Ghouta orientale - Page 8

  • 22 juillet – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

    Imprimer

    Front syrien

    Les Occidentaux ont un gros problème en Syrie
    Personne ne semble savoir comment faire pour mettre un terme à la guerre civile syrienne qui a déjà fait 191 000 morts et des dizaines de millions de gens malheureux (blessés, emprisonnés, violés, torturés, réfugiés, déplacés).
    L’arrivée sur la scène syrienne des Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) puis de l’Etat Islamique (l’ancienne al-Qaïda en Irak du temps des Américains) a compliqué la situation au point que les Occidentaux pourraient être enclins à trouver que Bachar el-Assad pourrait encore avoir un rôle-clé pour faire face à la menace de l'Etat Islamique.
    Après avoir diabolisé Bachar el-Assad, les Occidentaux pourraient être contraints de renouer les contacts avec le président syrien.
    En effet, les Occidentaux, après être restés relativement indifférents à la menace représentée par les Jihadistes de l'État islamique, commencent à prendre conscience de leur dangerosité. Entre les Jihadistes de l’Etat Islamique et les forces de Bachar el-Assad, on ne trouve plus guère que le Front Islamique soutenu par l’Arabie saoudite et dont on ne peut pas dire qu’il défend un concept modéré de l’Islam. L’opposition démocratique que les Occidentaux appelaient de leurs vœux a été laminée en raison même des tergiversations occidentales à s'engager dans le conflit syrien. Et on ne peut que le comprendre !
    Du coup les forces de Bachar el-Assad représentent la seule alternative. C’est la seule aujourd’hui qui puisse garantir le droit des minorités alaouites, chrétiennes et druzes, un droit cher au cœur des gouvernements occidentaux. Bachar el-Assad le sait et attend patiemment qu'on lui fasse un appel du pied, soit en secret, via les services de renseignement, soit par la voie diplomatique. Une victoire de la stratégie du pouvoir syrien qui a beaucoup fait pour favoriser l'apparition des Jihadistes dans le conflit syrien, en libérant en 2012, par exemple, des Islamistes notoires des geôles syriennes et en s’abstenant pendant de longs mois de bombarder les secteurs tenus par les militants de l’Etat Islamique. 
    En attendant, un ancien général américain, le général Martin Dempsey, a suggéré le 21 août que l'armée américaine devrait élargir son théâtre d’opération et bombarder les Jihadistes de l’EI non seulement en Irak, mais aussi en Syrie. Cette suggestion a aussitôt été approuvée par le secrétaire à la défense américain, Chuck Hagel, qui a déclaré : « regarder toutes les options "pour arrêter l'expansion de l'État islamique, comme étant le plus sophistiqué et le mieux financé parmi tous les groupes que nous avons vus jusqu’ici. »
    Cependant, ni Hagel ni Dempsey sont allés jusqu'à dire si les Américains devaient aider les insurgés syriens.

    Base aérienne militaire de Tabqa (près de Raqqa – nord syrien)
    Les médias de l’Etat syrien ont enfin rompu le silence concernant l'offensive menée par les Jihadistes de l'Etat Islamique contre les positions de l’armée d’Assad dans le nord. Citant une source militaire ils ont nié que les djihadistes soient entrés dans la base aérienne militaire de Tabqa, précisant qu’"un grand nombre de terroristes avait été anéanti". Selon la chaine de télévision libanaise hezbollahie, Al-Manar, et Al-Mayadeen, une chaîne pro-régime, toutes deux basées à Beyrouth, plus de 150 djihadistes auraient été tués.
    La base aérienne militaire de Tabqa est la dernière position majeure du régime dans la province de Raqqa après que les jihadistes aient récemment pris le contrôe d'autres bases militaires.
    L'armée syrienne riposte en utilisant au maximum sa force aérienne. Un total de 122 sorties ont été effectuées par l’armée de l’air contre les Jihadistes de l'État islamique le week-end dernier, dont 26 sur des bâtiments occupés par les Jihadistes à Raqqa même. Des missiles ont étalement été tirés sur des cibles près de la base aérienne de Tabqa  pour repousser les assaillants.
    Les soldats d’Assad auraient réussi à tendre une embuscade dans la nuit du 21 au 22 août à un nombre de 200 à 300 jihadistes, dont la moitié des étrangers. Les Jihadistes se dirigeaient vers la base de Tabqa à bord de dizaines de véhicules surmontés de mitrailleuses anti-aériennes et de canons et précédés par deux camions suicide. Plutôt que d’attendre que l’attaque ne se développe, le commandant de la base a envoyé des forces spéciales de l’armée miner un endroit où il savait que les Jihadistes devaient nécessairement passer. Il a également demandé à l’armée de l’air un support aérien. Aussi, quand les camions suicide se sont lancés contre l’entrée nord de la base de Tabqa, ils ont été détruits par le tir de trois missiles anti-char Kornet. On a identifié le second  kamikaze. Il s’agit d’un Saoudien nommé Majed al-Sahim (alias Abou Hajer).
    majed_sahim.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les Jihadistes, qui se lançaient à l’assaut derrière les camions suicide ont voulu poursuivre  soit à pied, soit à bord de véhicules. Mais les défenseurs de la base ont alors déclenché les explosifs placés par les forces spéciales, tuant un grand nombre des assaillants, tandis que les bombardiers Sukhoï (utilisés pour la première fois dans la guerre civile syrienne) finissaient la besogne. Au total, 140 Jihadistes auraient été mis hors de combat. Parmi les Jihadistes de l’EI tués au cours de l’assaut figurent Abou-l-Mathna le Belge, Abou Saïf le britannique et Abou Sarah al-Ansari.

    Daech (l’Etat Islamique) aurait exécuté un de ses dirigeants pour collusion avec les Occidentaux
    Selon des comptes Twitter de l’EI, l’un de ses plus hauts responsables du mouvement jihadiste aurait été exécuté. Il était accusé d’avoir collaboré avec des services de renseignement britanniques.
    Il s’agit d’Abou Obeida le Marocain. Il occupait un poste équivalent au chef des renseignements.
    Il aurait été impliqué dans la mort d’un célèbre dirigeant d’Al-Qaïda,  Abou Khaled al-Souri qui commandait la milice Ahrar al-Cham, l’une des composantes de la coalition de milices pro saoudiennes, le Front Islamique.
    Originaire d’Alep, Abou Khaled était très proche de la sphère des dirigeants historiques d’Al-Qaïda, dont Oussama ben Laden, son successeur Ayman al-Zawahiri, sans oublier le fondateur des « jihadistes arabes » en Afghanistan, cheikh Abdallah Azzam. Abou Khaled avait combattu en Afghanistan, en Tchétchénie, puis en Irak aux côtés de Zarkaoui, puis d’Abou Omar al-Baghdadi, le calife de l'Etat Islamique.
    Abou Khaled avait été chargé par al-Zawahiri le chef d’al-Qaïda de trouver le moyen de mettre fin à la guerre impitoyable que se livraient en Syrie les deux frères ennemis d’Al-Qaïda, Daech (alors appelé Etat Islamique d’Irak et du Levant) et le front al-Nosra.
    Il avait été tué lors d’une violente explosion qui avait ravagé son Q.G dans le quartier al-Halak à Alep.
    Sa mort avait été imputée à Daech (Etat Islamique), soupçonné d’avoir voulu se venger de la mort de son numéro deux en Syrie Haji Bakr.
    Daech lui en voulait également pour avoir intercédé en faveur du Front al-Nosra auprès de Zawahiri, ce qui avait valu à l’EI d’être désavoué par la direction d’al-Qaïda pour son engagement en Syrie, demandant aux Jihadistes de Daech de se limiter à l’Irak.

    Alep
    Alep - carte.png 
    La guerre

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L'armée syrienne libre (ASL), le Front Islamique, les forces du régime et l'Etat Islamique se combattent les uns les autres pour des gains territoriaux infimes
    Trois vidéos. La première montre des membres de la Brigade Noureddine al-Zanki (membre du Front islamique pro-saoudien) tirant à la mitrailleuse sur une position occupée par les soldats d’Assad dans le quartier de Salah ed-Dine :
    https://www.youtube.com/watch?v=3DR7eVyzqVA&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng&feature=player_detailpage
    Ou réalisant un coup direct contre un bâtiment occupé par les soldats d’Assad dans le même quartier :
    https://www.youtube.com/watch?v=pWY_1fdletU&feature=player_detailpage&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng
    Cette vidéo montre les destructions après un bombardement aux barils d’explosifs au cours de la nuit du 21 au 22 août du quartier d’al-Hulak :
    https://www.youtube.com/watch?v=ioQdLqfBPTM&feature=player_detailpage&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA

    Ghouta orientale
    L’armée syrienne poursuit son avancée depuis qu’elle s’est emparée de Mleiha, une ville clé dans la région. Les soldats d’Assad sont parvenus à atteindre l’usine pharmaceutique Talco à Jisrine, la plus grande de Syrie.  Un haut officier de l’armée syrienne, le colonel Adnane Omrane, directeur de la direction de la défense aérienne, a perdu la vie durant les combats
    Après de laborieuses négociations, la brigade Oum al-Mou’minine a décidé de déposer les armes et de se rendre aux forces régulières. En représailles, le Front Islamique dirigé par Zahrane Allouche (pro-saoudien) a enlevé 31 miliciens de la brigade Oum al-Mou’minine, à moins qu’ils ne se soient ralliés, refusant de se rendre aux forces de Bachar el-Assad.

    Adra (banlieue de Damas)
    Adra est une cité industrielle située au nord-est de Damas, dans la Ghouta orientale. Le QG de l’armée islamique, la principale composante du Front islamique (soutenu par l’Arabie saoudite) vient d’être atteint par un baril d’explosifs faisant plusieurs morts :
    Vidéo :
    https://www.youtube.com/watch?v=uEx7gf_g7d4&feature=player_embedded

    Un accord également à Qoddam
    Un autre accord de « réconciliation » entre insurgés et l’armée de Bachar el-Assad a eu lieu dans le quartier de Qoddam, au sud de la capitale syrienne. Cet accord a permis aux habitants déplacés de rentrer chez eux.
    L’accord stipule un cessez-le feu et l’installation de barrages de l’armée sur toutes les entrées du quartier. Les noms des miliciens faits prisonniers seront échangés avec ceux des soldats enlevés par les miliciens.  
    Cette vidéo montre le etour de déplacés au quartier d’al-Asali après un accord de « réconciliation » :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=w6t10nQNQ-w&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA
    Les retrouvailles des familles après une longue séparation :
    https://www.youtube.com/watch?v=f7XEC3kKyEw&feature=player_detailpage&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA

    Qalamoun
    Quinze miliciens du Hezbollah ont été tués dans la région syrienne du Qalamoun, proche de la frontière libanaise lors de combats avec les rebelles syriens, affirme la Coalition nationale syrienne dans un communiqué publié jeudi 21 août sur son site.
    Les combats ont eu lieu dans le jurd de Fleita dans le Qalamoun, précise la Coalition, soulignant que les combattants de l'opposition syrienne ont pris le contrôle de nouveaux points dans la région.
    Mardi, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) avait annoncé qu'Abou Abdallah al-Iraki, un chef irakien du groupe jihadiste de l’État islamique (EI) impliqué dans des attentats suicide au Liban, avait été tué par le Hezbollah dans le Qalamoun. Plusieurs voitures piégées en provenance de Syrie avaient pu entrer au Liban via cette région, avant que celle-ni ne soit sous le quasi-contrôle du régime et du parti chiite.

    Front irakien

    Un demi-million de déplacés
    Le HCR mène actuellement une vaste opération humanitaire, qui a démarré mercredi 20 août, visant à aider un demi-million de personnes ayant fui les attaques des jihadistes dans le nord de l’Irak. Le HCR espère faire parvenir 2410 tonnes d'aide dans la région.

    700 000 déplacés au Kurdistan
    "La région du Kurdistan en Irak accueille maintenant près de 700 000 déplacés irakiens, la plupart étant arrivés début juin", a déclaré un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'un point de presse. Mercredi, le HCR avait indiqué avoir comptabilisé quelque 600 000 déplacés irakiens dans cette même région. M. Edwards a expliqué que le HCR n'était pas en mesure de dire si les 100 000 déplacés supplémentaires correspondaient à l'arrivée de nouveaux déplacés ou s'il s'agissait de personnes déjà arrivées au Kurdistan qui avaient décidé de s'enregistrer auprès des humanitaires.
    La plupart des déplacés vivent encore dans des écoles, des mosquées, des églises, des bâtiments inachevés et ailleurs.

    Les Peshmergas kurdes tentent de reprendre la ville de Jalawla
    Les combattants kurdes ont lancé vendredi 22 août une offensive pour tenter de reprendre aux jihadistes de l'Etat islamique (EI) la ville de Jalawla.
    Jalawla, située à 130 km au nord-est de la capitale irakienne et à une trentaine de km de la frontière iranienne, est une localité stratégique sur la ligne de front d'un millier de km défendue par les forces kurdes. Elle est revendiquée par les Kurdes comme faisant partie du Kurdistan, ce que refusent d’admettre les autorités de Bagdad et les fondamentalistes de l’EI.
    La ville était tombée aux mains des jihadistes le 11 août après de violents combats qui avaient fait un nombre indéterminé de morts dans les deux camps.
    "Les peshmergas (combattants kurdes) ont avancé sur Jalawla à partir de différents axes" avant l'aube, a précisé Shirko Mirwais, un responsable de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), ajoutant qu'ils avaient déjà repris plusieurs positions et isolé les insurgés.

    Vers une nouvelle guerre des mosquées ?
    En Irak, le phénomène des attaques visant mosquées sunnites ou chiites n’est pas un phénomène nouveau. La « guerre des mosquées » fait rage depuis le printemps 2013, à coups de bombes ou même d’obus de mortier. Des dizaines d’attaques avaient eu lieu avant même l’offensive éclaire des Jihadistes de l’Etat Islamique. Mais la destruction systématique des mosquées chiites dans les régions conquises par les insurgés sunnites devait fatalement raviver les tensions sectaires déjà très vives entre la minorité sunnite et la majorité chiite.
    Aujourd’hui 22 août, des hommes armés ont tiré sur des fidèles au moment de la prière du vendredi dans la mosquée sunnite Musab Omair de la région de Hamreen, de la province de Diyala, faisant au moins 70 morts et des dizaines de blessés.
    Les responsables de cette attaque ne sont pas toujours clairement identifiés. Les auteurs des attaques contre les mosquées sunnites peuvent aussi bien être le fait de milices chiites, omniprésentes à Bagdad, que des extrémistes sunnites reprochant aux fidèles de ne pas adhérer à leur vision rigoriste de l’islam.
    Mais il semble que dans ce cas, les terroristes soient des miliciens chiites. Le massacre pourrait porter un coup fatal aux efforts du nouveau premier ministre de rétablir la confiance entre les communautés sunnite et chiite. L’attaque pourrait être une réponse à la mort de  miliciens chiites tués au cours d'affrontements dans la région. Il pourrait également s’agir d’une vengeance après l’explosion d’une bombe près d’une patrouille de miliciens chiites enrôlés dans la lutte contre les Jihadistes de l’EI par le gouvernement. On a constaté, d’ailleurs, que ces miliciens chiites sont de plus en plus impliqués dans des assassinats sectaires brutaux, notamment à Bagdad.

    Front libanais

    Ersal (nord-est du Liban, à la frontière syrienne)
    La tension reste très vive dans la région d’Ersal, théâtre de violents combats entre les Jihadistes du Front al-Nosra associé aux fondamentalistes de l’Etat Islamique et les soldats de l’armée libanaise.
    On sait que l’armée libanaise avait subi un sérieux revers au début de l’affrontement. Celui avait été déclenché par l’arrestation « fortuite » d’un chef jihadiste, à un barrage de l’armée. Des soldats auraient été enlevés après avoir abandonné leurs positions sous la pression des combattants islamistes ou auraient déserté pour les rejoindre. On ne sait pas trop. Un grand nombre de questions sont soulevées néanmoins par cette affaire. Qui avait renseigné l’armée sur l’identité de ce Jihadiste, Imad Jomaa, arrêté alors que celui-ci semblait avoir pris l’habitude, depuis deux ans, de franchir les barrages de l’armée positionné dans la région d’Ersal sans être inquiété outre mesure. On prétend que le « tuyau » venait du Hezbollah, et était destiné à piéger l’armée libanaise et la forcer à se joindre au Hezbollah dans sa bataille contre les fondamentalistes sunnites. Autre question : Si ces militaires ont déserté, on peut s’interroger sur les raisons pour lesquelles cette unité avait une seule couleur communautaire ? Pourquoi, enfin, est-on toujours dans l’ignorance de l’identité des déserteurs ?
    Le sort de ces prisonniers de la bataille d’Ersal est aujourd’hui l’objet d’âpres discussions entre l’association des oulémas musulmans, les Jihadistes et l’armée libanaise.
    Dernière question : Le commandement militaire libanais avait-il pris suffisamment de mesures pour protéger les militaires et empêcher l'effondrement de leurs positions durant les premières heures de la bataille, et pourquoi, par exemple, les soldats de l'armée sont restés de dix heures du matin jusqu'à quatre heures du soir, sans renfort et sans que rien ne soit tenté pour leur porter assistance ?
    Il semble que peu de choses aient changé depuis cet affrontement. Le passage d’al-Hosn est toujours accessible sans aucun contrôle de l’armée libanaise aux Jihadistes du Front al-Nosra et de l’Etat Islamique (Daech) qui peuvent ainsi passer du Liban à la Syrie ou vice et versa.
    Aujourd’hui, les négociations pour la libération des militaires libanais sont dans l’impasse. Et le Front al-Nosra a haussé le ton et proféré des menaces à l’encontre des soldats. Accusant les négociateurs de ne pas respecter leurs promesses, ils menacent de diffuser bientôt une video dans laquelle deux  soldats libanais exhorteront  l'Etat à répondre à leurs  demandes sinon un soldat sera exécuté toutes les 48 heures. Et pour marquer sa détermination, le Front al-Nosra a chassé  les membres de l’Association des oulémas musulmans d’Ersal, «parce que l’Association  nous a trahis», a déclaré l’Emir d’al-Nosra  pour la région du Qalamoun,  Abu Malik Talli.
    Le chef du Front al-Nosra affirme avoir suffisamment fait pour montrer sa bonne volonté dans les négociations.  « Nous avons remis à la  délégation des soldats. Ensuite, nous leur avons donné encore et encore, puis nous avons remis à Cheikh Moustafa plusieurs militaires sans échange. Tous les militaires que nous avons remis en liberté sont  un signe de bonne volonté de notre part et de bonnes intentions. Paradoxalement,  l'État libanais ne nous a rien offert»,a-t-il affirmé.
    De son côté, l’Etat Islamique (Daech) cherche à gagner du temps, afin d'acheminer plus de renforts à Ersal et n'a en fait aucune  intention de négocier.

    Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

  • 16 août 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

    Imprimer

    Front irakien

    D’importantes tribus sunnites ont pris les armes contre les Jihadistes de l’EI
    D'importantes tribus sunnites ont pris les armes vendredi 15 août dans l'ouest de l'Irak contre les Jihadistes de l’EI (appelé Daech en arabe) selon des informations obtenues d’un leader tribal.
    Le soulèvement concerne 25 tribus sunnites de la province d'al-Anbar, où Daech contrôle des secteurs importants.
    Analyse :
    Le remplacement de Nouri al-Maliki par Haïdar Abadi approuvé par l’Arabie saoudite et les Américains, (tandis que l’Iran abandonnait al-Maliki), pourrait avoir donné le signal aux tribus qu’il était temps de remettre de l’ordre dans les provinces sunnites irakiennes et qu’elles devaient désormais affronter et chasser les Jihadistes (en majorité étrangers) de leur région.
    Il faut dire que l’offensive menée par les Jihadistes de l’EI commençait par poser de sérieux problèmes à l’administration Obama. Les atrocités commises récemment par les Jihadistes de l’EI contre les Chrétiens et les Yazidis, profitant du retrait brutal et inexpliqué des Peshmergas avaient projeté les Américains en première ligne. Ceux-ci se trouvaient au pied du mur et se devaient de réagir pour satisfaire l’opinion internationale et protéger le Kurdistan et accessoirement le contrat signé par la société pétrolière Exxon avec les autorités kurdes. Mais qui dit intervention, même aérienne, dit personnel au sol, ne serait ce que pour renseigner sur les cibles potentiels et régler les tirs. Or, l'opinion américaine était visiblement allergique à un déploiement de militaires au sol, si petit soit-il. C'est la raison pour laquelle l'Arabie saoudite semble avoir donné un ordre de partir au combat aux tribus sunnites.
    "Cette révolte populaire a été convenue par toutes les tribus souhaitant combattre Daech qui a fait couler notre sang", a expliqué à l'AFP cheikh Abdeljabbar Abouricha, un des leaders du soulèvement.
    Le général Ahmed Saddak, de la police d'al-Anbar, a fait état du soutien des forces de sécurité gouvernementales à ce soulèvement, déclenché à 06H00 locales (03H00 GMT) vendredi 15 août.
    "Les combats se poursuivent", a-t-il assuré faisant état de 12 Jihadistes tués. "Nous n'arrêterons pas avant la libération d'al-Anbar", a-t-il ajouté.
    Cette contre-offensive a commencé par des attaques sur plusieurs secteurs au nord-ouest de Ramadi, selon MM. Abouricha et Saddak.
    Le colonel de police Ahmed Choufir a pour sa part indiqué que les Brigades Hamza, un groupe qui avait lutté par le passé contre les extrémistes liés à Al-Qaïda, avait repris du service. Il a indiqué que ce groupe avait pour mission de repousser les insurgés hors des secteurs qu'ils tiennent à l'ouest de Haditha, une autre ville de la province d'al-Anbar.

    Les Kurdes tentent de reprendre le barrage de Mossoul aux jihadistes de l’EI
    Les forces kurdes, soutenues par l'aviation américaine, ont lancé samedi 16 août une offensive pour reprendre aux jihadistes de l'Etat islamique (EI) le barrage de Mossoul que ces derniers avaient occupé le 7 août dernier.
    Les peshmergas soutenus par l’armée de l’air américaine ont réussi à reprendre le contrôle du côté est du barrage et les combats continuent.

    Nouvelles informations sur des massacres commis par les jihadistes de l’EI
    Des jihadistes ont tué des dizaines de personnes, en majorité des membres de la minorité yazidie, dans le village irakien de Kocho (nord), selon des témoins et des responsables locaux.
    "Nous avons des informations de nombreuses sources, dans la région et via les services de renseignement, que (vendredi 15 août) après-midi, un convoi d'hommes armés (de l'EI) est entré dans ce village", a déclaré à l'AFP un haut responsable irakien, Hoshyar Zebari. "Ils s'en sont pris aux habitants, en majorité des Yazidis qui n'ont pas fui leurs maisons", a-t-il dit, en référence à cette minorité kurdophone non-musulmane, considérée comme hérétique par les jihadistes. "Ils ont commis un massacre contre les habitants", a affirmé M. Zebari, disant qu'"environ 80 personnes ont été tuées".
    Harim Kamal Agha, un haut responsable de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) dans la province de Dohuk, frontalière de celle de Ninive, a fait état de 81 morts, ajoutant que les assaillants avaient conduit les femmes dans des centres de détention qu'ils contrôlent.
    Mohsen Tawwal, un combattant yazidi, a affirmé à l'AFP par téléphone avoir vu un grand nombre de corps dans le village. "On a réussi à pénétrer dans une partie de Kocho, où les habitants étaient assiégés, mais on est arrivé trop tard", a-t-il dit. "Il y avait des cadavres partout. On a seulement réussi à emmener deux personnes vivantes, toutes les autres ont été tuées", a-t-il ajouté.

    Le leader de l’EI a fui vers la Syrie
    Le leader de l’Etat Islamique, le calife autoproclamé Abou Bakr al-Baghdadi aurait fui Mossoul pour revenir en Syrie afin d’échapper à d’éventuelles frappes aériennes américaines. C’est tout au moins ce qu’a affirmé Saeed Mamo Zinni, le porte-parole du PDK, le Parti Démocratique du Kurdistan, au quotidien As-Sharq al-Awsat.
    Selon les services de renseignement, Abou Bakr al-Baghdadi aurait gagné la Syrie dans un convoi de 30 véhicules Humvee.

    Front syrien

    Mleiha a bien été prise par les soldats d’Assad
    Cette vidéo de l’AFP confirme la prise de Mleiha par l'armée d'Assad, un succès après une longue série de revers. Les rebelles avaient réussi à rompre le siège de la ville mais ils n'étaient pas parvenus à se redéployer pour consolider leurs gains, ce qui a permis à l’armée de lancer une contre-offensive victorieuse.
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=mf-Xi-TdLvg

    Bataille de Marea entre les Jihadistes de l’Etat Islamique et les rebelles du Front Islamique
    De violents combats ont eu lieu samedi 16 août entre les rebelles du Front Islamique (pro-saoudien) et les Jihadistes de l’Etat Islamique à l’est de Marea. Cette localité est la place forte du Front islamique, le plus important groupe rebelle qui combat à la fois  les troupes d’Assad et les jihadistes de l’Etat Islamique. Le Front Islamique est soutenu par l’Arabie saoudite.
    "La pression militaire est maintenant sur Marea, ", a déclaré Abou Omar, porte-parole du Conseil Révolutionnaire de Marea.
    Les rebelles ont envoyé des renforts et des armes pour défendre Marea, comme en témoigne cette vidéo qui montre une colonne des Kataëb al-Zanki partant pour la région.
    https://www.youtube.com/watch?v=4lYW8ql-APs&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng&feature=player_detailpage
    "Les rebelles considèrent qu'il s'agit d'une des batailles les plus importantes contre l’Etat Islamique... Il n'est pas question de perdre», a ajouté Abou Omar.
    Les Jihadistes de l’Etat Islamique utilisent des armes lourdes, parmi lesquelles des chars et de l’artillerie, saisies à l’occasion de la  déroute de l'armée irakienne lors de l’offensive éclair de Juin dernier. Ces armes avaient été fournies aux forces irakiennes par les Etats-Unis.
    Les Jihadistes de l’Etat Islamique se sont déjà emparés d’une dizaine de villages dans la région de Marea et Azaz les 14 et 15 août. On craint beaucoup pour les dizaines de rebelles capturés compte tenu de la cruauté dont font preuve les Jihadistes envers leurs prisonniers.
    Azaz, à côté de la frontière avec la Turquie, est une autre cible des Jihadistes de l’Etat Islamique qui cherchent à  développer leur "califat" autoproclamé en Syrie et en Irak

    Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

  • 15 Août : Nouvelle des guerres du Moyen Orient

    Imprimer

    Le front syrien : Un éternel recommencement

    Confusion en Syrie
    Les rebelles ont perdu du terrain à Alep cédant sous la pression des Jihadistes de l’Etat Islamique tandis qu’ils poursuivaient leur avance dans la région d’Hama. Par contre, les rebelles subissaient un grave revers à Mleiha, à quelques kilomètres à l’est de Damas, cette localité étant tombée aux mains des soldats d’Assad.

    Hama
    L'avance la plus remarquable des insurgés a eu lieu dans les environs de l'aéroport militaire de Hama où ils ont pris le village d'al-Sheyha et occupé plusieurs positions du régime à Arzeh et Tal al-Sheyha, s’approchant de 2 à 3 kilomètres de la base militaire.
    Les insurgés soumettaient l'aéroport à un intense bombardement. Rappelons que cet aéroport militaire est le principal centre de  production de barils d’explosifs et c’est également là que sont stockés les missiles Grad d’où ils sont dispatchés aux forces d’Assad dans l’ensemble de la Syrie. 
    Cette vidéo montre les rebelles à l’assaut de l’aéroport militaire de Hama :
    https://www.youtube.com/watch?v=XFjvA-YIXps&feature=player_detailpage&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA
    L’armée d’Assad riposte en bombardant les zones tenues par les rebelles à l’aide de barils d’explosifs. Cette vidéo montre le bombardement aérien à l’aide de barils d’explosifs de la route du barrage dans la région de Hama :
    https://www.youtube.com/watch?v=zQkzs59lT6s&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&feature=player_detailpage
    Cette vidéo, prise juste après un violent bombardement du quartier d’al-Latamné dans la ville de Hama, montre la population à la recherche des victimes :
    https://www.youtube.com/watch?v=J9SOADwwrPU&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&feature=player_detailpage

    L’armée d’Assad s’affaiblit
    Un signe que l’armée encore fidèle à Bachar el-Assad s’affaiblit à mesure des combats qu’elle doit livrer un peu partout,  est fourni par le fait que les effectifs qui luttent contre les insurgés sont de plus en plus composés de milices plutôt que de troupes régulières. L'opposition a également affirmé qu'elle avait capturé deux soldats iraniens parmi les défenseurs jeudi 14 août.
     
    Morek sur la route Hama-Alep
    Plus au nord, toujours dans la province de Hama, les insurgés continuent à infliger des pertes aux troupes de Bachar el-Assad qui ont tenté de prendre Morek, une localité stratégique située sur l'autoroute entre Hama et Alep. Jeudi 14 août, ils ont détruit un véhicule blindé BMP et tué la plupart de ses occupants.
     
    Frontière libanaise - Qalamoun
    Dans le sud-ouest, à la frontière libanaise, les insurgés ont pris deux positions du régime dans la région de Qalamoun entre Al-Dmeir et al-Rehaibeh. Les forces syriennes ont subi de lourdes pertes, de même que les combattants du Hezbollah qui tentaient d'entrer dans le Qalamoun à partir du secteur libanais d'al-Nahleh .
    L'opposition a également attaqué les milices et les membres du Hezbollah al-Jrayjir.
    Au début de la semaine, les insurgés ont investi deux points de contrôle et quatre casernes à Ras al-Maraa
    Voir vidéo ci-dessous :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=KrLL3vq4jp0
    Cette vidéo montre les rebelles prenant le contrôle des dépôts d’armes et de munitions d’Abou Sanad et al-Masani dans le Qalamoun :
    https://www.youtube.com/watch?v=XBjgFaWsLes&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&feature=player_detailpage

    Les Jihadistes de l’Etat Islamique poursuivent leur progression dans la province d’Alep
    Les nouvelles continuent d’être très mauvaises pour les rebelles « libéraux » dans la province d’Alep. Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont réussi à occuper huit villes et villages près de la frontière turque dont la localité de Baghaydin. Les Jihadistes poursuivent leur progression vers la ville frontalière d’Azaz et de Marea. Les affrontements ont tué au moins 40 combattants des groupes rebelles, ainsi que 12 Jihadistes de l’EI. Marea est un bastion du Front islamique, une coalition de groupes islamistes soutenus par l’Arabie saoudite et luttant contre les Jihadistes de l’EI. Azaz se trouve à côté d'un passage frontière avec la Turquie, ce qui serait un atout précieux pour les Jihadistes de l’EI qui cherchent à développer son "califat" sur le territoire qu'il occupe en Syrie et en Irak.
    Les Jihadistes récupèrent ainsi le territoire qu'ils avaient perdu en Syrie en janvier 2014, chassés alors par les rebelles du Front Islamique et le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie). La bataille est assez inégale car les Jihadistes de l’Etat Islamique surpassent leurs adversaires grâce au matériel pris à l’armée irakienne lors de son offensive de juin 2014.
    L'opposition soutenue vaguement par l'Occident dans le nord de la Syrie est dans une très fâcheuse position et risque tout simplement l’anéantissement au profit des Jihadistes de l’Etat Islamique. En effet, si les Jihadistes de l’EI réussissent à s’emparer d’Azaz et de Morea, ils couperaient les lignes d’approvisionnement rebelles en Syrie. Il serait alors facile aux Jihadistes d’attaquer les zones tenues par les rebelles « libéraux » dans la ville d’Alep. 
    Les pays occidentaux seraient alors confrontés à un problème au moins aussi grave que celui qu’ils connaissent en Irak avec l’arrivée en Turquie de centaines de milliers de réfugiés.

    Alep
    Dix personnes ont été tuées par des barils d’explosifs lancés d’hélicoptères de l’armée d’Assad. Les attaques visaient le quartier de Bab al-Nairab dans la vieille ville et le quartier Salahin au sud de la ville.

    Damas
    Les chars du régime bombardent le quartier de Qaddoum à Damas :
    https://www.youtube.com/watch?v=WQjKPgy3Mkw&feature=player_detailpage&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA

    Mleiha – Banlieue de Damas
    Les rebelles avaient annoncé qu’ils avaient rompu le siège de la ville de Mleiha. Leur victoire aura été de courte durée. L'armée syrienne a annoncé, jeudi 14 août, avoir pris le contrôle de la ville. Mleiha est une position stratégique car elle est la «passerelle» vers la Ghouta orientale, une zone où sont retranchés les insurgés du Front Islamique depuis près de deux ans. 
    La victoire a été obtenue grâce à des «opérations spéciales décisives au cours desquelles l'armée a éliminé un grand nombre de rebelles retranchés dans la ville.
    Vidéo de la Télévision de l’Etat, Sana :
    https://www.youtube.com/watch?v=wTchalrsMaA&feature=player_embedded
    Cependant, l'insurrection a démenti l’annonce de la prise de la ville par les soldats d’Assad. Elle affirme que ses combattants se sont retirés de certaines positions dans la partie nord de la localité pour gagner des lignes défensives. Elle affirme que la preuve de ses affirmations est fournie par le fait que les forces d’Assad poursuivent leurs bombardements de la ville.
    Cette vidéo montre le bombardement aérien de la localité rebelle de Hammouriya dans la région de Damas (Rif Damas) ;:
    https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&v=s6QFxlkEZVo&feature=player_detailpage

    Deraa – à la frontière jordanienne
    Les combats et les bombardements sont permanents.
    Cette vidéo montre le bombardement à l’aide de barils d’explosifs du quartier d’Ankhel :
    https://www.youtube.com/watch?v=bUIOab23U5Q&feature=player_detailpage&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA
    Par ailleurs, on a appris qu’au moins 14 personnes ont été tuées vendredi 15 août quand une voiture piégée a explosé devant une mosquée dans la localité de Namar, contrôlée par les rebelles. Namar se trouve dans la province de Daraa du sud de la Syrie.

    Front irakien - Les atrocités se succèdent

    Jalawla
    Après avoir capturé lundi 11 août la ville de Jalawla, une ville située à 130km de Bagdad revendiquée à la fois par le Kurdistan et le gouvernement central de Bagdad, les jihadistes de l’Etat Islamique ont  détruit une "husseiniyah" (mosquée chiite)chiite et exécuter le muezzin devant la mosquée.
    Dans la localité de Sayed Ahmad, au nord de Jalawla, les jihadistes ont également exécuté six policiers.

    Mossoul
    « À Mossoul, 700 femmes yazidies ont été vendues sur la place publique à 150 dollars pièce... »
    Un Irakien réfugié à Paris, Nabil Younan, a témoigné des atrocités commises par les Jihadistes de l’Etat Islamique devant des journalistes français et étrangers, à l’initiative du Chredo (Coordination des chrétiens d'Orient en danger). Patrick Karam, conseiller général et président du Chredo, a réussi à mobiliser  plus de 120 élus de l'Assemblée nationale et du Sénat pour écouter les témoignages de victimes et de survivants des massacres commis tout récemment en Irak par l'État islamique (EI). La réunion a eu lieu le jeudi 14 août dans une salle de la mairie du 16e arrondissement.
    Nabil Younan, a affirmé qu'entre autres barbaries, les terroristes de l'EI ont vendu aux enchères sur une place publique de Mossoul, il y a seulement trois jours, 700 femmes yazidies au prix moyen de 150 dollars par esclave. « Cela s’est passe au vu et au su de la communauté internationale », a-t-il dit, avant de lancer un appel poignant au monde entier pour qu'une intervention immédiate empêche de tels actes de se poursuivre.
    D'autres témoignages ont été entendus, notamment celui du R.P. Amir Geagea, supérieur dominicain à Bagdad, et celui du père dominicain Anis Hanna, joints par téléphone et interrogés en duplex par l'assistance. Ils ont raconté que des barrages avaient été établis par l'EI aux sorties de Mossoul afin de dépouiller les chrétiens.

    Et on reparle du retrait curieux des Peshmergas cessant soudainement de protéger les localités chrétiennes et yazidies
    Un intervenant a également abordé la question de l'abandon par les peshmergas kurdes de leurs positions dans des villages chrétiens de Ninive. « C'était comme s'ils invitaient les tueurs de l'EI à occuper nos villages », a-t-il déclaré. Il s’est alors interrogé sur l'utilité d'un envoi d'armes françaises aux Kurdes. À ce propos, un des intervenants du Chredo a rappelé que cet abandon des peshmergas est intervenu presque au lendemain de l'entretien téléphonique entre les présidents français François Hollande et kurde Massoud Barzani, le premier promettant des armes françaises au second, en même temps qu'une aide humanitaire aux déplacés yazidis.

    Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

     

     

     

  • 14 août – l’Etat Islamique progresse sur tous les fronts

    Imprimer

    Front Irakien

    Les Etats-Unis font-ils marche arrière en Irak ?
    Après avoir donné des signes que les Etats-Unis allaient se porter au secours des Kurdes, des Chrétiens et des Yazidis en Irak, Washington a brusquement fait marche arrière dans la soirée du 13 août, isolant une nouvelle fois François Hollande et sa promesse d’armer les Kurdes.

    La situation des Yazidis n'est pas si tragique dit Wahshington
    Le Pentagone a déclaré qu’il était peu probable qu’une mission soit engagée pour évacuer les Yazidis encerclés sur le Mont Sinjar par l'avancée des Jihadistes de État Islamique après qu’une équipe d'évaluation américaine ait  jugé la situation humanitaire moins mauvaise que redoutée.
    Plus tôt dans la semaine, les États-Unis avaient annoncé avoir envoyé 130 Marines supplémentaires et des forces spéciales à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. Selon certaines informations, les forces spéciales américaines avaient gagné le mont Sinjar, avec quelques membres des SAS britanniques. Ces forces spéciales avaient pour mission de récolter des renseignements en vue d’une évacuation des Yazidis, et également repérer les cibles jihadistes en vue de frappes aériennes. 
    Une vingtaine de Bérets Verts américains et du personnel humanitaire ont gagné le mont Sinjar en pleine nuit pour évaluer la situation des réfugiés qui ont fui la ville de Sinjar et les villages voisins.
    Selon le Pentagone l'équipe envoyée sur place aurait  constaté beaucoup moins de personnes en fuite que prévu.
    En outre, les soldats américains ont déclaré que la situation s'était améliorée grâce au fait que des milliers de Yazidis avaient réussi à quitter la montagne au cours des dernières nuits, grâce aux largages de nourriture et d'eau, à la contre-offensive des Peshmergas kurdes et aussi en raison des frappes aériennes sur les cibles de l’Etat islamique. Un drone des forces américaines a d’ailleurs, détruit, mercredi 13 août, un véhicule armé des jihadistes de l'Etat islamique près de Sinjar. «Sur la base de cette évaluation, une mission d'évacuation est beaucoup moins probable," a précisé le Pentagone

    Un rapport qui tombe à pic
    Le rapport fait par les Forces spéciales américaines tombe bien pour le Pentagone. En effet, l’administration Obama n’avait aucune envie, voire intention, d’envoyer des troupes au sol. Or, une opération d’évacuation d’un grand nombre de réfugiés supposait la sécurisation d’un périmètre et de voies d’évacuation par des soldats sur le terrain. Cette présence comportait le risque d’un affrontement direct avec les Jihadistes qui ont déjà pris leurs dispositions pour s’abriter des attaques aériennes en se positionnant au milieu de civils.
    Tant qu’Erbil ne sera pas menacé, les Etats-Unis n’interviendront pas. Or, on a constaté ces derniers jours que les Jihadistes de l’EI n’avançaient plus vers la capitale du Kurdistan.

    Front syrien

    L’armée d’Assad a pris le contrôle de la ville stratégique de Mleiha
    Les forces gouvernementales ont pris le contrôle total d'une localité clé dans la banlieue de Damas, après des mois de combats. La prise de cette ville stratégique est le premier succès des forces d'Assad après des semaines de revers dans le nord et la région du Qalamoun.
    Les forces armées contrôlent Mleiha mais les combats continuent dans les vergers au nord et au sud de la ville.
    Mleiha, à 10 km au sud-est de Damas, est un bastion rebelle que les forces du régime, appuyées par les combattants du Hezbollah libanais, cherchaient à reprendre depuis avril 2014. Depuis plus d'un an, la ville, vidée de ses habitants, était assiégée et la cible de bombardements. Le chef des forces aériennes syriennes le général Hussein Isaa, avait été tué en mai 2014 dans cette région.
    Mleiha est une localité stratégique car elle représente le point d'accès vers la Ghouta orientale, une région arboricole tenue par les rebelles. "Sa prise de contrôle va hâter l'anéantissement des poches rebelles qui restent dans la Ghouta orientale", a dit une source militaire précisant que la localité était pleine de tunnels. Reprendre Mleiha permet au régime de protéger certaines zones de Damas des roquettes tirées par les rebelles.
    Cette vidéo montre les bombardements de l’aviation d’Assad sur la localité de Mleiha avant sa prise par l'armée d'Assad :
    https://www.youtube.com/watch?v=AzAxp6Y_yPQ&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&feature=player_detailpage

    Progression des Jihadistes de l'Etat Islamique à Alep
    Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont fait une progression fulgurante au nord de la province d'Alep, le mercredi 13 juillet, infligeant de lourdes pertes aux insurgés de l’Armée Syrienne Libre et du Front Islamique pro-saoudien.
    Il semble que les rebelles de l’Armée Syrienne Libre et du Front Islamique aient manqué d’armes et de munitions alors que leurs adversaires du Front Islamique disposaient d’une énorme quantité d’équipements grâce à  leurs récents succès dans le nord de l'Irak et la Syrie orientale.
    Le Conseil suprême des forces armées a averti mercredi qu’ "Alep tombera si la communauté internationale n'intervient pas en soutien." Le problème est que personne n’est prêt à intervenir.

    Yabroud, à la frontière syro-libanaise
    Yabroud, qui a été le dernier bastion important des rebelles dans la région de Qalamoun, est située à 70km au nord de Damas et à proximité du Liban. La moitié de la ville est aujourd’hui occupée par l’armée d’Assad et l’autre moitié par les insurgés.
    Les combats se poursuivent avec les guérilleros du Front al-Nosra tandis que l’armée d’Assad, appuyée par le Hezbollah libanais tente toujours d’occuper la totalité de Yabroud, ainsi que la vallée le long de la frontière libano-syrienne.
    Pour prendre la ville de Yabroud, il faut prendre le contrôle de la montagne Mar Maroun.
    Cette vidéo montre le journaliste gagner le sommet  de cette montagne, objet de combats acharnés. Si les rebelles réussissent à conquérir cette hauteur, ils pourront  contrôler toute la ville de Yabroud et la vallée. Ils auront alors la possibilité de surveiller l'autoroute reliant Damas au nord du pays.
    Les soldats d’Assad  tirent périodiquement par delà les montagnes vers les pentes où sont cachées les positions adverses..
    La vidéo est signée   Andrey Filatov, Viktor Kouznetsov, Alexey Pronin, Marat Musin.
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=TUyVhu0RPfA
      

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

  • Irak/Syrie : les théâtres des guerres du Proche Orient

    Imprimer

    Irak

    L’Etat Islamique vient de commettre deux erreurs stratégiques
    Les Jihadistes de Daesh (Etat Islamique) viennent de franchir deux lignes rouges pour les occidentaux :
    - Ils menacent plusieurs minorités confessionnelles, les Chrétiens, les Yazidis et les Chabaks, ce qui est la pire des fautes pour l’Occident.
    - Ils menacent les riches régions pétrolifères du Kurdistan dont les droits d’exploitation sont la propriété de la société américaine Exxon.

    kurdish-region-iraq.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les Kurdes ont-ils mis les Occidentaux, et notamment les Américains, devant leur responsabilité ?
    Les conditions dans lesquelles est tombée la ville chrétienne de Qaraqosh, une localité de 50.000 habitants en majorité de confession chrétienne, sont assez curieuses.  Les Jihadistes sont arrivés dans la nuit du 6 au 7 août et ont pris possession de la ville après un brutal retrait des forces kurdes, entraînant avec eux la quasi-totalité de la population par crainte des Jihadistes.
    Le même scénario s’est produit à Tal Kayf, une ville où vivent de nombreux chrétiens et des membres de la minorité chiite chabak. Là encore, les Jihadistes sont arrivés aux environs de minuit et n’ont rencontré aucune résistance.
    Selon le patriarche chaldéen de Kirkouk et Souleimaniyeh, Louis Sako,  ce sont 100.000 chrétiens qui ont pris la fuite, n’apportant « rien d'autre que leurs vêtements sur eux ».  Il précise que les localités de « Tal Kayf, Bartella et Karamlesh » ont été « vidées de leurs habitants » sans que les forces kurdes n'opposent une quelconque résistance.

    Un désastre humanitaire et culturel
    « C'est un désastre humanitaire. Les églises sont occupées, leurs croix enlevées », et plus de 1 500 manuscrits ont été brûlés, a souligné Mgr Sako. « Nous lançons un appel avec beaucoup de douleur (...) au Conseil de sécurité de l'Onu, à l'Union européenne et aux organisations humanitaires pour qu'ils aident ces gens en danger de mort ». Et le patriarche a ajouté qu'il redoutait un « génocide ».

    Pourquoi les Kurdes mettent-ils l’Occident au pied du mur ?
    Les revers subis récemment par les forces kurdes sont d’autant plus surprenants que les Peshmergas sont considérés comme de loin les plus efficaces et les mieux organisés.
    Le problème est que les forces kurdes se sont brutalement retrouvées étirées par le soudain écroulement de l’armée irakienne lors de la guerre éclair des Jihadistes en juin 2014. Les Kurdes avaient profité de la confusion pour élargir leur territoire de près de 40%.
    Du coup, les Peshmergas se retrouvent avec une étendue bien plus importante à contrôler et ils se révèlent démunis en combattants, en moyens militaires et en finances pour faire face à leur nouveau défi.
    Conséquence : les peshmergas ont subi plusieurs revers majeurs début août face aux insurgés, perdant coup sur coup plusieurs villes à la frontière syrienne, en particulier Zoumar et Sinjar, ainsi que deux petits champs pétrolifères.
    Pour faire face au manque de combattants, les Peshmergas peuvent compter sur l’arrivée massive de militants kurdes d’autres régions. Les Peshmergas d'Irak, les combattants du PYD de Syrie et du PKK de Turquie ont uni leurs forces dans une rare alliance pour faire face aux jihadistes dans le Nord irakien. Les trois groupes avaient pourtant des  relations tendues mais ils ont mis leurs différends de côté dans une sorte d'union sacrée contre la menace jihadiste. C’est ainsi que les Kurdes venus de Syrie et de Turquie « sont chargés de combattre » les jihadistes « dans la région de Rabia et de Sinjar », à l'ouest de Mossoul, a déclaré hier Hallo Penjweny, haut responsable du parti de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK).
    Pour les moyens militaires et financiers, la seule solution était de faire appel aux Etats-Unis, d’où, sans doute, ce retrait tactique des forces kurdes pour mettre les Occidentaux au pied du mur.

    Il y avait urgence car les Jihadistes de l’Etat Islamique se sont beaucoup renforcés
    Les Jihadistes disposent depuis leur offensive éclair de juin et la débandade de l’armée irakienne de chars, de humvees, de missiles et d’autres armements lourds pris à leurs adversaires. Ce matériel, souvent de fabrication américaine, a transformé les capacités militaires de l'EI.
    Ce matériel est tombé entre les mains de combattants aguerris par des mois de guerre en Syrie. Ils ont acquis la réputation de combattants sanguinaires n’ayant pas peur de la mort, ce qui contribue à effrayer leurs ennemis.
    Les chefs de l’Etat Islamique ont jusqu’ici poursuivi une stratégie infaillible : Ils ont privilégié les zones sunnites où ils savaient trouver des soutiens, des infrastructures stratégiques ou des endroits faiblement défendus, évitant ainsi des pertes minimes.
    Leur avancée a été fulgurante, couvrant des distances énormes mais il faut savoir que la majorité des régions conquises sont désertiques, ce qui a facilité leur progression tant que la force aérienne n’était pas massivement utilisée contre eux.
    La mise en scène de leur extrême brutalité démoralise leurs adversaires et leur permet de s'emparer de villes entières sans rencontrer de résistance. C’est la raison pour laquelle l’Etat Islamique diffuse en permanence des photos d'ennemis décapités.

    iraq-ethnic-groups-map.gif

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le président Barak Obama donner l’ordre d’intervenir à son aviation
    Le président Obama a bien entendu le message kurde. Et cette fois, il s’est empressé de réagir, autorisant des tirs ciblés de drones sur des cibles jihadistes. A peine avait-il pris et annoncé sa décision que deux chasseurs bombardiers américains F/A 18 ont largué des bombes de 250 kilos sur une pièce d'artillerie mobile de l'Etat Islamique qui bombardait des forces kurdes à Erbil, dans le Kurdistan irakien. La justification donnée par le porte-parole du Pentagone, l'amiral John Kirby, est que ces tirs menaçaient des personnels américains basés dans la ville.
    De nouvelles frappes américaines avaient lieu vers 17 heure. Un drone éliminait des Jihadistes servant un mortier. Vers 18h20, quatre chasseurs larguaient un total de huit bombes qui ont neutralisé un convoi et un mortier près d'Erbil, la capitale du Kurdistan irakien.

    Hollande menace aussi
    La France est "prête à prendre toute sa part" dans l'aide aux populations civiles victimes des "exactions intolérables" de l'Etat islamique en Irak, a affirmé l'Elysée dans un communiqué vendredi 8 août 2014.
    François Hollande "s’est félicité de la décision importante prise par le Président (Barack) Obama d'autoriser des frappes aériennes ciblées afin de contrer l'Etat islamique ainsi que de mettre en oeuvre un effort humanitaire" "impérieux et urgent". "La France va examiner avec les Etats-Unis et l'ensemble de ses partenaires les actions qui pourraient être menées afin d'apporter conjointement tout le soutien nécessaire pour mettre un terme aux souffrances des populations civiles. Elle est prête à y prendre toute sa part", ajoute le texte.

    Syrie

    Raqqa (Nord syrien)
    Les jihadistes de l'Etat islamique (EI) se sont emparés dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 août de la base de la Brigade 93, une importante base de l'armée syrienne dans la province septentrionale de Raqqa. 300 soldats d’Assad auraient été tués et plus de 100 capturés. Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont mis en ligne, comme ils en ont l’habitude pour effrayer leurs adversaires, la décapitation de soldats morts.
    La chute de la base a été soudaine. L’opération a débuté par un triple attentat suicide suivi par de violents combats.
    Le régime de Damas ne tient plus désormais qu'une seule position dans la province de Raqqa, l'aéroport de Tabqa.
    Cette vidéo tournée par l'Etat Islamique fait un tour de la base de la Brigade 93 qui montre la quantité de matériel sur lequel les Jihadistes ont encore mis la main :
    https://www.youtube.com/watch?v=trp0HAX7E5c&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&feature=player_detailpage

    Alep
    Une nouvelle vidéo mise en ligne le 5 août par la brigade Zanki concerne l’utilisation d’un missile antichar Tow pour détruire un char de l’armée d’Assad. La scène se déroule dans la cité industrielle au niveau de l’usine de carton :
    https://www.youtube.com/watch?v=MPfc80JxAq0&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng&feature=player_detailpage
    Et une autre le 6 août :
    https://www.youtube.com/watch?list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng&v=P-inLlWg7d8&feature=player_detailpage

    Damas
    Le front est pratiquement stabilisé devant Damas comme le montre cette vidéo (côté rebelles) mise en ligne le 7 août 2014 :
    https://www.youtube.com/watch?v=ZY3_EomsUGc&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&feature=player_detailpage
    La capitale syrienne est désormais la cible quotidienne d'obus et de roquettes tirés par les rebelles du Front Islamique (pro-saoudien). 21 personnes ont perdu la vie à Damas au cours de ces derniers jours. Les rebelles tirent des obus à partir de leurs fiefs de la Ghouta orientale et du quartier de Jobar situé à la périphérie de Damas où les combats de rue font penser à ceux qui se déroulaient à Stalingrad.
    Abdel Rahmane al-Chami, un dirigeant de Jaish al-Islam (l’armée de l’Islam), l’une des plus importantes organisations rebelles du Front Islamique, explique que les tirs sont « une réponse à l'escalade des bombardements » du régime contre les zones tenues par la rébellion. Jaish al-Islam et Ajnad al-Cham (les soldats de Syrie), une autre formation rebelle, bombardent la capitale avec des obus de 107 et 120 mm le palais présidentiel dans le quartier Malki au cœur de Damas, les bâtiments de la sécurité et d'autres bâtiments militaires à Kfar Soussé et à Mazzé 86, à l'Ouest de la capitale.
    Cette vidéo montre les rebelles de Ghouta orientale tirant au canon sur le centre de Damas :
    https://www.youtube.com/watch?v=M9AA_-jm-Do&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&feature=player_detailpage
    De son côté, l’aviation militaire d’Assad vient régulièrement bombarder Douma, une ville au nord-est de la capitale et fief de Jaish al-Islam, ainsi que les localités de Kafar Batna, à l'est de Damas et Mleiha.
    Cette vidéo mise en ligne le 6 août montre un bombardement de l’aviation syrienne sur le quartier rebelle de Jobar :
    https://www.youtube.com/watch?v=xU26md8XWJE&feature=player_detailpage&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA

    Aéroport de Damas
    Les insurgés du Front islamique (pro-saoudien) ont saisi un territoire à l'ouest de l'aéroport de Damas. Ils se sont emparés de positions proches des usines près de Ghazlania, une ville qu’ils cherchent à capturer et qui se trouve à proximité de Hatitat al-Turkman.
    Leur objectif est d’encercler l'aéroport pour entraver l’arrivée d’armes et de munitions en provenance d’Iran. Ils veulent également couper les routes principales, ce qui limiterait les opérations de l'armée d'Assad entre la Ghouta occidentale et la Ghouta orientale.
    Cette vidéo montre un blindé des rebelles en action dans les environs de l’aéroport :
    https://www.youtube.com/watch?v=jDIYzKBR1tI&feature=player_embedded

    Côte méditerranéenne
    Un front que l’on a tendance à oublier, celui de la côté méditerranéenne. Cette vidéo mise en ligne le 6 août montre un char de l’Armée Syrienne Libre en action dans le jebel al-Akrad (la montagne des Kurdes). Le char tire sur une position des soldats d’Assad :
    https://www.youtube.com/watch?v=vnb3BOFQunI&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&feature=player_detailpage

    Deir ez-Zhor
    La province de Deir ez-Zhor, à l’est de la Syrie, est pratiquement sous le contrôle des Jihadistes de l’Etat islamique. Ceux-ci se livrent depuis à des exécutions arbitraires en grand nombre. Cette vidéo montre l’arrestation de 20 hommes à un barrage de l’EI. Les malheureux seront amenés pour être exécutés :
    https://www.youtube.com/watch?list=UUXlQjCFr2NXJK-wLqsTFU1Q&v=oMMHPmkMIVI&feature=player_detailpage

    ISLAMIC-STATE-DEIR-EZ-ZOR-EXECUTIONS-e1407482368420.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Divers

    Cette vidéo kurde tourne en dérision les Jihadistes de l’Etat Islamique et leur cruauté aux barrages routiers :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=U_p31HvI0BM

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

     

  • 3 août 2014 - Nouvelles des Guerres moyen-orientales

    Imprimer

    Syrie

    Province de Deir ez-Zhor
    Les rebelles et les tribus ont expulsé les Jihadistes de l’Etat Islamique de localités situées entre al-Mayadin et Boukamal dans la province de Deir ez-Zhor :
    https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&v=ZG5qJf_KlfQ&feature=player_detailpage
    Il est intéressant de suivre l’évolution de ce nouveau conflit entre les Jihadistes de l’Etat Islamique et les tribus sunnites car celui-ci pourrait très vite débordé du côté irakien.

    Alep
    Les insurgés semblent gagner du terrain à Alep, affrontant avec succès l’armée d’Assad et les supplétifs shabbiha autour de l’académie militaire dans la banlieue al-Assad à l’ouest de la ville.
    https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&v=QMplGhTustA&feature=player_detailpage
    Les combats étaient particulièrement violents dans la nuit du 2 au 3 août dans la banlieue al-Assad:
    https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&v=jwDou6CnYL8&feature=player_detailpage
    Autre vidéo des combats dans la banlieue al-Assad :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=iTsT3SrBnvQ&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA
    Les Kataeb al-Zanki participent également à l’assaut des positions du régime dans la banlieue al-Assad à l’aide de blindés :
    https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&v=N_tSsfwhTgA&feature=player_detailpage
    Le minaret d’une mosquée s’écroule au cours des combats dans la banlieue al-Assad :
    https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&v=odK9Bj2ofiA&feature=player_detailpage

    Raqqa
    Visite de la caserne du régiment 17 après que celle-ci ait été prise par les Jihadistes de l’EI (Daesh) :
    https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&v=6qSmA05ZaG0&feature=player_detailpage


    Damas
    Déclaration d’un chef rebelle selon laquelle les objectifs appartenant aux services de sécurité ou à l’armée d’Assad dans  la capitale vont désormais être bombardés :
    https://www.youtube.com/watch?v=yIPi6hqPDW8&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&feature=player_detailpage
    Au moins 44 personnes ont été tuées dimanche 3 août dans des raids de l'armée d'Assad sur deux villes tenues par les rebelles et des attaques d'insurgés sur la capitale.
    Trente-deux personnes, dont des femmes et des enfants, ont péri dans des raids de l'aviation syrienne sur Douma et Kfarbatna, deux villes tenues par les rebelles près de Damas.
    Douma et Kfarbatna sont situées dans la région de la Ghouta orientale, à l'est de la province de Damas, fief des rebelles du Front Islamique (pro-saoudien) que l'armée d'Assad tente de reconquérir.
    Douma est assiégée par l'armée syrienne depuis plus d'une année et a à plusieurs reprises été bombardée ces dernières semaines par les troupes de Assad.
    Alors que l'armée d'Assad bombarde les localités rebelles autour de la capitale, des obus tirés par les rebelles sont tombés sur des quartiers de Damas, faisant 12 morts.

    Qalamoun (proche de la frontière libanaise)
    Un avion militaire syrien abattu dans le jurd de Qalamoun :
    https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&v=dtKAZGzUy9I&feature=player_detailpage
    Les affrontements entre les rebelles sunnites et l’armée d’Assad appuyée par le Hezbollah sont extrêmement violents dans le Qalamoun :
    https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&v=MK13_C0lMB0&feature=player_detailpage
    Les rebelles ont réussi à s’emparer d’un char de l’armée d’Assad :
    https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&v=Rt1xFN-n_78&feature=player_detailpage

    Et les combats sont en train de déborder de l’autre côté de la frontière libanaise :
    Dix soldats libanais ont été tués et 13 sont portés disparus dans des combats dans la région d'Ersal, frontalière de la Syrie, qui ont éclaté samedi 2 août. L’étincelle qui a mis le feu aux poudres dans cette région aura été l'arrestation dans la ville libanaise d'Ersal d’Imad Ahmad Jomaa, un membre présumé du Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.
    25 autres soldats libanais ont été blessés, dont quatre officiers, et 13 soldats.  .
    L’incident entre des Sunnites armés et l’armée libanaise a eu des répercussions immédiates dans toute la région frontalière de la Syrie où l’armée libanaise s’est vue contrainte de faire face à un grand nombre de rebelles syriens. 

    Une tâche difficile pour l’armée libanaise : Faire respecter l’ordre sans se confondre avec le Hezbollah
    L'armée libanaise a promis samedi d'agir de façon "résolue et ferme", affirmant qu'elle ne permettrait "à personne de transférer le conflit de la Syrie" vers le territoire libanais. Mais il sera difficile de se différencier des combats que mène le Hezbollah, de l’autre côté de la frontière, contre ces mêmes rebelles sunnites.
    D’ailleurs, dès qu’a été connu l’incident d’Ersal, la tension s’est brusquement ravivée dans la grande ville du nord du Liban, Tripoli. Deux soldats ont été blessés dans de nouveaux affrontements à Tripoli au cours desquels des roquettes antichar de type RPG et des engins explosifs artisanaux ont été utilisés.

    Les Etats-Unis affichent leur inquiétude
    Les Etats-Unis ont "fermement" condamné les attaques contre les forces de sécurité libanaises, affirmant leur "fort soutien" aux institutions de l'Etat libanais, selon un communiqué du département d'Etat, qui appelle en outre toutes les parties à respecter la neutralité du Liban face aux conflits régionaux.
    L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a rencontré dimanche le commandant de l'armée libanaise pour affirmer son soutien, selon un communiqué de l'ambassade.

    Irak
    Les jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont pris dimanche 3 août la localité irakienne de Sinjar, aux combattants kurdes. Il était difficile pour les Peshmergas kurdes de garder le contrôle de cette ville en raison de son importance stratégique pour les Jihadistes, étant située sur  la route 47 à mi-chemin entre Tall Afar et la frontière syrienne.
    "Les peshmergas se sont repliés dans les zones montagneuses et sont rejoints par des renforts", a déclaré un responsable kurde. Il se pourrait qu'ils tentent une contre-offensive dans un avenir proche.
    Des dizaines de milliers de personnes, pour la plupart membres des minorités irakiennes, turcomans chiites, yazidis et Chabaks, s'étaient réfugiées dans cette ville après avoir fui l'offensive lancée le 9 juin par l'EI et ses alliés sunnites.
    On estime que près de 200 000 personnes ont fui Sinjar avant la prise par l’EI, certaines en direction des montagnes avoisinantes qui sont toujours sous contrôle kurde, et également en direction de Dohouk, dans la région autonome du Kurdistan irakien.
    Peu après avoir pris la ville, les combattants de l'EI ont détruit le petit sanctuaire chiite de Sayyeda Zaineb.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

  • 1er août 2014 – Dernières nouvelles du Moyen Orient

    Imprimer

    Syrie

    Rif Damas
    Combats farouches et bombardements incessants dans la ville de Mleiha (Rif Damas). Cette localité située à l’est de Damas est tombée aux mains des rebelles au printemps de 2013. Elle fait l’objet d’une violente offensive des forces gouvernementales depuis avril 2014. L’armée d’Assad avait réussi à réoccuper la moitié de la localité au début de mai 2014, mais est enlisée dans de violents combats de rues depuis avec le Front Islamique, une coalition de brigades rebelles soutenues par l’Arabie saoudite.
    https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&v=ZG5qJf_KlfQ&feature=player_detailpage

    Le Front al-Nosra (al-Qaïda) dans la province d’Alep
    Le Front al-Nosra, le représentant officiel d’al-Qaïda en Syrie, s’empare de la ville de Sarmada, une localité située à l’ouest d’Alep sur la route 56 menant à la Turquie :
    https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&v=MOGeaOWJiqk&feature=player_detailpage
    Il semble que chacune des grandes formations rebelles, l’Etat Islamique, le Front al-Nosra, le Front Islamique (pro-saoudien) et l’Armée Syrienne Libre cherchent actuellement, chacune de leur côté, à s’aménager un territoire, le plus grand possible et disposant si possible d’un accès vers un pays voisin, sur lequel ils vont pouvoir régner en maître en attendant d’agrandir leur fief.

    Edleb
    Les insurgés détruisent à l’explosif une position des soldats d’Assad à Frikka, province d’Edleb. L’assaut a été mené par un kamikaze à bord d’une voiture piégée.
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=BX4Qkn9FjPU

    Secteur de Hama
    L'insurrection continue à faire pression sur les forces d’Assad sur le front de Khan Sheykhoun, au nord d’Ariha. Elle a détruit de nombreux points de contrôle de l’armée depuis le printemps. L'armée syrienne est pratiquement isolée dans ses deux principales bases de Wadi ad-Daif et al-Hamidiya.

    Les Brigades Jeich al-Islam et Suqur ash-Sham se fondent dans le Front Islamique
    Les brigades rebelles Jeich al-Islam et Suqur ash-Sham ont décidé de se fondre complètement dans le Front Islamique (pro-saoudien) et de se placer sous l’autorité de Zahran Allouch :
    https://www.youtube.com/watch?v=VaAxR4NI-MU&feature=player_embedded

    Irak

    17 soldats irakiens tués dans des combats au sud de Bagdad
    Les combats ont eu lieu à Jourf al-Sakhr, au sud de Bagdad, avec des insurgés sunnites qui ont duré deux heures le vendredi matin". 

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)