grande ville afghane, au sud. Sa prise permet aux insurgés de couper les lignes de ravitaillement terrestres de l'armée vers le sud, et va encore accentuer la pression sur l'armée de l'Air afghane. 

    Prise de Herat, la troisième ville du pays
    Après Ghazni, les talibans se sont emparés jeudi 12 août 2021, de Hérat, la troisième ville d'Afghanistan, dans l'Ouest du pays, une étape majeure de leur offensive. Vidéo de la prise de Herat. Autre vidéo. Autre vidéo. Vidéo des talibans dans le QG de la police de Herat.

    Les insurgés "ont tout pris", a indiqué à l'AFP un haut responsable des forces de sécurité sur place, précisant que les forces afghanes avaient battu en retraite "pour empêcher plus de dommages dans la ville" et se retiraient vers une base militaire située à Guzara, un district voisin. Les talibans ont hissé leur drapeau au-dessus du siège de la police de Hérat en fin de journée, a rapporté un correspondant de l'AFP, précisant que les rebelles n'avaient rencontré aucune résistance.

    Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans, a indiqué sur Twitter que "l'ennemi a fui... Des dizaines de véhicules militaires, armes et munitions sont tombés dans les mains" des talibans.

    Selon des informations locales, des combats seraient toujours en cours entre des combattants fidèles au chef de guerre Ismail Khan et des talibans dans le district de Gozra, à environ 20 km de la ville d'Herat. Vidéo.

    Hérat, située à 150 km de la frontière iranienne et capitale de la province du même nom, était déjà assiégée, avec de violents combats à ses abords. Les insurgés ont pris le contrôle ces dernières semaines de la quasi-totalité du reste de la province, dont Islam Qala, le poste-frontière avec l'Iran, le plus important d'Afghanistan.

    Kandahar et Lashkar Gah encerclées
    Kandahar, capitale de la province du même nom, et Lashkar Gah, capitale du Helmand voisin, sont assiégées depuis des mois par les talibans, dont ce sont deux fiefs traditionnels. De violents combats les y opposent aux forces de sécurité depuis plusieurs jours.

    Mercredi, les talibans ont annoncé sur Twitter avoir pris la prison de Kandahar, située dans la banlieue, pour en libérer "des centaines de prisonniers". A Lashkar Gah, le quartier général de la police a été fortement endommagé par l'explosion d'un véhicule piégé mercredi soir, contraignant les forces de police à se replier vers les bureaux du gouverneur, pendant que 40 policiers se rendaient aux talibans, a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental sur place.

    Le gouvernement afghan recherche une issue de secours
    Face à la dégradation de la situation militaire, Kaboul a proposé "aux talibans de partager le pouvoir en échange d'un arrêt de la violence dans le pays", a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un négociateur du gouvernement aux pourparlers de paix à Doha.

    Le président afghan, Ashraf Ghani, avait toujours rejeté jusqu'ici les appels à la formation d'un gouvernement intérimaire non élu comprenant les talibans. Mais son revirement risque d'être bien tardif, les insurgés n'ayant montré aucun signe, depuis l'ouverture des négociations de paix en septembre 2020, qu'ils étaient prêts à un compromis. Ils y seront sans doute encore moins enclins après avoir avancé à un rythme effréné ces derniers jours. En une semaine, ils ont pris le contrôle de 10 des 34 capitales provinciales afghanes, dont sept situées dans le nord du pays, une région qui leur avait pourtant toujours résisté par le passé. Ils ont aussi encerclé Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord, où le président Ghani s'est rendu mercredi pour tenter de remobiliser l'armée et les milices favorables au pouvoir.

     

  • Afghanistan : Une sixième province tombe aux mains des talibans

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    Les talibans ont pris le contrôle d'une nouvelle ville dans le nord de l'Afghanistan, et le mouvement islamiste a annoncé qu'Aybak, la capitale de la province de Samangan, était devenue « hors du contrôle de l'ennemi ».

    Samangan est devenue la sixième province afghane à tomber aux mains des talibans, après le départ des forces étrangères du pays. 

    Le porte-parole du mouvement, Zabihullah Mujahid, a déclaré, via son compte Twitter, que la ville d'Aybak, la capitale de la province de Samangan, est devenue "hors du contrôle de l'ennemi", en référence aux forces de sécurité afghanes à l'issue de combats entre talibans et forces de sécurité. Il a également ajouté que selon les dernières informations, les quartiers généraux de la police et du renseignement étaient désormais vides des forces afghanes et sous le contrôle des combattants talibans.

    Les talibans resserrent leur emprise dans le nord, tandis que le régime conserve ses bastions dans le sud
    Depuis plusieurs semaines, les talibans tentent de prendre le contrôle des capitales des provinces méridionales de Kandahar et d'Helmand ainsi que d'Herat, dans l'ouest, mais sans succès jusqu'à ce jour. Par contre, le groupe islamiste a pris le contrôle de nombreuses villes du nord de l'Afghanistan.

    Les forces de sécurité nationales afghanes ont revendiqué des opérations de contre-offensive dans les principales villes alors que les talibans ont pris pied à la périphérie, tandis que les civils fuient les zones.

    Les gens souffrent non seulement des affrontements, mais aussi des frappes aériennes régulières sur des cibles situées à l'intérieur des villes, car les talibans se barricadent dans les quartiers d'habitation pour se protéger. Le 8 août, un membre du conseil provincial de Helmand a déclaré que les attaques aériennes du gouvernement avaient endommagé un dispensaire et un lycée à Lashkar Gah.

    Au moment même où les forces gouvernementales se concentrent principalement sur la protection des grandes villes du sud, les talibans prennent le contrôle des autres capitales provinciales une à une.

    La première capitale provinciale est passée sous le contrôle des talibans le 6 août. Il s'agit de la ville de Zaranj, dans la province de Nimruz à l'ouest de l'Afghanistan, à la frontière avec l'Iran et le Pakistan. La ville est tombée presque sans combat. Les talibans sont entrés dans la ville à bord de véhicules Humvee américains pris aux forces afghanes. On les voit désormais patrouiller dans les rues de Zaranj.

    Le lendemain, la ville de Sheberghan, dans le nord de la province de Jawzhan, est devenue la deuxième capitale provinciale à être prise par les talibans. Selon le vice-gouverneur, les forces gouvernementales et les responsables s'étaient repliés vers l'aéroport à la périphérie de la ville, où ils avaient l'intention de se défendre.

    Le 7 août, les talibans ont lancé une offensive dans la ville de Kunduz, dans le nord-est de l'Afghanistan. Selon des informations locales, les forces de sécurité afghanes se sont retirées dans la zone de l'aéroport, se préparant à une contre-offensive.

    Même le soutien aérien des États-Unis n'a pas réussi à empêcher la perte de la ville. Les B-52 américains bombardent des cibles à Kunduz, déclenchant des incendies majeurs. Au cours de la journée des combats, quelque 50 à 70 civils auraient été tués.

    Le 8 août, la ville de Sar-e-Pol dans le nord de l'Afghanistan est également tombée sous le contrôle des talibans. Les représentants du gouvernement et les forces restantes s'étaient repliés dans les casernes de l'armée à environ 3 km de la ville.

    La ville de Taloqan, la capitale de la province de Takhar a été reprise par les talibans le 8 dimanche août.

    La dernière mais non la moindre sur la liste des conquêtes des talibans est la ville d'Aibak, la capitale de Samangan dans le nord de l'Afghanistan. Elle est tombée aux premières heures du lundi 9 août. Les talibans ont affirmé qu'un commandant et ancien membre du parlement Mohammad Asif Nabi Jan avait rejoint les moudjahidines avec huit hommes armés.

    La capitale provinciale de la province de Balkh, Mazar-e Sharif, et la ville de Gardez, au centre de la province de Paktia, dans le nord de l'Afghanistan, sont susceptibles de tomber prochainement aux mains des talibans, alors que de violents affrontements ont éclaté à la périphérie de ces deux villes.

    En raison de l'avancée rapide des talibans, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont exhorté leurs citoyens à quitter immédiatement l'Afghanistan en utilisant les options de vols commerciaux disponibles. 

    Les Nations Unies ont affirmé que l'Afghanistan s'enfonçait dans une situation de catastrophe si grave qu'elle pourrait n'avoir que peu ou pas d'équivalents au cours de ce siècle.

     

  • Afghanistan : Trois nouvelles capitales provinciales du Nord aux mains des talibans

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    Les talibans ont renforcé dimanche 8 août 2021 leur contrôle sur le nord de l'Afghanistan, en s'emparant de trois capitales provinciales supplémentaires, dont la grande ville de Kunduz, dans une large offensive que l'armée semble incapable d'enrayer.

    A quelques heures d'intervalle, les insurgés ont, après de violents combats, pris possession de Kunduz, qu'ils encerclaient depuis quelques semaines. Ils ont ensuite pris Sar-e-Pul, puis Taleqan en fin de journée, les capitales des provinces situées au sud et à l'est de Kunduz. Ils contrôlent maintenant cinq des 34 capitales provinciales afghanes.

    Les affrontements ont débuté dans la matinée et les talibans ont fini par prendre la ville "sans beaucoup de combats" alors que les responsables et forces sécuritaires ont fui la ville. "Les talibans sont partout dans la ville avec leurs drapeaux blancs sur des pickups et Humvees. Certains tirent en l'air pour célébrer (leur victoire)" a raconté un habitant. "Nous avons peur et nous n'osons pas encore sortir de nos maisons".

    Un responsable sécuritaire a confirmé la fuite des forces afghanes et responsables locaux vers un district voisin. "Le gouvernement a échoué à nous envoyer de l'aide et nous nous sommes retirés de la ville cet après-midi", a-t-il indiqué.

    Zabihullah Mujahid, un porte-parole taliban, a confirmé la prise de Taleqan assurant que "la sécurité y a été restaurée" ainsi que celle de Kunduz et Sar-e-pul, tombées dans la matinée. "Les talibans ont pris le contrôle de tous les bâtiments clefs de la ville", a affirmé un correspondant de l'AFP à Kunduz.

    La ville d'environ 300.000 habitants, déjà tombée deux fois ces dernières années aux mains des insurgés, en 2015 et 2016, est un carrefour stratégique du nord de l'Afghanistan, entre Kaboul et le Tadjikistan. La prise de Kunduz constitue le principal succès militaire des talibans depuis le début de leur offensive en mai 2021, lancée à la faveur du retrait des forces internationales, qui doit être complètement achevé d'ici le 31 août.

    Après s'être emparés de vastes territoires ruraux, ils concentrent leurs efforts depuis le début août sur les centres urbains, encerclant plusieurs capitales provinciales. "C'est le chaos total", a affirmé Abdul Aziz, un résident du centre de Kunduz, joint au téléphone par l'AFP.

    Toujours des combats à Kunduz
    Fin juin, les talibans avaient conquis le poste-frontière de Shir Khan Bandar à Kunduz, frontalier du Tadjikistan, un axe névralgique pour les relations économiques avec l'Asie centrale.
    Des sources locales ont rapporté que la prison, les QG de la police et du renseignement (NDS) étaient tombés aux mains des talibans tandis que les forces pro-gouvernementales restantes se seraient retirées à l'aéroport de Kunduz. Vidéo des talibans à Kunduz.
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    Le ministère de la Défense a affirmé de son côté que les troupes gouvernementales tentaient de reprendre des zones clés de Kunduz. "Les forces commandos ont lancé une opération de nettoyage. Certains endroits, dont la radio nationale et les bâtiments de la télévision, ont été dégagés", a-t-il affirmé. "La capture de Kunduz est vraiment importante car elle va libérer un grand nombre de combattants talibans qui pourront ensuite être mobilisés en d'autres endroits du Nord", a souligné pour l'AFP Ibraheem Thurial Bahiss, consultant de l'International Crisis Group (ICG). Les affrontements sont également en cours entre les forces spéciales afghanes et les talibans dans des villages stratégiques autour de la ville de Kunduz. Vidéo.
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    Selon le Corps des opérations spéciales (CGRI), les commandos ont repris aux talibans le carrefour du général Abdul Raziq et le siège de la télévision nationale dans le centre de Kunduz.
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    Après Kunduz, Sar-e-Pul est aussi tombée aux mains des talibans. Ceux-ci s'étaient déjà emparés samedi de Sheberghan, plus au nord, fief du célèbre chef de guerre Abdul Rashid Dostum.

    Parwina Azimi, une activiste des droits humains, a affirmé à l'AFP par téléphone que les responsables administratifs et le reste des forces armées s'étaient retirés vers des baraquements à environ trois kilomètres de Sar-e-Pul. Mirwais Stanikzai, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a quant à lui indiqué que des renforts, dont des forces spéciales, avaient été envoyés à Sar-e-Pul et Sheberghan. "Les villes que les talibans veulent prendre seront bientôt leurs cimetières", a-t-il ajouté.

    Le ministère afghan de la Défense a déclaré que des avions de chasse américains B-52 ont attaqué des positions talibanes à Sheberghan, la capitale de la province de Jawzhan (carte ci-dessous). Fouad Aman, porte-parole adjoint du ministère, a écrit sur Twitter que l'attaque a eu lieu à 18h30, samedi 7 août, et  fait de lourdes pertes parmi les talibans.
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    De leur côté, les talibans ont affirmé que le chef du conseil provincial de Jawzhan les avait rejoints.
    Zabihullah Mujahid, porte-parole des talibans, a écrit sur Twitter que Babar Ishchi et 20 de ses hommes avaient rejoint les talibans
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    Province de Herat
    Les talibans du district de Karkh, dans la province d'Herat, ont rassemblé aujourd'hui un certain nombre de veuves sous prétexte d'aide alimentaire, puis ont demandé un mollah du groupe et les ont mariées de force à leurs combattants

    Province de Samangan
    Au moins sept insurgés talibans ont été tués et cinq autres blessés lors d'une opération conjointe de la police nationale afghane, des forces de sécurité nationales afghanes et du soulèvement national afghan dans le district de Hazrat Sultan de la province de Samangan.
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    Rapidité de l'avancée des talibans
    L'incapacité de Kaboul à tenir le nord du pays pourrait s'avérer cruciale pour les chances de survie du gouvernement. Le nord de l'Afghanistan a toujours été considéré comme une place forte anti-talibans, où la résistance à leur encontre avait été la plus forte lors de leur accession au pouvoir dans les années 1990.

    Les talibans ont dirigé le pays entre 1996 et 2001, en imposant leur version ultra-rigoriste de la loi islamique, avant d'être chassés par une coalition internationale menée par les États-Unis. Vendredi, les insurgés s'étaient aussi emparés de la ville de Zaranj, capitale de la province de Nimruz (sud), à la frontière avec l'Iran.

    Kandahar (sud) et Hérat (ouest), deuxième et troisième villes du pays, sont aussi soumises à leurs assauts depuis plusieurs jours, tout comme Lashkar Gah (sud), capitale de la province du Helmand, un des bastions des insurgés. La rapidité de l'avancée talibane a pris par surprise les forces de sécurité afghanes, malgré l'aide reçue de l'armée de l'air américaine.

    Les États-Unis ont intensifié leurs frappes aériennes, a reconnu le commandant Nicole Ferrara, porte-parole du Commandement central de l'armée américaine, qui a déclaré samedi à l'AFP : "Les forces américaines ont procédé ces derniers jours à plusieurs frappes aériennes pour défendre nos partenaires afghans". Les combats et bombardements ont poussé des centaines de milliers d'Afghans à fuir leurs maisons.

    Samedi, douze passagers d'un bus ont été tués dans l'explosion d'une mine placée en bord de route alors qu'ils tentaient de fuir la ville de Gardez, dans la province de Paktia (sud-est). "J'ai perdu ma mère, mon père, mes deux frères, mes deux belles-soeurs et d'autres membres de la famille", a raconté Noor Jan.