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  • Afghanistan : Derniers développements

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    Les talibans annoncent une "amnistie générale" pour tous les fonctionnaires d'Etat
    Les talibans ont annoncé, mardi 17 août 2021, une amnistie générale pour tous les fonctionnaires d'État, les appelant à retourner au travail, deux jours après avoir pris le pouvoir en Afghanistan, grâce à une offensive éclair.

    "Une amnistie générale a été déclarée pour tous (...), donc vous devriez reprendre vos habitudes de vie en pleine confiance", ont indiqué les talibans dans un communiqué.

    Biden ne regrette rien
    Joe Biden a défendu, lundi 16 août, sa décision de retirer les troupes américaines d'Afghanistan, malgré les scènes de détresse à l'aéroport de Kaboul, où des milliers de personnes tentaient de fuir le pays désormais contrôlé par les talibans.

    "Je suis profondément attristé par la situation, mais je ne regrette pas" la décision de retirer les forces américaines d'Afghanistan, où elles étaient entrées 20 ans plus tôt pour chasser les talibans du pouvoir, a déclaré M. Biden dans une adresse à la nation très attendue. Il était resté muet tout au long d'un weekend qui a vu le mouvement islamiste radical entrer à Kaboul, après une fulgurante offensive qui en à peine dix jours lui a permis de prendre le contrôle de quasiment tout le pays et investir le palais présidentiel, déserté par le président Ashraf Ghani, en fuite à l'étranger. Cible de vives critiques, aux États-Unis comme à l'étranger, Biden a répété que la mission de Washington n'avait jamais été de bâtir une nation démocratique dans un pays instable, mais "d'empêcher une attaque terroriste sur le sol américain".

    Les États-Unis étaient intervenus en Afghanistan en 2001 en raison du refus des talibans de livrer le chef d'al-Qaïda, Oussama Ben Laden, dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001. "Les forces américaines ne peuvent pas, et ne devraient pas, mener une guerre et mourir d'une guerre que les forces afghanes n'ont pas la volonté de combattre pour eux-mêmes", a continué M. Biden, concédant toutefois que l'effondrement du gouvernement afghan avait été plus rapide "que nous ne l'avions prévu."

    Réactions plus mitigées du côté des alliés
    Le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, a dénoncé un "échec de la communauté internationale", et la chancelière allemande, Angela Merkel, a conclu que tout "n'a pas été réalisé comme nous l'avions prévu".

    Le président français, a estimé que l'Afghanistan ne devait "pas redevenir le sanctuaire du terrorisme qu'il a été". Il a ajouté que l'action de la France "visera d'abord à continuer de lutter activement contre le terrorisme islamiste sous toutes ces formes". "Des groupes terroristes sont présents en Afghanistan et chercheront à tirer profit de la déstabilisation", a mis en garde le président français, en appelant à "une réponse (internationale) responsable et unie", et "une action politique et diplomatique". "C'est un enjeu pour la paix et la stabilité internationale, contre un ennemi commun, le terrorisme et ceux qui le soutiennent ; à cet égard, nous ferons tout pour que la Russie, les Etats-Unis et l'Europe puissent efficacement coopérer, car nos intérêts sont les mêmes", a-t-il ajouté.

    Une conséquence qui devrait être logique pour tous les pays européens : la fin de l'OTAN et une défense européenne digne de ce nom, n'en déplaise aux Allemands
    Enfin, ajoutons que les alliés de l'OTAN se sentent mal à l'aise et appellent maintenant à repenser l'alliance après la sortie "unilatérale" de l'Afghanistan de Biden. Espérons que les désillusions engendreront une refonte de la politique de défense européenne !

    Talibans et al-Qaïda intimement liés
    Un avertissement du président français un peu hors sol car il est clair qu'al-Qaïda et les talibans sont intimement liés. "Ce qui se passe en Afghanistan est une victoire claire et retentissante pour al-Qaïda", a affirmé Colin Clarke, directeur de recherche du Soufan Center, pour qui al-Qaïda va en profiter pour attirer des recrues et créer une nouvelle dynamique.
    Un rapport des Nations unies de l'été 2020 souligne qu'Ayman al-Zawahiri, chef d'al_Qaida, a personnellement négocié auprès des dirigeants taliban des assurances que ceux-ci continueraient de protéger al_Qaida, en cas d'accord avec les Etats-Unis.

    600 soldats de l'armée afghane participent à la protection de l'aéroport de Kaboul
    Nous avons appris aujourd'hui que pas moins de 600 soldats afghans aident les États-Unis à maintenir la sécurité à l'aéroport de Kaboul. Que leur arrive-t-il lorsque la mission se terminera le 31 août ? Le Pentagone dit qu'ils pourront demander des visas.

    Kaboul est calme hormis la zone de l'aéroport
    La vie a repris mardi à Kaboul sous le nouveau régime taliban qui appelait à retourner au travail, même si les habitants apeurés restaient sur leurs gardes.

    Les talibans ont multiplié les gestes d'apaisement à l'égard de la population depuis qu'ils sont entrés à Kaboul. Ils ont appelé chacun à reprendre ses "habitudes de vie en pleine confiance". Des magasins ont rouvert, le trafic automobile a repris et des policiers faisaient la circulation, les talibans tenant des postes de contrôle. Un responsable taliban a accordé une interview à une journaliste d'une chaîne d'informations, tandis qu'une école de filles a rouvert à Hérat (ouest).

    Des signes montraient que la vie ne serait plus celle d'hier. Les hommes ont troqué leurs vêtements occidentaux pour le shalwar kameez, l'ample habit traditionnel afghan, et la télévision d'État diffuse désormais essentiellement des programmes islamiques.
    Les écoles et universités de la capitale restent fermées, et peu de femmes osaient se risquer dehors, même si quelques-unes se sont brièvement rassemblées devant l'entrée de la "zone verte" pour demander le droit de retourner y travailler. Des talibans ont tenté en vain de les disperser avant qu'elles se laissent convaincre par des civils de partir.

    Pour nombre d'Afghans, la confiance sera dure à gagner. Du temps où ils étaient au pouvoir (1996-2001), les talibans avaient imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes ne pouvaient ni travailler ni étudier, et voleurs et meurtriers encouraient de terribles châtiments.

    "Les gens ont peur de l'inconnu", confie un commerçant de Kaboul. "Les talibans patrouillent la ville en petits convois. Ils n'importunent personne, mais bien sûr les gens ont peur". Malgré les assurances des talibans, certaines informations semblaient suggérer qu'ils continuaient à rechercher des responsables gouvernementaux, un témoin racontant que des islamistes étaient entrés dans la maison d'un de ces officiels pour l'emmener de force.

    Premières instructions pour les femmes : Voile obligatoire mais pas la burqa, annonce un porte-parole des talibans
    Le port de la burqa, un voile intégral, ne sera pas obligatoire pour les femmes car "'il existe différents types de voile", a annoncé mardi un porte-parole des talibans qui ont pris le pouvoir en Afghanistan.

    Lorsque les talibans dirigeaient ce pays, entre 1996 et 2001, les écoles de filles étaient fermées, les femmes ne pouvaient ni voyager ni travailler, et étaient obligées de porter en public une burqa, un voile qui recouvre tout le corps et le visage, avec une grille en tissu au niveau des yeux.

    "La burqa n'est pas le seul hijab (voile) qui peut être porté. Il  existe différents types de hijab qui ne se limitent pas à la burqa", a déclaré Suhail Shaheen, porte-parole du bureau politique du groupe à Doha, à la chaîne britannique Sky News. Il n'a toutefois pas précisé quels sont les autres types de hijab qui seraient jugés acceptables par les talibans.

    Suhail Shaheen a également donné les premiers éléments de la politique des talibans concernant l'éducation des filles.
    "Elles peuvent recevoir une éducation du primaire à l'université. Nous avons annoncé cette politique lors de conférences internationales, à la conférence de Moscou et ici à la conférence de Doha (sur l'Afghanistan)", a expliqué M. Shaheen. "Des milliers d'écoles dans les zones contrôlées par les talibans sont toujours ouvertes", a-t-il précisé.

    Sous le précédent règne de ce mouvement radical, les femmes ne pouvaient quitter leur domicile qu'accompagnées d'un "mahram", un chaperon masculin de leur famille. Les flagellations et les exécutions, y compris les lapidations pour adultère, étaient pratiquées sur les places des villes et dans les stades.

    "Ne croyez pas les talibans !", avertit une jeune Afghane 
    « Ne croyez pas les mensonges des talibans. J'ai 23 ans. Les talibans marient de force des femmes comme moi à leurs combattants. Le porte-parole des talibans a un compte sur Twitter. Pour quelle raison? Pour répandre leurs mensonges dans le monde. Vidéo.

    Mauvais signe : Les talibans entravent le départ des Afghans à l'aéroport de Kaboul, accuse Berlin
    Les talibans de retour au pouvoir entravent l'accès à l'aéroport de Kaboul aux candidats afghans au départ, a déploré mardi le gouvernement allemand.

    "Autour de l'aéroport de Kaboul, des postes de sécurité ont été mis en place par les talibans pour en contrôler l'accès", indique le ministère allemand de la Défense dans un rapport dont l'AFP a obtenu copie. "En bouclant l'aéroport, les talibans permettent aux forces internationales d'établir un trafic aérien ordonné pour évacuer leurs ressortissants. Dans le même temps cependant, la fermeture de l'aéroport rend difficile l'évacuation des ressortissants afghans", précise le ministère de la Défense.

    "Nous collaborons avec les Etats-Unis en particulier, mais aussi avec d'autres états partenaires, pour faire en sorte que les forces locales puissent également se rendre à l'aéroport", a de son côté déclaré le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas. "Pour elles, la situation est beaucoup plus dangereuse, car il n'y a aucune garantie qu'elles seront autorisées à passer aux points de contrôle talibans", a-t-il prévenu lors d'une conférence de presse. "Certains parviennent tout de même à se rendre à l'aéroport, mais nous voulons nous assurer que l'itinéraire des forces locales entre la ville et l'aéroport est aussi sûr que possible", a précisé le ministre. Plus tôt dans la journée, Angela Merkel avait fait valoir que la question des prochains jours serait "surtout de savoir combien de personnes pourraient atteindre l'aéroport de Kaboul".

    Berlin estime à environ 2.500 les employés locaux, avec leurs familles, qui ont travaillé avec les troupes allemandes ou à l'ambassade, et qui doivent être évacués du pays. A ce nombre s'ajoutent selon Berlin environ 2.000 militants des droits de l'homme ou membres d'organisations non gouvernementales eux aussi candidats au départ. Avec leurs familles, le nombre atteindrait 10.000 personnes. Mais les opérations d'évacuation restent chaotiques à ce stade. Un avion militaire allemand a ainsi quitté Kaboul avec seulement sept ressortissants afghans à son bord. Un second avion allemand pu décoller mardi de Kaboul avec cette fois 125 personnes, dont des Afghans, selon M. Maas. "La Bundeswehr (armée allemande) sécurise l'accès pour nous et nous travaillons dur pour faire en sorte que davantage de personnes de Kaboul puissent être mises en sécurité dans le courant de la journée", a-t-il promis.

    22 avions et 24 hélicoptères de l'armée de l'air afghane ont fui vers l'Ouzbékistan
    Les 14 et 15 août, 22 avions militaires et 24 hélicoptères militaires de l'armée de l'air afghane sont entrés dans l'espace aérien de l'Ouzbékistan. 585 soldats afghans ont également franchi la frontière en deux jours.

    Les chiffres ont été rapportés par le bureau du procureur général sur Telegram, mais le message a ensuite été supprimé, selon les médias.

    Le 15 août, trois avions militaires afghans Embraer 314 ont demandé à atterrir sur l'aéroport de Khanabad en Ouzbékistan. Par ailleurs, un avion afghan et un MiG-29 de l'armée de l'air ouzbèke sont entrés en collision et se sont écrasés dans le district de Sherabad de la région de Surkhandarya, selon le même message dans Telegram. L'accident s'est produit alors que le MiG-29 interceptait l'avion miltaire afghan. Les pilotes de ces avions se seraient éjectés et atterris en parachute.

    Aucune vidéo n'a encore été publiée pour prouver les informations.

    Un autre incident a eu lieu au-dessus de l'Ouzbékistan dans la même soirée. Un avion de l'Afghan Air Force s'est écrasé après être entré dans l'espace aérien du pays à la frontière avec l'Afghanistan. Le ministère de la Défense de l'Ouzbékistan a rapporté que l'avion avait été intercepté par les forces de défense aérienne qui ont stoppé une tentative de l'avion de violer la frontière. Cela s'est passé dans le même district de Sherabad. À la suite de l'incident, deux membres de l'équipage afghan se sont éjectés et ont été transportés à l'hôpital, l'un d'eux est dans un état grave. 

    Plus tard, le 16 août, une vidéo d'un atterrissage d'urgence d'un hélicoptère afghan UH-60 a été diffusée sur les réseaux sociaux. L'hélicoptère avec à son bord une dizaine de soldats afghans a atterri dans un champ de coton en Ouzbékistan. .

    158 autres citoyens afghans, des militaires et des civils, ont récemment traversé le fleuve Amou-Daria dans le district frontalier de Termez.

    De nombreux équipements militaires ont été abandonnés au poste frontière. Une vidéo montre le pont du fleuve Amou-Daria encombré de véhicules militaires de l'armée afghane.

    L'Ouzbékistan n'est pas la seule destination des réfugiés afghans. Ces derniers mois, tous les pays voisins ont été confrontés à une augmentation du nombre d'Afghans qui franchissaient les frontières, légalement et illégalement.

    Deux avions avec du personnel militaire afghan ont récemment atterri au Tadjikistan. Les avions ont été autorisés à atterrir à l'aéroport de la ville de Bokhtar après avoir envoyé des signaux SOS. Selon les rapports, plus de 100 soldats afghans étaient à bord.

     

  • Afghanistan : Derniers évènements sécuritaires (mise à jour au fur et à mesure des évènements)

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    Les talibans prennent Mazar-i-Sharif, grande ville du nord.
    Les talibans se sont emparés, samedi soir 14 août, de Mazar-i-Sharif, dernière grande ville du nord de l'Afghanistan encore contrôlée par le gouvernement, accroissant encore leur emprise sur le pays.

    Les talibans "paradent sur leurs véhicules et leurs motos, tirant en l'air pour célébrer" la prise de la ville, a raconté samedi soir à l'AFP un habitant de Mazar-i-Sharif, Atiqullah Ghayor, qui vit près de la célèbre mosquée bleue. Il a précisé que les talibans étaient entrés "sans vraiment rencontrer de résistance" dans la quatrième ville la plus peuplée du pays (500.000 habitants), après le retrait des forces afghanes. D'autres habitants ont fait des récits similaires et les talibans ont revendiqué la prise de la ville, capitale de la province de Balkh et carrefour commercial, dont les faubourgs étaient encore le théâtre d'intenses combats samedi matin. "Les combattants (talibans) se sont emparés de Mazar-i-Sharif. Tous les bâtiments officiels (...) sont sous leur contrôle", ont affirmé les talibans dans un communiqué.

    Le maréchal Abdul Rashid Dostom, ancien vice-président afghan, et Atta Mohammad Noor, ex-gouverneur de Balkh, qui avaient pris la tête de forces locales de résistance aux talibans à Mazar-i-Sharif, ont trouvé refuge en Ouzbékistan voisin, selon un proche du second, précisant que leurs forces s'étaient elles retirées à une soixantaine de km de la ville.

    Le célèbre seigneur de guerre Qaisari a été capturé par les talibans à Mazar-i-Sharif.
    On ignore quel sera son sort. Qaisari est accusé de graves violations des droits humains non seulement par les talibans, mais aussi par des organisations locales et internationales. Vidéo.

    La ville de Khost également tombée aux mains des talibans
    Le porte-parole des talibans  a officiellement revendiqué la capture de la ville de Khost.
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    Plus tôt, le président afghan Ashraf Ghani avait promis de poursuivre le combat contre les insurgés qui continuent à se rapprocher de la capitale Kaboul, presque encerclée et où les habitants ne cachent pas leur angoisse de l'avenir.
    "La re-mobilisation de nos forces de sécurité et de défense est notre priorité numéro un et d'importantes mesures sont prises à cet effet", avait assuré à la mi-journée, le président Ghani dans une adresse télévisée. Il n'a fait aucune allusion à une possible démission, réclamée par certains, mais a précisé avoir entamé des "consultations" au sein du gouvernement, avec des responsables politiques et les partenaires internationaux, pour trouver "une solution politique dans laquelle la paix et la stabilité" seront préservées.
    "Ces consultations avancent rapidement et nous ferons part de leur résultat à nos compatriotes très vite", a-t-il ajouté. Dans la soirée, le palais présidentiel a précisé qu'"une délégation sera prochainement constituée par le gouvernement et prête à négocier".

    6 provinces tombées aux mains des talibans en une seule journée, samedi 14 août 2021 :
    1: Paktika
    2: Paktia
    3: Kunar
    4: Faryab
    5: Balkh
    6: Laghman 
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    "Inquiet pour l'avenir"
    La situation militaire est critique pour le pouvoir en place. En à peine plus d'une semaine, les talibans ont pris le contrôle de presque tout le nord, l'ouest et le sud de l'Afghanistan et sont arrivés aux portes de Kaboul. Ils ne sont plus qu'à 50 km de la capitale et ne montrent aucun signe de vouloir ralentir leur marche. Samedi, ils avaient déjà pris la province de Kunar, dans l'Est, et pourraient bientôt approcher de Kaboul par le nord, le sud et l'est.

    E8fulV8WYAA-YyM.jpegLe général Saadat nouveau promu responsable de la sécurité pour Kaboul
    Le général Seyed Sami Saadat (photo ci-contre) nommé responsable de la sécurité publique dans la ville et la province de Kaboul.
    La présidence afghane a tweeté hier soir que le général Saadat avait été nommé par le président Ashraf Ghani.
    Le général Saadat était à la tête de l'armée afghane lors des récentes batailles de Kandahar et de Laskargah, qui sont toutes deux tombées en 24 heures.
    Le poste était devenu vacant car le général Hebatullah Alizai, ancien commandant du 209e corps Shaheen et récemment nommé à la tête de l'armée afghane, s'était rendu aux talibans samedi 14 août dans la province de Balkh. Il semble qu'il ait conspiré avec les talibans et abandonné les lignes de défense, ordonnant à ses troupes de se rendre.

    Jalalabad
    Les talibans viennent d'annoncer (dimanche matin 15 août) leur arrivée à Jalalabad, la capitale de la province de Nangarhar. La ville est tombée sans aucune résistance selon des sources locales. Vidéo des talibans à Jalalabad. Autre vidéo. Ci-dessous, photo prise ce dimanche 15 août). 
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    La peur s'empare de Kaboul
    Au sein des habitants de Kaboul et les dizaines de milliers de personnes qui ont fui leur foyer ces dernières semaines pour se réfugier dans la capitale, la peur prédomine. "Je pleure jour et nuit quand je vois que les talibans forcent des jeunes filles à épouser leurs combattants", a confié à l'AFP Muzhda, 35 ans, une femme célibataire arrivée avec ses deux soeurs, de la province de Parwan, un peu plus au nord. "J'ai refusé des propositions de mariage par le passé (...) Si les talibans viennent et me forcent à les épouser, je me suiciderai", prévient-elle.
    Dawood Hotak, 28 ans, un commerçant de Kaboul, est aussi "inquiet pour l'avenir" de ses jeunes soeurs et ne sait pas "ce qui va leur arriver". 

    Les rues de la capitale étaient normalement animées samedi, mais de longues queues étaient observées à la sortie des banques, et certains hommes ont indiqué à l'AFP avoir commencé à se laisser pousser la barbe, en prévision d'une arrivée prochaine des talibans.
    Beaucoup d'Afghans - les femmes en particulier -, habitués à la liberté acquises ces 20 dernières années, craignent un retour au pouvoir des talibans.

    Lorsqu'ils dirigeaient le pays, entre 1996 et 2001, avant d'être chassés il y a 20 ans par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, les talibans avaient imposé leur version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes avaient interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler, et les filles d'aller à l'école. Les femmes accusées de crimes comme l'adultère étaient fouettées et lapidées.

    Dans le même ordre d'idées, le réseau des églises en Afghanistan rapporte que ses dirigeants ont reçu samedi soir 14 août des lettres des talibans les avertissant qu'ils savent où ils se trouvent et ce qu'ils font. Il semble que les talibans aient l'intention de mettre fin à la liberté religieuse dans le pays. 

    Kaboul : Dernières nouvelles : Violents combats dans un quartier de la capitale afghane
    De violents affrontements ont été signalés, dimanche 15 août, dans le district de Paghman à Kaboul et autour de la périphérie de la ville de Kaboul. Des sources pro-talibanes prétendant que les moudjahidines ont capturé plusieurs positions des forces de sécurité à Paghman. Selon des sources locales, les talibans auraient lancé l'assaut final sur Kaboul. Nous attendons d'autres rapports sur la situation.
    forward_2.gifLe ministère afghan de l'intérieur vient de confirmer que les talibans ont commencé à entrer à Kaboul de toutes parts. Vidéo de l'entrée des talibans à Kaboul ce dimanche 15 août.
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    Des négociations sont en cours à Kaboul entre les talibans, le gouvernement afghan et les États-Unis. Le gouvernement afghan, la démission d'Ashraf Ghani et la mise en place d'un gouvernement de transition ont été proposés aux talibans. On ne sait pas si ceux-ci accepteront la proposition. Le résultat des négociations déterminera ce qui va se passer à Kaboul dans les prochaines heures.
    forward_2.gifLe président Ghani va céder le pouvoir à Ali Ahmad Jalali dans les prochaines heures. Jalali est l'une des figures de proue de la résistance contre les Soviétiques. Jalali formera le gouvernement de transition avec le représentant des talibans, le mollah Biradar.
    Mollah Baradar (photo ci-dessous), le chef des talibans, est arrivé à Kaboul avec Jalali pour former le gouvernement intérimaire.
    Un responsable afghan a déclaré que les troupes avaient livré la base aérienne de Bagram aux talibans. La base abrite une prison abritant 5 000 détenus. 
    forward_2.gifLe président Ghani a quitté l'Afghanistan, selon l'ancien vice-président Abdullah Abdullah
    Le président afghan, Ashraf Ghani, a quitté l'Afghanistan, où les talibans sont sur le point de prendre le pouvoir, a annoncé dimanche l'ancien vice-président Abdullah Abdullah. "L'ancien président afghane a quitté la nation", a déclaré M. Abdullah, qui est aussi le chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale, dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.
    Ashraf Ghani a d'abord gagné Douchanbé, au Tadjikistan avant de se réfugier à Oman.
    On a appris que le ministre de la défense, Bismillah Mohammadi, avait également pris la fuite et s'était réfugié aux Emirats Arabes Unis.
    forward_2.gifAux dernières nouvelles, les talibans sont entrés dans le Palais présidentiel et affirment à présent qu'il n'y aura pas de gouvernement de transition. Ils ont pris le pouvoir. Les talibans devraient bientôt déclarer l'Émirat islamique d'Afghanistan depuis le palais présidentiel. C'était le nom du pays sous le gouvernement taliban renversé par les forces dirigées par les États-Unis en 2001. 
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    Humayoon Humayoon, l'ancien vice-président et ancien allié d'Ashraf Ghani, a déclaré qu'il avait été nommé chef de la police de Kaboul par les talibans pour l'émirat islamique d'Afghanistan. On assiste à un vaste changement de bord de nombreux responsables politiques et sécuritaires, sans doute préparé de longue date et à l'insu des services américains. Vidéo.

    Pendant ce temps, les talibans continuent d'investir Kaboul :
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    Instruction des talibans aux étrangers
    Les étrangers à Kaboul pourront partir s'ils le souhaitent ou enregistrer leur présence dans les prochains jours auprès des fonctionnaires talibans qui seront établis prochainement.

    Marines américains
    Un ballet d'hélicoptères a survolé samedi Kaboul, entre l'aéroport et le l'ambassade américaine, gigantesque complexe situé dans la "zone verte" ultrafortifiée, au centre de la capitale. Un premier contingent de Marines est arrivé pour sécuriser les évacuations du personnel diplomatique, ainsi que d'Afghans ayant travaillé pour les Etats-Unis et craignant des représailles des talibans. Les Etats-Unis entendent évacuer des "milliers de personnes par jour" et pour cela le Pentagone va déployer avant la fin du week-end 3.000 soldats à l'aéroport de Kaboul, a précisé vendredi son porte-parole, John Kirby. L'ambassade américaine a ordonné à son personnel de détruire les documents sensibles et symboles américains qui pourraient être utilisés par les talibans "à des fins de propagande". Cliquer sur la photo ci-dessous pour voir la vidéo d'al-Jazeera :

    Londres évacue son ambassadeur dès dimanche 15 août
    Londres a parallèlement annoncé le redéploiement de 600 militaires pour aider les ressortissants britanniques à partir.
    Plusieurs pays - Pays-Bas, Finlande, Suède, Italie et Espagne - ont annoncé vendredi réduire au strict minimum leur présence, ainsi que des programmes de rapatriement de leurs employés afghans. L'Allemagne va aussi réduire son personnel diplomatique "au minimum absolu". D'autres, dont la Norvège et le Danemark, ont fermé provisoirement leur ambassade.
    Aux dernières nouvelles, la Grande Bretagne a décidé d'évacuer son ambassadeur par avion dès dimanche soir car on craint que les Talibans s'emparent de façon imminente de Kabul et de l'aéroport qui reste le seul moyen de s'échapper.
    L'ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Afghanistan (@NicolasK111) a déclaré de son côté qu'il "baissait la tête de honte" en suivant les évènements d'Afghanistan.

    Chaos à l'aéroport de Kaboul
    Tous les vols commerciaux suspendus depuis l'aéroport de Kaboul et seuls les avions militaires sont autorisés à opérer, a déclaré un responsable de l'OTAN.
    La France va déployer un A400M pour évacuer ses ressortissants encore présents à Kaboul. Il partira lundi 16 août à 8h00 d'Orléans en direction de la base militaire française d'Abu Dhabi d'où plusieurs rotations sont programmées avec Kaboul afin d'exfiltrer environ 200 ressortissants.

    L'administration Biden toujours satisfaite de sa décision de retrait
    Les talibans ont lancé leur offensive en mai, quand le président américain Joe Biden a confirmé le retrait des dernières troupes étrangères du pays, censé être achevé d'ici le 31 août. Joe Biden a depuis affirmé ne pas regretter sa décision, même si la rapidité avec laquelle l'armée afghane s'est désintégrée a surpris et déçu les Américains, qui ont dépensé plus de 1.000 milliards de dollars pour la former et l'équiper.
    forward_2.gifVendredi 13 août, l'administration Biden affirmait encore que Kaboul ne faisait pas face à une "menace imminente" et que la prise du pouvoir par les talibans n'était pas à leurs yeux une issue inéluctable.

    L'armée de l'air américaine intervient contre des positions talibanes
    Une source de sécurité afghane affirme qu'environ 35 militants talibans ont été tués lors de frappes aériennes par les forces américaines dans 3 provinces afghanes.

    La Turquie évacue ses missions militaires et diplomatiques
    La Turquie évacue ses missions militaires et diplomatiques en Afghanistan. Il reste le contingent turc chargé de sécuriser l'aéroport de Kaboul. Les talibans ont exigé de la Turquie qu'elle retire également ses troupes avant la fin août et menace : "pas un ne sortira vivant" si Ankara ne les retire pas."

    forward_2.gifL'immense arsenal d'armes modernes capturé par les talibans : un grave problème pour l'avenir
    Les talibans se sont emparés d'un immense arsenal mis à disposition de l'armée afghane, notamment par les Etats-Unis, au cours de leur prise de contrôle de nombreuses bases militaires. Les Etats-Unis ont dépensé 88 milliards$ pour équiper une armée afghane supposée être forte de 350.000 hommes alors qu'il s'est avéré qu'elle n'en comptait pas plus de 60.000, selon des estimations récentes. Une grosse erreur de la CIA pourtant omniprésente dans le pays. Parmi ces armes, se trouvent des avions de guerre, des hélicoptères de combat, des drones (notamment au moins 15 drones ScanEagle qui coûtent 4.000.000 $ chacun -  photos ci-dessous), des missiles, des véhicules blindés et Humvees par milliers, et toutes sortes d'armes individuelles.
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    Les avions tombés entre les mains des talibans sont des avions de combat A-29 Super Tucano COIN (contre-insurrection) livrés par les États-Unis à l'armée de l'air afghane. 
    Les avions de combat ont été saisis par les talibans dans la section militaire de l'aéroport international de Mazar-i-Sharif.
    Les États-Unis avaient acheté un total de 26 avions de combat A-29 pour l'Armée de l'air afghane au cours des cinq dernières années. Seulement 19 ont été livrés à cette date.
    L'A-29 est facile à piloter et à entretenir, et il est considéré comme l'un des avions de combat les moins chers à exploiter. Une heure de vol dessus ne coûte que 1 000 $.
    Les Super Tucano fournis à l'AAF étaient équipés de systèmes électro-optiques d'observation et de ciblage AN/AAQ-22 Star SAFIRE II. Les avions de combat étaient également armés de bombes à guidage laser GBU-58 Paveway II et de roquettes à guidage laser APKWS.
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    Les talibans ont également capturé au moins un hélicoptère d'attaque léger MD 530F Cayuse Warrior sur l'aéroport international de Mazar-i-Sharif.
    Les États-Unis ont fourni plus de 60 hélicoptères MD 530F à l'AAF. L'hélicoptère peut être armé de nacelles FN HMP400 avec mitrailleuse lourde FN M3P .50 BMG ou de nacelles M260 avec 7 roquettes Hydra 70 non guidées.
    Au cours des derniers jours, les talibans ont capturé plus d'une douzaine d'hélicoptères, dont des Mi-8/17, des UH-60 Black Hawk et des MD 530F. Les talibans n'ont pu faire décoller jusqu'ici que deux Mi-8/17 laissés par les forces gouvernementales afghanes en état opérationnel à Herat.
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    Mais les talibans n'auront pas l'utilisation de ces armes qui ne manqueront pas de faire l'objet d'une intense activité de marché noir. Le trafic  se déroulera en premier lieu au travers de l'Iran (sans compter le matériel militaire amené par l'armée afghane ayant fuit en Iran / Vidéo). Il touchera également les pays d'Asie centrale, soit directement par les frontières montagneuses de l'Afghanistan avec ses pays voisins, soit par le Pakistan. On devrait voir très rapidement les conséquences de ce trafic d'armes, tout d'abord au Cachemire indien, dans les régions troublées du Pakistan comme le Balouchistan, et plus loin ans les régions "chaudes" du Moyen Orient (Irak, Syrie, Yémen).

    N'oublions pas, enfin, qu'al-Qaïda va profiter de la victoire des talibans pour reconstituer ses bases en Afghanistan et puiser sa part du butin d'armements capturé par les talibans avec toutes les conséquences que cela pourrait représenter dans un avenir proche pour tous les pays dans le collimateur de l'organisation islamiste radicale.

    Ne pas oublier que talibans et al-Qaïda poursuivent le même but : Imposer l'islam et la charia au monde entier comme le rappelle ce commandant des talibans à CNN : « Nous sommes convaincus qu'un jour les moudjahidines remporteront la victoire et que la loi islamique ne s'appliquera pas seulement à l'Afghanistan, mais partout dans le monde. Nous ne sommes pas pressés. Nous pensons que cela viendra un jour. pas jusqu'au dernier jour." Vidéo de la déclaration de ce commandant taliban à CNN.

  • Afghanistan : Derniers incidents sécuritaires

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    Afghanistan : Troisième jour de combats autour d'Hérat, la grande ville de l'ouest
    Les combats entre talibans et forces afghanes ont repris samedi 31 juillet 2021, pour la troisième journée consécutive, aux abords d'Hérat, la grande ville de l'ouest de l'Afghanistan, où des locaux de l'ONU ont été attaqués la veille.
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    Dans la matinée, les forces afghanes semblaient pourtant avoir desserré l'étau autour de la ville de 600.000 habitants, la troisième d'Afghanistan. Des militaires, dont des membres des unités de commandos (photo ci-dessus), et des policiers afghans étaient largement déployés dans les chefs-lieux du district d'Injil, qui enserre Hérat, et de celui de Guzara, au sud de la ville, théâtres d'intenses combats la veille, où le calme était revenu.

    Les troupes afghanes étaient notamment déployées dans la zone de Pashtun Pol, à proximité des locaux à Hérat de la Mission de l'ONU en Afghanistan (MANUA), attaqués vendredi.

    Mais les combats ont repris dans l'après-midi dans les faubourgs de la ville et ces deux districts, selon le gouverneur de la province d'Hérat, Abdul Saboor Qani. "En ce moment, il y a des combats dans les faubourgs sud et sud-est de la ville d'Hérat", notamment dans les zones de Pashtun Pul et Pul Malan, deux ponts situés à une dizaine de km au sud de la ville, a-t-il déclaré à l'AFP samedi après-midi. Vidéo d'une frappe d'hélicoptère à Herat.

    "Les forces afghanes de sécurité et les +forces de résistance+ (milices anti-talibans) se battent pour repousser et détruire les talibans. Nous avons essayé au maximum d'épargner la population, mais l'ennemi a pris position dans des domiciles privés. Nous nous déplaçons prudemment pour éviter les pertes civiles", a ajouté le gouverneur.

    Des combats se déroulent également à proximité immédiate de l'aéroport, selon M. Qani, apparu à la télévision afghane en treillis de combat, fusil d'assaut à l'épaule, au côté d'Ismail Khan, puissant chef de guerre local opposé aux talibans, dont les miliciens prêtent main forte à Hérat aux forces afghanes.
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    "Terreur chez les habitants" d'Herat
    "Des gens ont abandonné leurs maisons pour fuir vers la ville d'Hérat (...) cela crée la terreur chez les habitants", a raconté à l'AFP Gul Ahmad, qui habite le district d'Injil. Les talibans se sont récemment emparés de plusieurs districts de la province d'Hérat, ainsi que de deux postes-frontière qui y sont situés, celui d'Islam Qala (photo ci-dessous), principal point de passage avec l'Iran, et celui de Torghundi avec le Turkménistan.
    E7s5ttyWEAQtc5F.jpegLes talibans utilisent désormais leurs propres timbres « Emirat islamique » au bureau de douane d'Islam Qalah le long de la frontière entre l'Afghanistan et l'Iran.
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    Jeudi et vendredi, ils s'étaient déjà rapprochés des limites de la ville, autour de laquelle s'étaient déployés forces afghanes et miliciens d'Ismail Khan.

    Combats dans le sud
    Les insurgés ont aussi accru ces derniers jours leur pression sur deux autres capitales provinciales du sud de l'Afghanistan: Kandahar, deuxième ville du pays et berceau des talibans, et Lashkar Gah, capitale du Helmand. Des combats se sont poursuivis samedi dans les faubourgs de Kandahar (650.000 habitants), où des hélicoptères de l'armée afghane ont bombardé les talibans, selon un correspondant de l'AFP. Des milliers d'habitants ont fui ces dernières semaines les zones alentour, touchées par les affrontements, pour se réfugier en ville.

    Dans ce contexte, on apprenait que le 1er août cinq civils avaient été tués lorsqu'un obus de mortier a touché un taxi dans le secteur PD-7 de Kandahar, a rapporté Ariana News . Parmi les morts il y a deux enfants et une femme.

    Les gens sont inquiets et plus des trois-quarts des commerces de Kandahar sont fermés, a indiqué le correspondant. A Lashkar Gah, un petit hôpital privé d'une dizaine de lits, dans lequel des talibans avaient trouvé refuge, a été largement détruit samedi au cours de combats. "Des combattants talibans sont entrés dans l'hôpital de force et en ont chassé le personnel. Des commandos (afghans) sont arrivés et ont ensuite appelé un soutien aérien", a raconté à l'AFP Agha Mohammed qui habite à proximité. Le directeur provincial de la Santé publique, le Dr Sher Ali Shakir, a confirmé que "l'hôpital Ariana Afghan avait été bombardé et détruit pour l'essentiel".
    On a appris, dimanche 1er août 2021 que l'aéroport de Kandahar avait été la cible de trois roquettes au cours de la nuit du samedi au dimanche. Deux roquettes ont atteint la piste, obligeant les autorités à annuler les vols. Les talibans ont expliqué que le bombardement de l'aéroport de Kandahar était une réponse aux bombardements aériens de leurs positions par les avions de guerre. 
    Aux dernières nouvelles, la piste de l'aéroport de Kandahar a été réparée dans l'après-midi du 1er août et les vols civils devraient reprendre lundi 2 août.
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    Kandahar : Objectif majeur des talibans
    Les talibans encerclent la ville et la population n'a plus aucun moyen de s'échapper.
    Un membre du parlement de Kandahar a averti que la ville était en danger de tomber aux mains des talibans, avec des dizaines de milliers de personnes déjà déplacées et une catastrophe humanitaire imminente. Selon Gul Ahmed Kamin, la situation empire d'heure en heure. Il a ajouté que les combats à l'intérieur de la ville étaient les plus intenses depuis 20 ans.
    Kamin a expliqué que les talibans considéraient désormais Kandahar comme leur objectif majeur car ils veulent faire de la ville leur capitale temporaire.
    Il a averti que si les talibans parvenaient à s'emparer de Kandahar, le gouvernement finirait par prendre le contrôle de cinq ou six autres districts de la région. Le parlementaire a déclaré que plus de trois millions de personnes se trouvaient dans la ville et qu'il y avait un besoin urgent de ravitaillement.

    Jalalabad : Un membre des services de renseignement assassiné par l'Etat islamique
    L'Etat islamique a revendiqué avoir assassiné un responsable du renseignement afghan et blessé un autre dans le district 1 de la ville de Jalalabad, dans l'est de l'Afghanistan.

    Province de Faryab : Attaque des talibans repoussée dans différents quartiers de la ville de Maimana
    Maimana  : la police de la province de Faryab affirme que cinq talibans et un civil ont été tués et trois autres blessés lors d'une attaque des talibans dans différentes parties de Maimana.

    Abdul Karim Yurash, porte-parole de la police de Faryab, a déclaré à que les talibans ont attaqué les forces de sécurité la nuit dernière dans le village de Deh Seydan du 6ème district et le village de Jat de Deh Azizan, Kuhikhaneh et le district de Baba Qashqar de la ville de Maimana, Les affrontements ont duré plusieurs heures. Cinq talibans ont été tués et trois autres blessés.

    Il n'y a pas eu de victimes parmi les forces de sécurité, mais un civil a été tué par un obus de mortier des talibans.

    Les Faryab nient avoir subi des pertes et affirment que le civil a été tué par un obus de mortier du gouvernement.

    D'autre part, les habitants des premier et sixième arrondissements de la ville de Maimana affirment que depuis près d'un mois maintenant, leurs quartiers résidentiels sont devenus des lignes de front. Ils sont touchés par des tirs de mortiers et des balles des deux côtés. Des dizaines de personnes ont été tuées et blessées et des dizaines de maisons ont été endommagées.
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    Bilan des pertes civiles au cours des six premiers mois de 2021
    La Commission indépendante des droits de l'homme d'Afghanistan a écrit dans un rapport que les pertes civiles au cours des six premiers mois de 2021 ont augmenté de 80 %. Selon le rapport, 1677 personnes ont été tuées et 3644  blessées au cours des six premiers mois de cette année.

    La Turquie s'occupera de l'aéroport de Kaboul
    Le ministre turc de la Défense Khulusi Akar a déclaré que le gouvernement afghan avait donné son accord pour qu'Ankara reprenne la gestion de l'aéroport de Kaboul.

    Le communiqué indique que le ministre turc de la Défense a également exprimé la volonté de son pays de soutenir et de former les forces de sécurité afghanes.Le ministre turc de la Défense Khulusi Akar a déclaré que le gouvernement afghan avait donné son accord pour qu'Ankara reprenne la gestion de l'aéroport de Kaboul.

     Le communiqué indique que le ministre turc de la Défense a également exprimé la volonté de son pays de soutenir et de former les forces de sécurité afghanes.

    Province de Kunduz : Inqiétude pour les pays d'Asie centrale voisins de l'Afghanistan
    L'assassinat d'un agent de la circulation dans la plaine d'Abdan de la province de Kunduz, près de la frontière tadjike, au nom de l'Etat islamique, a tiré la sonnette d'alarme pour les pays d'Asie centrale ainsi que pour la Russie et la Chine.
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  • Afghanistan : victoire des talibans dans le nord - le Tadjikistan renforce militairement sa frontière

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    La progression des talibans dans le nord de l'Afghanistan se poursuit, lundi 5 juillet, obligeant certains pays à fermer leur consulat dans la province septentrionale de Balkh. 

    Parallèlement, le Tadjikistan a annoncé la mobilisation de l'armée pour renforcer la frontière sud, selon des informations publiées par les autorités du pays mardi 6 juillet.

    Lundi 5 juillet 2021,  l'agence de presse russe TASS , citant l'agence de presse Khovar du Tadjikistan a annoncé qu'environ 1 037 soldats afghans s'étaient repliés en territoire tadjik pour échapper aux talibans. Ces derniers ont pris le contrôle de la plupart des avant-postes afghans, notamment ceux situés dans la province nord-est du Badakhshan. 

    Pour cette raison, le président du Tadjikistan, Emomali Rakhmon, a ordonné la mobilisation de 20 000 soldats pour renforcer la frontière avec l'Afghanistan. Les autorités de Biskek ont ​​confirmé qu'elles contrôlaient les postes frontières tadjiks, précisant qu'il n'y avait pas de combats tadjiks-talibans le long de la frontière.

    Les tensions dans ce pays d'Asie centrale ont également conduit la Russie et la Turquie à fermer temporairement leurs consulats à Mazar-e-Sharif, la capitale de la province septentrionale de Balkh. Malgré cela, un responsable du consulat général de Turquie en Afghanistan a déclaré le 5 juillet que le bureau diplomatique "continuait d'accepter les demandes de visa et autres demandes consulaires". Ankara suit de près la situation pour assurer la sécurité de son personnel.

    L'Iran, pour sa part, a également pris des mesures préventives, annonçant qu'il a limité l'activité diplomatique au consulat iranien dans la même ville de Mazar-e-Sharif. Des mesures similaires ont été prises par l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, l'Inde et le Pakistan, comme l'a annoncé mardi 6 juillet le porte-parole de la province de Balkh, Munir Farhad, qui a ajouté que le personnel diplomatique des pays susmentionnés avait quitté l'Afghanistan. Selon les rapports de l'agence de presse américaine Associated Press, malgré de nombreux affrontements inter-afghans dans la province de Balkh, la situation dans la capitale reste relativement calme. 

    Le porte - parole du Kremlin , Dmitri Peskov, a annoncé que la Russie "surveille de près la situation" et qu'à l'heure actuelle aucune négociation n'a commencé avec les autorités afghanes concernant un éventuel déploiement de troupes moscovites dans la zone d'escalade. Peskov a toutefois souligné que la mobilisation des forces armées russes dépendra de l'évolution de la situation. Plus tard, dans l'après-midi du 5 juillet, le président russe Vladimir Poutine, a eu des conversations téléphoniques avec son homologue tadjik pour discuter de l'aggravation de la situation le long de la frontière. Moscou s'est dit prêt à "apporter au Tadjikistan le soutien militaire nécessaire, tant au niveau bilatéral qu'au sein de l'Organisation du Traité de sécurité collective". Cette dernière est une alliance militaire défensive créée en 1992 pour sauvegarder les territoires de l'ex-Union soviétique. Le lendemain, 6 juillet, le vice-ministre des Affaires étrangères de la Fédération, Andrei Rudenko, a déclaré que la base militaire de Moscou au Tadjikistan , la base numéro 201, est "équipée de tout le nécessaire pour soutenir Biskek pour faire face à l'avancée des talibans". Cependant, a expliqué le député russe, si des efforts supplémentaires sont nécessaires, la Russie se rendra disponible.

    Les derniers développements surviennent quelques jours seulement après le départ des États-Unis de la base aérienne de Bagram, dans le centre de l'Afghanistan, la restituant aux forces de sécurité de Kaboul, après près de deux décennies. 

    La violence en Afghanistan s'est intensifiée depuis le 14 avril, lorsque le chef de la Maison Blanche, Joe Biden, a annoncé le retrait progressif de toutes les troupes américaines d'ici le 11 septembre. Selon les estimations des Nations Unies, au cours des trois premiers mois de 2021, environ 1 800 civils ont été tués ou blessés en Afghanistan au cours des combats entre les forces pro-gouvernementales et les talibans. Le but de ces derniers, selon certains, est d'intensifier leur campagne pour contrôler le plus de territoire possible, à un moment où le dialogue pour la paix intra-afghane traverse une impasse.

    Pendant des décennies, l'Afghanistan a été caractérisé par une profonde instabilité politique. Le groupe taliban, d'obédience islamique fondamentaliste, s'est d'abord engagé dans la lutte anti-soviétique en Afghanistan. L'intervention des États-Unis en 2001 et le soutien ultérieur offert par l'OTAN avec la mission de la Force internationale de sécurité et d'assistance (FIAS), en août 2003, ont renversé le régime théocratique qui avait été imposé au pays entre 1995 et 1996. Cependant, le groupe a poursuivi ses activités militaires contre les troupes de la coalition internationale de l'Alliance atlantique déployées en Afghanistan, ainsi que contre les forces gouvernementales à Kaboul. Au fil des ans, les talibans ont cycliquement perdu et regagné du terrain. Les pourparlers de paix entre le gouvernement afghan et les talibans ont débuté le 12 septembre 2020 dans la capitale du Qatar.

    Le Traité de sécurité collective (OTSC), qui regroupe l'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Russie et le Tadjikistan, est une alliance défensive créée le 15 mai 1992 pour sauvegarder le territoire de l'ex-Union soviétique. Depuis le 2 décembre 2004, l'Organisation a reçu le statut d'observateur de l'Assemblée générale des Nations Unies, avec laquelle elle a également conclu un accord de coopération pour maintenir la paix et la stabilité dans les domaines de compétence.

  • Afghanistan : 1000 soldats en fuite - l'armée afghane prépare une contre-offensive contre les talibans

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    Au cours des dernières 24 heures, onze districts sont tombés aux mains des talibans. Les renseignements afghans accusent des éléments, notamment étrangers, de la brigade Jaish ul-Nasr d'al-Qaïda et du groupe ETIM, sous les ordres de Hajj Furqan,  d'avoir participé aux combats dans la province du Badakhshan aux côtés des talibans. 
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    Hamdullah Mohib, conseiller du président afghan pour la sécurité nationale, a annoncé que les forces gouvernementales afghanes prévoyaient de lancer une contre-offensive dans les zones du nord contrôlées par le mouvement "taliban", tandis que des sources ont indiqué que 1 000 soldats avaient fui après des combats avec le mouvement islamiste. 

    Mohib a déclaré en réponse à une question à l'agence russe "Novosti"  : "Les talibans ont décidé d'exploiter le vide créé par le retrait des forces américaines et étrangères et ont commencé leurs attaques sans avertissement. Les forces de sécurité afghanes ont été surprises parce que, comme je l'ai dit, nous attendions la paix. Pas la guerre."

    Nous sommes prêts à faire entrer les talibans au gouvernement
    Mohib a souligné que "le peuple afghan voulait être libre", et accepteraient de voir les « talibans » entrer au gouvernement, "mais les Afghans ne veulent pas que les talibans gouvernent tout l'Afghanistan et dictent comment le Le peuple afghan doit vivre."

    L'Envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations Unies et chef de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan, Deborah Lyons, avait déclaré plus tôt que le mouvement « Taliban » s'était emparé de 50 des 370 districts afghans depuis début mai. L'offensive des talibans coïncide avec le départ des forces américaines et de l'OTAN du pays.

    L'état d'instabilité en Afghanistan s'aggrave dans le contexte des promesses de l'administration américaine d'achever le retrait de ses forces du territoire afghan en pleine coordination avec les alliés d'ici le 11 septembre.

    Un millier de soldats ont fui vers le Tadjikistan dans la nuit de dimanche à lundi
    Plus d'un millier de soldats afghans ont fui au Tadjikistan, dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 juillet 2021, après des combats avec les talibans, selon le Comité de sécurité nationale tadjik.

    Les services de sécurité au Tadjikistan ont confirmé dans un communiqué diffusé par l'agence de presse officielle "Khovar" que "1037 soldats des forces gouvernementales afghanes avaient fui vers le territoire du Tadjikistan pour sauver leur vie après des affrontements armés avec les talibans".

    "Les combattants talibans ont complètement pris le contrôle" de six provinces de la province nord-est du Badakhshan, qui représente 910 kilomètres de la frontière commune avec le Tadjikistan, selon le communiqué, cité par l'Agence France-Presse.

    Des centaines de soldats afghans avaient déjà franchi la frontière pour échapper à l'attaque des talibans ces dernières semaines, et le Tadjikistan leur a toujours permis de passer sous le « principe de bon voisinage et de respect de la position de non-ingérence dans les affaires intérieures de l'Afghanistan ».

    Depuis fin juin, les talibans contrôlent le plus grand poste frontière avec le Tadjikistan et les autres points de passage menant à ce pays, ainsi que des zones autour de la ville de Kunduz, distante d'une cinquantaine de kilomètres.

    Vers un ralentissement du retrait américain.
    Les forces américaines restantes devraient terminer leur retrait avant la date limite du 11 septembre annoncée par le président Joe Biden pour mettre fin à la plus longue guerre des États-Unis.

    Mais au vu des déboires successifs de l'armée afghane, notamment dans les Etats du nord, le Pentagone a annoncé la possibilité de "ralentir" les opérations, et le commandant suprême des forces américaines en Afghanistan, le général Scott Miller, n'a pas écarté, mardi, de lancer des frappes aériennes contre les talibans.
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  • Afghanistan/Tadjikistan : Plus de 300 gardes-frontières afghans se réfugient au Tadjikistan pour fuir les talibans

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    Plus de 300 gardes-frontières afghans ont franchi la frontière avec le Tadjikistan après la prise des locaux du commandant des frontières de Hohon par les islamistes talibans , a indiqué à RIA Novosti le centre de presse des troupes frontalières tadjikes.

    « Samedi soir (3 juillet 2021°, la situation dans les comtés de Hohon et Shahribuzurg et dans le comté de Rogiston de la région du Badakhshan en Afghanistan s'est détériorée . Ces zones ont été capturées par les talibans. Au cours des affrontements, les talibans ont également saisi le bureau du commandant de frontière d'Ovez dans le comté de Hohon, ", a déclaré la source. 

    Selon la source, plus de 300 militaires des Forces armées afghanes, après une résistance acharnée, ont traversé la frontière d'État du Tadjikistan à travers la section gardée de la frontière entre le 5e poste frontière "Istiklol" et la 6e poste frontière "Sarigor".

    "Les gardes-frontières tadjiks, ont autorisés les militaires afghans en retraite à pénétrer sur leur territoire", a ajouté la source
    .
    Selon la source, la situation à la frontière entre le Tadjikistan et l'Afghanistan est sous le contrôle total des gardes-frontières tadjiks.
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    Lien permanent Catégories : AFGHANISTAN, TADJIKISTAN, TALIBAN 0 commentaire
  • Russie : Lavrov discute de la menace terroriste croissante en Afghanistan

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    Le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergueï Lavrov, a annoncé vendredi 2 juin que, dans le contexte du retrait progressif des troupes américaines, l'organisation terroriste de l'État islamique (Daech) se développait activement en Afghanistan. Pour cette raison, la Russie et le Tadjikistan ont déclaré leur intention d'intensifier leur coopération militaire.

    Lavrov, lors d'une conférence de presse, a souligné combien il est important de surveiller l'évolution de la situation dans la région. "Les militants de l'Etat islamique avancent vers de nouveaux territoires", notamment dans le nord du pays, à la frontière avec des Etats alliés à la Russie, comme le Tadjikistan et l'Ouzbékistan, a réitéré le ministre russe. Si Moscou avait déclaré la veille qu'elle n'était pas préoccupée par l'avancée des talibans vers le nord de l'Afghanistan, la Russie a néanmoins indiqué qu'elle entendait fournir une assistance militaire au Tadjikistan en cas d'augmentation de la menace terroriste des talibans sur la frontière avec les pays voisins.

    Le 1er juillet, Douchanbé a accueilli le sommet de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), une alliance militaire défensive créée en 1992 pour sauvegarder les territoires de l'ex-Union soviétique. Au cours du sommet, le chef de la Chambre haute du Parlement tadjik, Rustami Emomali, et le président de la Douma d'État de la Fédération, Viacheslav Volodin, ont discuté de la situation en Afghanistan, convenant de renforcer la coopération russo-tadjike dans le domaine de la défense et de la sécurité.conformément aux obligations établies par l'OTSC. Dans la note finale, publiée à l'issue du sommet, il est indiqué que les parties se sont engagées à poursuivre le dialogue sur l'Afghanistan en raison de l'instabilité et de l'incertitude croissantes de la situation. En plus de cela, la Russie et le Tadjikistan ont convenu d'intensifier la formation de leurs forces armées, ainsi que la coopération technico-militaire.

    Le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, et le ministère de la Défense du pays étaient du même avis. Ces derniers ont déclaré vouloir activer les fonds nécessaires pour renforcer la 201e division militaire russe au Tadjikistan. C'est une base militaire terrestre située à Douchanbé depuis l'époque de l'Union soviétique. En 2001, la division a été déployée à la frontière avec l'Afghanistan après que les talibans aient tenté de la franchir. En octobre 2012, un accord a été signé prolongeant la période de stationnement de la base militaire russe au Tadjikistan jusqu'en 2042.

    Les derniers développements diplomatiques entre l'Afghanistan et la Fédération de Russie concernent diverses consultations, qui ont été lancées pour discuter de l'escalade des tensions dans le nord du pays d'Asie centrale. Plus précisément, le 1er juillet, le conseiller afghan à la sécurité nationale, Hamdullah Mohib, s'est rendu en Russie pour s'entretenir avec le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolai Patrushev. Le sommet s'est tenu en présence de l'envoyé de la présidence russe pour l'Afghanistan, Zamir Kabulov, et a porté sur le retrait des troupes de l'Alliance atlantique et des États-Unis du pays . Les représentants ont également discuté du dialogue de paix intra-afghane, ainsi que de l'intensification de la coopération bilatérale entre Moscou et Kaboul,

    Cette visite intervient deux jours après les déclarations de l'ambassadeur de Moscou à Kaboul , Dmitry Zhirnov. Ce dernier, le 29 juin, a déclaré que les talibans ne représentaient pas une menace directe pour la Russie car les militants afghans ne seraient pas assez forts pour prendre le contrôle de la capitale et d'autres grandes villes du pays. Malgré cela, Zhirnov a reconnu que les tensions à Kaboul s'intensifiaient en raison de la menace terroriste accrue.  

    Le dernier épisode de violence mettant en danger l'Ouzbékistan, qui partage 144 kilomètres de frontière avec l'Afghanistan, remonte au 23 juin. À cette date, les troupes gouvernementales afghanes sont entrées en  Ouzbékistan  pour fuir une attaque des talibans. Le Tadjikistan, qui borde l'Afghanistan sur 1 357 kilomètres, a également été le théâtre de troubles dus au conflit entre le gouvernement afghan et les militants. Le 22 juin, le Comité d'État sur la sécurité nationale (GKNB) du  Tadjikistan, qui s'occupe également des services de sécurité aux frontières, a déclaré que 134 soldats du gouvernement afghan avaient été contraints de se retirer sur le territoire du Tadjikistan parce qu'ils n'étaient pas en mesure de contenir l'offensive des talibans. Ce dernier a donc pris le contrôle du principal poste frontière de l'Afghanistan avec le Tadjikistan, près de la ville de Shir Khan Bandar, située à une cinquantaine de kilomètres de Kunduz. À ce jour, les talibans ont pris le contrôle de la plupart des avant-postes afghans près de la frontière avec le Tadjikistan.

    Pendant des décennies, l'Afghanistan a été caractérisé par une profonde instabilité politique. Le groupe taliban, d'origine islamique fondamentaliste, s'est d'abord engagé dans la lutte antisoviétique en Afghanistan. L'intervention des États-Unis en 2001, et le soutien ultérieur offert par l'OTAN avec la mission de la Force internationale de sécurité et d'assistance (FIAS) en août 2003, ont renversé le régime théocratique qui avait été imposé au pays entre 1995 et 1996. Cependant, le groupe a poursuivi ses activités militaires contre les troupes de la coalition internationale de l'Alliance atlantique déployées en Afghanistan, ainsi que contre les forces gouvernementales à Kaboul. Au fil des ans, les talibans ont cycliquement perdu et regagné du terrain. Ce qui est également le cas de  l'État islamique (EI). Les pourparlers de paix entre le gouvernement afghan et les talibans ont débuté le 12 septembre 2020 dans la capitale du Qatar mais n'ont jusqu'ici donné aucun résultat.