Haïdar Abadi - Page 2

  • Les Peshmergas ne participeront pas à l'offensive de Hawija sans accord clair avec Bagdad

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    Les Peshmergas ne participeront pas à l'offensive de Hawija sans accord clair avec Bagdad
    (De notre correspondant en Irak
    Un responsable kurde a déclaré jeudi 7 septembre que les forces  Peshmerga (combattants kurdes) ne participeraient pas à la bataille pour libérer la ville de Hawija des mains de l'État islamique (Daech) sans parvenir à un accord concret avec les forces irakiennes. 
    "Les Peshmerga participeront à la libération de Hawija, seulement après un accord clair avec les forces irakiennes", a déclaré à Kurdistan-24 M. Salah Dalo, chef du bureau du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK). 
    La présence de  forces militaires opérant indépendamment du gouvernement régional du Kurdistan dans la province de Kirkouk est "redondante et inutile", a-t-il déclaré, affirmant que les forces Peshmerga avaient "toutes les capacités de combat pour protéger la région". 
    Les forces irakiennes ont été déployées à Kirkouk au cours du week-end passé en vue de lancer un assaut pour libérer la ville des jihadistes, avait déclaré cette semaine le ministère irakien de la Défense dans un communiqué Selon un officier supérieur de l'armée, la plupart des forces impliquées dans la prise de Tal Afar participeront à la libération de Hawija.
    Cela inclut les forces de mobilisation populaires (PMF), également connu sous le nom de Hashed al-Shaabi, une coalition de milices chiites. Le Hashed al-Shaabi a confirmé qu'il participerait à la bataille de Hawija.
    Hawija 
    Hawija est la dernière place importante de l'EI dans les régions nord de l'Irak après que Mossoul et ses régions avoisinantes aient été reprises au cours des deux derniers mois. 
    Hawija est située à 50 km de Kirkouk et a une population d'environ 300 000 habitants.
    Les responsables kurdes avaient pourtant demandé à Bagdad de donner la priorité à la libération de Hawija, citant des menaces à la sécurité pour les civils dans le reste de la province.
    Le président de la région du Kurdistan, Masoud Barzani, a également appelé à une coopération continue entre Bagdad et Erbil dans la lutte contre l'EI, Hawija étant la plus grande menace pour la ville multi-ethnique de Kirkouk. 
    Au cours de sa conférence hebdomadaire de presse à Bagdad mercredi, le Premier ministre Haider al-Abadi a déclaré que les troupes irakiennes coopéreraient pleinement avec les forces Peshmerga kurdes pour reprendre le district de Hawija.
    Les tensions sont apparues après la décision de Kirkouk de participer au référendum sur l'indépendance du Kurdistan 
    Les habitants de Kirkouk entendent profiter de l'opportunité du prochain référendum sur l'indépendance du Kurdistan pour décider s'ils veulent rester dans le giron de l'Irak ou rejoindre la région du Kurdistan. 
    Bien que les Kurdes forment une majorité de sa population, Kirkouk est une multi-ethnique et multi-culturelle avec des Turkmènes, des Arabes, des Musulmans et des Chrétiens. 
    La province de Kirkouk est l'une des provinces contestées entre le gouvernement fédéral irakien et le gouvernement régional du Kurdistan (KRG).
     
    Jean René Belliard

     

  • L'Irak n'en a pas fini avec les défis, malgré ses victoires sur Daech

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    L'Irak n'en a pas fini avec les défis, malgré ses victoires sur Daech 
    (De notre correspondant en Irak)
    Après Mossoul, les forces irakiennes ont remporté une nouvelle victoire à Tal Afar. Les succès militaires sont certainement le résultat d'une meilleure coordination tout le long de la chaîne de commandement au sein des forces armées gouvernementales et également grâce à un meilleur partage des renseignements entre Bagdad et la coalition dirigée par les États-Unis. Cela a  permis des attaques plus rapides et mieux ciblées.
    Le ministre irakien des AE appelle à la poursuite de la coopération militaire avec la coalition 
    Le ministre irakien des Affaires étrangères, Ibrahim Al-Jafari, a averti le 26 août que «la victoire en Irak ne signifiait pas la fin du danger posé par Daech». 
    C'est pourquoi l'Irak doit poursuivre sa coopération militaire avec la coalition, a-t-il dit, affirmant qu'il fallait une «sécurité préventive» contre les «cellules terroristes qui travaillent dans l'ombre». 
    Car il faut s'attendre à ce que Daech revienne à son «mode opératoire original», en attaquant des cibles "molles" telles que les quartiers résidentiels et les marchés.
    Un manque de coordination et d'organisation priverait les services de sécurité de la possibilité de faire face à de telles attaques, a poursuivi le ministre. 
    Quel avenir pour la coalition après la défaite de Daech ? 
    La question de savoir si et comment la coalition continuera à fonctionner en Irak. Il s'agit d'un sujet politique à la fois à Bagdad et à Washington. Rappelons que les Etats-Unis avaient retiré leurs troupes en 2011, huit ans après le début de son intervention dans le pays.
    Une poursuite de la coopération militaire entre Irak et États-Unis sera assurément contestée par la coalition paramilitaire du Hashed al-Shaabi, dont plusieurs des milices qui la constituent sont inféodées à l'Iran. Il n'est pas sûr que le premier ministre irakien Haïder al-Abadi réussisse à convaincre le Hashed al-Shaabi de tolérer la présence militaire américaine en Irak, même si, théoriquement, le Hashed al-Shaabi est placé sous ses ordres.  
    Les groupes paramilitaires chiites ont toujours joué un rôle problématique en Irak  
    Les groupes paramilitaires chiites ont  joué un rôle problématique dans la politique irakienne dès les années 1930, selon Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou, professeur d'histoire internationale à l'Institut des diplômés de Genève. 
    Le Hashed al-Shaabi "n'est que la version la plus récente d'une configuration politico-sécuritaire nationale combinée à une composante sectaire depuis 2003", a-t-il déclaré. 
    Le spécialiste irakien a ajouté que l'existence du Hashed était une «admission de l'échec d'une armée formée par les administrations américaines à un coût financier et matériel important sur 14 ans».
    Les abus du Hashed al-Shaabi et de l'armée compliquent les efforts de réconciliation 
    Les abus plusieurs fois dénoncés des forces gouvernementales et des combattants chiites du Hashed al-Shaabi contre la population sunnite lors des défaites de Daech,  pourraient compliquer les efforts pour retrouver la confiance de la minorité sunnite irakienne, marginalisée et hors du pouvoir depuis la chute du dictateur Saddam Hussein en 2003.
    Le référendum kurde - un autre défi pour l'Irak 
    Outre la question sectaire, l'Irak est confronté à un autre défi à son unité nationale. Il s'agit du référendum sur l'indépendance de la région autonome du Kurdistan, prévue pour le 25 septembre. 
    Les États-Unis et les membres de la coalition sont fermement opposés au référendum, prétextant qu'il pourrait compliquer la lutte contre Daech. En fait, les Etats-Unis craignent surtout une violente réaction de la Turquie et les risques d'un nouveau conflit entre Kurdes et Arabes, notamment dans les provinces contestées de Kirkouk.
    2018 - Une année électorale 
    Au printemps 2018 devraient avoir lieu des élections législatives, ce qui constitue un test pour le premier ministre Haïder Abadi. 
    Le premier ministre compte bien sur le succès de la campagne militaire pour prouver que ses  "réformes »fonctionnent", a déclaré Kirk Sowell, un analyste des risques politiques et éditeur de Inside Iraqi Politics. 

    Mais le succès électoral d'Abadi pourrait souffrir des prix bas du pétrole, qui ont mis à mal les caisses de l'État irakien. Les élections n'ont lieu qu'en avril ou mai prochain et d'ici là, l'influence des succès militaires pourraient s'estomper. 

    Jean René Belliard

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  • L'Irak annonce officiellement la reprise de Tal Afar

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    L'Irak annonce officiellement la reprise de Tal Afar

    Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé jeudi 31 août  la reprise à l'Etat islamique (Daech) de Tal Afar, l'un des trois derniers bastions jihadistes dans le pays, finalisant ainsi la reconquête de l'ensemble de la province septentrionale de Ninive.

    "Notre bonheur est complet, la victoire est arrivée et la province de Ninive est désormais entièrement aux mains de nos forces", a affirmé M. Abadi dans un communiqué parvenu à l'AFP, en référence à cette région du nord de l'Irak dont les forces anti-EI avaient déjà repris début juillet le chef-lieu, Mossoul, aux jihadistes.
     

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  • Irak : Mossoul - L'armée tente d'éliminer l'ultime poche de résistance des jihadistes

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    Mossoul : L'armée tente d'éliminer l'ultime poche de résistance des jihadistes
    Les forces irakiennes tentaient lundi 10 juillet d'éliminer l'ultime poche de résistance des jihadistes de Daech à Mossoul après la visite du Premier ministre dans la ville dévastée, où il a félicité les troupes pour la "victoire". Haider al-Abadi a toutefois prévenu dimanche soir 9 juillet qu'il ne proclamerait officiellement la libération totale de l'ancien bastion du groupe Etat islamique (EI) qu'une fois que les derniers jihadistes auront été éliminés.

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    Les jihadistes refusent de se rendre - Ils veulent mourir
    De "violents" affrontements étaient en cours lundi dans le réduit d'environ 200 m sur 100 m où sont retranchés les derniers jihadistes dans la vieille ville, selon le général Sami al-Aridhi, un des commandants des forces d'élite du contre-terrorisme (CTS). "Ils (les jihadistes) n'acceptent pas de se rendre. Ils crient +Nous ne nous rendrons pas, nous voulons mourir", a-t-il ajouté. Mais "les opérations sont dans leur phase finale" et "il est probable que (les combats) se terminent aujourd'hui", a-t-il jugé.
    3.000 à 4.000 civils seraient toujours dans la poche des jihadistes
    Le général Aridhi a indiqué que ses troupes avaient été renseignées sur la présence d'entre 3.000 et 4.000 civils dans la poche jihadiste mais ce chiffre n'a pas pu être confirmé de source indépendante.
    On fête la victoire à Bagdad
    Dimanche, le Premier ministre Abadi avait jugé la victoire "certaine" et chargé les forces de sécurité d'établir la sécurité dans la ville et de la débarrasser des mines et explosifs.
    A Bagdad, sur la place Tahrir, des habitants ont fêté dans la nuit de dimanche à lundi la reprise de la deuxième ville d'Irak par les forces irakiennes, soutenues dans leur offensive de près de neuf mois par la coalition internationale dirigée par Washington.
    Et à Mossoul :
    Vidéo :
    https://www.liveleak.com/ll_embed?f=4348fbd9d79b
    L'Etat islamique l'affirme : "Les villes ne sont pas libérées, elles sont détruites"
    Communiqué de Dar al-Malahim du 8 juillet :

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    Il est un fait que la victoire à Mossoul a été obtenue au prix de la vie de soldats et civils, d'une crise humanitaire énorme et de destructions colossales, spécialement dans la vieille ville.
    Des photos montrent l'ampleur des dégâts dans la vieille ville. Plus un toit ne semble tenir en place, nombre de bâtiments sont complètement aplatis et des coupoles sont percées de trous d'obus, laissant présager que la reconstruction prendra du temps.
    Des milliers de personnes vont rester déplacées pendant des mois
    Près d'un million de civils ont fui la ville depuis le début de l'offensive et 700.000 d'entre eux sont toujours déplacés, selon l'ONU. Et même si la majorité d'entre eux souhaitent rentrer chez eux au plus vite, il est peu probable que leur retour soit possible avant longtemps car la vaste majorité des habitations sont détruites, fortement endommagées, quand elles ne sont pas truffées de pièges explosifs mortels. Les infrastructures étant détruites, la plupart des quartiers sont privés d'eau et d'électricité.
    "Il est probable que des milliers de personnes vont devoir rester déplacées pendant plusieurs mois", a prévenu le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) lundi 10 juillet dans un communiqué. "Beaucoup n'ont de plus maison et les services de base comme l'eau et l'électricité, ainsi que les infrastructures comme les écoles et les hôpitaux, ont besoin d'être reconstruits ou réparés", a expliqué le HCR.
    Des ONG demandent à la communauté internationale de soutenir la reconstruction
    Vingt-huit organisations humanitaires présentes en Irak, dont Oxfam et Save the children, ont publié un communiqué demandant aux autorités de ne pas forcer les déplacés à rentrer chez eux et exhortant la communauté internationale à soutenir la reconstruction.
    L'Iran a déjà promis d'aider à la reconstruction
    L'Iran, qui soutient certaines milices chiites irakiennes dans le combat contre l'EI, a déjà proposé à Bagdad son aide pour la reconstruction de villes d'où les jihadistes ont été chassés au terme de violents combats, comme Mossoul, Tikrit, Ramadi et Fallouja.
    La prise de Mossoul ne signifie pas le coup de grâce pour l'Etat islamique
    La prise des derniers quartiers de Mossoul ne signifie pas le coup de grâce pour l'Etat islamique qui détient toujours des portions de territoires en Irak, et des secteurs plus importants encore en Syrie, même s'il a également perdu du terrain dans ce pays depuis 2015 et que son fief de Raqqa est assiégé par des forces soutenues par les Etats-Unis. Le groupe ultraradical conserve également les capacités de mener des attentats à la bombe meurtriers.

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    Jean René Belliard

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  • Jeudi 29 juin – Mossoul : Les forces irakiennes annoncent avoir pris le contrôle de la mosquée al-Nouri

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    Jean René Belliard et le groupe Ptolémée publient chaque jour une newsletter réservée aux abonnés.
    Une quinzaine de correspondants à travers le monde
    La newsletter, adressée à environ 450 abonnés, est rédigée en collaboration avec une quinzaine de spécialistes de la géopolitique du Moyen orient, de l'Afrique du nord, du Sahel et des problèmes liés au jihadisme.
    Nous publions également dans la Tribune de Genève un blog dédié à ces régions et à ces problématiques.
    Un récapitulatif quotidien des principaux évènements de la journée
    La newsletter vous propose un récapitulatif des évènements marquants de la journée, ce qui vous épargne le besoin de rechercher vous-même l'information. Les newsletters sont pourvues de nombreuses vidéos, cartes et toutes les explications nécessaires à la compréhension des évènements et de leur enchaînement.
    Je précise que nous n'appartenons à aucun groupe de pression. Notre seul but est de permettre à des décideurs, politiques, sécuritaires ou de la société civile, de se faire leur propre opinion en parfaite connaissance de cause et éviter ainsi de se précipiter sur la base de jugements erronés ou mal appréciés.
    Un mois d'essai à titre gratuit à partir du 29 juin 2017
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  • Les Peshmergas kurdes lancent un avertissement aux milices chiites (zk)

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    Les Peshmergas kurdes lancent un avertissement aux milices chiites 

    Dans une déclaration ferme, le Commandement général des forces  Peshmerga a accusé le Hashed al-Chaabi (la coalition de milices chiites pro-iraniennes) et les «Kurdes mercenaires» de violer un accord conclu entre Erbil et Bagdad avant le lancement de l'offensive de Mossoul et les a mis en garde contre ce qui pourrait provoquer des problèmes. 

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  • Comprendre l'après Daech (Suite N°2 - Etat d'avancement de la campagne de Mossoul)

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    Comprendre l'après-Daech 
    Nous publions depuis deux jours un document publié par le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et le cercle de réflexion de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure française (DGSE). En raison de sa longueur, nous publions ce document par morceaux.
    Il ne s'agit pas d'un document analytique et il ne représente la position officielle d'aucun des organismes participants. Il s'agit des résultats de réflexions partagées par plusieurs spécialistes.
    L'objectif est de favoriser un dialogue entre des professionnels du renseignement et des experts qui œuvrent dans différentes disciplines au sein d'universités, de groupes de réflexion, d'entreprises privées ou d'autres établissements de recherche, en France, au Canada et ailleurs. Il se peut que certains spécialistes qui ont participé à ce groupe de réflexion défendent des idées ou tirent des conclusions qui ne concordent pas avec les points de vue du SCRS ou de la DGSE, mais c'est précisément ce qui rendait utile la tenue d'un tel dialogue.
    Le document a été publié en mai 2017 et adapté par nos soins compte tenu de l'évolution récente de la situation.

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