Harakat Hazm - Page 2

  • 5 décembre 2014 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Arabie saoudite

    Un religieux saoudien dit tout le mal qu’il pense de l’Etat Islamique
    Le religieux saoudien Sa’ad al-Shathri est apparu sur la télévision asoudienne al-Majd, le 31 août 2014 pour menacer tous ceux qui rejoindraient l’EI de finir en enfer :
    https://www.youtube.com/watch?v=i-lue4i8yVk&feature=player_embedded

    Front irakien

    Important raid de l’armée de l’air française
    Les avions français ont mené, vendredi 5 décembre, un raid "important" sur des objectifs en Irak.
    Depuis le début des opérations de la coalition internationale, les avions français basés aux Emirats Arabes Unis et depuis peu en Jordanie ont mené au total "120 à 130 missions" (renseignement et bombardements confondus) contre l’Etat Islamique.

    Vidéo d’un bombardement de la coalition internationale dans la région de Mossoul
    La vidéo a été mise en ligne en début d’après-midi du vendredi 5 décembre :
    https://www.youtube.com/watch?v=cEEZxLkKcpw&feature=player_detailpage&list=UUNoazHVgGDtXhHwY3maknuw
    Cette autre vidéo montre un bombardement aérien de la coalition internationale pour soutenir les Peshmergas sur le mont Bashik :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=42fa9f2da3fa

    Front libanais

    Un chef jihadiste menace le Liban pour la capture de sa femme
    Anas Charkas, un chef de l’Etat Islamique et non du Front al-Nosra, comme on l’avait cru au début, a affirmé que la femme arrêtée par la sûreté libanaise, Ola Mithqal al-Oqaily, était son épouse et non pas celle d’Abou Baker al-Baghdadi, le calife autoproclamé de l’EI.
     Anas Sharkas, également connu sous son nom de guerre d'Abou Ali Shishani, a promis d'enlever des femmes et des enfants libanais si sa femme et ses enfants n’étaient pas libérés dans les plus brefs délais. Il a fait cette annonce sur une vidéo postée en ligne.
    Assis sous un drapeau de l’Etat islamique, Sishani a exhorté les musulmans sunnites du Liban à se soulever contre les autorités et à cibler les chiites dans le pays.

    Front libyen

    Poste frontière entre la Libye et la Tunisie de Ras Jedir
    L’armée libyenne fidèle au gouvernement reconnu par la communauté internationale, celui d’al-Thinni, a demandé aux Islamistes de L’aube de la Libye, qui occupent le poste frontière de Ras Jedir, de l’évacuer immédiatement. L’armée a affirmé qu’elle en reprendrait le contrôle le 6 décembre. Et pour rendre les menaces plus crédibles, l’armée de l’air a bombardé un dépôt à Ras Jedir.
    Le poste de Ras Jedir est extrêmement fréquenté, particulièrement par les camions qui transportent de l’alimentation pour la Libye.

    Front syrien

    Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
    Cette vidéo kurde montre la situation à l’intérieur de Kobane.
    S’appellant « heval », ce qui équivaut à « camarade », les combattants kurdes de l’YPG se battent avec une énergie « révolutionnaire ». Un sentiment de camaraderie s’est développé entre les défenseurs entre garçons et filles à l’intérieur des bâtiments dévastés par deux mois de combats. Il n’est pas rare de trouver les membres d’une même famille sur les lignes de front.
    Un reportage exclusif a été réalisé par la journaliste Jake Simkin qui a passé une semaine à l’intérieur de Kobané à la fin du mois dernier. Son reportage offre un rare aperçu des
    hommes et des femmes luttant pour contre les Jihadistes de l’EI dans la ville kurde.
    Un tireur d'élite kurde, surnommé Zinar (kurde pour "le roc"), a déclaré : "Nous
    nous battons pour la liberté. La liberté n’est pas quelque chose que vous pouvez facilement obtenir ou quelque chose que quelqu'un vous donne. La liberté est obtenue que si vous sortez et l’obtenez par vous-même ".
    La ville est aujourd’hui en ruines après deux mois de combats, de bombardements au canon, d’attaques-suicides et de raids aériens de la coalition internationale.
    Un quart des combattants kurdes sont des femmes. Le commandant des combattantes femmes est âgée de 21 ans. Elle s’appelle Medea Raqqa. Elle a expliqué que la présence de femmes kurdes dans les combats avait fortement perturbé les Jihadistes. Les combattants de l’EI ont peur quand ils entendent nos voix, a-t-elle affirmé. Ils croient que s’ils sont tués par une femme ils ne pourront pas entrer au paradis !
    Vidéo-reportage (langues  kurde et arabe)  - mais les images parlent d’elles mêmes :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=0b844302f204

    Alep
    Les rebelles ne manquent pas d’imagination pour compenser le manque d’armes lourdes comme le montre cette vidéo :
    Vidéo du double canon « hell monster » :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=f9ec3fba9e67

    Deir ez-Zhor
    Une grande bataille se déroule actuellement entre la 104ème brigade parachutiste des Gardes Républicains (AAS) et les Jihadistes de l’Etat Islamique pour le contrôle de la base aérienne de Deir ez-Zhor. Le problème est que les informations sont divergentes selon les belligérants.
    Les jihadistes de Daech affirment avoir fait une avancée vers l’aéroport militaire de Deir ez-Zhor. Cet aéroport avait été construit par les Britanniques durant la seconde guerre mondiale. Il est l’objectif de l’Etat Islamique depuis des mois.
    Les Jihadistes affirment avoir pris le bâtiment de l’école du quartier d'al-Jaffrah, adjacent à l'aéroport militaire. Ils disent avoir réussi à pénétrer le système de défense de l’armée au niveau de l’aquarium et du château d’eau, encerclant pratiquement les forces gouvernementales. Selon eux, l’armée L’AAS n’aurait plus désormais qu’une seule voie de ravitaillement terrestre à l’ouest de l’aéroport.
    Les Jihadistes prétendent également avoir pris le contrôle des quartiers d’al-Mari’ayyi et al-Rusaafa pour rejoindre d’autres combattants islamistes.
    Contrairement aux informations données par les Jihadistes, l’armée affirme qu’elle n’a pas perdu le contrôle du quartier d’al-Mari’ayyi et que les combats étaient peu intenses dans le quartier d’al-Jaffrah.
    L’AAS affirme au contraire avoir infligé, vendredi 5 décembre, de lourdes pertes aux Jihadistes, tuant une vingtaine d’entre eux et s’emparant de trois de leurs véhicules.
    Les combats se poursuivraient à l’intérieur d’al-Mari’ayyi et l’armée aurait reçu le renfort des Forces de la Défense Nationale.
    Les Jihadistes avaient également affirmé s’être emparé de l’île d’al-Sakr, une information difficile à imaginer tant ce secteur est une place-forte de l’armée.  Celle-ci aurait reçu des renforts et du ravitaillement par un bateau sur le fleuve Euphrate. Cela a permis à la 104ème brigade de lancer une contre-offensive. Les Jihadistes ont quand même réussi à s’emparer d’un quai de débarquement sur la partie orientale de l’île, ainsi que d’un pont suspendu reliant l’île au continent à l’est.  Mais les Islamistes ont dû abandonner une large partie du terrain conquis sous la pression combinée de l’armée de l’air syrienne et des soldats de la 104ème parachutiste. Ils auraient réussi, au cours de leur offensive, à récupérer un tank T-55 de l’EI après un violent affrontement dans la matinée du vendredi 5 décembre.
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    Tank T-55 capturé

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les Jihadistes ont aussi affirmé s’être emparé d’al-Rusaafa. L’assaut a débuté dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 décembre par une attaque suicide contre un check-point de l’armée, lancée par un Libyen, Abou Hafiza al-Libii. L’attaque aurait échoué, si l’on en croit l’armée. Celle-ci aurait réussi à conserver ses positions malgré les assauts incessants de Jihadistes très déterminés. 
    Il faut dire que les soldats savent qu’ils n’ont pas d’autre choix que de résister jusqu’à la mort car ils ont appris que deux de leurs compagnons avaient été décapités après leur capture. Les photos d’un soldat en pleurs, implorant ses bourreaux ont été largement diffusées sur les médias jihadistes.

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    Bataille de Deir ez-Zhor

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les Américains ont-ils fourni de l’armement lourd aux brigades de l’Armée Syrienne Libre ?
    Les rebelles de la brigade Hazm ont été formés par des conseillers militaires américains sur une base jordanienne. A l'origine, le mouvement avait pris le nom de Harakat Zaman Mohammad (Le Mouvement de la Durée de Muhammad), un nom trop « islamiste » pour les Américains. Il a été remplacé par Harakat Hazm, un nom politiquement plus modéré.
    L’objectif du mouvement rebelle reste la lutte contre le pouvoir de Bachar el-Assad. Mais ils ont également reçu la mission de lutter contre les mouvements jihadistes, et en premier lieu l’Etat Islamique. Les combattants du mouvement Hazm ont reçu beaucoup d’armements lourds, et notamment des missiles sol-sol TOW de fabrication US comme le montre cette vidéo :
    Vidéo :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=27f87b2d9a89
    Cette vidéo montre une autre brigade rebelle bombardant au canon des positions de l’Etat Islamique
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8b5960013679

    Programme Alimentaire Mondial (PAM)
    Le Programme alimentaire mondial (PAM), qui avait annoncé lundi 1er décembre suspendre son aide aux réfugiés syriens faute de financement, va pouvoir maintenir provisoirement ses opérations grâce à un afflux des dons qui ont atteint 21,5 millions de dollars en 24 heures.
    Les fonds reçus, qui représentent le tiers des besoins pour décembre, proviennent d'individus, d'entreprises et de gouvernements. Il y a eu plus de 10 000 donateurs en 24 heures, a précisé à l'AFP Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM qui avait lancé mercredi 3 décembre une campagne sur les réseaux sociaux.
    Toutefois, le PAM a encore besoin de 42,5 millions supplémentaires pour continuer à distribuer jusqu'à la fin du mois des coupons d'achats alimentaires à 1,7 million de réfugiés syriens au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Egypte, a précisé Mme Byrs.
    Quelque 4 millions de Syriens restés à l'intérieur du pays recevront des rations en décembre, car celles-ci avaient été déjà achetées mais s'il n'y a pas de nouveaux financements, les opérations devront être arrêtées en février 2015, a précisé Mme Byrs. Au total jusqu'à fin février, le PAM a besoin de 353 millions de dollars pour ses opérations à l'intérieur et à l'extérieur de la Syrie.

    Jihadisme international

    Allemagne
    Un tribunal allemand a condamné, vendredi 5 décembre, à trois ans et neuf mois de prison ferme un homme de 20 ans. Il était jugé pour avoir rallié les rangs de l'organisation Daech (Etat islamique-EI) en Syrie.
    Kreshnik Berisha a été condamné par le tribunal de Francfort pour "appartenance à une organisation terroriste étrangère".
    Il avait participé, dans les rangs de Daech, à des combats contre l’armée syrienne entre juillet et décembre 2013. Il avait été arrêté à son retour de Syrie, le 12 décembre 2013, à l'aéroport de Francfort.
    Il encourait théoriquement 10 ans de prison mais lors de la première audience, le 15 septembre, les juges lui avaient proposé une peine comprise entre 3 ans et trois mois et 4 ans et trois mois en échange d'une reconnaissance de sa culpabilité.
    Selon le ministre de l'Intérieur allemand, Thomas de Maizière, environ 550 Allemands sont partis combattre dans les rangs de Daech en Syrie et en Irak.
    Les renseignements intérieurs allemands estiment qu'au moins 60 Allemands partis combattre au Moyen-Orient dans les rangs de Daech y ont trouvé la mort.

    Grande Bretagne
    Deux hommes ont été condamnés vendredi 5 décembre par un tribunal à 12 ans et huit mois  de prison ferme pour avoir rejoint les rangs d'une organisation terroriste en Syrie.
    Mohammed Ahmed et Yusuf Sarwar, deux amis d'enfance originaires de Birmingham et âgés de 22 ans, s'étaient rendus en Syrie en mai 2013. Ils avaient été arrêtés à leur retour en Grande-Bretagne au mois de janvier 2014.
    Les deux jeunes gens avaient fait croire à leur famille qu'ils partaient en Turquie alors qu'ils se rendaient en Syrie. Mais Yusuf Sanwar avait laissé une lettre indiquant son intention de faire le jihad.
    Les deux familles avaient réussi à leur faire rebrousser chemin au bout de quelques mois, et la police, qu'elles avaient avertie, les attendaient à leur arrivée à l'aéroport d'Heathrow.

    Norvège
    Les services de renseignement norvégiens ont annoncé vendredi 5 décembre avoir arrêté un jeune pakistano-norvégien revenu blessé par balle de Syrie en février 2014.
    "Nous avons arrêté une personne et perquisitionné son domicile dans le cadre d'une enquête en cours", a déclaré à l'AFP une porte-parole du service de renseignement intérieur (PST), Siv Alsen.
    Le jeune homme mis en cause est soupçonné à ce stade de "soutien à une organisation terroriste", un chef d'accusation passible de six ans de prison en Norvège. Il faisait l'objet d'une enquête depuis son retour dans le pays scandinave le 7 février 2014.
    Selon la chaîne TV2, l'homme âgé aujourd'hui de 23 ans présentait des blessures à la jambe à son arrivée à Oslo. Il a affirmé s'être rendu en Syrie pour y apporter une assistance humanitaire.
    Selon le PST, une soixantaine de personnes ayant des liens avec la Norvège se sont rendues en Syrie depuis le début du conflit.

    Jean René Belliard

     

  • 27 et 28 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Front irakien

    L’Etat islamique n’occupe plus que la moitié du terrain conquis en juin 2014 en  Irak
    Partout, les opérations menées par l’armée irakienne ou les Peshmergas kurdes et les milices chiites, avec l’assistance de l’armée de l’air irakienne et la coalition internationale, finissent pas porter leurs fruits.  Après leur déroute au début de l'offensive jihadiste en juin 2014, les forces gouvernementales tentent depuis quelques mois de regagner du terrain avec l'aide des combattants kurdes, de milices chiites et de tribus sunnites, et avec le soutien aérien de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Elles ont réussi à reprendre Jurf al-Sakhr, au sud de Bagdad, Baïji, au nord de la capitale, et faire reculer l'EI dans des zones situées plus au nord. Mais trois des principales villes du pays – Mossoul, Tikrit et Falloujah – restent toujours aux mains des jihadistes.

    Ramadi et Kirkouk
    Les forces irakiennes et des tribus alliées ont pour l’instant réussi à repousser l’offensive de l'État islamique (EI) contre le centre de Ramadi, le chef-lieu de la province sunnite  d'al-Anbar.
    À Ramadi, « nous avons été en mesure de stopper (mercredi soir 26 novembre) l'avancée des combattants près du siège du gouvernement régional », qui était l'objectif de l'assaut de l'EI, a indiqué hier le colonel Haytham al-Daraji, des forces irakiennes. Il a précisé que plus de dix raids aériens avaient visé les troupes jihadistes et que des renforts avaient été envoyés par Bagdad.
    Dans le nord, les combattants kurdes font face à une attaque de l'EI dans la province pétrolière de Kirkouk. Les jihadistes « visent Kirkouk et veulent prendre les sites pétroliers », a précisé un commandant peshmerga Westa Rasul.

    Un commandant de l’Etat Islamique tué au cours d’un bombardement à Mossoul
    Et à Mossoul, plusieurs sources ont indiqué qu'un commandant de l'EI, Abou Chehab al-Souri, avait été tué hier dans cette ville contrôlée par le groupe. Ces mêmes sources ont aussi indiqué que le principal hôpital de la ville avait reçu une trentaine de corps de jihadistes, peu après des bombardements de la coalition internationale dans la région.

    Ne pas crier victoire
    Un peu comme en Syrie, il serait prématuré de crier « victoire » à chaque succès de l’armée irakienne ou des Peshmergas. Ceux-ci ont du mal, en effet, a conserver leurs acquis territoriaux dans les régions sunnites. Chacune de ces victoires est acquise au prix d’exactions et de drames humains qui exaspèrent un peu plus les populations sunnites locales. C’est un problème que connaissent toutes les armées du monde en lutte avec une insurrection populaire.

    La condamnation à mort d’un député sunnite enflamme la communauté sunnite
    La cour criminelle centrale a condamné Ahmad al-Alwani à mort ", a déclaré le porte-parole judiciaire Abdel-Sattar Bayraqdar.
    Le député était accusé de terrorisme par la justice irakienne et notamment tenu responsable pour la mort de deux soldats.
    Les Sunnites irakiens se sentent trahis par la condamnation à mort du député sunnite de Ramadi, Ahmed al-Alwani. Il avait été enlevé lors d'un raid contre son domicile à la fin de Décembre 2013, raid au cours duquel son frère Ali et 15 gardes du corps avaient été tués. Le député sunnite était l’une des grandes voix de la protestation sunnite contre le gouvernement du Chiite Nouri al-Maliki. On s’attendait à plus de clémence de la part du gouvernement de Haydar al-Abadi. Cette condamnation va poser un gros problème au pouvoir irakien car Ahmed al-Alwani est membre du clan Albu Alwan de la tribu Dulaim, la plus grande tribu de la province sunnite d’al-Anbar. Ce jugement va relancer la colère de la tribu contre le gouvernement chiite que beaucoup de sunnites considèrent comme génocidaire. L'enlèvement d’al-Alwani avait déjà été l'une des principales raisons qui avaient dressé les hommes armés des tribus sunnites contre les forces de sécurité dans la province d’al-Anbar, les poussant finalement à faire alliance avec l’Etat Islamique.
    Le condamné a un mois pour interjeter appel de la décision.
    Vidéo en anglais :
    https://www.youtube.com/watch?v=ZAh6x5bctbo&feature=player_embedded

    Les Jihadistes sont encore capables de lancer de violentes offensives
    La raffinerie de Baiji, dont on avait annoncé la libération des mains de l’EI à grands cris de victoire, est toujours menacée par les Jihadistes comme en témoigne cette vidéo. Les combattants de l’EI ont à nouveau réussi à prendre pied à l’intérieur du site industriel. L’opération a débuté par l’attaque kamikaze de deux camions bourrés d’explosifs. L’un des véhicules aurait été conduit par un Marocain, Abou Hamza al-Moughrabi. L’autre kamikaze, est un « Britannique » identifié sous le nom d’Abou Hajar al-Britani. L'explosion de son véhicule, chargé de 1800 kg d'explosifs, a détruit plusieurs chars et pièces d'artillerie.
    LiveLeak-dot-com-fb7_1417193951-B3idQMTCcAAzyId_1417194054_jpg_resized.jpg

    Abu Hajar al-Britani

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Une fois le périmètre de défense de l’armée irakienne anéanti par les deux énormes explosions, les Jihadistes se sont lancés à l’assaut et ont réussi à pénétrer dans l’enceinte. Remarquez l’air martial des Jihadistes comparé aux Peshmergas ou aux soldats irakiens.
    La vidéo a été tournée par l’Etat Islamique (exceptionnel) :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=d603cec4cd66

    Un Jihadiste tchétchène capturé par l’armée irakienne dans la région de Tikrit
    Surprise des soldats : Il sait à peine parler l’arabe :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=68a74318f0e6

    Le général iranien Qassem Soleimani à Jalawla
    souleimani.jpgLe général Qassem Soleimani (assis à droite)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La ville de Jalawlaa, dans la province de Diyala, au nord de l’Irak, a été libérée il y a quelques jours. A cette occasion, on a remarqué la présence du général iranien Qassem Soleimani, le commandant de la force al-Qods, les forces spéciales des Gardiens de la Révolution. Qassem Soleimani peut être considéré comme l’homme fort du Moyen Orient avec autorité sur l’Irak, le Liban et la Syrie.
    Les images de Qassem Soleimani, montrant sa présence physique à Jalawla et largement diffusées dans la presse, sont destinées à montrer le rôle joué par l’Iran dans la lutte contre Daech.

    Lutte d’influence entre l’Iran et les Etats-Unis
    Preuve que l’Iran et les Etats-Unis sont en compétition au Moyen Orient, le  général de brigade Mohammad Reza Naghdi, commandant en chef des  forces de mobilisation, les Bassiji,  a une nouvelle fois menacé  les Etats-Unis. S’adressant directement aux  dirigeants américains, il a déclaré : «Si vous voulez prolonger la durée de vie de votre immonde système pendant un certain temps, vous devez supprimer vos bases militaires dans  les pays islamiques, et abandonner tout soutien à l'entité sioniste. »

    Les Chiites irakiens enjeux de la lutte d’influence entre Téhéran et Washington
    Lorsque l’administration Bush junior a lancé son armée à l’assaut de Bagdad, les Chiites irakiens ont vu dans cette offensive la fin du calvaire qu’ils subissaient de la part de Saddam Hussein et ses sbires. A l’époque peu d’entre eux sentaient une quelconque affinité envers l’Iran. Il y avait peut être une communauté confessionnelle mais les différences de mentalité, l’animosité séculaire entre Perses et Arabes, l’acceptation d’une autorité des chefs religieux dans la vie politique, comme en Iran, empêchaient les Chiites irakiens de se sentir proches de l’Iran, à part peut être quelques étudiants en religion.
    Cela ne veut pas dire que l'Iran n’exerçait pas une influence, mais elle n’avait pas réussi à gagner les cœurs et les esprits des Chiites irakiens et à faire de leur pays une succursale de la révolution islamique iranienne.
    Les choses vont brutalement changer avec l’invasion de larges portions de l’Irak par les Salafistes sunnites de l’EI (Daech). La débandade de l’armée irakienne, notamment des soldats sunnites, en juin 2014, avait laissé Mossoul tomber entre les mains de l’organisation jihadiste. Pire, les Salafistes n’étaient plus qu’à quelques dizaines de mètres du sanctuaire des deux Imams Askari à Samarra, au nord de Bagdad, un haut lieu de la religion chiite.
    L’Iran est alors apparu, aux yeux de beaucoup de Chiites irakiens, désespérés par la situation de leur pays après l’effondrement de l’armée, comme le seul pays capable de défendre l’Irak.
    Un responsable chiite irakien a déclaré : "Hajj Qassem Soleimani [le commandant de la Force al-Qods] et ses hommes ont montré que l'Iran se souciait de l'Irak en tant que nation. Le commandant emblématique est allé lui-même se battre avec les volontaires irakiens qui se sont réjoui de sa présence". Il poursuit : "Si Hajj Qassem et ses hommes n’avaient pas été présents, Daech aurait aujourd'hui détruit les sanctuaires de la maison du Prophète Muhammad, et c’est pourquoi aujourd'hui est un autre jour."
    C’est à partir de l’attaque de l’Etat Islamique contre l’Irak que l'Iran a entrepris un effort généralisé pour accroître son influence politique et religieuse en Irak. Les Iraniens ont été actifs sur le plan militaire, mais également sur le plan religieux. Un chef religieux chiite  irakien, Hashem al-Sayed Haidari, a fait son apparition sur la scène politique et militaire, un peu comme Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah au Liban. Haidari est un fidèle du  guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et tout comme Nasrallah, il sait galvaniser les foules chiites par ses discours enflammés.
    Aujourd’hui, les Iraniens apparaissent comme ceux qui combattent sur le terrain alors que la coalition internationale, pour l’instant, se borne à exécuter des raids aériens sans aucune présence physique au sol.  Et les quelques militaires occidentaux présents sur le terrain se bornent, pour la plupart, à jouer un rôle de conseiller, bien à l’abri dans la zone verte de Bagdad ou à Kirkouk.
    Pour l’instant, l’implication des militaires iraniens sur le terrain est encore limitée en nnombre, mais l'Iran est prêt à renforcer sa présence si le gouvernement irakien lui demande.

    L’Iran ne cesse d’accuser les Etats-Unis de collusion avec l’Etat Islamique
    Hossein Amir-Abdollahian, le ministre des Affaires étrangères, n’y va pas par quatre chemins en ce qui concerne les Etats-Unis. Pour lui,  la coalition internationale conduite par les USA soutient l’Etat Islamique. Les pays occidentaux visent seulement, à son avis, à protéger leurs intérêts dans la région.
    "L'Iran à mis plusieurs fois en garde les Etats-Unis et les pays occidentaux contre les menaces de l’EI et la présence croissante des terroristes dans la région sensible du Moyen-Orient. Ces groupes terroristes poursuivront leurs opérations, sauf si les Etats-Unis et l'Occident adoptent une approche claire pour combattre le terrorisme, " a déclaré Amir-Abdollahian.
    Les responsables iraniens soupçonnent, en effet, la coalition de jouer un double jeu en Irak et en Syrie, même s’ils savent bien que seule une coopération avec la coalition pourra  mettre fin plus rapidement à la bataille avec l’EI.
    Washington s’abstient pour l’instant de répondre aux accusations iraniennes. Les Etats-Unis savent qu’ils ne peuvent se permettre le luxe de rompre le dialogue avec l’Iran en ce moment. Il y a trop d’enjeu actuellement. 
    Les deux pays ont négocié sur le dossier nucléaire avec les yeux rivés sur la Syrie et l'Irak.  C’est peut-être la raison pour laquelle ils ont décidé de continuer les négociations même s’ils n’ont pas réussi à s’entendre pour l’instant.

    Le Hezbollah libanais est présent en Irak
    On sait que des dizaines d'experts militaires hautement qualifiés du Hezbollah libanais sont arrivés en Irak pour aider à la gestion militaire de la bataille.
    "Ils ne se battent pas, mais ils aident avec les tactiques, car ils sont bien expérimentés dans ces batailles. Ils comprennent la mentalité des combattants mieux que quiconque sur le terrain », a révélé un dirigeant irakien. Pour autant, les combattants du Hezbollah ne sont pas directement impliqués dans la guerre.

    Front Syrien

    Batailles en cours
    Deux grandes batailles ont lieu actuellement. La première est celle d’Alep, dans le nord, et la seconde a lieu autour de la base de Cheikh Maskin, au Sud.

    Gouta orientale (à l’est de Damas)
    L’agence officielle SANA affirme que les soldats de l’Armée Arabe Syrienne, renforcés par des éléments du Hezbollah libanais, avaient tué 50 rebelles dans une embuscade mercredi soir 26 novembre, à l'est de Damas. Les rebelles avaient quitté le village de Medaa (dans la Ghouta orientale) pour gagner Dmeir », plus au nord-est.
     
    Alep
    Sur le plan militaire, il semble que les forces d’auto-défense des localités chiites encerclées de Noubboul et Zahra aient réussi à repousser le dernier assaut des Jihadistes de l’EI.
    Vidéo :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=0ebe17b72d69
    La brigade rebelle Hazm, armée et financée par les Etats-Unis, a mis en ligne une vidéo de son activité militaire dans le secteur d’Handarat, à Alep. Peu spectaculaire, mais remarquez le fusil du sniper :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9211aa691ef9
    Sur le plan politique, Damas et Moscou ont affiché pour la première fois leur appui aux « efforts » de l'émissaire de l'ONU, Staffan De Mistura, de « geler » les combats en cours à Alep. C'est ce qu'a affirmé le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, le 27 novembre 2014. En octobre, l'émissaire de l'ONU avait proposé d'instaurer des zones de cessez-le-feu pour permettre la distribution de l'aide humanitaire dans ce pays et estimé qu'Alep pourrait être « une bonne candidate » pour ce type de zone.

    Bataille de Cheikh Maskin (province de Deraa - Sud)
    Une vidéo intéressante montre des missiles anti-chars américains aux mains des combattants rebelles :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=4d05ed4ae489

    Damas et sa banlieue
    J’ai souvent montré des vidéos (côté AAS), tournées par une équipe russe, montrant l’activité des chars contre les positions rebelles.
    Aujourd’hui, c’est une vidéo tournée par les rebelles filmant l’arrivée d’une relève de combattants dans les ruines de Jobar :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=75dd2b357188

    Vidéos de la Brigade rebelle Noureddine az-Zanki
    La brigade rebelle de Noureddine al-Zanki poursuit sa mise en ligne de vidéos impressionnantes mettant en scène l’utilisation de puissants mortiers et de missiles antichars TOWS :
    Vidéos :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=iauqtDMBw3s&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng
    Combats dans le quartier d’al-Rashidin:
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=uvWqZZtKQC4&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng

    Les autorités syriennes fournissent des renseignements sur Daech aux Américains
    L’institut Stratford, proche des services de renseignement américain, a fait une révélation surprenante. Il affirme que les autorités syriennes fourniraient des informations cruciales aux Américains, via les Irakiens.
    Ces informations se rapportent aux organisations jihadistes qui opèrent  sur le sol syrien, Daech (Etat Islamique), et le groupuscule Khorassan, proche d’Al-Qaïda et donc du front al-Nosra.
    Malgré la pression des alliés sunnites et de la Turquie, qui voudraient que les Etats-Unis élargissent leur mission contre Daech pour renverser le régime syrien de Bachar al-Assad, « l’administration américaine préfère éviter ce risque et reste attachée à sa mission principale qui consiste à frapper les groupuscules armés et en même temps à préserver ses liens avec l’Iran. Le gouvernement syrien a bien lu les priorités américaines dans ce conflit et profitent de l’occasion pour se rapprocher des Etats-Unis en s’échangeant les renseignements sensibles », écrit l’institut.
    Selon lui, il est question d’une quantité impressionnante d’informations qui parvient à Washington à travers le gouvernement irakien sur les dépôts d’armes de Daech, leurs centres d’entrainement et leurs sièges de commandement dans le gouvernorat d’Alep, Deir ez-Zhor et Raqqa.
    Toujours selon l’institut, les Américains ont rejeté une proposition de la part des responsables irakiens pour participer à des rencontres des membres des services de renseignement irakiens, américains et Syriens. « L’Iran et ses alliés à Bagdad et Damas pourraient profiter de l’augmentation de la prise de conscience dans la région que les USA ne sont plus liés à leurs partenaires arabes traditionnels et que la carte du renversement d’Assad n’est plus sur la table », estime Stratford.
     « Les USA exploitent leurs performances dans la collecte des informations des services de renseignement pour surveiller l’Etat Islamique et pour vérifier toute information qui lui est fournie d’une partie tierce. En géopolitique, il est préférable qu’ils utilisent leurs relations pour se concentrer sur leur mission et faire l’équilibre entre les différents acteurs du Proche-Orient, quoique la coopération publique avec le régime d’Assad puisse être considérée comme un facteur politique explosif pour l’administration américaine », conclut le centre américain.

    Front égyptien

    Des centaines de militaires et policiers tués par les Salafistes depuis juillet 2013
    Des centaines de policiers et militaires ont été tués au cours d’attaques terroristes depuis que l'armée a destitué et arrêté le président islamiste élu Mohamed Morsi, le 3 juillet 2013. Ces attentats sont revendiqués par des groupes d'insurgés islamistes qui disent agir en représailles à la sanglante répression menée par le nouveau gouvernement contre les partisans du président déchu.
    La dernière victime en date est un général de brigade de l'armée égyptienne tué vendredi 28 novembre au Caire par des inconnus qui ont ouvert le feu sur lui et les deux soldats qui l'accompagnaient.
    Le général sortait d'un hôtel accompagné de deux gardes du corps quand des hommes armés à bord d'une voiture ont ouvert le feu sur le petit groupe. L'officier supérieur a été tué et les deux soldats ont été blessés.
    Ce vendredi 28 novembre, les partisans du président déchu, Mohamed Morsi, sont à nouveau descendu dans la rue à l'appel des Frères Musulmans et d’autres mouvements salafistes. Le pouvoir, interdisant toute manifestation qui ne serait pas préalablement "autorisée" par le ministère de l'Intérieur, les forces de sécurité sont aussitôt intervenues, arrêtant plus d’une centaine de personnes qualifiées de « frères musulmans » par la police.
    Depuis le mois de juillet 2013, date à la quelle le président Morsi a été renversé, plus de 1 400 manifestants islamistes ont été tués par la police et l'armée, essentiellement au Caire, et plus de 15 000 Frères musulmans ou sympathisants ont été emprisonnés.

    Israël

    Israël se prépare à la guerre dans le Golan
    L’armée israélienne se prépare pour combattre à la frontière avec la Syrie, a révélé la Deuxième chaine de télévision israélienne.
    « L’armée est parfaitement consciente que la guerre en Syrie pourrait très bien se retourner ultérieurement contre Israël », rapporte la télévision. Et il est question d’une manœuvre qui a été entreprise par une brigade du Rassemblement pour le combat baptisé Ayt et qui est chargée de collecter des informations sur le terrain et de développer la banque de cibles. Durant cet exercice qui a eu lieu dimanche 23 novembre 2014, toutes les unités œuvrant dans le Golan ont participé à une manœuvre destinée à simuler une situation d’escalade et de combats contre l’armée syrienne et des opposants.
    Une partie de ces manœuvres simulaient des activités clandestines des unités israéliennes réalisées à partir de positions situées derrière les lignes de l’adversaire. Elles consistaient à collecter des renseignements, à « cuisiner des cibles » qui permettent à l’armée israélienne de disposer d’importantes performances, sans oublier les cibles collectées via des moyens électro-optiques qui prennent des photos en profondeur dans le territoire syrien.
    Pourtant, «  depuis que le front al-Nosra a pris le contrôle de cette région frontalière, la situation est très calme et l’Etat Islamique (Daech) est encore loin, voire il n’y a aucune hypothèse pratique chez l’armée sur une éventuelle arrivée de Daech à la frontière », a ajouté la télévision israélienne.
    Soucieux de protéger leur frontière avec la Syrie, il semble que les Israéliens aient pris contact avec les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie).  Ils auraient autorisé le transport vers les hôpitaux israéliens de blessés du Front. Ils ont même, à plusieurs occasions, ouvert le feu sur des positions de l’armée syrienne proches du Golan, offrant ainsi un appui aux Jihadistes qui n’en demandaient sans doute pas tant.

    Liban

    Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie et au Liban) menace d’exécuter un des soldats libanais qu’il détient en otage si la Jihadiste Jumana Hamid, actuellement emprisonnée au Liban, n’est pas libérée. Jumana Hamayyid est une Jihadiste capturée au volant d’une voiture piégée à proximité d’Ersal, dans la Bekaa.

    Yémen

    L’organisation chiite Ansarullah a repris son offensive
    La milice chiite armée d'Ansaruallah a repris son offensive vers le sud, se rapprochant de la ville d'Aden.
    Un convoi de 16 véhicules transportant quelque 200 miliciens armés de mitrailleuses a pénétré dans la nuit dans la banlieue est de la ville de Taëz, chef-lieu de la province de Taëz, où ils se sont déployés non loin de l'aéroport et de la radio locale. La ville a une population de 500 000 habitants et est située à 250 km au sud-ouest de la capitale.
    Les miliciens chiites, qui avaient pris la province d’Amrane en juillet 2014, ont occupé Sanaa, le 21 septembre, et se sont aussi emparés de nombreuses localités de l'ouest et du centre du Yémen et notamment du port stratégique de Hodeida, sur la mer Rouge, qui commande la voie vers le détroit de Bab al-Mendeb, à l'embouchure du Golfe d'Aden.
    Mais ils n’avaient pas poursuivi vers  Taëz en vertu d'un accord avec les autorités locales.
    "Cet accord ne tient plus car les autorités locales n'ont pas honoré leurs engagements d'arrêter 14 extrémistes dans la province de Taëz", a déclaré à l'AFP une source proche d'Ansarullah.
    Les partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh auraient aidé les Houthis à parvenir jusqu'à Al-Janad", la banlieue de Taëz où se trouve une caserne de la Garde républicaine, dont plusieurs officiers sont restés fidèles au fils aîné de l'ex-président qui commandait ce corps d'élite.

    Etat Islamique et al-Qaïda

    L’Etat islamique poursuit son expansion planétaire
    L’organisation jihadiste al-Qaïda, dirigée par Ayman Zawahiri, sent qu’elle perd de terrain au profit de l’Etat islamique (Daech), qui s’étend de plus en plus et pose une menace existentielle pour le premier.
    L’Etat Islamique a clairement annoncé son intention de s’implanter dans la province syrienne de Deraa, voisine de la Jordanie. L’organisation salafiste a également reçu l’allégeance de deux importants groupes « jihadistes » du Caucase. Il s’agit du groupe « Awkhiya », dirigé par « le prince Souleimane » et « Rabani Qalaa » au Daghestan. Le ralliement de ces deux groupes à Daech provoque un état de confusion parmi les groupes jihadistes de la région. Une division avait déjà eu lieu en 2010 et les répercussions sont toujours sensibles aujourd’hui. 

    Al-Qaïda bien décidé, cette fois, à réagir
    Ayman Zawahiri a cette fois décidé de réagir. Il a chargé le dirigeant de la branche d’al-Qaïda au Yémen (AQPA), Nasser Wahichi, de s’opposer aux tentatives d’expansion de Daech dans plusieurs pays arabes.
    La branche d’al-Qaïda au Yémen s’est aussitôt mise en marche pour découvrir les dirigeants et les cellules ayant prêté allégeance à Abou Baker al-Baghdadi, le calife autoproclamé de l’Etat Islamique.
    A cette fin, Wahichi s’est réuni avec les « dirigeants » qui ont prêté allégeance à Daech pour les mettre en garde contre les risques de division que leur allégeance n’allait pas manquer de provoquer entre les « Jihadistes ».
    Cette rencontre ne va sans doute pas suffire pour convaincre les partisans de l’EI de revenir sur leur décision.  Un partisan de Daech,cheikh Maamoun Hatem, a même conseillé aux branches d’al-Qaïda au Yémen de prêter allégeance à « l’Etat islamique qui a imposé sa domination sur terre », selon un enregistrement sonore posté sur son compte Twitter.
    Il semble qu’al-Qaïda au Yémen ne se laissera pas intimider par les déclarations des partisans de l’Etat Islamique. Qassem Rimi, le commandant militaire d’al-Qaida au Yémen, est fermement déterminé à confronter l’expansion de l’EI. 
    Une lutte qui pourrait se révéler plus difficile que prévue, sachant que l’Etat islamique (Daech) est connu pour sa capacité à s’infiltrer dans les rangs des adversaires, enrôler les agents et former des cellules dormantes en attendant le moment décisif.

    Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) craint pour sa survie en Syrie
    Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) est de plus en plus inquiet de l’expansion à ses dépens de l’Etat Islamique.
    Après avoir  été chassé de toute la région de l’Est syrien, qui constitue une importante ressource pétrolière et gazière, al-Nosra est actuellement menacé dans la province de Deraa, la plus importante ville contrôlée par lui.
    Les dirigeants d’al-Nosra craignent des activités militaires et sécuritaires de Daech dans la région de Bir el-Qassab jusqu’à Lojat aux abords de Deraa. Plusieurs assassinats de dirigeants de groupes armés ont eu lieu récemment dans cette région, alors que des renseignements font état d’une mobilisation militaire en masse de Daech depuis quelques mois.

    L’Egypte également sous la menace de l’Etat Islamique
    Les prémices d’un conflit armé entre les deux branches jihadistes, al-Qaïda et Daech, apparaissent également dans ce pays le plus peuplé du monde arabe.
    On dispose d’informations révélant un rapprochement entre le groupe « les soldats de l’Egypte » (Ajnad Misr en arabe) et le commandement d’al-Qaïda international.
    Ce dernier fournirait le soutien nécessaire à Ajnad Misr pour freiner le groupe « Ansar beit el-Maqdess » qui a prêté récemment allégeance à Daech.

    Jean René Belliard


     

     

     

     

     

  • 26 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient et d’Afrique du Nord

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    L’Etat islamique

    L’Etat islamique persécute les minorités religieuses
    A Mossoul, les Jihadistes ont détruit à l’explosif le monastère de la Victoire qui abritait des religieuses. Les Jihadistes avaient pris l’habitude de se servir du monastère comme résidence et comme base pour leurs véhicules.
    Vidéo :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2f410359355e
    Les persécutions contre les Chrétiens d’Irak ne leur laissent pas d’autre choix que de prendre, eux aussi, les armes contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Il en est de même pour les Yazidis et les Turkmènes irakiens. Tous ont demandé aux Peshmergas de se joindre à la lutte.
    Vidéo en langue anglaise :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bf33cdcbafc4
    Les Chrétiens du Nord de la Syrie ont également décidé de former leur propre milice comme l’affirme le site Weltspiegel (vidéo en allemand)
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=tTOgZ5vD4Pk
    Les Jihadistes détruisent aussi les bâtiments religieux de la communauté chiite.
    Vidéo (en langue arab) de la destruction d’autres sanctuaires religieux dans la province de Salah ed-Dine :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bffb313973c4

    Un Ismaélien décapité pour apostasie en Syrie
    L’Etat Islamique (Daech) a annoncé mardi 25 novembre 2014 avoir décapité en Syrie un membre de la minorité ismaélienne, un courant de l'islam proche des musulmans chiites. ll était accusé d'apostasie".
    "Hier (lundi 24 novembre), la police islamique dans la province de Homs (centre de la Syrie) a appliqué la sentence pour apostasie contre un ismaélien", a annoncé le groupe salafiste dans un communiqué, indiquant que l'exécution avait eu lieu "devant un groupe de musulmans".
    "C'est ce qui attend tous les apostats", proclamait une pancarte manuscrite placée sur le corps de la victime.
    La communauté ismaélienne compte environ 200.000 personnes en Syrie, la plupart vivant à Salamiyeh, une ville de la province de Hama (centre).
    Aux yeux de Daech, tous les musulmans qui n'adhèrent pas à son interprétation de l'islam sont des apostats.

    Le Front al-Nosra exécute aussi pour blasphème
    L’Etat Islamique n’est pas le seul à exécuter des gens pour blasphème ou apostasie. Le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda, a exécuté mercredi 26 novembre, à Erbine, une localité située à l'est de Damas, un dénommé Mohammad al-Mir. Il était accusé "d'avoir insulté le prophète (Mahomet) et sa famille".
    On avait jusqu’ici tendance à considérer le Front Al-Nosra comme moins radical que l'Etat Islamique.

    Afrique du Nord
    L’Etat islamique s’étend en Afrique du Nord. Le dirigeant de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, a récemment vanté dans un enregistrement audio l'expansion du « califat » annonçant avoir accepté les serments d'allégeance émis par des jihadistes de Libye, d'Égypte, du Yémen, d'Arabie saoudite et d'Algérie. Après Jund al-Khilafa en Algérie et Ansar Beit al-Maqdess en Égypte, l’Etat Islamique est maintenant implanté dans la ville libyenne de Derna.

    Derna (Libye) est une place forte islamique
    Derna est une place forte islamiste qui fait peu de cas de la « démocratie à l’occidentale » que rêvaient d’imposer les Occidentaux en aidant au renversement de Mouammar Kadhafi. Cette ville portuaire de 150.000 habitants située dans l’est libyen est depuis longtemps un haut lieu du jihad international. Ce que les Islamistes de Derna réclament, c’est l’application de la Charia…et une part des revenus pétroliers. On estime leurs effectifs à plusieurs centaines de miliciens rompus à la lutte armée. Derna a été la plus grande pourvoyeuse d’hommes pour les guérillas afghane, irakienne et syrienne.
    L'idéologie de l'État Islamique (EI) ne pouvait qu’attirer des sympathisants dans les milieux radicaux en Libye. C’est pourquoi ce n’est pas une surprise d’apprendre que la ville de Derna, s’est transformée en «émirat islamique ».
    En avril 2014, une branche d'Ansar ach-Charia avait annoncé qu'elle allait instaurer la justice selon la loi islamique à Derna. Se faisant appeler « Majless Choura (Conseil consultatif) des jeunes de l'islam à Derna », elle y a instauré des tribunaux islamiques et une police religieuse.

    Lutte entre partisans d’al-Qaïda et partisans de l’Etat Islamique ?
    Il se pourrait qu’on assiste en Libye, comme cela est déjà le cas au Yémen à une lutte sourde entre les chefs traditionnels du Jihad, membres d’al-Qaïda et les partisans de l’Etat Islamique, ce qui ne manquerait pas de rajouter de la confusion à un pays qui n’en a pas besoin. Rappelons que le pays est en proie au chaos où deux Parlements et deux gouvernements se disputent le pouvoir sur fond de violences meurtrières. Pour l’instant, on a encore du mal à savoir quel est le poids de ceux qui se réfèrent à al-Qaïda et ceux qui ont fait allégeance à l’Etat Islamique. .
    Jeffrey Rathke, le porte-parole du département d'État américain s’est déclaré inquiet face aux «informations selon lesquelles des factions extrémistes violentes (en Libye) ont prêté allégeance à l'EI et cherché à s'associer à lui ».

    La vallée de Pankisi (Georgie)
    Les gorges de Pankisi sont situés en Géorgie. Les six villages de cette vallée sont peuplés de Kistes, des descendants de Tchétchènes ayant émigré en Géorgie.
    L’Orient-le-jour du 26 novembre 2014 rappelle que la vallée de Pankissi est apparue dans les médias géorgiens dès le début de la première guerre de Tchétchénie (1994-1996). Elle était devenue à l’époque le refuge des indépendantistes tchétchènes et plus de 10 000 civils s’y étaient réfugiés. Avec l'aide des États-Unis, le gouvernement pro-occidental géorgien de l'ancien président Mikheïl Saakachvili avait réussi en 2004 à chasser hors de son territoire les séparatistes, qui y organisaient encore des attaques contre l'armée russe.
    Mais leur présence prolongée a influencé la population, dont les traditions religieuses soufies ont été remplacées par des pratiques salafistes, une branche rigoriste de l'islam. « Le salafisme est désormais la forme dominante de l'islam en Pankissi », explique le journaliste Soulkhan Bordzikachvili, qui vit dans un des villages des gorges, Jokolo. Le salafisme menace, raconte un habitant de la vallée, « l'existence même de l'identité culturelle des Kistes ». Un autre témoigne : « La jeunesse kiste est majoritairement salafiste, les jeunes ne se considèrent plus désormais comme Kistes ou Géorgiens mais uniquement comme des musulmans. »
    Pour Khaso Khangochvili, membre du conseil des aînés de Pankissi, « c'est la pauvreté et le chômage qui font partir les jeunes Kistes de Pankissi. Ils cherchent du travail en Turquie et certains finissent à combattre en Syrie », à seulement une journée de voiture de la Géorgie.
    C’est d’ailleurs une raison économique que donne Temour Batirachvili, le père d’Omar al-Chichani (le Tchétchène en arabe), le célèbre jihadiste à la barbe rousse, l’un des chefs des Tchétchènes qui luttent dans les rangs de l’Etat Islamique en Syrie. Il explique : « Quand Tarkhan (Omar al-Chichani) a guéri (de sa tuberculose), il était prêt à rejoindre à nouveau l'armée (géorgienne). Ils lui ont promis un travail, mais ils n'ont jamais tenu leur promesse », il continue, « si mon fils avait eu ne serait-ce qu'un peu d'espoir de vivre une vie meilleure en Géorgie, il ne serait jamais parti ».
     

    Turquie

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé mercredi 26 novembre 2014, "l'impertinence" des Etats-Unis dans la crise syrienne. La visite de Joe Biden, le vice-président américain, n’a donc pas contribué à aplanir les divergences entre les deux alliés sur le dossiersyrien.
    "Je veux que vous sachiez que nous sommes contre l'impertinence et les demandes sans fin", a déclaré M. Erdogan en référence aux requêtes adressées par Washington à la Turquie dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
    Malgré les pressions exercées par les Etats-Unis, le gouvernement islamo-conservateur turc, proche des Frères musulmans, refuse toujours d'intervenir militairement au profit des forces kurdes qui défendent la ville syrienne de Kobané assiégée par les jihadistes, à la frontière turque.
    Ankara oppose également une fin de non-recevoir à la demande américaine d'ouvrir sa base d'Incirlik aux avions qui bombardent les positions de l'EI en Irak et en Syrie.
    La Turquie juge ces raids inefficaces et plaide pour que le départ du président syrien Bachar al-Assad soit la priorité de la stratégie de la coalition dans la région.
    "Ils (les Américains) sont restés simples spectateurs lorsque le tyran (le président syrien) a massacré 300.000 personnes. Ils sont restés silencieux face à la barbarie d'Assad et maintenant ils jouent sur la mauvaise conscience (de l'opinion internationale) autour du sort de Kobané", a regretté M. Erdogan.
    "Nous ne résoudrons pas nos problèmes avec l'aide d'un « esprit supérieur » mais avec celle de notre propre peuple", a conclu le président turc.
    Lundi 24 novembre, M. Erdogan avait déjà accusé les Américains d’avoir une politique destinée uniquement à protéger leurs intérêts pétroliers dans la région.

    Front irakien

    Kirkouk
    Vidéo tournée par les Peshmergas sur la ligne de front dans la région de Kirkouk :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=ed2baf5e6106

    Front syrien

    Alep
    Vidéo de la brigade Noureddne al-Zanki montrant une attaque kamikaze contre une position de l’AAS à Alep :
    https://www.youtube.com/watch?v=ElbzzXfJqV4&feature=player_detailpage&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng

    Damas et sa banlieue
    Une vidéo (langue russe) montre la destruction d’une position rebelle dans la localité de Zamalka, voisine de Jobar (Exceptionnel) :
    https://www.youtube.com/watch?v=2LhAIIsV1xk&feature=player_detailpage&list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8IeNA

    Raqqa
    Le bilan des bombardements de la ville de Raqqa par l’aviation syrienne, le mardi 25 novembre, s’est encore alourdi. On parle maintenant de 95 morts, dont une majorité de civils. En représailles, l’Etat Islamique menacerait d’exécuter des soldats de l’AAS détenus prisonniers.

    Vidéo de la brigade rebelle Souqour esh-Sham (les faucons de Syrie)
    Cette brigade est armée par le Qatar et la Turquie. Elle fait partie du Front Islamique armé et financé par l’Arabie saoudite et les pays du Golfe :
    https://www.youtube.com/watch?v=2LhAIIsV1xk&feature=player_detailpage&list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8IeNA

    Coalition internationale

    Des effets négatifs des raids de la coalition internationale en Syrie
    Les raids menés par la coalition internationale ont pour résultat de pousser de plus en plus d’Irakiens et de Syriens dans les bras de l’Etat Islamique. Le mouvement est particulièrement net en Syrie où plusieurs formations rebelles ont tout simplement rejoint l’EI (Daech) tandis que d’autres ont noué des alliances tactiques ou convenu une trêve avec l’organisation salafiste. C'est notamment le cas dans la région d’Edleb. Les brigades en question sont Jeich al-Mujahidin, la brigade al-Sham, la brigade Ahrar ash-Sham, et même le Front al-Nosra. Plus de mille combattants du Front al-Nosra auraient rejoint l’Etat Islamique en une seule semaine au mois d’août 2014, affirme Ali Sa’eed, un porte-parole du Commandement Révolutionnaire de l’Armée Syrienne Libre.
    « L’Etat Islamique est un aimant qui attire un grand nombre de Musulmans » a déclaré au Guardian Abou Talha, le chef de la brigade Ansar al-Haq qui combat dans la Ghouta orientale. Lui et 200 de ses hommes ont rejoint l’EI. Il serait actuellement en négociations avec des combattants d’autres unités rebelles, comme le Front al-Nosra pour qu’ils rejoignent, eux aussi, l’Etat Islamique.
    Un autre combattant de l’ASL dans la région de Homs a affirmé au journal britannique qu’il était hors de question pour lui de se battre contre l’EI à présent que l’aviation américaine bombardait l’organisation islamiste. Il affirme que 600 combattants de la brigade al-Ribat, de la province de Homs, auraient fait avec lui allégeance à l’EI. La brigade al-Ribat avait pourtant reçu une promesse de la part de la brigade Hazm, soutenue par les Etats-Unis, de recevoir des armes sophistiquées si la brigade acceptait de rejoindre la lutte contre l’Etat Islamique.
    Tous les gens en Syrie, affirme Abou Zeid, un commandant de l’ASL, basé dans la région d’Edleb, se demandent pourquoi l’aviation US bombarde des cibles de l’EI et n’est jamais intervenue contre les mitrailleuses et les canons de l’Armée Arabe Syrienne.
    « Les Américains ne nous ont jamais donné d’armes pour combattre l’armée de Bachar el-Assad, ajoute Abou Talha. Les armes arrivent seulement maintenant pour combattre l’EI ».
    Abou Talha affirme que de nombreux commandants de brigades rebelles ont en secret confirmé leur allégeance à l’EI.

    Jean René Belliard

     

  • 1er au 3 novembre – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Front irakien

    Bagdad – Une série d’attentats
    Deux attentats à la voiture piégée visant des pèlerins chiites ont tué au moins 19 personnes à Bagdad, dimanche 2 novembre. Il fallait s’attendre à de tels attentats contre la communauté chiite qui se prépare à fêter le dixième jour de l’Achoura. 
    L’Achoura est le jour où le troisième imam chiite, Imam Hussein, a été assassiné à Kerbala avec 72 de ses compagnons.
    La première explosion, qui a fait 13 morts et 29 blessés, a eu lieu dans le quartier Al-Ilam, dans le sud-ouest de la capitale, près d'une tente où les pèlerins chiites se rendant en pélérinage à la ville sainte de Kerbala venaient pour recevoir de la nourriture. Le second attentat à eu lieu à Sadr City, le grand quartier chiite situé au nord-est de Bagdad.
    Une autre attaque à la voiture piégée a eu lieu contre un point de contrôle de la police dans le centre de Bagdad. Cet attentat a fait au moins cinq morts et 17 blessés.
    Video en langue anglaise :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=1c6bbb3b8519

    Kerbala – la ville sainte chiite
    Des centaines de milliers de pèlerins chiites vont commémorer à Kerbala la mort de l'imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet. Les célébrations, qui culminent mardi 4 octobre, sont souvent l’occasion d’attentats commis par des Jihadistes sunnites pour qui les Chiites sont des « mécréants » qui méritent la mort.  La tension est d’autant plus extrême que les Jihadistes de l’Etat Islamique sont retranchés au sud de Bagdad, non loin de la route reliant la capitale à Kerbala. C’est la raison pour laquelle plus de 25.000 soldats et policiers et 1500 miliciens chiites ont été déployés tout le long de la route reliant Bagdad à Kerbala.

    Bataille de Baiji
    La bataille de Baiji et Tikrit se poursuit mais pour l’instant l’armée irakienne ne semble pas avoir pris le dessus sur les Jihadistes de l’EI. Elle n’a pas encore réussi à pénétrer dans aucune des deux localités.
    Vidéo en langue arabe – Remarquez la cadence des tirs sur la ligne de front :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=eD4JH26D8MQ

    Mossoul
    Les forces spéciales irakiennes se sont rapprochées de Mossoul :
    Vidéo :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=I_Na-1D5mBM

    Un chef de l’Etat Islamique tué dans les bombardements
    Selon la chaîne de télévision Al-Iraqiya, Abdallah al-Masri et trois de ses lieutenants auraient été tués au cours d’un bombardement de leurs positions par des avions de l’armée de l’air irakienne. Les faits se seraient déroulés dans la localité d’Aziz-Balad, dans le Sud de la province de Salaheddine. L’opération contre le chef jihadiste aurait été menée sur la base des informations collectées par les services de renseignement irakiens. Pour le ministère irakien de la Défense, Abdallah al-Mesri était l’un des commandants les plus cruels de Daesh. 

    Les Jihadistes de l’EI poursuivent leurs exécutions de membres de la tribu al-Bou Nimr
    Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont encore assassiné au moins 36 membres de la tribu al-Bou Nimr dont 200 membres avaient déjà été tués à la fin de la semaine dernière. Parmi les personnes nouvellement exécutées se trouvent quatre femmes et trois enfants.
    On nourrit la plus grande inquiétude pour de nombreux autres personnes car on pense que près de 1000 membres de cette tribu ont été capturés par les Jihadistes qui auraient décidé Selon un dirigeant de la tribu, il y aurait une fatwa qui ordonnerait l’exécution de tous les membres de la tribu al-Bou Nimr, y compris les bébés.
    Ces exécutions visent à faire peur aux tribus locales pour les dissuader de s’allier au gouvernement de Bagdad contre le califat islamique.

    Front syrien

    Bataille d’Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
    Pour la première fois, les combattants kurdes syriens de l’YPG ont mené, avec leurs frères Peshmergas irakiens et des éléments des Borkan al-Firat (Armée Syrienne Libre), une offensive à l’ouest de Kobane contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Ils auraient infligé des pertes importantes aux Jihadistes. Les combats ont été particulièrement importants dans le secteur oriental de la ville, et notamment dans le quartier de Kaniya Kurdan où les combats se sont poursuivis jusqu’à minuit, dimanche 2 novembre. Les Jihadistes n’ont pu s’accrocher à leurs positions et on du battre en retraite, laissant 15 tués sur le terrain. De violents combats ont également eu lieu au sud de l’agglomération et là aussi, les Jihadistes ont battu en retraite, laissant cinq morts derrière eux. Il s’agirait de cinq jihadistes étrangers tués dans la destruction de leur véhicule.

    Il y a Kurdes et Kurdes …
    Un membre du Conseil de sécurité du Kurdistan irakien aurait identifié près de 200 Kurdes qui se battent aux côtés des terroristes de l’Etat Islamique. 
     «Nous avons identifié la plupart de ces individus», a déclaré ce responsable kurde. Mansour Barzani a ajouté que certains de ces traîtres kurdes ont été tués, lors des combats, en Syrie, et certains autres ont été abattus par les Peshmergas, tandis que d'autres, encore, collaborent avec les terroristes de l’Etat Islamique. Masrour Barzani a déclaré au journaliste du quotidien "Ash-sharq al-Awsat" : «Le plus grand problème des Peshmergas, c’est qu’ils ne sont pas équipés d’armes sophistiquées. Nous avons besoins d’armes lourdes, comme des chars, des blindés, des canons lourds, des équipements de déminage, des explosifs et des roquettes anti-char.
    Le problème est qu’on sait que certaines armes fournies par la coalition internationale aux Kurdes irakiens se trouvent désormais aux mains des Jihadistes de l’Etat islamique. On ne sait pas si ces armes ont été capturées à l’issue de combats qui auraient tourné au désavantage des Kurdes, ou si ces armes ont été vendues ou amenées par des transfuges. Toujours est-il qu’on a retrouvé aux mains des Jihadistes, entre autres, une mitrailleuse MG 42/59 comme celles fournies par l’Italie à la région autonome du Kurdistan d’Irak.

    Conflit entre le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) et le Front des Révolutionnaires Syriens (FRS)
    Peu d’éléments nouveaux sur le terrain en ce qui concerne le conflit qui oppose le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) et le Front des Révolutionnaires Syriens (FRS) et le Mouvement Hazm, deux organisations financées et armées par les Etats-Unis. On sait que les Jihadistes du Front al-Nosra se sont emparées de la plupart des positions du FRS dans la province d’Edleb.
    On en sait un peu plus, par contre, sur l’origine du conflit.
    Le conflit aurait débuté lundi 27 octobre alors que les Jihadistes du Front al-Nosra et d’autres organisations rebelles avaient entamé une offensive contre les soldats de l’Armée Arabe Syrienne (AAS) dans la ville d’Edleb. Les miliciens du FRS avaient reçu l’ordre de rester l’arme au pied et de ne pas participer à cette offensive. Cela n’a pas plus à tous les membres du FRS et plusieurs d’entre eux ont décidé de rallier les unités qui participaient au combat. C’est alors que Jamal Maarouf a décidé de lancer une offensive contre les renégats pour saisir leurs armes et a même demandé à ses fidèles de bombarder des villages où ces dissidents s’étaient réfugiés. En réponse, les Jihadistes du Front al-Nosra se sont joints à ceux de la faction Jund al-Aqsa  pour se porter au secours des dissidents du FRS. Mais leur entreprise a été entravée par des check-points du mouvement al-Hazm qui voulait les empêcher d’approcher les positions du FRS fidèles à Jamal Maarouf.
    Samedi 1er novembre, après ses succès sur le terrain, le Front al-Nosra déclarait un cessez-le-feu à la condition que Jamal Maarouf comparaisse devant un tribunal islamiste pour être jugé selon la charia. Inutile de dire que Maarouf n’a pas montré le moindre signe qu’il allait répondre favorablement à cette convocation. Les responsables du Front al-Nosra accusent pourtant le FRS de corruption et de vol de fournitures destinées à d’autres factions rebelles.

    Violents combats sur le front sud syrien
    L'armée arabe syrienne (AAS) mène actuellement une grande offensive  dans l'Est et le Nord d'Al-Cheikh Meskin, situé dans le rif Ouest de Deraa. De très violents affrontements se poursuivent, dans la banlieue de Quneitra.
    L'AAS cherche à reprendre, totalement, le contrôle de la ville d'Al-Cheikh Meskin, qui est une ville stratégique et qui se trouve sur le point de jonction de plusieurs provinces du Sud de la Syrie.
    A Deraa, les combats sont, aussi, très violents. Les unités de l'armée traquent et éliminent les Takfiris et détruisent leurs véhicules blindés.
    Les affrontements se poursuivent enfin dans la banlieue de Quneitra, une ville que les rebelles occupent actuellement et que l’AAS veut libérer.

    Front libanais

    Bekaa / Qalamoun
    De violents affrontements ont opposé ces dernières 24 heures les Jihadistes du front al-Nosra aux combattants du Hezbollah dans le jurd de la Békaa proche de la frontière syrienne au niveau de la région du Qalamoun.
    Les Jihadistes du Front al-Nosra auraient tenté de progresser vers les positions du Hezbollah à l’intérieur du territoire libanais. Des affrontements ont alors éclaté dans les jurd de Younine et de Nahlé à proximité de la frontière avec le Qalamoun syrien.
    L’offensive jihadiste aurait eu lieu sur deux fronts, le premier du côté du jurd d’Ersal, et le deuxième de l’intérieur du jurd syrien vers la région de Rass el-Maarra.
    D’autres combats ont eu lieu dans la région de Wadi Rehyane, au sud du jurd d’Ersal et proche du jurd de Younine. D’importants groupes de Jihadistes sont retranchés dans cette région montagneuse. 
    Il apparaît que l’objectif des Jihadistes soit de trouver un refuge avant le froid glacial de l’hiver dans les montagnes.

    Forces al-Rida
    Pour contrer l’offensive des Jihadistes, le Hezbollah a dépêché des combattants des forces al-Rida dans le jurd du Qalamoun et les régions jouxtant le territoire libanais. Ceux-ci ont reçu pour mission de prêter main forte aux soldats syriens et aux combattants du Hezbollah sur place.
    Les forces al-Rida sont une formation militaire supervisée par le Hezbollah et composée de jeunes syriens des régions d’Alep, de Homs et de Damas.
    Ces combattants ont été entrainés aux combats de rues par le Hezbollah. Ils ont déjà combattu à Homs et au Sud de Damas autour du mausolée de Sayeda Zeinab. La plupart d’entre eux ont pris part à la bataille de Rankous dans le Qalamoun.

    Jean René Belliard

  • 30 et 31 octobre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Liban

    Arrestation de nombreux jihadistes
    On connaît à présent le bilan définitif des affrontements entre les Islamistes et l’armée libanaise le weekend passé à Tripoli et le Akkar. Il s’établit à onze morts et 134 blessés, dont douze officiers, dans les rangs de l’armée et à dix morts et 80 blessés parmi les civils.
    Les services de renseignement de l’armée sont particulièrement inquiets de la présence sur le territoire libanais d’un grand nombre de Syriens armés combattant aux côtés d’Islamistes libanais. Cette situation explosive fait penser au schéma qui existait au début des années 70 lorsque des organisations de Fedayin palestiniens armés s’alliaient à des militants d’organisations « palestino-progressistes » comme on disait à l’époque.
    C’est la raison pour laquelle les services de sécurité de l’Etat, profitant de l’échec du soulèvement salafiste de Tripoli, mettent les bouchées doubles pour identifier et appréhender tous ceux qui pourraient représenter une menace. Une cinquantaine de personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles neuf Libanais et un Palestinien, les autres étant de nationalité syrienne.
    Les arrestations ont été effectuées à Tripoli, la Békaa, à Rachaya où les services de renseignements militaires ont arrêté 12 ressortissants syriens, suspectés d'appartenir à des groupes terroristes et d'avoir pris part aux combats à Ersal contre la troupe. Par ailleurs, plusieurs perquisitions ont eu lieu dans nombre de localités du Akkar, notamment dans les milieux des réfugiés syriens à Bhannine. Des armes et des roquettes ont été saisies dans l'un des endroits perquisitionnés, ainsi que des uniformes militaires et des équipements de télécommunication.
    Sept personnes ont également été arrêtées à Saïda. Les arrestations ont été rendues possibles grâce à l’écoute de communications effectuées par les renseignements militaires. Les écoutes ont révélé que les Islamistes de Tripoli demandaient à un certain Ahmad Adnane Charaf, le chef de la cellule de Saïda, d’ouvrir un front dans le camp palestinien d’Aïn el-Héloué pour alléger la pression de l’armée à Tripoli.

    Front syrien

    Aïn el-Arab (Kobane en kurde)

    Près de 400 combattants de l'ASL déjà à Kobané
    Nizar al-Khatib, chef d'une unité de l'Armée syrienne libre (ASL), a affirmé jeudi 30 octobre 2014 que près de 400 hommes de l’ASL étaient arrivés à Kobane pour participer à la défense de la ville assiégée par les Jihadistes de l’Etat Islamique.
    "Nous étions 200 originaires de la région avant même que les premiers combats commencent contre l'Etat islamique. Nous sommes aujourd'hui près de 400 (...) et nous attendons d'autres renforts", a déclaré Nizar al-Khatib lors d'une conférence de presse à Istanbul.
    Mercredi déjà, entre 50 et 150 combattants de l’ASL avaient franchi la frontière turque pour rejoindre Kobane. Les Peshmergas, tout comme les membres de la brigade « Aube de la liberté » (Fajr al-Hurriya), semblent devoir constituer les troupes au sol sur lesquelles comptent s’appuyer le Pentagone pour venir à bout des califatistes.
    Après des déclarations hostiles à l’arrivée des combattants de l’ASL par des membres de l’YPG, la force de défense kurde, il semble que les choses se soient apaisées. Nizar al-Khatib préfère souligner la bonne coordination entre les différentes factions qui résistent à l’offensive califatiste. "Le commandement à Kobane n'est pas dans les mains d'une seule personne. Il y a un poste de commandement dans lequel toutes les forces en présence sont représentées et prennent les décisions ensemble", a-t-il affirmé.
    Vidéo de l’arrivée des combattants de l’ASL à Kobane :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b6b12dae6867

    L’Iran réagit à l’arrivée de rebelles de l’Armée Syrienne Libre (ASL) à Kobane
    Hossein Amir-Abdollahian, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé du département arabo-africain,  a mis l’accent sur la nécessité de la sauvegarde de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale, en Syrie.
    "La sauvegarde de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale, en Syrie, est dans l’intérêt du peuple  de ce pays et de ceux des autres pays de la région", a affirmé, jeudi 30 octobre, Hossein Amir-Abdollahian.
     «La question de l’aide aux habitants de Kobane ne doit pas devenir une prétexte, pour les ingérences étrangères, en Syrie. L’Iran met en garde ceux qui profitent de la situation qui prévaut dans la région, à des fins particulières, en Syrie», a-t-il ajouté.
    Bathina Chaaban, le conseiller médiatique et politique du président syrien préfère dénoncer une ingérence turque : «En envoyant les terroristes de l’Armée Syrienne Libre, (ASL), à  Kobane, la Turquie cherche à augmenter son influence, en Syrie».

    Les 150 Peshmergas kurdes irakiens sont entrés à Kobane
    Dix membres du contingent kurde irakien ont rallié jeudi 30 octobre la ville assiégée pour préparer l'arrivée du reste de leur contingent, stationné dans la ville frontalière turque de Suruç (sud).
    Vidéo de l’arrivée des dix premiers Peshmergas :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bf21781ba28b
    Le reste des renforts kurdes irakiens, composé de 150 hommes, sont finalement entrés à Kobane. Ils ont quitté la ville turque de Suruç pour entrer sur le territoire syrien par le porte de TAll al-Chaïr, à l’ouest de la ville assiégée. 

    Damas et sa banlieue
    La bataille se poursuit toujours à Jobar. Cette vidéo (en langue russe) montre l’intensité des combats vus du côté de l’Armée Arabe Syrienne (AAS). (Exceptionnel) :
    https://www.youtube.com/watch?v=_WSVbidWloY&feature=player_embedded

    Qalamoun (frontière syro-libanaise)
    De violents combats opposent depuis mercredi 29 octobre des rebelles syriens aux miliciens chiites du Hezbollah dans le jurd du village de Fakiha dans la Békaa orientale.
    Les affrontements ont également lieu du côté syrien, au Qalamoun, entre l'armée syrienne et les combattants du Hezbollah d'une part et les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) de l'autre. Les combats se déroulent dans le jurd de Flita voisin du jurd d'Ersal et du village de Nahlé.
    Un haut responsable du Front al-Nosra aurait été capturé par le Hezbollah.
    Des combats se déroulent également dans le jurd de la région de Qoussaya à Zahlé (Békaa du centre). La région de Qoussaya est une place forte du Front Populaire de Libération de la Palestine – Commandement général (FPLP-CG) qui soutient le pouvoir syrien.

    Champ pétrolier de Chaer
    Des dizaines de soldats de l’Armée Arabe Syrienne (AAS) ont réussi à s’échapper du champ gazier de Chaer occupé par les Jihadistes de l’Etat Islamique le 29 octobre. Plusieurs d’entre eux ont été interceptés alors qu’ils s’enfuyaient à pied pour gagner la base aérienne de Tiyas, elle-même à moitié entre les mains des Jihadistes selon un rapport en date du vendredi 31 octobre au soir. On estime qu’entre 150 et 200 militaires ou miliciens pro-Assad ont été liquidés par les Jihadistes sur le domaine gazier ou à l’intérieur de l’usine de traitement.

    Violents combats entre Jihadistes du Front al-Nosra et des brigades de rebelles « modérés » dans la province d'Edleb
    Des combats opposaient vendredi 31 octobre deux formations de rebelles modérés aux Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) dans la province septentrionale d’Edleb.  Les deux brigades sont le Front révolutionnaire syrien (FRS) et le mouvement Hazm (Harakat Hazm en arabe).
    Le Front des révolutionnaires syriens, qui revendiquent douze mille combattants, est une puissante organisation disposant d’un matériel impressionnant, sans doute fourni par la Turquie et les Etats-Unis.
    Le mouvement Hazm est une formation de rebelles modérés fondée en janvier 2014 à partir des restes des brigades al-Farouq (fondées en août 2011) et regroupant en général d’anciens soldats ayant déserté pour mener la lutte contre le pouvoir syrien. Ce mouvement est modéré et particulièrement bien organisé sur le plan militaire. Le mouvement Hazm a été la première formation rebelle modérée à recevoir des missiles antichars TOW de fabrication américaine.
    Le mouvement Hazm semble être pour les Américains un partenaire sérieux sur le théâtre syrien.
    Le mouvement Hazm comme le FRS ont des relations avec l'Occident et sont favorables à l'instauration d'un État démocratique en Syrie alors que le Front Al-Nosra et le groupe Etat islamique (EI) combattent pour un État théocratique.
    Les combats entre le Front des Révolutionnaires Syriens (FRS) ont éclaté près d'un bastion de cette organisation à Deir Sinbel, dans la région de Jabal al-Zawiya, dans la province d’Edleb. Il semble que ce soit les Jihadistes du Front al-Nosra qui aient déclenché les hostilités en s’emparant de plusieurs positions du FRS. 
    Quant à l’affrontement entre le mouvement Hazm et le Front al-Nosra, celui-ci se déroule à  Khan al-Sibel, également dans la province d'Edleb.
    L’affrontement fait également rage sur les réseaux sociaux. On y voit le chef du FRS, Jamal Maarouf, en habit militaire au milieu de ses combattants, invectiver le chef du Front al-Nosra, Abou Mohammad al-Jolani : "Tu as terni le nom de l'islam, tu as terni la religion. Pourquoi tu nous attaques? Vas combattre contre le régime!".
    "Tu n'es rien, tu es identique à Baghdadi, espèce de salaud", ajoute-t-il.
    Jamal Maarouf fait référence à Abou Bakr al-Baghdadi, qui dirige l'Etat Islamique.
    Le Front al-Nosra lui répond via twitter l'accusant de "corruption " et de "s'éloigner de la révolution".

    Front irakien

    Activité de la coalition internationale

    Les frappes aériennes ont réduit le potentiel militaire du califat islamique
    Les frappes aériennes de la Coalition internationale ont fortement réduit la capacité offensive de l’Etat Islamique.  Les raids ont notamment détruit des dizaines de chars. On estime que 2500 chars, véhicules blindés Humvee et véhicules blindés de transport de troupe avaient été capturés par les Jihadistes à l’armée irakienne lors de leur offensive de juin 2014. Il s’agissait pour la plupart de chars américains laissés à l’armée irakienne après le départ des troupes U.S. 
    Les effets des raids de la coalition internationale commencent à se faire sentir. Les frappes quotidiennes visent plus particulièrement les chars, les transporteurs de troupes blindés et les pièces d'artillerie.
    "Nous ne les voyons plus se déplacer dans le pays en grands convois," a déclaré le chef du commandement central de l'armée américaine, le général Lloyd Austin.
    "Ils se déplacent maintenant à bord de véhicules civils en petits nombres. Celà entrave leur capacité à lancer des offensives en masse ".
    Les raids ont également endommagé les systèmes de communication de l’EI et détruit de nombreux centres de commandement. Ces raids n’ont pas fait disparaître, cependant, les menaces qui continuent de peser sur la capitale irakienne, Bagdad. L’armée irakienne reste encore très faible après la débâcle de juin 2014 lorsque cinq divisions de l’armée s'étaient effondrées.

    Des membres de la tribu al-Bou Nimr massacrés par les Jihadistes de l’EI
    J’ai déjà signalé que les Jihadistes de l’Etat islamique avaient massacré des membres de la tribu al-Bou Nimr, une des composantes des milices Sahwa créées avec le soutien du gouvernement américain pour lutter contre al-Qaïda dans les années 2006-2007. Le nombre des personnes exécutées pourraient s’élever à 300.
    Les Jihadistes avaient ordonné aux hommes de la tribu al-Bou Nimr de quitter leurs villages et de se rendre à Hit, une ville qu’ils venaient de conquérir à 130 km à l'ouest de Bagdad. Les Jihadistes, racontent les chefs tribaux, leur avaient promis un passage « sûr ». Mais une fois arrivés à Hit, ils ont été enlevés et tués.
    Deux charniers ont été découverts, jeudi 30 octobre. Ils contenaient les corps d'une partie des 300 membres de la tribu. Les victimes, des hommes âgés de 18 à 55 ans, avaient été abattus à bout portant, selon des témoins. Un charnier contenant 70 corps a été mis au jour près de la ville de Hit. Presque toutes les victimes étaient membres de la police ou de la milice Sahwa qui lutte contre l'EI. Un autre charnier contenant les corps de 150 hommes appartenant à la même tribu a été découvert près de la ville de Ramadi, également dans la province d'Anbar. « Ils ont combattu nos frères de l'EI. C'est la sanction pour ceux qui combattent l'EI », ont simplement déclaré les jihadistes.

    Un membre de la tribu dénonce l’inaction du gouvernement irakien
    Sabah al-Haditheh, un membre de la tribu al-Bou Nimr a dénoncé l’inaction du gouvernement irakien. Il affirme que les membres de sa tribu avaient demandé des armes au gouvernement mais que celui-ci ne leur avait rien envoyé. Nous n’avions que des fusils et eux avaient des mitrailleuses lourdes, a-t-il affirmé.

    La terreur jihadiste règne à Mossoul
    Depuis quelques semaines, les Jihadistes de l’Etat Islamique (EI) ont entrepris une campagne de traque de tous ceux qui pourraient représenter une menace pour eux. L’objectif de cette campagne de terreur est vraisemblablement d’empêcher le gouvernement irakien de trouver des alliés sunnites à un moment où les combattants kurdes et les milices chiites marquent des points sur les Jihadistes de l’EI et réussissent même à reprendre plusieurs villes aux califatistes. Ils craignent aussi un soulèvement de la population exaspérée par l’obligation de respecter les règles strictes de leur conception extrémiste de la charia.
    C’est ainsi que des dizaines de personnes ont été exécutées au cours du mois d’octobre dans les zones contrôlées par l’EI. Les victimes étaient alignées sur les places publiques et abattues ou décapitées à titre d’avertissement.
    Il s’agit la plupart du temps d’anciens policiers ou des officiers de l'armée qui avaient rendu leurs armes au moment de la chute de Mossoul. Les Jihadistes les considèrent dangereux parce qu'ils disposent d’une réelle expertise sur la façon de planifier un soulèvement armé et ils possèdent une bonne connaissance des armes.
    Il est un fait que des milices sunnites pro-gouvernementales sont encore présentes à Mossoul. Elles sont composées principalement d'anciens officiers de l'armée et de la police.
    Parmi les personnes récemment exécutées, on trouve le colonel de police Mohammed Hassan. Ce colonel s’était rendu au moment de la prise de Mossoul par les Jihadistes en juin 2014. Lui et ses hommes avaient remis leurs armes et, en échange, les Jihadistes leur avaient délivré un sauf conduit qui leur assurait la sécurité dans les zones contrôlées par l’EI.
    Mais la semaine dernière, les Jihadistes ont voulu arrêter le colonel Hassan sous le prétexte qu’il pouvait comploter contre eux. Ils ont pris sa maison d’assaut. Le colonel Hassan a riposté, aidé de son fils. Ils ont réussi à tuer trois assaillants avant de succomber. Les militants ont alors accroché leurs corps mutilés à une  clôture proche de sa maison pendant plusieurs jours à titre d'exemple.
    Dans un village au sud de Mossoul, vingt anciens policiers ont été exécutés d’une balle dans la tête.
    Dans un autre incident, les Jihadistes ont tué à Mossoul le colonel Issa Osman avant de parader son corps dans les rues de la vill. Le bataillon du colonel Osman avait été la dernière unité à cesser le combat à Mossoul au cours de l'offensive jihadiste de Juin 2014. Tout comme le colonel Hassan, il avait bénéficié d’un sauf-conduit en échange d’une promesse de cesser le combat définitivement. 
    Au nord de la ville de Beiji, ce sont trois anciens officiers de l’armée et trois policiers qui ont été exécutés sur une place publique. Ils étaient accusés d’avoir mené des attaques au mortier contre l’EI.  A Ana, une localité proche de Beiji, c’est un policier, Bahjat Salman, qui a été décapité en public. 
    Dans une autre ville, à Shurqat, dans la province de Salahuddin, vingt policiers ont été emmenés vers une destination inconnue. On n’a plus de nouvelles d’eux depuis.  
    Tous ces meurtres alimentent le ressentiment chez les habitants des villes contrôlées par l’EI, ce qui pourrait constituer à terme un réel danger pour les Jihadistes.
    "La plupart des gens de Mossoul veulent se débarrasser de cette organisation sauvage, '' a déclaré un résident parlant sous condition d'anonymat par crainte de représailles. « Nous attendons qu’on vienne à notre secours ».

    Les milices chiites irakiennes se livrent également à des actes inouïs de barbarie
    Une vidéo a été mise en ligne montrant des scènes épouvantables ou on voit des miliciens de l’organisation Badr, un puissant groupe paramilitaire chiite, découpé des cadavres décapités de gens qui sont peut être des Jihadistes. La scène se déroule dans la localité de Jurf al-Sakhar qui vient d’être reprise à l’EI.

    La principale menace en Irak : les IED (Improvised Explosive Device) comme au temps des Américains
    Cette vidéo montre un Peshmerga (Kurde irakien) diffusant un IED sur un chemin près de Zumar (Nord irak) – Contrairement aux démineurs américains, cet homme manque visiblement des équipements adéquats pour lui assurer un minimum de protection :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8c4abe5caf60

    Nouvelles du jihad international

    Nombre sans précédent de Jihadistes étrangers selon l’ONU
    15 000 jihadistes étrangers provenant de 80 pays se sont rendus ces derniers années en Syrie et en Irak pour combattre dans les rangs de groupes comme l'Etat islamique (EI), un chiffre "sans précédent", met en garde un rapport de l'Onu cité vendredi par The Guardian.
    Ce document, dont plusieurs extraits sont publiés par le quotidien britannique, impute cette hausse au déclin d'al-Qaïda.
    "Il y a des exemples de combattants terroristes étrangers venant de France, de Russie et du Royaume-Uni" et au total de 80 pays, dont certains n'ont "pas connu par le passé de problèmes liés à al-Qaïda", ajoute le rapport.
    Ce document souligne que les activités des organisations jihadistes comme l'EI se concentrent surtout dans les pays dans lesquels elles opèrent: "Les vraies attaques transfrontalières, ou contre des cibles internationales restent minoritaires".
    Le rapport insiste toutefois sur le danger que pourraient représenter ces jihadistes une fois rentrés dans leur pays d'origine, une menace qui a poussé plusieurs pays, comme le Royaume-Uni ou la France, à prendre des mesures pour renforcer leur détection et empêcher leur départ vers l'Irak et la Syrie.
    La commission du Conseil de sécurité souligne également, selon le Guardian, l'efficacité des méthodes de recrutement "cosmopolite" de l'Etat islamique, qui utilise les réseaux sociaux

    Un jihadiste marocain exécute un attentat suicide monstre
    D’après cette vidéo, un certain Abou Baker al-Moghrabi (le Marocain) exécute un gigantesque attentat suicide à bord d’un camion piégé contre un poste de l’armée irakienne :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b479b27bd792

    Jean René Belliard

     

     

  • 19 octobre 2014 : Nouvelles des guerres du Moyen orient et d’Afrique du nord

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    Le monde musulman divisé

    Le chiisme hiérarchisé
    Le monde musulman est fracturé entre diverses conceptions du monde qui ne cessent de s’affronter. Il est divisé entre Sunnites et Chiites, comme chacun sait. Le chiisme a une vision « messianique » du monde. Il attend le « messie », en l’occurrence le « 12ème imam caché » qui symbolisera la victoire des croyants sur tous les mécréants. La communauté chiite est organisée autour d’une stricte hiérarchie, contrairement au Sunnisme,  et l’Iran est le centre du pouvoir chiite.

    Le sunnisme éclaté
    Contrairement aux Chiites, la communauté sunnite est divisée en nombreux courants et influences.
    Il y a le sunnisme jihadiste et zélateur. Encore faut-il distinguer entre les Jihadistes partisans de recréer le califat comme aux temps héroïques de l’Islam et les Jihadistes universalistes et prosélytes, qui cherchent à convertir le monde entier à l’Islam. L’Etat Islamique représente le premier groupe. Son objectif est de créer un territoire assujetti à l’autorité d’un calife supposé être le successeur de Mahomet. Al-Qaïda représente la seconde conception. Elle veut forcer le monde entier à choisir entre l’Islam ou la mort. On pourrait ajouter une troisième forme de jidahisme. Celle qu’on trouve en Afghanistan et qui consiste à défendre un Etat musulman contre toute forme d’agression extérieure par « les armées des mécréants ».
    Une autre conception de l’Islam est en lutte contre les versions jihadistes que l’on vient de citer. Elle est organisée autour d’un centre unique de pouvoir. Riyad et le Wahhabisme représente cette version. Il s’agit d’imposer au monde musulman une autorité unique, celle du pouvoir qui règne sur les lieux saints (l’Arabie saoudite). Et cette vision, selon les Saoudiens, est la seule à pouvoir lutter efficacement contre les prétentions des Chiites à prendre le contrôle de ces mêmes lieux saints.
    On trouve également d’autres conceptions de l’Islam. L’Islam qu’on pourrait appeler « occidentalisé », qui adhère aux principes de la démocratie, le respect des droits de l’homme, le suffrage populaire, la liberté religieuse, tels qu’on les proclame dans de nombreux pays occidentaux.
    Il y a aussi l’Islam politique, version « Frères musulmans », qui sont prêts à utiliser les outils démocratiques pour accéder au pouvoir et donner à l’Islam une place prépondérante dans la société. L’Islam politique est honni par les Wahhabites et les Jihadistes de tous poils. Il bénéficie actuellement de deux soutiens : la Turquie et le Qatar et sa puissante chaîne satellitaire, al-Jazira. 
    Il y a enfin, ici ou là, les vestiges d’un Islam révolutionnaire et marxisé, comme on le trouvait dans les années 70 et les jours « bénis » des organisations de résistance palestinienne telles que le Fath, le FPLP et autres organisations révolutionnaires. On ne les trouve plus guère aujourd’hui que dans les camps palestiniens du Liban et la Cisjordanie.
    Les lignes de fracture du monde musulman se retrouvent entre ces différentes conceptions de l’Islam et du monde musulman, sans oublier, bien sûr, les rivalités entre puissances ni l’appétit pour les immenses richesses du sous-sol de cette région stratégique.

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  • Barak Obama demande 500 millions de dollars pour les mouvements modérés de la rébellion syrienne

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    Les Etats-Unis ont déjà fourni des missiles antitanks TOW
    En fait, cela fait des mois que les Etats-Unis aident des groupes modérés de rebelles et notamment le Mouvement Hazm.
    Ceux-ci disposent de missiles antitanks guidés BGM-71 TOW de fabrication américaine comme en témoigne cette vidéo datant du début avril 2014 filmée dans les environs d'Edleb :
    https://www.youtube.com/watch?v=RAEcRcApQ10&feature=player_embedded

    Information sur le mouvement Hazm
    Le Mouvement Hazm a été fondé en janvier 2014 avec les restes des brigades al-Farouq (fondé en août 2011) qui sont en général d’anciens soldats ayant déserté pour mener la lutte contre le régime de Bachar el-Assad. Ce mouvement est modéré et particulièrement bien organisé sur le plan militaire.
    Le mouvement a reçu pour la première fois plus de des missiles antichars TOW de fabrication américaine. Ils ont été fournis au mouvement Hazm par une source occidentale sans que l’on sache exactement quel est le pays fournisseur.
    C’est la première fois que de tels missiles sont fournis à un mouvement rebelle syrien par ou avec l’approbation des Etats-Unis.
    Le mouvement est dirigé par Murshid al-Khalid (Abou al-Muatassim), Mohammad al-Dahik (Abou Hatem), secrétaire général Bilal Atar (Abou Abd al-Sham), chef des opérations militaires Awdou Abou Zaid et chef des affaires politiques Hamza Shamali (Abou Hashem). Il a également des liens avec l’ancien chef militaire de l’Armée Syrienne Libre, le général Selim Idriss.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

     

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