Pétrole - Page 5

  • Des dangers d’un Etat islamique

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    AQPA nous donne une idée de ce qu’est un Etat islamique
    Parmi les organisations jihadistes les plus dangereuses – si tant est qu’on puisse établir des degrés dans ce genre d’activité – il y a AQPA, (al-Qaïda dans la Péninsule Arabique). Ce groupe « terroriste » résulte de la fusion, en 2008, des branches saoudienne et yéménite d’Al-Qaida. La branche saoudienne, exsangue après la répression menée par les forces de sécurité saoudiennes en réponse à la campagne sanglante des djihadistes (2003-2005), a rejoint la branche yéménite, apportant argent et savoir-faire. La branche yéménite fournit plutôt les hommes de main et les infrastructures nécessaires à la survie de l’organisation.
    La première attaque d’el-Qaëda au Yémen remonte à 1992. Il s’agissait d’un attentat-suicide contre un hôtel d’Aden fréquenté par des militaires américains.

    Al-Qaïda bien établi dans le sud
    Les principaux points d’ancrage de l’AQPA sont les régions tribales du sud Yémen, dont celle de Marib (à l’est), le pays de la légendaire reine de Saba.

    Un des groupes les plus dangereux pour les Etats-Unis
    L’AQPA est considéré par les services de sécurité américains comme l’un des groupes les plus dangereux au monde. Si l’Etat Islamique en opération en Irak et en Syrie s’est rendu célèbre par la mise en scène d’exécutions spectaculaires, AQPA s’est surtout fait connaître par ses tentatives d’attentats sophistiqués contre les transports aériens ou sur le territoire américain. On impute, par exemple, à AQPA une tentative de faire exploser un avion de ligne américain le jour de Noël 2009.
    Il semble que le rêve de tout jihadiste d’AQPA soit de répéter le « 11 septembre » en plus sanglant.

    Une menace pour les Occidentaux en général
    Parmi les « délicatesses » à garder en mémoire, on peut citer cet appel du 12 octobre 2010 apparu dans le numéro 2 du magazine jihadiste de langue anglaise « Inspire » dans lequel un dirigeant d’AQPA demande à tous les Musulmans de fixer des lames sur des SUV et de foncer sur les foules d’infidèles ! Ce magazine est publié par AQPA et est destiné à recruter des gens vivant en Occident volontaires pour le Jihad.  L’article intitulé « The ultimate mowing machine » montre comment équiper un gros 4X4 Ford pour le transformer en machine à tuer. L’article termine en conseillant aux terroristes de s’équiper d’armes à feu pour finir le travail avant de mourir en martyr. Les ennemis d’AQPA sont tous les pays censés supporter Israël. Il s’agit donc d’Israël, en premier lieu, suivi des Etats-Unis, La Grande Bretagne, le Canada, l’Australie, la France, l’Allemagne, le Danemark, la Hollande et d’autres pays encore.

    Et pour les Saoudiens en particulier
    Une attaque d’un poste frontière saoudien a eu lieu le 5 juillet 2014. Un garde-frontière saoudien et un soldat yéménite ont perdu la vie. AQPA a un long historique d’attaques contre l’Arabie saoudite.
    Le Yémen et l’Irak, les deux pays frontaliers de l’Arabie saoudite, sont aujourd’hui les deux risques majeurs pour le Royaume wahabite. L’Etat islamique (EI) qui vient de s’emparer d’une grande partie de l’Irak sunnite, tout comme AQPA au Yémen nous ramènent au conflit ancestral qui oppose la famille al-Saoud aux fondamentalistes islamistes. Ce n’est pas une surprise, d’ailleurs, si AQPA, contrairement à la centrale jihadiste d’al-Qaïda a déclaré soutenir l’action de l’Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie et si l’EI a déclaré avoir comme objectif de « libérer » La Mecque.

    Les Américains prennent régulièrement les dirigeants d’AQPA pour cible
    AQPA dispose d’artificiers extrêmement inventifs pour déjouer les contrôles mis en place dans les aéroports. Les services de sécurité occidentaux, américains en tête, cherchent par tous les moyens à les identifier et les éliminer. De temps en temps, les Américains arrivent à tuer l’un d’eux. Nasser al-Whayshi, le chef de l’AQPA est « liquidé », ainsi que le Saoudien Saïd al-Chehri, le numéro deux de l’organisation, spécialisé dans la conception de bombes. Cet ancien de Guantanamo, qui est passé par un programme de réhabilitation dans son pays, avait refait surface au Yémen. Il est tué par un missile le 23 janvier 2013. Al-Chehri était aussitôt remplacé par un autre artificier, le Saoudien Ibrahim al-Asiri, qui avait déjà conçu des colis piégés adressés aux États-Unis en 2010.
    Un autre personnage influent de la mouvance jihadiste a été tué par un drone américain. Il s’agit  de l’imam radical Anwar al-Awlaqi. Ce yéménite, né aux Etats-Unis, n’a jamais fait officiellement partie d’AQPA. Mais il était en charge de la communication d’Al Qaida à destination du monde anglophone, via le site en ligne «Inspire». Il avait réussi à influencer un grand nombre de jihadistes étrangers, dont Umar Farouk Abdulmutallab,  cet étudiant nigérian, auteur de l’attentat avorté du vol Amsterdam-Detroit le 25 décembre 2009 ou encore le psychiatre de l’armée américaine, le major Nidal Hassan qui avait tué treize de ses camarades sur la base militaire de Fort Hood (Texas) en novembre 2009. On peut également citer Faisal Shahzad, cet Américain d’origine pakistanaise qui avait essayé sans succès de faire exploser un véhicule à Times Square en mai 2010, et d’autres encore. Tous se sont référés de cet idéologue, dont a dit qu’il pourrait avoir été proposé pour succéder à Oussama Ben Laden. Pour lui, il n’y avait nul besoin d’une fatwa pour tuer des Américains. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’il ait été l’une des cibles prioritaires de l’administration américaine. Un premier missile tiré par un drone américain l’avait raté le 7 mai 2005. Les Américains réussiront à atteindre leur cible six ans plus tard, le 23 septembre 2011.

    Un dangereux artificier d’AQPA dans la ligne de mire U.S.

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    Il s’agit d’Ibrahim el-Asiri, dit Abou Saleh, un Saoudien de 32 ans, qui a remplacé Saïd al-Chehri comme artificier en chef d’AQPA. Ibrahim el-Asiri échappe depuis des années aux tirs de drones américains qui ont tenté à plusieurs reprises de l'éliminer. El-Asiri a échappé chaque fois à la mort. Il a même, au moins une fois, été donné pour mort avant que la nouvelle ne soit démentie. Il aurait formé une équipe de fidèles prêts à prendre sa place en cas de décès.
    El-Asiri est aujourd’hui un expert en explosifs. En octobre 2010, el-Asiri avait fabriqué deux bombes dont les explosifs étaient cachés dans des cartouches d'imprimantes et envoyées dans des avions-cargos pour Chicago. Elles ont passé tous les contrôles et n'ont été découvertes que parce que les services secrets saoudiens avaient infiltré au sein d'Aqpa un agent qui leur a donné le numéro du vol, le trajet et jusqu'au numéro des colis. L'une a été arrêtée au départ, l'autre en transit à Londres.
    Ibrahim el-Asiri, qui a étudié la chimie, utilise pour confectionner les bombes un explosif, à base de Tétranitrate de pentaérythritol (PETN), quasiment impossible à détecter. Les bombes ne contiennent aucune pièce de métal et peuvent donc passer sans encombre la quasi-totalité des contrôles aéroportuaires.
    C'est avec de PETN qu'était constitué l'engin qu'il a placé en août 2009 dans les sous-vêtements de son frère cadet, Abdullah, qui s'est fait sauter au moment où il approchait du prince Mohammad ben Nayef, vice-ministre saoudien de l'Intérieur chargé de la lutte antiterroriste. Seul le kamikaze a péri. C’est encore de l’PETN que le Nigerian Omar Farouk Abdulmuttalab portait sur lui lorsqu’il a vainement tenté de faire sauter un avion en route vers Detroit, le 25 décembre 2009.
    Selon un rapport confidentiel des services de renseignement américains, cité en 2012 par l'hebdomadaire Newsweek, al-Asiri aurait tenté, en coopération avec notamment un médecin syrien, de mettre au point l'implantation d'engins explosifs à l'intérieur de corps humains.

    De nombreux étrangers au sein d’AQPA
    Selon le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi  70 % des membres d'AQPA sont des étrangers. Cette statistique se base, dit-il sur la présence dans les morgues du Yémen de cadavres de jihadistes originaires notamment du « Brésil, des Pays-Bas, d'Australie, de France et d'Allemagne ».

    Le Yémen, un laboratoire de l’intervention américaine en Irak
    Les Etats-Unis ont discrètement ouvert en 2008 un troisième front au Yémen. Il s’agit d’une opération secrète contre le réseau Al-Qaïda menée par des agents de l’antiterrorisme expérimentés, en même temps que certaines unités de commandos chargées des opérations secrètes. Parmi les missions qui leur ont été confiées figure la formation des forces de sécurité yéménites, des unités du ministère de l’intérieur et des garde-côtes aux techniques de l’antiterrorisme.
    Le dispositif américain au Yémen est complété en Afrique orientale par la base aéronavale de Diego Garcia dans l’Océan indien et par une base à Djibouti.
    Le positionnement américain à Djibouti a pour mission de détecter les groupes terroristes en liaison avec ceux du Moyen-Orient et de servir de plateforme opérationnelle pour sa guerre clandestine contre Al-Qaida au Yémen et en Afrique de l’est, en particulier en Somalie.
    AQPA a naturellement tiré profit du chaos dans lequel le Yémen s’est retrouvé plongé en raison de La révolution dite du « printemps arabe » de 2011. AQPA en a profité pour prendre le contrôle de nombreuses régions et villes dans le sud et l’est du pays. Mais c’était sans compter sur la réaction des Etats-Unis qui ont aussitôt mis en place une stratégie de coopération avec les autorités et l’armée yéménites.
    En avril 2014, Américains et Yéménites menaient une opération conjointe d’envergure, attaquant des camps d’entraînement et des bases d’AQPA, faisant de nombreuses victimes parmi lesquels beaucoup de jihadistes étrangers.
    Mais il est certainement trop tôt pour crier victoire. Les jihadistes d’AQPA semblent avoir effectué un simple repli tactique dans les zones montagneuses, parfois en accord avec des tribus, ou fui vers des provinces plus au nord, comme Mareb et Baïda ou dans l'est du pays comme au Hadramout. « Le réseau n'a pas réellement perdu ses principaux fiefs dans le sud », selon une source tribale, proche de la mouvance extrémiste. En outre, « les tribus offrent un environnement favorable aux insurgés. Les chefs des tribus ne veulent pas voir l’armée entrer sur leurs terres. C’est la raison pour laquelle l'armée trouve des difficultés à chasser les membres d'el-Qaïda de ces zones tribales. Il faut ajouter à cela qu’il est difficile de faire le tri entre les membres des tribus et ceux d’al-Qaïda, compte tenu du fait qu’il s’agit souvent des mêmes.

    Comme en Irak, la lutte anti-terroriste n’oublie pas le pétrole
    La base américaine installée à Djibouti permet aux Etats-Unis de dominer l’extrémité orientale de la vaste bande pétrolière traversant l’Afrique considérée désormais comme vitale pour leurs intérêts stratégiques, une bande allant de l’oléoduc Higleg-Port Soudan (1600 km), dans le sud-est, à l’oléoduc Tchad-Cameroun (1000 km) et au Golfe de Guinée dans l’Ouest. Un poste d’observation américain en Ouganda donne aux Etats-Unis la possibilité de contrôler le sud Soudan où se trouve le gros des réserves soudanaises de brut.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

  • Les forces en présence en Irak

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    Les Kurdes
    Avec près de 100 000 Peshmergas très motivés et bien armés, le Kurdistan  a la capacité militaire de conserver Kirkouk. Il serait étonnant que les Islamistes sunnites de l’EIIL osent les affronter. Les récentes conquêtes territoriales des Kurdes ont multiplié les richesses pétrolières par 3 et les clients devraient être nombreux à accourir pour acquérir le précieux combustible. Un pipeline qui débouche au port turc de Ceyhan est facilement utilisable par le Kurdistan pour transporter l’or noir jusqu’à la Méditerranée. C’est d’ailleurs par ce port que du pétrole kurde est déjà arrivé à Ashqelon.

    Les Islamistes de l'EIIL
    L’EIIL dispose en Irak d’une force d’un peu moins de 15 000 combattants. Mais ceux-ci sont galvanisés, parfaitement aguerris, bien armés grâce à la prise de stocks considérables d’armes et de munitions pris à l’armée nationale. Ils sont en plus prêts à mourir pour leur cause.
    L’EIIL utilise une autre arme en mettant en ligne, jour après jour, des vidés montrant leurs ennemis être décapités, crucifiés ou liquidés d’autres façons tout aussi effrayantes. Le but recherché est de faire peur à leurs adversaires.
    L’EIIL a connu un fulgurant succès en Irak parce que les tribus sunnites, exaspérées par la politique anti-sunnite du régime de Nouri al-Maliki, se sont ralliées à l’organisation extrémiste sunnite. Les populations des provinces sunnites ne supportent plus leur marginalisation par le pouvoir irakien accaparé par les Chiites. Combien de membres des tribus coopèrent actuellement avec l’EIIL ? C’est l’inconnu.
    Mais la force de l’EIIL est également sa faiblesse car, d’une part, les tribus sunnites ne sont pas disposées à passer sous l’autorité d’Abou Baker al-Bagdadi, le chef de l’EIIL et d’autre part, dès que les insurgés sunnites sortiront du triangle sunnite en Irak, ils n’auront plus de partisans et devront faire face à une opposition farouche.
    Même les tribus sunnites qui avaient été ralliées par le général Petraeus grâce à une meilleure compréhension du fonctionnement du pouvoir tribal, et aussi grâce aux aides financières américaines, ont finalement abandonné le pouvoir central de Bagdad quand celui-ci s’est mis à favoriser la majorité shiite au détriment des sunnites, jouant sur les sectes et les tribus, en favorisant certaines d'entre elles au détriment d'autres. Le résultat de cette politique est que progressivement le désordre et l'anarchie se sont réinstallés dans le pays, ce qui a profité aux  groupes extrémistes, qu’ils soient liés à al-Qaïda ou non.

    L’armée irakienne
    La question est : l’armée irakienne trouvera-t-elle les ressources nécessaires pour se relever de la débâcle ? 5 divisions de l'armée sur 14 et 60 bataillons sur 243 sont aujourd'hui hors de combat, avec leur armement perdu. Plusieurs milliers de soldats ont déserté; et plus d'un millier, sinon plus, ont été tués. Le gouvernement n'a pas encore publié le chiffre des pertes mais on estime à 90 000 le nombre de soldats ayant été tués ou ayant tout simplement déserté. 
    La faute en incombe encore une fois à la politique pro-chiite des Américains et du gouvernement de Nouri al-Maliki. Les Américains sont arrivés en Irak en se trompant de conflit. Ils croyaient qu’il suffisait d’écarter des centres de pouvoir tous ceux qui avaient appartenu au parti Baath, comme autrefois ils avaient écarté les Nazis de l’Allemagne en 1945. Mais l’Irak n’était pas l’Allemagne et en écartant tous ceux qui, de près ou de loin, avaient eu des relations avec le régime de Saddam Hussein, ils ont décapité l’armée de ses cadres compétents. Le 1er ministre, Nouri al Maliki, a poursuivi cette politique, remplaçant les  officiers par des hommes corrompus liés au pouvoir. D'où la rapide débandade des troupes de l'armée régulière.

    L’armée irakienne se ressaisit
    Depuis, l’armée semble s’être ressaisie. La première étape a été de protéger Bagdad menacé par les déclarations des chefs de l’EIIL. 60 000 soldats irakiens sont disposés autour de la capitale irakienne pour en interdire les accès.
    Depuis le 27 juin, elle a même repris l’offensive pour tenter de récupérer Tikrit, une ville symbole, Tikrit étant la ville natale de Saddam Hussein. Mais pour l’instant, la situation reste confuse, l’armée annonçant avoir réussi à en reprendre le contrôle tandis que des habitants sur place affirment que l’EIIL et ses alliés des tribus sunnites, de l’armée des Naqshbandis (anciens soldats de Saddam Hussein) et d’Ansar al-Islam, une organisation islamiste alliée à al-Qaïda, sont toujours présents sur place.

    Les milices chiites
    Les deux principales formations chiites sont Asaib Ahl al-Haq et Kataeb Hezbollah, deux groupes luttant autrefois contre l'armée américaine et parrainés par les Iraniens.
    Les Kataeb Hezbollah comprennent plusieurs Katibas :
    - Katibat Zaïd bin Ali
    - Katibat Karbala
    - Katibat Abou Fadel al-Abbas (qui a combattu en Syrie avant de rentrer précipitamment en Irak pour défendre Bagdad et les lieux saints chiites)

    Les milices chiites sous les ordres du premier ministre Nouri al-Maliki
    Toutes ces milices chiites se battent aujourd’hui aux côtés de l’armée irakienne. Les deux principales milices chiites citées plus haut, avec d’autres organisations plus petites, avaient été rattachées dès le mois d’avril 2014 au bureau militaire du Premier ministre sous le nom de « Fils de l'Irak », un nom anciennement associé aux sunnites qui ont combattu Al-Qaïda. Maliki se plaignait, en effet, depuis un an, de l’inefficacité de l’armée irakienne dans sa lutte contre les insurgés sunnites. 
    Les Fils de l’Irak ont participé à plusieurs opérations à la périphérie de Bagdad, notamment à Abou Ghraib, ainsi qu’à Diyala.

    Les milices chiites protègent et contrôlent Bagdad
    Les forces paramilitaires chiites aident actuellement l'armée à empêcher les combattants de l’EIIL de pénétrer à Bagdad. Des combats entre ces milices chiites et des insurgés sunnites ont même eu lieu, ces derniers jours dans une zone agricole appelée Ibrahim Bin Ali, située à moins de 25km de Bagdad. Cette zone possède une importance stratégique car si l’EIIL réussissait à s’en emparer, elle aurait un pied dans des secteurs chiites de la capitale.
    Mais si l’EIIL inspire la peur à ses ennemis, il en est de même des milices chiites qui patrouillent et tiennent des barrages dans la capitale. Beaucoup de civils irakiens de confession sunnite qui n’ont rien à voir avec l’insurrection redoutent de tomber sur l’un de ces barrages.

    Moqtada Sadr crée « les brigades de la paix »
    Une autre milice est en cours de création. Il s’agit des « brigades de la paix » du leader chiite Moqtada as-Sadr. Son « armée du Mahdi » avait croisé le fer, autrefois, avec l’armée américaine puis l’armée irakienne avant d’être dissoute par le jeune leader chiite. Elle est aujourd’hui en cours de reconstitution.

    40 000 chiites se sont enrôlés dans les différentes milices chiites à ce jour
    Ces milices sont en cours de renforcement depuis les appels à la mobilisation des différents leaders chiites et on estime que 40 000 Chiites ont déjà répondu à l’appel aux armes. Il est évident que cette réponse massive de la communauté chiite laisse peu de place à un quelconque espoir (si ténu soit-il) de réconciliation nationale.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

     

  • L'Irak sent le pétrole

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    Un pays artificiel créé par les Britanniques
    Ce sont les Britanniques qui ont créé de toute pièce l’Irak moderne. Sous l’empire ottoman, l'ancienne Mésopotamie, entre Tigre et Euphrate, était divisée en trois vilayets (provinces) : Bagdad, Mossoul et Bassora. La région a intéressé très tôt les Britanniques, sous le prétexte de protéger la route des Indes.
    Français et Britanniques, en guerre contre les Turcs, qui sont alliés aux puissances de l’Axe (Allemagne, Empire austro-hongrois), se sont mis d’accord pour prendre le contrôle de vastes régions de l’empire ottoman.
    Malgré les promesses de « royaume arabe » généreusement dispensées aux Hachémites du Hedjaz, le Français Georges Picot et l'Anglais Mark Sykes ont prévu, par des accords secrets conclus le 9 mai 1916, le partage du Proche-Orient ottoman. Syrie, Cilicie, Anatolie orientale et vilayet de Mossoul doivent revenir à la France ; la Palestine et la Mésopotamie passent sous le contrôle de la Grande-Bretagne ; le « royaume arabe » protégé de l'Angleterre se limite désormais aux déserts de la péninsule arabique.
    Les Britanniques prennent Bagdad, Kirkuk et Mossoul dans les années 1917-1918 et imposent un armistice. La ville de Mossoul, occupée depuis novembre 1918 par les Britanniques, est alors annexée à l’Irak britannique, ce qui est validé par la Société des nations en 1925.

    Les Britanniques volent Mossoul aux Français pour faire main basse sur les ressources pétrolières
    On peut s’étonner de l’absence de réaction des Français face à la prise de contrôle de Mossoul par les Anglais. Le premier conflit mondial a pourtant révélé l’importance de l’or noir, devenu le carburant indispensable pour les bateaux, les tanks, les camions et les avions. Clemenceau, qui avait affirmé que « l'essence est devenue aussi indispensable que le sang pour les batailles de demain... », accepte de renégocier les accords Sykes-Picot. Il consent à replacer la région de Mossoul dans la zone d’influence anglaise. Il est possible qu’il ait eu peur de voir la France embourbée dans cette région lointaine entre partisans d’un retour du vilayet de Mossoul à la Turquie, partisans de l’Irak sous mandat britannique et Kurdes.
    Mais revenons au pétrole. Il est devenu au lendemain de la première guerre mondiale le premier enjeu géopolitique des grandes puissances. Les Américains, par exemple, ont été tenus à l’écart des accords Sykes-Picot. Furieux, ils soutiennent le leader nationaliste turc Mustapha Kemal contre les Grecs armés par les Anglais.

    Les Américains interviennent dans la Turkish Petroleum
    Dès 1919, la Standard Oil of New-Jersey s'intéressait à la vallée de l'Euphrate et, dans une note à l'un de ses adjoints, son directeur, W.C. Teagle, écrivait que « […] l'avenir des gisements persans actuellement connus est particulièrement prometteur. On a toutes les raisons de penser que ces gisements sont très étendus et se prolongent en Mésopotamie […] Dans le règlement de la partition de la Turquie, il ne faut pas oublier les possibilités pétrolières. À ce propos, il faut se souvenir que, selon John Worthington, l'ancien géologue en chef de la Standard, la vallée de l'Euphrate devrait produire de vastes quantités de pétrole. Je me demande s'il n'y a pas un moyen d'entrer dans le jeu en Mésopotamie […] »
    C'est chose faite quand, avec l'accord de Washington, la Near East Development Corporation – consortium américain groupant l'Atlantic Refining Company, la Gulf Oil Corporation, la Pan American Petroleum and Transport Company, la Standard Oil of New Jersey et la Standard Oil of New-York – interviennent dans la Turkish Petroleum, première étape d'une pénétration toujours plus importante des intérêts américains dans le Proche-Orient pétrolier

    1920 : La SDN confirme le mandat britannique
    La Société des Nations (SDN) confirme le mandat britannique sur l’Irak en 1920. La Grande Bretagne installe alors une monarchie constitutionnelle. Fayçal 1er monte sur le trône en 1921. Il gouverne avec une petite classe dirigeante faite d’officiers de l’ex-armée ottomane, de grands propriétaires terriens et de chefs tribaux. Ils sont tous sunnites. Les chiites, faiblement représentés dans l’appareil d’État, ne constituent pas encore une opposition.
    La Grande Bretagne garde le contrôle de la politique extérieure et militaire du nouveau pays, ainsi que de ses finances.

    Le nouvel Etat contesté par les tribus nomades et les kurdes
    Le nouvel Etat reste fragile. Son autorité est contestée dès le début par les tribus nomades et les Kurdes. Les Kurdes, notamment, aspirent à l’indépendance et se soulèvent. L’insurrection, conduite par Cheikh Mahmoud Barzandji, est réprimée par les Britanniques en 1922.
    Le traité de Lausanne de 1923 met un point final aux espoirs kurdes d’établir un Etat indépendant. Ce qui devait être le Kurdistan est réparti entre plusieurs Etats. La Société des Nations entérine le traité et inclut la région de Mossoul dans le mandat accordé aux Britanniques, sous réserve que les Kurdes bénéficient d’un statut d’autonomie.

    L’histoire de l’Irak liée à celle du pétrole
    L’histoire de l’Irak est intimement liée à celle du pétrole. Le 15 octobre 1927, le Texan Henry Winger fait jaillir du pétrole pour la première fois à Baba Gurgur, dans la région de Kirkouk. Cette découverte entraîne de nouveaux accords au sein de la Turkish Petroleum Company, contrôlée désormais par l'Anglo-Persian Oil Company (23,7%), la Royal Dutch Shell (23,75%), la Compagnie française des pétroles (23,75%), la Near East Development Corporation (23,75%) et Calouste Gulbenkian qui restera dans l'histoire comme le « Monsieur Cinq pour Cent » de l'affaire. Il est admis que chaque participant ne peut engager des recherches individuelles sur le territoire de la concession, les différents associés devant le demeurer pour toute nouvelle découverte.

    1929 : La Turkish Petroleum devient l’Irak Petroleum Company
    En 1929, la Turkish Petroleum Company devient l'Iraq Petroleum Company et la production de Mossoul et de Kirkouk progresse régulièrement, ce qui pose bientôt le problème du transport de l'or noir. Les Français suggèrent la construction d'un oléoduc reliant Kirkouk à Tripoli (Liban). Les Britanniques, soucieux d'imposer un itinéraire passant par des territoires qu'ils contrôlent, veulent que le pipe-line débouche à Haïfa. Les deux partenaires s'accordent sur une solution de compromis, l'oléoduc devant se diviser en deux à partir de l'Euphrate, une première branche allant vers le littoral libano-syrien, la seconde vers la côte palestinienne. Les travaux commencent en novembre 1932 et mobilisent huit mille ouvriers. Dès juillet 1934, le pétrole irakien atteint Tripoli avant d'arriver cinq mois plus tard à Haïfa. Dès ce moment, quatre millions de tonnes peuvent ainsi être évacuées chaque année vers les ports de la Méditerranée. À la veille de la seconde guerre mondiale, l'Iraq Petroleum Company détient des concessions sur tout le territoire irakien, soit directement, soit par l'intermédiaire de ses deux filiales, la Mossoul et la Bassora Petroleum.

    1930 : Les Britanniques mettent fin au protectorat
    En 1930, les Britanniques négocient la fin du protectorat. L’indépendance du pays sera reconnue par la Société des Nations en 1932. Le départ de l’armée anglaise, qui n’a laissé dans le pays que la Royal Air Force,  relance l’agitation des indépendantistes kurdes. En vain. Deux révoltes seront écrasées en 1931 et 1936.

    Montée en puissance de l’armée irakienne
    L’armée irakienne prend de plus en plus d’importance, ne serait-ce que pour faire face aux nombreuses tentatives de révolte d’un pays dont la cohésion reste fragile. Les militaires prennent finalement le pouvoir en 1941. Un grand nombre d’officiers supérieurs sont animés par des sentiments antibritanniques. A peine arrivés aux commandes de l’Etat, ils recherchent une alliance avec l’Allemagne. Mais les Anglais n’ont pas l’intention de laisser le pays échapper à leur influence. L’armée britannique intervient pour reprendre le contrôle du pays.
    La dynastie des Hachémites est renversée en 1958. L’Irak connaît alors une série de régimes dictatoriaux et sanguinaires, culminant avec la prise de pouvoir par le parti Baath en 1968 et de Saddam Hussein en 1979.

    L’Irak cherche à mettre fin au monopole des compagnies pétrolières étrangères
    Au cours des années 50, les différents Etats producteurs de pétrole cherchent à mettre fin aux monopoles accordés aux compagnies étrangères. Parvenu au pouvoir avec le coup d'État de juillet 1958, le général Abdul Karim Kassem promulgue une loi retirant à l'Irak Petroleum Company les territoires qu'elle n’exploite pas. Il les propose à d'autres compagnies mais, la solidarité du Cartel jouant à plein, il ne trouve pas de partenaire.

    1961 : Les Britanniques octroient l’indépendance au Koweït revendiqué par l’Irak
    En 1961 l'octroi par la Grande-Bretagne de l'indépendance au Koweït est perçu comme une provocation par l'Irak qui semble prêt à récupérer par la force un émirat qu’il considère créé artificiellement pour les besoins de la puissance coloniale. Bagdad base ses exigences sur le fait que le Koweït a historiquement appartenu à son territoire et qu'il lui est indispensable pour disposer d'une façade maritime suffisante. Mais l’Irak renoncera à l’épreuve de force face au déploiement des troupes britanniques.

    Vers la nationalisation des ressources pétrolières
    En juin 1967, au moment de la guerre des Six Jours, le gouvernement irakien du général Aref fait occuper militairement les installations de l'Irak Petroleum Company et décrète un embargo contre les pays soutenant Israël. La mesure sera de courte durée.
    Au mois de novembre suivant, un accord pétrolier est conclu entre l'Irak et la société française Elf. En 1969, l'Irak, dirigé par le parti Baath qui vient de prendre le pouvoir, obtient, à la faveur de la fermeture du canal de Suez, un supplément de redevance pour le pétrole livré par oléoduc de Méditerranée orientale. Enfin, le 1er juin 1972, le gouvernement de Bagdad décide la nationalisation des gisements de l'Iraq Petroleum et de la Mossoul Petroleum. Au même moment, la Syrie réalise la nationalisation de l'oléoduc transportant vers la Méditerranée le pétrole irakien. Le mois d'octobre 1973 voit également la nationalisation des intérêts de la Standard Oil of New Jersey, de la Socony Mobil et de la Royal Dutch Shell dans la Bassorah Petroleum. Quarante-six ans après le premier jaillissement de Baba Gurgur, l'État irakien reprenait le contrôle total de ses immenses ressources pétrolières.

    1990 : L’Irak envahit le Koweït 
    L’Irak de Saddam Hussein envahit le Koweït au cours de l’été 1990. L’invasion déclenchera une formidable coalition sous l’égide de l’ONU mais, en fait, commandée par les Etats-Unis. Les forces internationales repoussent l’armée irakienne hors du Koweït, mais s’arrêtent net, refusant de pousser leur avantage militaire jusqu’à Bagdad.
    Saddam Hussein a conservé le pouvoir malgré sa défaite militaire. Mais son régime est désormais au ban des nations. L’ONU impose un embargo sur les exportations de pétrole irakien, tout en introduisant un processus de « pétrole contre nourriture » pour des raisons humanitaires. La formule était compliquée et donnera lieu à de nombreuses violations.
    Il reste que le pétrole irakien est désormais absent des marchés mondiaux. L’Irak disposait des réserves connues de pétrole les plus importantes après l’Arabie saoudite. Son absence des marchés contribuera à un maintien de prix élevés du baril de pétrole. Ces tarifs sont naturellement une aubaine pour les compagnies pétrolières américaines et les producteurs de pétrole. Mais il contribuera également à une contestation islamique contre ce qui était considéré comme une mainmise des Etats-Unis sur la région. Cette contestation sera mise à profit par des mouvements jihadistes globaux pour se renforcer et perpétrer des attentats sanglants contre les  intérêts et les ressortissants occidentaux.

    L’administration de George W. Bush et l’Irak
    L’Irak de Saddam Hussein n’en avait pas fini avec l’administration américaine. Le lobby pétrolier revient au devant de la scène avec l’arrivée au pouvoir de Georges W. Bush en 2001. Les « faucons » de l’administration Bush veulent profiter du choc des attentats suicide contre les Twin Towers le 11 septembre 2001 pour transformer en profondeur le Proche-Orient. Désormais, vous êtes avec ou contre nous, déclarent les différents responsables politiques américains au monde entier. Au nom de la démocratie, l’Amérique de Georges Bush s’engage dans une série de conflits en Afghanistan, en Irak et force Bachar el-Assad à ordonner à ses troupes d’évacuer le Liban.
    Si la guerre contre l’Afghanistan était prévisible et justifiée dans la mesure où les commanditaires des attentats du 11 septembre étaient hébergés par ce pays, celle menée contre l’Irak de Saddam Hussein l’était moins. Les explications données par l’administration américaine étaient que l’Irak disposait d’armes de destruction massive. Beaucoup d’analystes soupçonnèrent les Américains de plutôt vouloir poursuivre leurs propres intérêts, notamment pétroliers.

    Le pays déstabilisé par la seconde guerre du Golfe 
    La seconde guerre d’Irak est terminée et les Américains ont quitté le pays. Le gouvernement irakien actuel, dominé par les Chiites, oscille entre le désir de conserver de bonnes relations avec l’administration américaine et des relations fraternelles avec l’Iran des Ayatollahs.
    Mais la guerre américaine contre l’Irak a réveillé le terrorisme jihadiste. Attaques et attentats ensanglantent le pays presque quotidiennement et les actes de malveillance contre les infrastructures pétrolières sont fréquents.

    Les guerres réduisent la production pétrolière
    La production irakienne d’hydrocarbures dépend de gisements géants concentrés dans le Sud du pays, dans la région de Bassora. Or, ces champs ont été sérieusement endommagés depuis les années 1980 par trois guerres et une décennie d'embargo.

    Les Kurdes s’accaparent les ressources pétrolières situées sur leur territoire
    L’autre point noir est la question concernant le contrôle des champs pétrolifères du Kurdistan. Depuis la fin de la guerre menée par les Américains et la chute de Saddam Hussein, l’autorité autonome du Kurdistan irakien et le gouvernement central de Bagdad se disputent les ressources en hydrocarbures de la région.
    La récente offensive des Islamistes sunnites de l’EIIL permettra aux Kurdes d’arracher leur indépendance au pouvoir central et de prendre le contrôle des ressources pétrolières situées sur leur territoire. C’est naturellement une aubaine pour de nombreux pays, comme la Turquie, Israël et même les grandes compagnies pétrolières qui vont pouvoir négocier directement leurs achats avec les Kurdes sans passer par les autorités de Bagdad.
    Les richesses en hydrocarbures exploitables par le gouvernement central se limitent désormais à la seule région de Bassora, pour l’instant à l’abri du tumulte dans lequel est plongé le pays.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

     

  • Risques sur les livraisons de pétrole

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    La guerre en Irak – un risque sur la production pétrolière
    La guerre en Irak fait peser de gros risques sur la production pétrolière du pays.
    Il était prévu que l’Irak augmente sa production de pétrole de 1,28 million de barils par jour d’ici 2019. Mais c’était compter sans la guerre qui fait rage dans les régions sunnites.

    Fermeture de la raffinerie de Baïdji, les étrangers évacués
    On apprenait, d’ailleurs, ce mardi 17 juin, que la direction de la raffinerie de Baïdji, la plus grande d'Irak, avait décidé la fermeture du site et l'évacuation du personnel étranger par mesure de sécurité.
    Située entre Mossoul et Tikrit, deux villes tombées aux mains des insurgés sunnites qui contrôlent désormais une grande partie du nord de l'Irak, la raffinerie est encerclée depuis la semaine dernière par les combattants de l’EIIL appuyés par les combattants des tribus sunnites.

    Inquiétude pour d’autres pays de l’OPEP
    La production dans d'autres pays de l'OPEP, comme la Libye et l’Arabie saoudite, soulève aussi des interrogations en raison des inquiétudes sur leur sécurité. Ces inquiétudes découragent les grandes sociétés pétrolières de poursuivre leurs investissements.

    Une demande mondiale de pétrole en progression
    La demande de pétrole va continuer à croître de 1,3% par an dans les années à venir,  selon les estimations de l'AIE (Agence Internationale de l’Energie), pour atteindre 99,1 millions de barils/jour en 1019.

    Deux conséquences
    1 - Les Etats-Unis vont être confirmés dans la justesse de leur décision stratégique de développer l’exploitation du pétrole de schiste (Light tight oil) dans les années à venir. On s’attend à ce qu’ils deviennent exportateurs de pétrole au niveau de 5 millions de barils/jour soit le double du volume de 2013. La crise vient d’ailleurs à point nommé car les premières mises en exploitation s’étaient révélées plus difficiles que les experts l'avaient prévu. L’AIE prévoit que d’autres pays suivent l’exemple américain et se mettent à exploiter le pétrole de schiste, tel que le Canada, la Russie et l’Argentine.
    2 – Les risques sur la production pétrolière et le conflit entre l’Ukraine et la Russe rendent l’Iran plus fréquentable, tout au moins du point de vue américain. Cela devrait modifier beaucoup de rapports de force dans la région du Moyen orient. Ceci est d’autant plus plausible que les Etats-Unis et l’Iran ont un ennemi commun : le jihadisme international.

    Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

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