Caricatures de Mahomet - Page 5

  • Egypte : Le président Sissi se prononce contre les "insultes aux prophètes" mais ne mentionne pas Macron

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    Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a défendu "les valeurs religieuses" mercredi se prononçant contre les "insultes aux prophètes", en pleine polémique sur les caricatures de Mahomet dans le monde musulman.

    "Insulter les prophètes revient à sous-estimer les valeurs religieuses auxquelles beaucoup croient. Et ceux qui n'y croient pas c'est leur propre affaire", a-t-il dit lors d'un discours télévisé à l'occasion de l'anniversaire du prophète Mahomet qui sera célébré jeudi.

    M. Sissi n'a toutefois pas fait mention des propos de son homologue français Emmanuel Macron qui ont déclenché la polémique. M. Macron avait défendu la liberté de caricaturer en promettant de ne pas "renoncer aux caricatures", lors d'un hommage national au professeur Samuel Paty, décapité par un islamiste le 16 octobre, pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet.

    A travers le monde musulman, des fidèles ont réagi avec colère aux propos de M. Macron dont des effigies et des portraits ont été brûlés lors de manifestations. Et une campagne a été lancée dans plusieurs pays musulmans pour boycotter les produits français. En Egypte, les appels au boycott ont été relayés sur les réseaux sociaux, mais peu de conséquences tangibles de ces appels ont été constatées.

    "Si les gens ont le droit d'exprimer ce qu'ils ont à l'esprit... J'imagine que cela s'arrête lorsque les sentiments de plus d'un milliard et demi (de musulmans) sont blessés... S'il vous plaît cessez de nous blesser", a encore dit M. Sissi mercredi.

  • Iran : Le président Rohani prévient qu'insulter Mahomet peut inciter à la "violence"

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    Le président iranien Hassan Rohani a prévenu mercredi qu'insulter Mahomet pourrait susciter la "violence", une mise en garde qui intervient après la défense par son homologue français Emmanuel Macron de la liberté de caricaturer le Prophète.

    "Insulter le Prophète ne relève pas de l'exploit. C'est immoral. Cela encourage la violence", a déclaré M. Rohani dans un discours télévisé au cours de la réunion hebdomadaire du gouvernement iranien. "C'est une surprise que cela vienne de ceux qui se targuent de culture et de démocratie, que d'une certaine façon ils, même si ce n'était pas intentionnel, encouragent violence et effusion de sang", a-t-il poursuivi.

    Lors de la cérémonie d'hommage à Samuel Paty, professeur d'histoire décapité près de Paris le 16 octobre dans un attentat islamiste pour avoir montré à ses élèves des caricatures du Prophète, M. Macron a promis que la France ne renoncerait pas à ces dessins.

    "Samuel Paty fut tué parce que les islamistes veulent notre futur et ils savent qu'avec des héros tranquilles tels que lui ils ne l'auront jamais", avait insisté M. Macron. Des déclarations qui ont déclenché des manifestations dans de nombreux pays à majorité musulmane ainsi que des appels au boycott des produits français.

    "L'Occident devrait comprendre que (...) insulter le Prophète revient à insulter tous les musulmans, tous les prophètes, toutes les valeurs humaines et piétiner l'éthique", a relevé M. Rohani. Selon lui, "chaque Européen a une dette envers le Prophète, car il était le professeur de l'humanité". Le président iranien a également demandé à l'Occident d'"arrêter de s'immiscer dans les affaires internes des musulmans" s'il "souhaite réellement parvenir à la paix, à l'égalité, au calme et à la sécurité dans nos sociétés actuelles".

    Téhéran a convoqué le numéro deux de l'ambassade de France en Iran pour protester contre l'"insistance" de Paris à soutenir les caricatures du prophète Mahomet, a annoncé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué mardi.

  • France : Le monde musulman contre le président français

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    Les actions et mouvements de protestation contre le président français, Emmanuel Macron, continuent d'affecter plusieurs pays musulmans. En Turquie, quatre parties ont signé une déclaration commune de condamnation, tandis que l'Égypte semble se trouver dans une position délicate.

    Le chef de l'Etat français, en plus d'avoir promis de lutter contre le «séparatisme islamique», a défini l'islam comme une religion «en crise» dans le monde entier et a manifesté son soutien à la liberté d'expression, inclue la liberté de blasphémer. Cela a alimenté une campagne sur les réseaux sociaux appelant au boycott des produits français, en particulier des produits alimentaires, dans les supermarchés des pays arabes et en Turquie. Les hashtags tels que #BoycottFrenchProducts et #NeverTheProphet sont largement diffusés par les ressortissants des États tels que le Koweït, le Qatar, la Palestine, l'Égypte, l'Algérie, la Jordanie, l'Arabie saoudite et la Turquie, qui ont ouvertement condamné les déclarations de Macron , jugées offensantes.

    Comme l'a rapporté al-Jazeera le 28 octobre, les mouvements de protestation anti-français ne semblent pas prêts de se calmer. Même en Malaisie, des partis et des organisations non gouvernementales ont lancé une campagne visant à boycotter les produits français, appelant le président français à cesser de parler de «terrorisme islamique» et à étudier les vraies valeurs de l'islam.

    Le 27 octobre, le Parlement turc a approuvé une note de protestation, présentée par le président de l'assemblée Mustafa Shantoub, dans laquelle les déclarations de Macron ont été condamnées, les considérant comme une insulte contre l'islam et la communauté musulmane.

    En parallèle, quatre partis turcs, dont le Parti de la justice et du développement, dont le chef est le président Recep Tayyip Erdogan, ont appelé les leaders d'opinion, les politiciens et les artistes occidentaux à prendre position contre ce que l'on a qualifié de déclarations provocantes et offensantes. envers l'islam et le prophète Mahomet. Les parties d'Ankara ont mis en garde contre d'éventuelles répercussions au niveau international et le risque d'éventuels conflits qui affecteraient négativement et profondément les fidèles de toutes les religions.

    La Jordanie et la Cisjordanie, le 27 octobre, ont été témoins de mouvements de protestation. Des groupes de manifestants ont brûlé des photos du président Macron, scandant des slogans contre la France et son chef d'État. Le secrétaire général du Front d'action islamique, bras politique des Frères musulmans en Jordanie, Murad Al-Adaileh, a déclaré lors du sit-in: "Nous demandons au gouvernement français des excuses officielles et immédiates pour avoir offensé le Messager de Dieu", ajoutant que «la rhétorique raciste haineuse menée par Macron peut conduire à une guerre de religion si elle n'est pas arrêtée (…) C'est Macron qui crée l'extrémisme et le nourrit, et mène une guerre raciste contre la nation arabe et islamique».

    Al-Jazeera rapporte également que les médias égyptiens se sont retrouvés face à une situation délicate, compte tenu de la proximité du Caire avec l'allié français et de son opposition à la Turquie sur diverses questions régionales, la Libye en premier lieu. Les médias affiliés au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, rapporte al-Jazeera, ont montré de la confusion en traitant la question du boycott des produits français. D'une part, la population égyptienne s'est montrée solidaire de la communauté musulmane, condamnant les tentatives d'offenser la religion et son prophète. D'un autre côté, la campagne de boycott a surtout été liée aux Frères musulmans et au président Erdogan. Contrairement à ce qui s'est passé dans d'autres pays, il n'y a pas eu de mobilisation particulière dans les rues égyptiennes et les médias sociaux égyptiens ont été témoins d'une «contre-campagne» pour boycotter les produits turcs. Enfin, aucune condamnation officielle des déclarations de Macron n'a été exprimée depuis le Caire.

  • Union européenne : Un boycott des produits français éloignera "encore plus la Turquie de l'UE", avertit Bruxelles

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    L'appel du président turc Recep Tayyip Erdogan à boycotter les produits français après qu'Emmanuel Macron a défendu la liberté de caricaturer le prophète Mahomet "éloignera encore plus" la Turquie de l'UE, a prévenu mardi un porte-parole de la Commission européenne.

    "Les accords de l'UE avec la Turquie prévoient le libre-échange des marchandises. Les obligations bilatérales que la Turquie s'est engagée à respecter dans le cadre de ces accords (...) doivent être pleinement respectées", a expliqué ce porte-parole. "Les appels au boycott des produits de tout État membre sont contraires à l'esprit de ces obligations et éloigneront encore plus la Turquie de l'Union européenne", a-t-il ajouté.

    L'UE et la Turquie sont notamment liées par un accord d'union douanière entré en vigueur le 31 décembre 1995. Selon la Commission européenne, la Turquie était en 2019 le cinquième partenaire commercial de l'UE, qui est "de loin" le premier partenaire d'Ankara.

    Le président Erdogan a appelé lundi au boycott des produits français, prenant la tête de la colère grandissante dans le monde musulman contre Emmanuel Macron. L'escalade des tensions entre la Turquie et la France s'est traduite par le rappel de l'ambassadeur français à Ankara samedi pour consultations.

    La dernière crise a éclaté après que M. Macron a promis, lors d'un hommage national à Samuel Paty, un professeur décapité dans un attentat islamiste le 16 octobre pour avoir montré des caricatures de Mahomet en classe, que la France continuerait de défendre ce genre de représentations. M. Erdogan, qui a mis en cause la "santé mentale" de M. Macron, a accusé lundi le chef d'Etat français de "diriger une campagne de haine" contre les musulmans.

    Face au barrage de critiques turques, le président français a enregistré une série de soutiens en Europe. Mais dans le monde musulman, où toute représentation du prophète Mahomet est taboue, les déclarations du président français ont suscité des manifestations de colère.

  • La France ne tremble pas : fermeture de la mosquée de Pantin, près de Paris, validée par la justice

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    La justice administrative française a validé mardi la décision du ministère de l'Intérieur de fermer pour six mois la mosquée de Pantin en région parisienne, accusée par les autorités d'avoir relayé des propos qui ont conduit à l'assassinat du professeur d'histoire Samuel Paty.

    Le tribunal administratif de Montreuil a estimé dans un jugement consulté par l'AFP que les autorités n'ont pas "porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales" en fermant provisoirement le lieu de culte "aux fins de prévenir la réitération de tels actes".

    Les autorités reprochent à la mosquée d'avoir partagé, le 9 octobre sur sa page Facebook, une vidéo montrant le père d'une élève d'un collège de Conflans-Sainte-Honorine, en région parisienne, indigné à la suite d'un cours sur la liberté d'expression dispensé par Samuel Paty.

    Le 16 octobre, le professeur d'histoire-géographie était décapité par un réfugié d'origine russe tchétchène âgé de 18 ans qui lui reprochait d'avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves.

    Lors de l'audience lundi, M'hammed Henniche, responsable de la mosquée et président de la Fédération musulmane de Pantin qui a déposé le recours devant le tribunal administratif, s'était dit "accablé", exprimant à plusieurs reprises ses regrets face à ce "crime ignoble". "Il n'en demeure pas moins qu'il a fait preuve, en tout état de cause, d'une négligence incompréhensible, alors que sa position et ses fonctions auraient dû le conduire à plus de retenue", a souligné le tribunal administratif dans son jugement. "Cette diffusion s'inscrit, en outre dans un contexte d'entrisme de la mouvance radicale au sein de la Grande mosquée de Pantin. Il résulte en effet de l'instruction que M. Doucouré, alias Abou Talha, un des imams de la mosquée de Pantin officiant à la prière du vendredi, est impliqué dans la mouvance islamiste radicale" en région parisienne, a ajouté le tribunal. M. Doucouré avait annoncé dimanche se mettre en retrait de ses activités.

    La Fédération musulmane de Pantin, par le biais de ses avocats, a annoncé dans un communiqué son intention de faire appel de cette décision devant le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative du pays. Outre la fermeture temporaire de cette mosquée, le gouvernement français a dissous la semaine dernière le collectif propalestinien Cheikh Yassine et vise plusieurs associations jugées proches de "l'islamisme radical".

  • Iran : Téhéran convoque un diplomate français

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    Téhéran a convoqué le numéro deux de l'ambassade de France en Iran pour protester contre l'"insistance" de Paris à soutenir les caricatures du prophète Mahomet, a annoncé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué mardi.

    Le premier conseiller Florent Aydalot a été convoqué lundi "pour protester contre l'insistance des autorités françaises à soutenir la publication des caricatures insultant le Prophète", selon le communiqué.

    Le ministère a dénoncé "le comportement inacceptable des autorités françaises qui ont heurté les sentiments de millions de musulmans en Europe et dans le monde", soulignant que "que toute insulte et tout manque de respect envers le Prophète de l'islam et les valeurs de l'islam (étaient) fermement condamnés".

    Ce communiqué fait suite aux déclarations du président français Emmanuel Macron après l'assassinat le 16 octobre près de Paris du professeur Samuel Paty par un extrémiste russe d'origine tchétchène. M. Macron a déclaré que la France "n'abandonnera(it) pas les caricatures", publiées pour la première fois par le magazine satirique Charlie Hebdo, et que le professeur avait été "tué parce qu'il incarnait la République".

    Plusieurs journaux iraniens ont critiqué M. Macron en première page mardi. Le quotidien ultraconservateur Kayhan a demandé que l'ambassadeur de France soit "expulsé" d'Iran, estimant que ce serait "la moindre des choses à faire en réponse à l'insolence de Macron". Le quotidien Javan a titré en une "Le Mal" sur une photo de M. Macron, souriant.

    Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif avait indiqué lundi que les remarques de M. Macron ne faisaient qu'alimenter "l'extrémisme" et qu'insulter tous les musulmans "pour les crimes odieux de ces extrémistes" était un "abus opportuniste de la liberté d'expression".

  • Le Conseil des sages musulman annonce des poursuites contre Charlie Hebdo

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    Le Conseil des sages musulmans, basé à Abou Dhabi, a annoncé son intention de poursuivre Charlie Hebdo et "quiconque offense l'islam", au moment où la France défend la liberté de publier des caricatures. Ce conseil, regroupant des dignitaires musulmans de divers pays, "a décidé de mettre en place un comité de juristes internationaux pour poursuivre en justice Charlie Hebdo", indiqué un tweet publié dans la nuit de lundi à mardi sur le compte de l'institution sunnite Al-Azhar, basée au Caire. Le conseil, présidé par le grand imam d'Al-Azhar, Cheikh Ahmed al-Tayeb (photo ci-dessus), affirme qu'il envisage également de "poursuivre en justice quiconque offense l'islam et ses symboles sacrés".

    En outre, l'instance musulmane "rejette vivement l'usage de la liberté d'expression comme prétexte pour porter atteinte au prophète Mahomet". "La liberté d'expression (...) doit respecter les droits d'autrui et ne devrait pas permettre d'utiliser les religions dans les marchés de la politique ou dans la propagande électorale", affirme encore le conseil.

    Cette crise intervient après que le président français, Emmanuel Macron, a promis de ne pas "renoncer aux caricatures" du prophète Mahomet lors d'un hommage au professeur Samuel Paty, décapité le 16 octobre près de Paris par un extrémiste islamiste, après avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet à l'occasion d'un cours sur la liberté d'expression. La représentation des prophètes est strictement interdite par l'islam.

    Les déclarations de M. Macron ont déclenché une vague de critiques dans plusieurs pays musulmans, où des manifestations ont eu lieu pour les condamner. Une campagne par ailleurs a été lancée dans certains pays pour boycotter les produits français, alors que nombre de dirigeants européens sont solidaires du président français.