Yazidis - Page 4

  • Cellules dormantes de l'Etat Islamique au Kurdistan - 18 septembre 2015

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    Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 11 septembre 2015
    Jean René Belliard, auteur de "Beyrouth, l'enfer des espions", publie une newsletter quotidienne accessible aux abonnés uniquement. Elle donne chaque jour un résumé des principaux évènements qui se déroulent au Moyen Orient et en Afrique du nord, rédigé à partir des informations réunies sur place par une quinzaine de correspondants. Ci-dessous, un extrait de la newsletter du 18 septembre 2015
    Pour vous abonner, demander des informations à
    ptolemee@belliard74.com

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  • 26 mai 2015 : Nouvelles des conflits du Moyen Orient et d’Afrique du Nord

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    Front irakien

    Ramadi
    Les forces irakiennes ont lancé mardi 26 mai une opération dans les régions désertiques au nord-est de Ramadi visant à isoler les jihadistes de l’Etat islamique (EI) et à préparer l'offensive pour tenter de reprendre la ville.
    Mais les éléments engagés dans la bataille et le nom donné à l’opération risquent de ne pas plaire au Pentagone. En effet, l'opération a été baptisée "A tes ordres Hussein" du nom de l'un des imams les plus vénérés par la communauté musulmane chiite. C’est ce qu’a dévoilé Al-Assadi, un porte-parole des Unités de mobilisation populaires, force paramilitaire à majorité chiite qui aide l'armée irakienne dans sa guerre contre les jihadistes. Il est donc évident que ce seront les Chiites qui vont supporter le gros de la bataille dans cette région sunnite.
    Ramadi, la capitale de la province sunnite d'al-Anbar, avait été conquise le 17 mai 2015 par les Jihadistes de l’EI après une retraite chaotique des forces de sécurité.
    L'objectif de la nouvelle offensive des forces irakiennes et des milices chiites est de libérer les régions entre les provinces de Salaheddine et d'Al-Anbar et d'essayer d'isoler cette dernière.
    La localité d’al-Khalidiya, située à l’est de Ramadi, avait été occupée par les Jihadistes de l’EI, le lendemain de l’évacuation de Ramadi par l’armée irakienne. Depuis, l’armée s’est réorganisée et tente de reprendre le terrain perdu. Un journaliste, Omar Abdel-Razek, se trouve aux côtés d’une colonne de l’armée stoppée par les tirs dans le secteur d’al-Khalidiya.
    Vidéo (langue anglaise)
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=1freNHPjD9E

    Shingal (Nord Irak)
    Violents combats à Shingal entre Kurdes et Yazidis d’un côté et Jihadistes de l’EI de l’autre. Shingal est située au nord de l’Irak :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=805667e9c5a7

    Les Yazidis
    Rappelons que les Yazidis forment une ancienne communauté religieuse rattachée aux Kurdes. Ils font l'objet d'une persécution impitoyable de la part des Jihadistes de l’EI. Leur population comptait moins d'un demi-million de personnes, dont les deux tiers vivaient dans la région de Mossoul, dans le nord de l'Irak. Le tiers restant est disséminé dans les pays avoisinants, notamment en Syrie, Arménie et Turquie.
    Bien qu'influencée au cours des siècles par le christianisme et l'islam, la religion yazidie a d'anciennes racines païennes qui remontent au moins à la fin de l'âge du bronze. Il est intéressant de noter que leurs croyances comportent de nombreuses similitudes avec l'hindouisme – ils croient par exemple en la réincarnation, font leurs prières face au soleil au lever du jour et au coucher du soleil, et leur société est organisée en un système de castes. Ils vénèrent également Malek Taous, l'ange-paon, un oiseau présent dans le sous-continent indien, mais pas dans les terres yazidies.
    Si les origines des yazidis sont incertaines, des éléments génétiques et culturels laissent à penser qu'ils seraient les descendants de tribus indiennes ayant migré vers l'Ouest au cours du IIe millénaire avant Jésus-Christ. Il existe de nombreuses preuves de liens entre l'Inde et le Moyen-Orient durant l'âge du bronze. Par exemple, le zoroastrisme, la religion de l'ancienne Perse – auquel ont été apparentées les croyances religieuses yazidies – a des racines communes avec l'hindouisme primitif.
    Au cours des siècles, tant les chrétiens que les musulmans ont traité les yazidis « d'adorateurs du diable » et les ont soumis à une persécution incessante, en particulier sous l'Empire ottoman aux XVIIIe et XIXe siècles, durant lesquels une série de massacres ont pratiquement conduit à l'extinction des yazidis.
    Sous le régime de Saddam Hussein, les yazidis n'ont pas fait l'objet de persécutions religieuses, mais ont été soumis à des pressions pour arabiser leur culture. Depuis lors, la situation n'a fait que s'aggraver. En avril 2007, des hommes armés ont tiré 23 hommes yazidis d'un bus avant de les exécuter. Quatre mois plus tard, un attentat coordonné de camions-suicide faisait plus de 300 morts, dont des femmes et des enfants.
    Les yazidis sont aujourd'hui confrontés à la pire crise de leur histoire. L'EI a donné aux chrétiens de Mossoul le choix entre se convertir, payer la jizia (une taxe spéciale que la charia impose aux non-musulmans) et l'exil. Les yazidis n'ont pas eu ce choix et sont systématiquement abattus comme « adorateurs du diable ».
    Le fief de la communauté yazidie, autour de Mossoul, est aujourd'hui contrôlé par l'EI. La petite ville de Sinjar, la seule au monde qui comptait une majorité yazidie, est tombée aux mains des jihadistes dans les premiers jours du mois d'août 2014, lors d'une offensive à laquelle n'ont pu résister les combattants kurdes. Les Yazidis qui n’avaient pas réussi à fuir ont été victimes de massacres à grande échelle.

    Toujours à Shingal :
    Les Kurdes détruisent un camion de ravitaillement de l’Etat Islamique avec un IED (Improvised Explosive Device) sur une route près de Shingal  - une technique largement utilisée par les Jihadistes – mais cette fois-ci, ce sont leurs adversaires qui utilisent contre eux un engin explosif :
    Vidéo :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=a9ea37e38825

    Frontière turque
    Les forces kurdes de l’YPG ont pris la localité de Mabroukah, dans le canton de Cizire. C’est une autre victoire kurde sur les Jihadistes. Elle a été obtenue avec l'aide de la coalition internationale.
    Vidéo des combats :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Y6okQwu_QKE

    LiveLeak-dot-com-159_1432661058-CF7fsILUIAAJspHpnglarge_1432661168.png

     

     

     

     

     

     

     

     

    Front libyen

    Benghazi
    Un an après le lancement d'une opération visant à chasser de Benghazi les milices islamistes, les combats ont tué plus de 1.700 personnes et entraîné la fuite de milliers d'autres, selon l'ONG Libya Body Count. La ville est aujourd’hui divisée. L'offensive anti-islamiste baptisée "Opération dignité", a été lancée à la mi-mai 2014 par les forces du général Khalifa Haftar, loyales au gouvernement reconnu par la communauté internationale. Ses forces contrôlent aujourd'hui l'essentiel de la ville mais des poches urbaines, notamment dans le centre et le sud, leur échappent toujours.
    Human Rights Watch a rapporté mardi 26 mai que les habitants étaient pris au piège dans le centre-ville de Benghazi, les milices n'autorisant pas leur départ alors que plusieurs quartiers sont en proie depuis des mois à des violences meurtrières.
    "Des familles libyennes et des civils étrangers sont pris au piège dans le centre-ville de Benghazi, qui est le théâtre de violents combats, notamment les quartiers d'El-Blad, Sidi Khreibish et El-Sabri", souligne l'ONG basée à New York. Elle précise que "les militants qui contrôlent ces zones n'autorisaient pas les civils à partir" tandis que l'armée n'autorisait plus les départs si ce n'est via des passages sécurisés en coordination avec le Croissant-Rouge libyen.
     HRW fait état de l'échec de plusieurs tentatives d'évacuation depuis novembre 2014. "Depuis cette date, toutes les tentatives du Croissant-Rouge libyen de faciliter l'évacuation de civils ont échoué (...) soit parce que les militants s'y opposaient, soit parce que les forces fidèles à l'armée refusaient de donner leur feu vert, arguant que cela mettrait en danger la vie des civils", souligne l'ONG.

    Front syrien

    Palmyre
    Des Jihadistes de l’EI tournent une vidéo dans la ville antique – La question est : Que vont-ils en faire ? 
    Vidéo
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=a22244c5f849

    Front yéménite

    Dhaleh
    Les forces fidèles au président yéménite en exil, Abd Rabbo Mansour Hadi, appuyées par les Comités de la Résistance populaire (partisans de Hadi) ont repris aux rebelles chiites Houthis la ville de Dhaleh (sud), le mardi 26 mai.
    La ville avait été conquise par les Chiites houthis en mars 2015 au prix de sanglants affrontements avec des tribus sunnites et les partisans du président Hadi.
    "L'ensemble de la ville de Dhaleh est désormais sous le contrôle des Comités de la résistance populaire", a déclaré Saleh al-Mansoub, un chef local du collectif de groupes sudistes.
    "Toutes les bases militaires et les sites stratégiques sont entre les mains des Comités de la résistance populaire", a confirmé Ali al-Assmar, un autre chef du collectif. Les combattants sudistes pro-Hadi se sont emparés de camps de la 33e brigade blindée qui s'était ralliée à la rébellion.
    Entretemps, la coalition a mené des raids aériens sur des positions au Mont Sabr, dans la province de Taëz (sud-ouest) et dans celle de Hajja (nord-ouest).
    A Aden (sud), des combats opposaient rebelles et combattants pro-Hadi notamment dans la banlieue nord de cette grande ville portuaire.

    Jihadisme international

    Autriche
    La justice autrichienne a condamné à deux ans de prison, dont huit mois ferme, un adolescent de 14 ans accusé d'avoir voulu faire exploser une bombe dans une gare de Vienne à l'automne pour le compte de l’Etat islamique (EI). Il a avoué après son arrestation avoir voulu ensuite rejoindre la Syrie.
    L'adolescent, comparaissant, mardi 26 mai, devant le tribunal de Sankt-Pölten, près de la capitale autrichienne, avait reconnu les faits. Il a déjà purgé cinq mois en détention préventive. En raison du jeune âge de l'accusé, la peine maximale encourue était plafonnée à 5 ans de prison ferme.

    France
    La famille de Kevin Chassin, l’un des deux kamikazes « français »  à s’être fait sauter à la frontière irako-syrienne, a reçu samedi 23 mai un appel téléphonique étrange. Son demi-frère Brice a été appelé par un Jihadiste de l'Etat islamique. Il lui a déclaré que Kevin, alias Abou Mariam, était bien l'un des deux kamikazes français qui avaient mené des attaques suicides contre des cibles militaires irakiennes dans la province d'Anbar. Cette information a été révélée par le journal "La Dépêche du Midi".
    Le jeune frère de Kevin a reçu dans le même temps une photo de son frère Kevin souriant, l'indexe pointant vers le ciel. La photo aurait été prise juste avant qu’il ne monte dans un camion. Peu de temps après, le jeune homme précipitait le véhicule chargé de deux tonnes d'explosifs contre la base militaire irakienne. Le jihadiste qui a appelé le frère de Kevin aurait déclaré que celui-ci avait enregistré une vidéo dans laquelle il présentait ses excuses à ses parents.
    Le frère de Kevin vit au nord de Toulouse, près de la ville Bourbaki où Kevin a grandi. Deux mois plus tôt, il avait appris que son frère aîné avait quitté la Syrie pour l'Irak. "Il a dit qu'il avait un projet en cours mais qu’il était inutile de lui poser des questions. Il répondait toujours:. « Je ne peux pas vous dire à ce sujet,".
    Selon les informations fournies par Brice,  Kevin aurait obtenu 10 jours de vacances dans un palais de Mossoul. Un voyage qui apparait aujourd'hui comme son dernier voyage.
    «Je n’ai jamais eu la chance de tuer quelqu'un », avait-il regretté.
    Kevin était monté en grade au sein de l’EI. Il aurait eu  60 combattants sous ses ordres. C’est lui qui appelait les familles des Français tués au combat. Il s’occupait également de recrutement, notamment à travers les réseaux sociaux comme Twitter. Il a gardé un contact régulier avec Brice à qui il a parlé de son «travail». Un jour, il lui avait dit ne jamais avoir eu la chance "d'assassiner quelqu'un." Au cours des conversations avec son frère, Kevin a dit qu’il n’avait aucune intention de revenir en France. Cela lui coûterait au moins quinze ans de prison, avait-il dit.
    Les Occidentaux fraichement convertis à l’Islam sont une aubaine pour l’Etat Islamique. Souvent en état de déracinement pour une raison ou une autre et soumis à un intense lavage de cerveau, il est facile de leur faire faire « le sale boulot ».

    Coalition internationale

    Grande Bretagne – Russie
    La Grande-Bretagne et la Russie ont annoncé leur intention de coopérer étroitement pour résoudre la crise syrienne. Le Premier ministre David Cameron et Vladimir Poutine ont convenu d'une réunion entre les conseillers des services de sécurité des deux pays.

    Jean René Belliard

  • 21 décembre 2014 - Guerre mondiale contre le jihadisme

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    Faits marquants du jour

    Deux voitures piégées dans la ville suédoise de Malmö, samedi 20 décembre. Un nouvel acte de nature vraisemblablement terroriste en France en deux jours. L'Etat Islamique, qui a subi une série de revers en Irak depuis quelques semaines , est-il en train de déplacer le conflit en Europe pour rendre impopulaire la participation des pays européens à la coalition internationale en Irak et en Syrie ?

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  • 18 décembre 2014 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Aujourd'hui, c'est la Tunisie qui s'inquiète après les menaces proférées par les membres tunisiens de l'Etat Islamique. Il faut savoir que les Tunisiens représentent l'un des groupes les plus nombreux de l'Etat Islamique. Les Jihadistes, qui ont revendiqué l'assassinat de deux figures de l'opposition laïque, ont dit qu'ils allaient procéder à de nouveaux assassinats.

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  • 17 décembre 201 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Faits marquants
    Le fait marquant de ces dernières heures est la participation des forces spéciales américaines à des combats au sol à l’ouest de la province sunnite d’al-Anbar. Les forces U.S., qui se trouvaient sur une base militaire irakienne à proximité immédiate des frontières syrienne et jordanienne, ont du faire le coup de feu pour repousser un assaut de l’Etat Islamique.

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  • 11 décembre 2014 -Nouvelles des guerres au Moyen Orient

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    Des combats sur tous les fronts sans qu'aucun des adversaires ne remporte des victoires déterminantes. Pourtant plusieurs des batailles en cours peuvent faire évoluer le sort des armes dans un sens ou un autre.

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  • 26 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient et d’Afrique du Nord

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    L’Etat islamique

    L’Etat islamique persécute les minorités religieuses
    A Mossoul, les Jihadistes ont détruit à l’explosif le monastère de la Victoire qui abritait des religieuses. Les Jihadistes avaient pris l’habitude de se servir du monastère comme résidence et comme base pour leurs véhicules.
    Vidéo :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2f410359355e
    Les persécutions contre les Chrétiens d’Irak ne leur laissent pas d’autre choix que de prendre, eux aussi, les armes contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Il en est de même pour les Yazidis et les Turkmènes irakiens. Tous ont demandé aux Peshmergas de se joindre à la lutte.
    Vidéo en langue anglaise :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bf33cdcbafc4
    Les Chrétiens du Nord de la Syrie ont également décidé de former leur propre milice comme l’affirme le site Weltspiegel (vidéo en allemand)
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=tTOgZ5vD4Pk
    Les Jihadistes détruisent aussi les bâtiments religieux de la communauté chiite.
    Vidéo (en langue arab) de la destruction d’autres sanctuaires religieux dans la province de Salah ed-Dine :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bffb313973c4

    Un Ismaélien décapité pour apostasie en Syrie
    L’Etat Islamique (Daech) a annoncé mardi 25 novembre 2014 avoir décapité en Syrie un membre de la minorité ismaélienne, un courant de l'islam proche des musulmans chiites. ll était accusé d'apostasie".
    "Hier (lundi 24 novembre), la police islamique dans la province de Homs (centre de la Syrie) a appliqué la sentence pour apostasie contre un ismaélien", a annoncé le groupe salafiste dans un communiqué, indiquant que l'exécution avait eu lieu "devant un groupe de musulmans".
    "C'est ce qui attend tous les apostats", proclamait une pancarte manuscrite placée sur le corps de la victime.
    La communauté ismaélienne compte environ 200.000 personnes en Syrie, la plupart vivant à Salamiyeh, une ville de la province de Hama (centre).
    Aux yeux de Daech, tous les musulmans qui n'adhèrent pas à son interprétation de l'islam sont des apostats.

    Le Front al-Nosra exécute aussi pour blasphème
    L’Etat Islamique n’est pas le seul à exécuter des gens pour blasphème ou apostasie. Le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda, a exécuté mercredi 26 novembre, à Erbine, une localité située à l'est de Damas, un dénommé Mohammad al-Mir. Il était accusé "d'avoir insulté le prophète (Mahomet) et sa famille".
    On avait jusqu’ici tendance à considérer le Front Al-Nosra comme moins radical que l'Etat Islamique.

    Afrique du Nord
    L’Etat islamique s’étend en Afrique du Nord. Le dirigeant de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, a récemment vanté dans un enregistrement audio l'expansion du « califat » annonçant avoir accepté les serments d'allégeance émis par des jihadistes de Libye, d'Égypte, du Yémen, d'Arabie saoudite et d'Algérie. Après Jund al-Khilafa en Algérie et Ansar Beit al-Maqdess en Égypte, l’Etat Islamique est maintenant implanté dans la ville libyenne de Derna.

    Derna (Libye) est une place forte islamique
    Derna est une place forte islamiste qui fait peu de cas de la « démocratie à l’occidentale » que rêvaient d’imposer les Occidentaux en aidant au renversement de Mouammar Kadhafi. Cette ville portuaire de 150.000 habitants située dans l’est libyen est depuis longtemps un haut lieu du jihad international. Ce que les Islamistes de Derna réclament, c’est l’application de la Charia…et une part des revenus pétroliers. On estime leurs effectifs à plusieurs centaines de miliciens rompus à la lutte armée. Derna a été la plus grande pourvoyeuse d’hommes pour les guérillas afghane, irakienne et syrienne.
    L'idéologie de l'État Islamique (EI) ne pouvait qu’attirer des sympathisants dans les milieux radicaux en Libye. C’est pourquoi ce n’est pas une surprise d’apprendre que la ville de Derna, s’est transformée en «émirat islamique ».
    En avril 2014, une branche d'Ansar ach-Charia avait annoncé qu'elle allait instaurer la justice selon la loi islamique à Derna. Se faisant appeler « Majless Choura (Conseil consultatif) des jeunes de l'islam à Derna », elle y a instauré des tribunaux islamiques et une police religieuse.

    Lutte entre partisans d’al-Qaïda et partisans de l’Etat Islamique ?
    Il se pourrait qu’on assiste en Libye, comme cela est déjà le cas au Yémen à une lutte sourde entre les chefs traditionnels du Jihad, membres d’al-Qaïda et les partisans de l’Etat Islamique, ce qui ne manquerait pas de rajouter de la confusion à un pays qui n’en a pas besoin. Rappelons que le pays est en proie au chaos où deux Parlements et deux gouvernements se disputent le pouvoir sur fond de violences meurtrières. Pour l’instant, on a encore du mal à savoir quel est le poids de ceux qui se réfèrent à al-Qaïda et ceux qui ont fait allégeance à l’Etat Islamique. .
    Jeffrey Rathke, le porte-parole du département d'État américain s’est déclaré inquiet face aux «informations selon lesquelles des factions extrémistes violentes (en Libye) ont prêté allégeance à l'EI et cherché à s'associer à lui ».

    La vallée de Pankisi (Georgie)
    Les gorges de Pankisi sont situés en Géorgie. Les six villages de cette vallée sont peuplés de Kistes, des descendants de Tchétchènes ayant émigré en Géorgie.
    L’Orient-le-jour du 26 novembre 2014 rappelle que la vallée de Pankissi est apparue dans les médias géorgiens dès le début de la première guerre de Tchétchénie (1994-1996). Elle était devenue à l’époque le refuge des indépendantistes tchétchènes et plus de 10 000 civils s’y étaient réfugiés. Avec l'aide des États-Unis, le gouvernement pro-occidental géorgien de l'ancien président Mikheïl Saakachvili avait réussi en 2004 à chasser hors de son territoire les séparatistes, qui y organisaient encore des attaques contre l'armée russe.
    Mais leur présence prolongée a influencé la population, dont les traditions religieuses soufies ont été remplacées par des pratiques salafistes, une branche rigoriste de l'islam. « Le salafisme est désormais la forme dominante de l'islam en Pankissi », explique le journaliste Soulkhan Bordzikachvili, qui vit dans un des villages des gorges, Jokolo. Le salafisme menace, raconte un habitant de la vallée, « l'existence même de l'identité culturelle des Kistes ». Un autre témoigne : « La jeunesse kiste est majoritairement salafiste, les jeunes ne se considèrent plus désormais comme Kistes ou Géorgiens mais uniquement comme des musulmans. »
    Pour Khaso Khangochvili, membre du conseil des aînés de Pankissi, « c'est la pauvreté et le chômage qui font partir les jeunes Kistes de Pankissi. Ils cherchent du travail en Turquie et certains finissent à combattre en Syrie », à seulement une journée de voiture de la Géorgie.
    C’est d’ailleurs une raison économique que donne Temour Batirachvili, le père d’Omar al-Chichani (le Tchétchène en arabe), le célèbre jihadiste à la barbe rousse, l’un des chefs des Tchétchènes qui luttent dans les rangs de l’Etat Islamique en Syrie. Il explique : « Quand Tarkhan (Omar al-Chichani) a guéri (de sa tuberculose), il était prêt à rejoindre à nouveau l'armée (géorgienne). Ils lui ont promis un travail, mais ils n'ont jamais tenu leur promesse », il continue, « si mon fils avait eu ne serait-ce qu'un peu d'espoir de vivre une vie meilleure en Géorgie, il ne serait jamais parti ».
     

    Turquie

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé mercredi 26 novembre 2014, "l'impertinence" des Etats-Unis dans la crise syrienne. La visite de Joe Biden, le vice-président américain, n’a donc pas contribué à aplanir les divergences entre les deux alliés sur le dossiersyrien.
    "Je veux que vous sachiez que nous sommes contre l'impertinence et les demandes sans fin", a déclaré M. Erdogan en référence aux requêtes adressées par Washington à la Turquie dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
    Malgré les pressions exercées par les Etats-Unis, le gouvernement islamo-conservateur turc, proche des Frères musulmans, refuse toujours d'intervenir militairement au profit des forces kurdes qui défendent la ville syrienne de Kobané assiégée par les jihadistes, à la frontière turque.
    Ankara oppose également une fin de non-recevoir à la demande américaine d'ouvrir sa base d'Incirlik aux avions qui bombardent les positions de l'EI en Irak et en Syrie.
    La Turquie juge ces raids inefficaces et plaide pour que le départ du président syrien Bachar al-Assad soit la priorité de la stratégie de la coalition dans la région.
    "Ils (les Américains) sont restés simples spectateurs lorsque le tyran (le président syrien) a massacré 300.000 personnes. Ils sont restés silencieux face à la barbarie d'Assad et maintenant ils jouent sur la mauvaise conscience (de l'opinion internationale) autour du sort de Kobané", a regretté M. Erdogan.
    "Nous ne résoudrons pas nos problèmes avec l'aide d'un « esprit supérieur » mais avec celle de notre propre peuple", a conclu le président turc.
    Lundi 24 novembre, M. Erdogan avait déjà accusé les Américains d’avoir une politique destinée uniquement à protéger leurs intérêts pétroliers dans la région.

    Front irakien

    Kirkouk
    Vidéo tournée par les Peshmergas sur la ligne de front dans la région de Kirkouk :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=ed2baf5e6106

    Front syrien

    Alep
    Vidéo de la brigade Noureddne al-Zanki montrant une attaque kamikaze contre une position de l’AAS à Alep :
    https://www.youtube.com/watch?v=ElbzzXfJqV4&feature=player_detailpage&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng

    Damas et sa banlieue
    Une vidéo (langue russe) montre la destruction d’une position rebelle dans la localité de Zamalka, voisine de Jobar (Exceptionnel) :
    https://www.youtube.com/watch?v=2LhAIIsV1xk&feature=player_detailpage&list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8IeNA

    Raqqa
    Le bilan des bombardements de la ville de Raqqa par l’aviation syrienne, le mardi 25 novembre, s’est encore alourdi. On parle maintenant de 95 morts, dont une majorité de civils. En représailles, l’Etat Islamique menacerait d’exécuter des soldats de l’AAS détenus prisonniers.

    Vidéo de la brigade rebelle Souqour esh-Sham (les faucons de Syrie)
    Cette brigade est armée par le Qatar et la Turquie. Elle fait partie du Front Islamique armé et financé par l’Arabie saoudite et les pays du Golfe :
    https://www.youtube.com/watch?v=2LhAIIsV1xk&feature=player_detailpage&list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8IeNA

    Coalition internationale

    Des effets négatifs des raids de la coalition internationale en Syrie
    Les raids menés par la coalition internationale ont pour résultat de pousser de plus en plus d’Irakiens et de Syriens dans les bras de l’Etat Islamique. Le mouvement est particulièrement net en Syrie où plusieurs formations rebelles ont tout simplement rejoint l’EI (Daech) tandis que d’autres ont noué des alliances tactiques ou convenu une trêve avec l’organisation salafiste. C'est notamment le cas dans la région d’Edleb. Les brigades en question sont Jeich al-Mujahidin, la brigade al-Sham, la brigade Ahrar ash-Sham, et même le Front al-Nosra. Plus de mille combattants du Front al-Nosra auraient rejoint l’Etat Islamique en une seule semaine au mois d’août 2014, affirme Ali Sa’eed, un porte-parole du Commandement Révolutionnaire de l’Armée Syrienne Libre.
    « L’Etat Islamique est un aimant qui attire un grand nombre de Musulmans » a déclaré au Guardian Abou Talha, le chef de la brigade Ansar al-Haq qui combat dans la Ghouta orientale. Lui et 200 de ses hommes ont rejoint l’EI. Il serait actuellement en négociations avec des combattants d’autres unités rebelles, comme le Front al-Nosra pour qu’ils rejoignent, eux aussi, l’Etat Islamique.
    Un autre combattant de l’ASL dans la région de Homs a affirmé au journal britannique qu’il était hors de question pour lui de se battre contre l’EI à présent que l’aviation américaine bombardait l’organisation islamiste. Il affirme que 600 combattants de la brigade al-Ribat, de la province de Homs, auraient fait avec lui allégeance à l’EI. La brigade al-Ribat avait pourtant reçu une promesse de la part de la brigade Hazm, soutenue par les Etats-Unis, de recevoir des armes sophistiquées si la brigade acceptait de rejoindre la lutte contre l’Etat Islamique.
    Tous les gens en Syrie, affirme Abou Zeid, un commandant de l’ASL, basé dans la région d’Edleb, se demandent pourquoi l’aviation US bombarde des cibles de l’EI et n’est jamais intervenue contre les mitrailleuses et les canons de l’Armée Arabe Syrienne.
    « Les Américains ne nous ont jamais donné d’armes pour combattre l’armée de Bachar el-Assad, ajoute Abou Talha. Les armes arrivent seulement maintenant pour combattre l’EI ».
    Abou Talha affirme que de nombreux commandants de brigades rebelles ont en secret confirmé leur allégeance à l’EI.

    Jean René Belliard