Nouri al-Maliki - Page 3

  • 16 août 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Front irakien

    D’importantes tribus sunnites ont pris les armes contre les Jihadistes de l’EI
    D'importantes tribus sunnites ont pris les armes vendredi 15 août dans l'ouest de l'Irak contre les Jihadistes de l’EI (appelé Daech en arabe) selon des informations obtenues d’un leader tribal.
    Le soulèvement concerne 25 tribus sunnites de la province d'al-Anbar, où Daech contrôle des secteurs importants.
    Analyse :
    Le remplacement de Nouri al-Maliki par Haïdar Abadi approuvé par l’Arabie saoudite et les Américains, (tandis que l’Iran abandonnait al-Maliki), pourrait avoir donné le signal aux tribus qu’il était temps de remettre de l’ordre dans les provinces sunnites irakiennes et qu’elles devaient désormais affronter et chasser les Jihadistes (en majorité étrangers) de leur région.
    Il faut dire que l’offensive menée par les Jihadistes de l’EI commençait par poser de sérieux problèmes à l’administration Obama. Les atrocités commises récemment par les Jihadistes de l’EI contre les Chrétiens et les Yazidis, profitant du retrait brutal et inexpliqué des Peshmergas avaient projeté les Américains en première ligne. Ceux-ci se trouvaient au pied du mur et se devaient de réagir pour satisfaire l’opinion internationale et protéger le Kurdistan et accessoirement le contrat signé par la société pétrolière Exxon avec les autorités kurdes. Mais qui dit intervention, même aérienne, dit personnel au sol, ne serait ce que pour renseigner sur les cibles potentiels et régler les tirs. Or, l'opinion américaine était visiblement allergique à un déploiement de militaires au sol, si petit soit-il. C'est la raison pour laquelle l'Arabie saoudite semble avoir donné un ordre de partir au combat aux tribus sunnites.
    "Cette révolte populaire a été convenue par toutes les tribus souhaitant combattre Daech qui a fait couler notre sang", a expliqué à l'AFP cheikh Abdeljabbar Abouricha, un des leaders du soulèvement.
    Le général Ahmed Saddak, de la police d'al-Anbar, a fait état du soutien des forces de sécurité gouvernementales à ce soulèvement, déclenché à 06H00 locales (03H00 GMT) vendredi 15 août.
    "Les combats se poursuivent", a-t-il assuré faisant état de 12 Jihadistes tués. "Nous n'arrêterons pas avant la libération d'al-Anbar", a-t-il ajouté.
    Cette contre-offensive a commencé par des attaques sur plusieurs secteurs au nord-ouest de Ramadi, selon MM. Abouricha et Saddak.
    Le colonel de police Ahmed Choufir a pour sa part indiqué que les Brigades Hamza, un groupe qui avait lutté par le passé contre les extrémistes liés à Al-Qaïda, avait repris du service. Il a indiqué que ce groupe avait pour mission de repousser les insurgés hors des secteurs qu'ils tiennent à l'ouest de Haditha, une autre ville de la province d'al-Anbar.

    Les Kurdes tentent de reprendre le barrage de Mossoul aux jihadistes de l’EI
    Les forces kurdes, soutenues par l'aviation américaine, ont lancé samedi 16 août une offensive pour reprendre aux jihadistes de l'Etat islamique (EI) le barrage de Mossoul que ces derniers avaient occupé le 7 août dernier.
    Les peshmergas soutenus par l’armée de l’air américaine ont réussi à reprendre le contrôle du côté est du barrage et les combats continuent.

    Nouvelles informations sur des massacres commis par les jihadistes de l’EI
    Des jihadistes ont tué des dizaines de personnes, en majorité des membres de la minorité yazidie, dans le village irakien de Kocho (nord), selon des témoins et des responsables locaux.
    "Nous avons des informations de nombreuses sources, dans la région et via les services de renseignement, que (vendredi 15 août) après-midi, un convoi d'hommes armés (de l'EI) est entré dans ce village", a déclaré à l'AFP un haut responsable irakien, Hoshyar Zebari. "Ils s'en sont pris aux habitants, en majorité des Yazidis qui n'ont pas fui leurs maisons", a-t-il dit, en référence à cette minorité kurdophone non-musulmane, considérée comme hérétique par les jihadistes. "Ils ont commis un massacre contre les habitants", a affirmé M. Zebari, disant qu'"environ 80 personnes ont été tuées".
    Harim Kamal Agha, un haut responsable de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) dans la province de Dohuk, frontalière de celle de Ninive, a fait état de 81 morts, ajoutant que les assaillants avaient conduit les femmes dans des centres de détention qu'ils contrôlent.
    Mohsen Tawwal, un combattant yazidi, a affirmé à l'AFP par téléphone avoir vu un grand nombre de corps dans le village. "On a réussi à pénétrer dans une partie de Kocho, où les habitants étaient assiégés, mais on est arrivé trop tard", a-t-il dit. "Il y avait des cadavres partout. On a seulement réussi à emmener deux personnes vivantes, toutes les autres ont été tuées", a-t-il ajouté.

    Le leader de l’EI a fui vers la Syrie
    Le leader de l’Etat Islamique, le calife autoproclamé Abou Bakr al-Baghdadi aurait fui Mossoul pour revenir en Syrie afin d’échapper à d’éventuelles frappes aériennes américaines. C’est tout au moins ce qu’a affirmé Saeed Mamo Zinni, le porte-parole du PDK, le Parti Démocratique du Kurdistan, au quotidien As-Sharq al-Awsat.
    Selon les services de renseignement, Abou Bakr al-Baghdadi aurait gagné la Syrie dans un convoi de 30 véhicules Humvee.

    Front syrien

    Mleiha a bien été prise par les soldats d’Assad
    Cette vidéo de l’AFP confirme la prise de Mleiha par l'armée d'Assad, un succès après une longue série de revers. Les rebelles avaient réussi à rompre le siège de la ville mais ils n'étaient pas parvenus à se redéployer pour consolider leurs gains, ce qui a permis à l’armée de lancer une contre-offensive victorieuse.
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=mf-Xi-TdLvg

    Bataille de Marea entre les Jihadistes de l’Etat Islamique et les rebelles du Front Islamique
    De violents combats ont eu lieu samedi 16 août entre les rebelles du Front Islamique (pro-saoudien) et les Jihadistes de l’Etat Islamique à l’est de Marea. Cette localité est la place forte du Front islamique, le plus important groupe rebelle qui combat à la fois  les troupes d’Assad et les jihadistes de l’Etat Islamique. Le Front Islamique est soutenu par l’Arabie saoudite.
    "La pression militaire est maintenant sur Marea, ", a déclaré Abou Omar, porte-parole du Conseil Révolutionnaire de Marea.
    Les rebelles ont envoyé des renforts et des armes pour défendre Marea, comme en témoigne cette vidéo qui montre une colonne des Kataëb al-Zanki partant pour la région.
    https://www.youtube.com/watch?v=4lYW8ql-APs&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng&feature=player_detailpage
    "Les rebelles considèrent qu'il s'agit d'une des batailles les plus importantes contre l’Etat Islamique... Il n'est pas question de perdre», a ajouté Abou Omar.
    Les Jihadistes de l’Etat Islamique utilisent des armes lourdes, parmi lesquelles des chars et de l’artillerie, saisies à l’occasion de la  déroute de l'armée irakienne lors de l’offensive éclair de Juin dernier. Ces armes avaient été fournies aux forces irakiennes par les Etats-Unis.
    Les Jihadistes de l’Etat Islamique se sont déjà emparés d’une dizaine de villages dans la région de Marea et Azaz les 14 et 15 août. On craint beaucoup pour les dizaines de rebelles capturés compte tenu de la cruauté dont font preuve les Jihadistes envers leurs prisonniers.
    Azaz, à côté de la frontière avec la Turquie, est une autre cible des Jihadistes de l’Etat Islamique qui cherchent à  développer leur "califat" autoproclamé en Syrie et en Irak

    Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

  • Rififi politique à Bagdad - pendant ce temps le pays brûle !

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    Le président Massoum a désigné un nouveau Premier ministre en remplacement de Nouri al-Maliki

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  • 11 août 2014 – Les guerres du Moyen Orient

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    Irak

    Toujours l’impasse politique
    Dimanche 10 août, le Parlement irakien ne s’est toujours pas mis d’accord, malgré l’urgence et les pressions internationales, sur le choix d’un nouveau premier ministre et a fixé la prochaine session au  19 Août.
    "Il ne peut y avoir aucune explication pour ce retard", a déclaré Ammar Toma, un député chiite. "Il ya des questions importantes sur la table: la situation sécuritaire et les personnes déplacées."
    L'Assemblée législative irakienne, élue le 30 Avril, a échoué pendant des semaines à se mettre d’accord sur le choix d’un nouveau premier ministre malgré l'offensive des Jihadistes sunnites. Ces dernières semaines, elle a pourtant réussi à trouver un consensus pour choisir un nouveau président du Parlement parmi la communauté sunnite et un président appartenant à la communauté kurde, mais les partis se disputent toujours sur le choix d'un Premier ministre chiite, Nouri al-Maliki, le premier ministre actuel, très contesté, se battant pour conserver le pouvoir.

    Une autre mauvaise nouvelle pour l’Irak
    Nouri al-Maliki avait saisi la Cour fédérale accusant le nouveau président, Fouad Massoum, un Kurde, d'avoir enfreint la constitution en ne confiant pas à son parti la charge de désigner le futur chef du gouvernement.
    La Cour suprême fédérale irakienne vient de lui donner raison, lundi11 août. Elle donne le droit au Premier ministre sortant, Nouri al-Maliki,  de former un nouveau gouvernement. Maliki dispose au Parlement du bloc le plus important à l’issue des dernières élections.
    C’est un mauvais coup pour l’Irak, même si légalement il n’y a rien à reprocher à cette décision de la Cour fédérale. Nouri al-Maliki a en effet une lourde responsabilité dans la révolte de Sunnites pour avoir attisé les tensions confessionnelles en donnant la priorité à la communauté chiite à laquelle il appartient. Cette politique sectaire a facilité l'offensive des jihadistes sunnites de l'Etat islamique (EI) en lui assurant le soutien de la population sunnite révoltée. Les Américains s’étaient beaucoup démenés pour tenter de convaincre des groupes parlementaires hostiles à Maliki de s’unir pour présenter leur propre candidat.

    Sur le théâtre des opérations

    Le barrage de Mossoul est bien entre les mains des Jihadistes de l’Etat Islamique
    Les Kurdes avaient prétendu ne pas avoir perdu le contrôle du barrage de Tel Kaif Ninive, le barrage de Mossoul. Mais ces deux vidéos récentes attestent que les Jihadistes contrôlent bien cet ouvrage. Ils peuvent désormais décider de l’approvisionnement du nord du pays en eau et électricité :
    https://www.youtube.com/watch?v=96PfqbAYQiI&feature=player_detailpage&list=UUXlQjCFr2NXJK-wLqsTFU1Q
    et
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=Xz3EPpZulBw&list=UUXlQjCFr2NXJK-wLqsTFU1Q

    Kurdistan

    Les Kurdes ont forcé la main des Occidentaux:
    Les Kurdes étaient bien seuls face aux Jihadistes de l’Etat Islamique. Leurs lignes étaient étirées en raison des soudains gains territoriaux qu’ils avaient fait suite au brutal effondrement de l’armée irakienne basée dans les régions sunnites.
    Depuis l’armée irakienne, qui se battait plus proche de ses bases et aussi beaucoup plus motivée à protéger les régions chiites dont la majorité des soldats étaient originaires, s’était ressaisie.
    L’armée de l’air irakienne poursuivait, jour après jour, la destruction du matériel militaire, la plupart du temps d’origine américaine, que les Jihadistes avaient récupéré des stocks de l’armée dans les régions conquises. Et ces frappes étaient extrêmement efficaces comme en témoigne cette vidéo du ministère de la défense irakien :
    https://www.youtube.com/watch?v=oM0T-Eczt3k&feature=player_detailpage&list=UUXlQjCFr2NXJK-wLqsTFU1Q
    Mais les jets de l’armée irakienne n’ont prêté aucune assistance aux Peshmergas, les laissant seuls face à leurs adversaires.
    C’est pourquoi, lorsque les Jihadistes ont attaqué la ville à majorité chrétienne de Qaraqosh, les Kurdes sunnites ont entrepris un brutal retrait en plein milieu de la nuit, laissant la localité ouverte aux Jihadistes et provoquant un exode massif de la population. Le message était clair : C’est à la communauté internationale de défendre les Chrétiens. Les Kurdes avaient bien remarqué que le sort des Chrétiens concernait au plus haut point l’Etat français qui multipliait les déclarations de soutien.
    Le calcul était juste. Presqu’instantanément, Américains puis Français et Britanniques ont accouru à l’aide. Et cette fois-ci, ce sont les Kurdes qui vont bénéficier de la puissance militaire U.S. Les jets et les drones américains bombardent bien des cibles jihadistes en Irak mais essentiellement en soutien aux Peshmergas. Pas une seule frappe n’a encore concerné une cible jihadiste dans le reste du pays. Le risque serait trop important de devenir parti prenante dans le conflit sunnite-chiite.

    Breaking news : Les Américains ont commencé à donner des armes aux Kurdes
    Des sources haut placées du Pentagone ont révélé que l’administration Obama avait commencé à fournir des armes aux Peshmergas.

    Une autre minorité est menacée par les Jihadistes : les Yazidis
    Pour montrer leur  bonne volonté, maintenant que les Occidentaux ont accouru à leur rescousse, et pour prouver le bien fondé de cette aide, les Kurdes se sont portés aussitôt à l’aide d’une autre minorité menacée : les Yazidis
    On craint qu’au moins 500 membres de la communauté Yazidi ont perdu la vie au cours de l’offensive des Jihadistes contre la ville de Sinjar, une ville où la population appartenait en majorité à la communauté yazidi.
    Les Jihadistes auraient enterré vivants certaines de leurs victimes, y compris des femmes et des enfants. Des rumeurs prétendent également que 300 femmes auraient été enlevées.
    Les Kurdes, aidés de leurs frères syriens auraient réussi à se frayer un chemin jusqu’aux monts Sinjar où des dizaines de milliers de Yazidis avaient fui l’avancée des Jihadistes, pour en évacuer 15000 à 20000 vers le Kurdistan syrien avant de les faire passer au Kurdistan irakien. Mais il en reste encore des milliers errant dans les montagnes sans eau et sans nourriture. 
    C'est pour les aider que l’armée de l’air américaine a parachuté au-dessus des monts Sinjar de la nourriture et de l’eau :
    https://www.youtube.com/watch?v=L8r7XlI-KCs&list=UUNEEHeS9Y2yFVLbWGeHhbYA&feature=player_detailpage

    La localité kurde de Jalawla est tombée aux mains des Jihadistes de l'Etat Islamique
    Jalawla fait partie des territoires du nord de l'Irak que les dirigeants du Kurdistan irakien souhaitent intégrer à leur région autonome. Mais les Peshmergas n’ont pu résister à l’offensive des Jihadistes de l’Etat Islamique. Ceux-ci viennent de s’emparer de cette localité. Cette vidéo montre le combat désespéré des Peshmergas contre les Jihadistes : 
    https://www.youtube.com/watch?v=H6dgy8hjtn8&feature=player_detailpage&list=UUNoazHVgGDtXhHwY3maknuw


    Front syrien

    Alep
    L’aviation de Bachar el-Assad a multiplié les raids sur divers fronts pour tenter de mettre un terme à la série de revers que les forces fidèles à Assad ont subi ces dernières semaines. Les bombardements ont été particulièrement intenses à Alep où 35 personnes ont perdu la vie.
    https://www.youtube.com/watch?v=lpadvqACczs&feature=player_embedded
    Au total, ce sont 84 personnes qui ont été tuées dans l’ensemble du pays au cours de la journée du dimanche 10 août.

    102.054 morts confirmés en Syrie
    Le Centre de Documentation des Violations a confirmé le décès de 102.054 personnes en Syrie depuis l’éclatement de la révolte en mars 2011I.
    73.561 d’entre elles sont des civils

    L’Etat Islamique conforte ses positions à Raqqa :
    Les Jihadistes de l'Etat Islamique ont saisi beaucoup de matériel appartenant à la division mécanique du Bataillon 93 qu’ils ont anéanti au nord de Raqqa :
    https://www.youtube.com/watch?list=UUXlQjCFr2NXJK-wLqsTFU1Q&v=L6Gf-RLI0zc&feature=player_detailpage

    Aéroport de Damas
    Les rebelles contrôlent de nouvelles positions autour de l’aéroport de Damas.

    Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espionsà

  • Irak - Le premier ministre , Nouri al-Maliki, renoncerait à poursuivre son mandat

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    Le premier ministre Nouri al-Maliki renoncerait à postuler au poste de premier ministre
    Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki se serait abstenu de se porter candidat à un nouveau mandat à la tête de l'exécutif après l'appel de la Marjaiya (haute référence religieuse en Irak) et de l'Iran lui demandant de s’abstenir de présenter sa candidature !
    Les Etats-Unis n’ont eu de cesse, depuis des mois, de demander à Nouri al-Maliki d’abandonner le pouvoir en raison d’une politique pro chiite qui a braqué la population sunnite irakienne.
    Le départ de Nouri al-Maliki permettra-t-il de mettre un terme aux dissensions qui secouent la coalition nationale et qui mettent en danger l'unité du pays ? C’est toute la question car il semble que Sunnites et Kurdes soient peu disposés à rejoindre un quelconque gouvernement de coalition dans l’état actuel d’insécurité et de tensions qui règne dans le pays.
    Les discussions ont pourtant débuté pour permettre à la coalition de l'union nationale de trouver un candidat acceptable par tous  à la place de Nouri al-Maliki.

    Les nouvelles ne sont pas bonnes sur le terrain
    L’armée irakienne avait juré de reprendre Tikrit dans les deux jours aux Jihadistes de l’Etat Islamique et aux tribus sunnites. Les troupes gouvernementales, auxquelles s’étaient jointes des milices chiites, ont été forcées de se replier juste avant la tombée de la nuit mardi 15 juillet vers une base située à quatre kilomètres au sud de Tikrit. Elles ont été contraintes d’abandonner le terrain en raison de tirs nourris de mortiers et de tireurs isolés.
    Cela fait deux semaines que l’armée irakienne, épaulée par des volontaires chiites, essaye reprendre Tikrit tombée le 12 juin aux mains des rebelles sunnites.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

     

  • Et pendant ce temps là…en Irak

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    Les combats continuent
    On pourrait croire que la situation s’est apaisée en Irak ou en Syrie, vu que les medias ont tous les yeux braqués sur Israël et Gaza. Il n’en est rien. Les combats se poursuivent sans discontinuer dans la plupart des régions ouest et nord de l’Irak.

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  • Les Kurdes irakiens s’emparent de deux champs pétroliers près de Kirkouk

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    Le torchon brûle entre Nouri al-Maliki et les Kurdes
    Comme on pouvait s’y attendre, il est peu probable que les Kurdes irakiens acceptent de s’associer à une quelconque union gouvernementale irakienne. Les Kurdes ont même qualifié Nouri al-Maliki d’hystérique avant de claquer la porte. Celui-ci avait accusé les Kurdes d’abriter des Jihadistes sur leur territoire.

    Deux champs pétroliers occupés par les Kurdes
    Les Peshmergas kurdes ont pris le contrôle des champs pétroliers de Kirkouk et de Bey Hassan, au matin du 11 juillet 2014.
    "Les membres du gouvernement régional du Kurdistan et les forces de protection du pétrole de Kirkouk ont sécurisé les champs de pétrole des zones de Bey Hassan et de la zone de Makhmour", a annoncé le gouvernement kurde dans un communiqué.
    "La production des nouveaux champs maintenant sous contrôle kurde va servir d'abord à faire face à la pénurie de produits raffinés sur le marché intérieur", a ajouté le communiqué, précisant que le personnel était invité à coopérer ou à partir.
    Les deux champs pétroliers ont une capacité de production journalière de 400.000 barils par jour.
    Pour le gouvernement irakien, il s’agit d’un "comportement irresponsable qui viole la constitution et la richesse nationale, et ne tient pas compte des autorités fédérales et menace l'unité nationale."

    Les Kurdes vont organiser un référendum sur leur indépendance
    Les Kurdes ont affirmé, de leur côté, que le Kurdistan leur appartient et qu’ils n’ont nulle intention de l’évacuer. Ils annoncent qu’un référendum sur l’indépendance du Kurdistan sera organisé prochainement.

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    Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

  • La plus grande confusion règne en Irak

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    Des réunions secrètes avaient eu lieu entre Américains, Saoudiens, Turcs, Qataris et Emiratis dans des hôtels d’Arbil, d’Amman et d’Istambul
    C’était au temps où Américains et Saoudiens faisaient semblant de coordonner leurs actions pour régler les conflits du Moyen orient. Un temps très bref qui va de la visite de Barak Obama à Riyad, le 28 mars 2014 jusqu’aux rencontres directes entre les Etats-Unis et l’Iran à Genève, le 9 juin 2014. Ces rencontres avaient eu le don de mettre les Saoudiens en colère et c’est sans doute pour cette raison que l’Irak a explosé. 
    Et pourtant, au temps où Américains et Saoudiens faisaient encore mine d’être d’accord, un plan avait été mis au point par les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar les Emirats Unis pour tenter de mettre un terme à la situation de guerre civile qui régnait en Irak et contrer autant l’Iran que les Jihadistes d’al-Qaïda.

    Le plan mis au point consistait à trouver un remplaçant à Nouri al-Maliki
    Le remplacement de Nouri al-Maliki, le premier ministre chiite, était la condition indispensable pour apaiser les Sunnites irakiens. Le problème est que la coalition de Nouri al-Maliki, l'Etat de Droit, avait gagné les  dernières élections législatives du 30 avril 2014. Elle avait  remporté 96 sièges, sur les 328 du parlement irakien. Le courant sadriste qui était venu en seconde position ne disposait que de 32 sièges. L’objectif était donc de pousser les députés irakiens à créer un nouveau front politique contre Nouri al-Maliki.
    On avait pensé, au cours des diverses réunions citées plus haut, constituer un « Bloc des Forces Nationales » réunissant 50 députés sunnites. Ce bloc devait occuper la deuxième position derrière « l’Etat de droit » de Nouri al-Maliki. Si en plus les députés de la liste Al-Wataniyah, présidée par Iyad Allaoui, voulaient bien s’y associer, (21 sièges), on aurait eu alors une alliance forte de 70 sièges
    C’est dans ce but que les membres de l’Union des forces nationales avaient établi des contacts secrets avec le courant sadriste. Ils pensaient avoir trouvé un thème commun : «non à Maliki, oui à la formation d’un gouvernement de coopération nationale».
    Le but de ces consultations était de faire accéder au poste de Premier ministre une personnalité chiite dont un tiers des partisans serait chiite, tandis que les deux autres tiers auraient été sunnite et kurde.

    L’offensive menée par Daesh (Etat Islamique) au nord et à l’ouest de l’Irak a mis un terme à ce plan
    Pour être plus exact, c’est l’annonce de rencontres directes entre Américains et Iraniens à Genève qui a fait voler ce plan en éclats. Les Saoudiens ont voulu rappeler aux Américains que rien ne pouvait se faire sans eux dans la région. Ils ont autorisé les tribus sunnites à se joindre à l’Etat Islamique d’Irak et du Levant pour une grande offensive jusqu’à Bagdad. Mais le plan saoudien a, lui aussi, dérapé en raison de la facilité avec laquelle les Jihadistes de l’EIIL et les tribus sunnites ont mis en déroute l’armée irakienne. Personne ne s’attendait à une telle débandade des soldats irakiens équipés à grands frais et formés par les conseillers « yankees ». On n’est plus très loin de l’histoire de l’arroseur arrosé !

    Les Irakiens semblent incapables de s'unir pour sortir leur pays du chaos
    Le 1er juillet, une séance inaugurale du Parlement issu du scrutin du 30 avril devait avoir lieu pour élire un président du Parlement, puis élire un président de la République qui aurait alors désigné le prochain premier ministre. Cette première séance s’est déroulée dans le chaos le plus complet, les députés s'invectivant ou quittant la salle. Le chef du gouvernement sortant, Nouri al-Maliki, au pouvoir depuis 2006 et très contesté en raison de son autoritarisme et sa volonté de marginaliser les minorités sunnite et kurde, a martelé qu'il ne renoncerait « jamais » à présenter sa candidature. Du coup, les députés sunnites et kurdes ont refusé de le voir rester à son poste. Les Kurdes ont de toute façon la ferme intention de poursuivre leur aspiration à l’indépendance. Quant aux Sunnites, les succès militaires de l’EI et des tribus les ont mis dans une position de force.

    Le Chaos est limité à la communauté chiite
    Pour les Sunnites et les Kurdes, les divergences politiques qui sèment le chaos au sein de la chambre des députés sont un problème pour les Chiites seulement.
    Le dignitaire chiite Moktada al-Sadr refuse de laisser Nouri al-Maliki briguer un troisième mandat à la tête du gouvernement. Il estime que la politique suivie par Maliki a plongé l’Irak dans le chaos. Il demande à la Coalition de l’Etat de Droit, qui a remporté les élections et qui soutient Nouri al-Maliki, de nommer un autre candidat pour occuper le poste de premier ministre.
    Une position soutenue par Dhiya al-Assadi, secrétaire général du bloc al-Ahrar, parti politique chiite fidèle à Sadr. « Nous n'avons aucun problème avec un candidat de l'État de droit tant que ce n'est pas Maliki », a-t-il dit.

    Enlisement sur le terrain
    Pendant que le pays est paralysé sur le plan politique, aucun progrès n’est obtenu par l’armée sur le terrain. Les forces gouvernementales n’ont pas réussi à reprendre Tikrit après huit jours d’offensive. Au contraire, elles résistent tant bien que mal sur une base aérienne de la ville. 
    C’est sans doute pour cette raison que les autorités ont limogé le commandant des forces terrestres, Ali Ghaidan. Ce général avait fui Mossoul au début de l'offensive jihadiste. Il vient d’être mis à la retraite, de même que le chef de la police fédérale Mohsen al-Kaabi. Le problème est que l’armée irakienne, qui manquait déjà de cadres compétents au sein du commandement, perd de plus en plus d’officiers.
    On apprenait aujourd’hui que le commandant de la sixième brigade de l'armée irakienne, le général Najm Abdallah Sudan, avait été tué lundi 7 juillet dans un bombardement à l'ouest de Bagdad. Le général a été tué dans la région d’Abou Ghraib, à une vingtaine de km à l'ouest de Bagdad. Cela fait encore un officier supérieur de moins.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)