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  • Afghanistan : Derniers incidents sécuritaires

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    Province de Herat
    Plusieurs talibans ont été tués lors d'opérations de l'armée afghane à Parsi, selon la police locale.
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    Province de Kapisa : 5 talibans mis hors de combat
    Le ministère afghan de la Défense affirme que 13 talibans, dont quatre membres du réseau al-Qaïda, ont été tués dans la province de Kapisa.

    Selon le communiqué du ministère, une opération conjointe a été menée aujourd'hui (2 mars) avec le soutien des commandos et des forces aériennes dans la «vallée afghane» à proximité du district de Nejrab dans la province de Kapisa.

    Selon le ministère afghan de la Défense, à la suite de l'opération, "13 combattants talibans, dont trois Pakistanais, ont été tués, et un autre blessé".

    Province de Nangarhar : Trois employées d'une chaîne de télévision tuées par balles
    Trois employées de la chaîne de télévision afghane "Enekaas TV" ont été abattues mardi à Jalalabad (est), moins de trois mois après le meurtre similaire d'une de ses présentatrices, les médias continuant à payer un lourd prix aux assassinats ciblés.
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    "Cet après-midi, trois de nos collègues, des jeunes femmes âgées de 17 à 20 ans, ont été tuées par balles par des hommes armés dans la ville de Jalalabad", a déclaré à l'AFP Zalmai Latifi, le directeur de la chaîne Enekaas TV. Selon la police, un assaillant, appartenant aux talibans, a été arrêté.

    Kayhan Safi, chef du département de doublage à Enekaas TV, au sein duquel les trois victimes travaillaient, a confirmé l'attaque. Il a précisé que les trois jeunes femmes, prénommées Shahnaz, Sadia et Mursal, ont été tuées alors qu'elles quittaient leur bureau pour rentrer chez elles à pied. "Elles travaillaient avec nous depuis plus de deux ans (...) Nous sommes tous sous le choc ici", a-t-il réagi.

    Début décembre, une présentatrice de télévision et activiste travaillant pour Enekaas TV, Malalai Maiwand, avait été tuée par balles avec son chauffeur à Jalalabad en se rendant à son bureau. "Nous avons arrêté (un assaillant) alors qu'il tentait de s'échapper au volant d'un rickshaw. Son nom est Qari Basir et il a avoué avoir mené l'attaque. Il est membre des talibans", a indiqué Juma Gul Hemat, le chef de la police du Nangarhar, province où l'incident a eu lieu.

    L'attaque a été revendiquée par l'Etat islamique.
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    Zahir Adel, le porte-parole de l'hôpital du Nangarhar, a confirmé que les corps des trois employées avaient été amenés dans son établissement, ainsi que deux autres femmes qui ont été blessées. "Avec ces lâches attaques et en causant la terreur, les talibans ne peuvent pas faire taire les voix qui s'expriment avec force pour défendre la République et les réussites de ces deux dernières décennies", a réagi le président afghan, Ashraf Ghani.

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    Sept membres des médias ont été tués en 2020, selon le Comité pour la protection des journalistes afghans (AJSC). Un autre a également été assassiné au début 2021.

    Des attaques de plus en plus fréquentes
    "Ces assassinats ciblés doivent s'arrêter. Le gouvernement doit mener des enquêtes approfondies sur ces attaques contre des journalistes et membres des médias, et prendre toutes les mesures pour assurer (leur) sécurité", a estimé mardi l'AJSC.

    Les assassinats ciblés de journalistes, juges, médecins, personnalités politiques ou religieuses et défenseurs des droits humains sont devenus de plus en plus fréquents ces derniers mois en Afghanistan. Les victimes sont souvent tuées par balles ou dans l'explosion de bombes fixées sur leurs véhicules, aux heures de grande affluence sur les routes des grandes villes. Les talibans nient toute responsabilité dans les attentats ciblés et l'organisation jihadiste État islamique en a revendiqué certains.

    Etat islamique
    L'Etat islamique a notamment revendiqué celui de Mme Maiwand. Le groupe jihadiste, bien qu'affaibli ces dernières années, maintient une présence dans l'est du pays. Le gouvernement afghan et les États-Unis continuent cependant à en imputer la responsabilité aux insurgés talibans.

    Des négociations de paix dans l'impasse
    Les violences n'ont fait qu'augmenter à travers le pays depuis quelques mois, malgré les pourparlers de paix en cours entre Kaboul et les talibans. Débutées en septembre à Doha, ces négociations sont pour l'instant au point mort. Pas une journée en Afghanistan ne se passe sans l'explosion d'une bombe, des attaques contre les forces gouvernementales ou une tentative d'assassinat ciblé contre une personnalité de la société civile.

    L'administration Biden veut réexaminer l'accord de paix avec les Talibans
    De son côté, l'administration du président américain Joe Biden a ordonné un réexamen de l'accord signé en février 2020 à Doha avec les talibans, qui conditionnait le retrait des forces étrangères d'Afghanistan d'ici mai 2021 à des garanties sécuritaires de la part des insurgés et à leur engagement à couper tout lien avec les organisations jihadistes comme el-Qaëda. Mais les talibans ont prévenu que si Washington devait revenir sur l'accord, ils reprendraient leurs attaques contre les forces américaines, suspendues depuis lors.



  • Arabie saoudite : L'assassinat de Khashoggi approuvé par le prince héritier Mohammad Ben Salmane, selon les renseignements américains

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    salman-mhamad-salman-sodyah-elrttjrkejt655 (1).jpgLe prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (photo) est responsable du meurtre de Jamal Khashoggi, a révélé l'administration américaine dans un rapport très attendu détaillant les conclusions de la communauté du renseignement américain sur le meurtre.

    Le rapport modifiera probablement les liens des décideurs politiques américains avec l'Arabie saoudite et le prince héritier, connu sous les initiales de MBS, en particulier. 

    "Nous estimons que le prince héritier d'Arabie saoudite Muhammad bin Salman a approuvé une opération à Istanbul, en Turquie, pour capturer ou tuer le journaliste saoudien Jamal Khashoggi", indique le rapport, publié vendredi.

    Le président Joe Biden a déjà suggéré qu'il renoncerait à avoir des relations avec le prince héritier et traiterait directement avec le vieillissant roi Salman. Cette décision risque d'entraîner des difficultés de relations entre les deux alliés car le prince Ben Salmane est  le dirigeant de facto du royaume.

    Le rapport indique que les responsables du renseignement américain ont conclu que MBS avait ordonné l'assassinat, sur la base de son contrôle des décisions majeures dans le royaume.

    "Nous basons cette évaluation sur le contrôle du prince héritier sur la prise de décision dans le Royaume depuis 2017, l'implication directe d'un conseiller clé et des membres du service de protection de Muhammad bin Salman dans l'opération, et le soutien du prince héritier à l'utilisation de mesures violentes pour faire taire les dissidents à l'étranger , y compris Khashoggi", indique le document du renseignement américain.

    Biden s'est entretenu au téléphone avec le roi Salman moins de 24 heures avant de publier le rapport, mais une déclaration de la Maison Blanche décrivant leur conversation ne mentionnait pas Khashoggi.

    "Le président a dit au roi Salman qu'il travaillerait pour rendre la relation bilatérale aussi solide et transparente que possible", a-t-il déclaré." Les deux dirigeants ont affirmé la nature historique de la relation et ont convenu de travailler ensemble sur des questions d'intérêt et de préoccupation mutuels.

    Khashoggi, un ancien initié du gouvernement saoudien, était devenu un défenseur de la démocratie et un critique influent du prince héritier avant son assassinat en octobre 2018. 

    Des agents du gouvernement saoudien l'ont tué et démembré au consulat du royaume à Istanbul. Les responsables saoudiens ont insisté pendant 17 jours après le meurtre sur le fait que Khashoggi avait laissé le bâtiment vivant avant de finalement reconnaître qu'il avait été tué. Cependant, Riyad affirme toujours que l'assassinat était une opération non autorisée qui s'est déroulée sans l'approbation des hauts dirigeants.

    Khashoggi était un résident américain qui écrivait pour le Washington Post et Middle East Eye. Son assassinat a provoqué une réaction massive de la part des législateurs des deux principaux partis, qui ont exigé des comptes pour le meurtre.

    Mais l'ancien président Donald Trump a tenté de protéger les dirigeants saoudiens de la colère qui se préparait à Washington, citant souvent le rôle géopolitique de Riyad dans la lutte contre l'Iran et les accords d'armement avec les fabricants d'armes américains. 

    À la fin de 2019, le Congrès a adopté une loi ordonnant au chef du renseignement américain de soumettre aux législateurs dans les 30 jours un rapport non classifié décrivant «les connaissances et le rôle avancés» de tout responsable saoudien dans «la direction, l'ordre ou la falsification des preuves dans le meurtre de Khashoggi ". 

    L'administration Trump a tout simplement ignoré la demande juridiquement contraignante. Il a publié une déclaration au Congrès affirmant que la publication d'un tel rapport compromettrait les sources et les méthodes de la communauté du renseignement américain.

    On a longtemps supposé qu'une opération de l'ampleur de l'assassinat de Khashoggi - où l'équipe de frappe a utilisé les ressources de l'État saoudien et de la diplomatie - n'aurait pas pu avoir lieu sans l'approbation de MBS. 

    Les médias américains ont indiqué à la fin de 2018 que la CIA avait conclu que MBS était responsable du meurtre. Les législateurs qui ont reçu des séances d'information confidentielles sur la question sont également arrivés à la même conclusion.

    "Si le prince héritier se présentait devant un jury, il serait condamné en 30 minutes", a déclaré à la presse le sénateur républicain Bob Corker en décembre 2018, après une réunion avec des responsables du renseignement à huis clos.

    Les défenseurs de la justice pour le journaliste assassiné soutiennent depuis longtemps que la publication du rapport des services de renseignement américains au public est une étape importante pour garantir la responsabilité du meurtre.
     
    Agnes Callamard, la rapporteure de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires qui a découvert dans une enquête de 2019 que le meurtre était un crime sanctionné par l'État, a appelé Washington à partager ses conclusions sur le meurtre.

    "D'un point de vue juridique international et d'un point de vue politique international, la publication publique d'un document avec l'évaluation de la CIA - un document qui pourrait être sondé par d'autres - rendra beaucoup plus difficile pour le reste du monde, en particulier les gouvernements, d'ignorer L'implication personnelle de Mohammad ben Salmane dans l'opération qui a conduit au meurtre et au démembrement de Jamal Khashoggi », a déclaré Callamard  l'année dernière. 

    Le prince héritier a personnellement nié toute implication dans l'assassinat. Lorsqu'on lui a demandé s'il avait ordonné l'opération, bin Salman a déclaré à CBS News en 2019: "Absolument pas".

    Lors de son audition de confirmation en janvier, la directrice du renseignement national Avril Haines s'est engagée à publier le rapport. 

    Le document non classé intervient alors que l'administration Biden dit qu'elle réévalue les relations américano-saoudiennes. Mercredi, la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a réaffirmé que le président américain contournera MBS lorsqu'il traitera avec l'Arabie saoudite, et correspondra plutôt avec le roi Salman - "homologue à homologue".

    Début février, Biden a mis fin au soutien américain aux «opérations offensives» saoudiennes au Yémen, mais a réaffirmé l'engagement de Washington en faveur de la sécurité du royaume.

    "Cette confirmation du rôle de ben Salmane souligne le besoin urgent d'une nouvelle approche de la relation américano-saoudienne", a déclaré William Hartung, directeur du projet Arms and Security au Center for International Policy, dans un communiqué. 

    "Le régime saoudien doit être tenu pour responsable de ses crimes au pays et à l'étranger, y compris non seulement le meurtre de Khashoggi, mais aussi dans son rôle central dans la création de la pire catastrophe humanitaire au monde au Yémen."

    Ryad "rejette totalement" le rapport américain
    L'Arabie saoudite a "totalement rejeté" vendredi le rapport des services de renseignement américains qui ont accusé le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane d'avoir "validé" l'assassinat du journaliste et critique saoudien Jamal Khashoggi en 2018.

    "Le gouvernement d'Arabie saoudite rejette totalement les conclusions fausses et préjudiciables contenues dans le rapport concernant la direction du royaume et ne peut les accepter en aucun cas (...)", a affirmé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

    Sanctions contre 76 personnalités saoudiennes considérées comme des menaces pour les dissidents
    Dans la soirée du vendredi 26 février, on apprenait que le secrétaire d'État américain Tony Blinken avait imposé des restrictions de voyage à 76 individus saoudiens représentant des menaces envers les dissidents. Parmi les personnalités saoudiennes sanctionnées, on trouve le chef adjoint des renseignements généraux #d'Arabie saoudite pour son rôle dans l'assassinat de Khashoggi.
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    Les Etats-Unis ne veulent pas de "rupture" avec l'Arabie saoudite (Blinken)
    Le gouvernement américain de Joe Biden veut "recalibrer" les relations avec l'Arabie saoudite mais ne veut pas de "rupture", a déclaré vendredi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken pour justifier l'absence de sanctions contre le prince héritier saoudien.

    Texte de l'accusation des services de renseignement américains :
    - Nous sommes parvenus à la conclusion que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane a donné son aval à une opération à Istanbul, en Turquie, pour capturer ou tuer le journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

    - Nous basons cette conclusion [sur le fait] que le prince héritier contrôle la prise de décision dans le royaume, l'implication directe d'un conseiller clé [du prince] et des membres de l'équipe de protection de Mohammed ben Salmane dans l'opération, ainsi que sur [le fait que] le prince héritier appuie l'utilisation de mesures violentes pour réduire au silence les dissidents à l'étranger, dont Khashoggi.

    - Mohammed ben Salmane disposait depuis l'année 2017 d'un contrôle absolu des services de renseignement et de sécurité du royaume, rendant très improbable l'hypothèse que des responsables saoudiens aient pu conduire une telle opération sans son feu vert.

    - A l'époque de l'assassinat de Jamal Khashoggi, Mohammed ben Salmane faisait régner un climat tel que ses collaborateurs n'osaient vraisemblablement pas remettre en question les ordres reçus ou prendre des décisions critiques sans son autorisation par crainte d'être renvoyés ou arrêtés.

    - L'équipe saoudienne qui a commis l'assassinat est arrivée à Istanbul le 2 octobre 2018. Elle comprenait des responsables travaillant ou qui étaient en relation avec le Centre d'études et des affaires médiatiques de la Cour royale saoudienne (CSMARC) .

    - Lors de l'assassinat de Khashoggi, le "CSMARC" était sous la direction de Saoud Al-Qahtani, le proche conseiller de Ben Salmane, qui a déclaré publiquement, à la mi-2018, qu'il n'avait pris aucune décision sans l'autorisation du prince héritier.

    - Cette équipe comprenait également 7 membres des meilleurs gardes du corps de Ben Salmane, connue sous le nom de «Force d'intervention rapide» qui relève de la Garde royale saoudienne. Elle a pour mission de protéger le prince héritier, et de ne recevoir d'ordres que de lui, et a participé auparavant à des opérations de répression des dissidents à l'intérieur du Royaume et à l'étranger, sur ordre du prince héritier.

    - Le prince héritier considérait Khashoggi comme une menace pour le royaume et plus largement soutenait le recours à des mesures violentes si nécessaire pour le faire taire.

    * 21 complices du crime:

    Nous concluons avec "une grande certitude" que les personnes suivantes ont participé, ordonné ou étaient complices ou responsables de l'assassinat de Khashoggi au nom de Ben Salmane. Sans avoir une confirmation que ces individus étaient au courant
    que l'opération conduirait ou pas l'assassinat de Khashoggi :

    1- Saoud Al-Qahtani

    2 - Maher Motreb

    3- Nayef Al-Arifi

    4 - Mohammad Al-Zahrani

    5 - Mansour Aba Hussain

    6- Bader Al-Otaiba

    7- Abdulaziz Al-Hassawi

    8- Walid Abdallah Al-Chehri

    9- Khaled Al-Otaiba

    10- Zaar Al-Harbi

    11- Fahd Shihab Al-Balawi

    12- Mechaal Al-Bostani

    13 - Turki Al-Chehri

    14- Mustapha Al-Madani

    15- Saif Saad

    16- Ahmed Asiri

    17- Abdallah Mohammad Al-Huwairini

    18- Yasser Khaled Al-Salem

    19- Ibrahim Al-Salem

    20- Salah al-Tabiqi

    21- Mohammad Al-Otaibi



  • Arabie saoudite : Biden veut écarter le prince héritier Mohammad Ben Salmane dans ses relations avec le royaume

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    Le nouveau président américain Joe Biden entend "re-calibrer" la relation avec l'Arabie saoudite et communiquera désormais avec le roi Salmane, plutôt qu'avec le prince héritier Mohammad ben Salmane (MBS), a indiqué mardi la Maison Blanche.
    "Nous avons clairement dit depuis le début que nous allions re-calibrer notre relation avec l'Arabie saoudite", a souligné Jen Psaki, porte-parole de l'exécutif américain, marquant sa différence avec Donald Trump, soutien indéfectible de Riyad.

    Interrogée sur un éventuel échange téléphonique à venir entre le président et "MBS", qui était l'interlocuteur privilégié sous la présidence Trump, Mme Psaki a clairement indiqué que cela n'était pas à l'ordre du jour. "L'homologue du président est le roi Salmane et il aura un échange avec lui le moment venu", a-t-elle expliqué.

    Depuis son arrivée au pouvoir, le 20 janvier, Joe Biden a, par petites touches, pris ses distances avec l'Arabie saoudite. Deux semaines après sa prestation de serment, il a annoncé la fin du soutien américain à la campagne militaire saoudienne au Yémen, affirmant qu'elle avait "créé une catastrophe humanitaire et stratégique".

    Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a par ailleurs décidé de retirer les rebelles yéménites houthis de la liste noire américaine des "organisations terroristes". Ces rebelles, appuyés par l'Iran, combattent le gouvernement yéménite soutenu par l'Arabie saoudite.

    La désignation sur la liste noire, décidée in extremis par l'administration Trump, était décriée par les organisations humanitaires car elle risquait d'entraver l'acheminement de l'aide dans les vastes territoires contrôlés par les houthis.

    Interrogé une nouvelle fois sur les raisons pour lesquelles M. Biden n'avait toujours pas appelé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, près d'un mois après son arrivée au pouvoir, Mme Psaki a assuré que cet échange interviendrait "bientôt". "Son premier appel avec un dirigeant de la région sera avec le Premier ministre Netanyahu", a-t-elle souligné.

    Nikki Haley, ex-ambassadrice aux Nations unies sous Donald Trump, a accusé le gouvernement Biden de "snober" un "ami comme Israël".

  • Afghanistan : Joe Biden face à de "sérieux dilemmes", selon un responsable américain

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    Le président américain Joe Biden est confronté à de "sérieux dilemmes" en Afghanistan, où la date prévue du retrait complet des troupes américaines approche alors que les talibans ne semblent nullement prêts à renoncer à la violence, a estimé un haut responsable américain.

    L'administration US a ordonné un réexamen de l'accord signé avec les talibans en février 2020 à Doha, qui prévoit le retrait total des forces américaines d'ici le 1er mai, en échange notamment de garanties sécuritaires de la part des insurgés et de leur engagement à négocier un accord de paix avec le gouvernement afghan. Ces pourparlers de paix, ouverts en septembre à Doha, avancent au ralenti et en Afghanistan pas une journée ne se passe sans l'explosion d'une bombe, des attaques contre les forces gouvernementale ou une tentative d'assassinat ciblé contre une personnalité de la société civile.

    "Le niveau de violence reste très, très élevé (...), ce qui est choquant et profondément décevant", a déclaré un haut responsable du département d'État américain à l'AFP cette semaine à Kaboul, sous couvert d'anonymat. "Cela nuit indéniablement à l'ambiance pour tout accord de règlement du conflit afghan", a-t-il ajouté.

    Les talibans nient toute responsabilité dans les attentats ciblés et dénoncent l'État islamique. Washington n'a cependant aucun doute sur qui en assume réellement la responsabilité.

    "De notre point de vue, les talibans sont responsables de la grande majorité des assassinats ciblés", a repris ce responsable, qui estime qu'ils ont créé un "écosystème de violence". "Cela a clairement pour objet de démoraliser les citoyens (...) d'ajouter aux doutes des gens sur leur gouvernement et à l'idée qu'une victoire (des talibans) est inéluctable", a-t-il jugé.

    A ses yeux, l'administration Biden, qui reste déterminée à appliquer l'accord de Doha, est maintenant confrontée à de "sérieux dilemmes". Après la signature de cet accord, les insurgés ont cessé d'attaquer les forces américaines, qui n'ont perdu aucun soldat au combat depuis un an.Mais si Washington décide de maintenir des troupes sur le terrain après l'échéance de mai, elles seront assurément à nouveau ciblées. Et si les États-Unis se retirent entièrement, ils laisseront le fragile gouvernement afghan à la merci d'un adversaire prêt à tout pour arriver au pouvoir, ce qui pourrait déboucher sur de nouveaux massacres qu'il sera difficile à la communauté internationale d'ignorer.

  • Arabie saoudite : Interception d'un drone des houthis, poursuite des combats à Ma'rib, au Yémen

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    Un drone armé, tiré par les rebelles Houthis du Yémen en direction de l'Arabie saoudite, a été intercepté jeudi matin, a annoncé la coalition militaire menée par Riyad, tandis que les combats se poursuivaient à Ma'rib, au Yémen, entre loyalistes et rebelles chiites houthis. 

    Le drone visait la ville garnison de Khamis Mushait, dans le sud de l'Arabie saoudite, qui abrite une importante base aérienne. Il a été détruit avant d'atteindre son objectif, a indiqué Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition, cité par l'agence officielle saoudienne SPA.

    Un tir groupé de drones a visé mercredi l'aéroport international d'Abha, dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite. La coalition a affirmé que l'attaque avait endommagé un avion commercial. Les houthis ont soutenu avoir visé des "objectifs militaires" sur l'aéroport.

    Hicham Charaf, "ministre" des Affaires étrangères des houthis, a affirmé mardi que les attaques en Arabie saoudite étaient en riposte aux raids aériens de la coalition.

    Les Etats-Unis ont exhorté les rebelles à "cesser immédiatement leurs agressions", après avoir demandé lundi "la fin de toute nouvelle offensive militaire au Yémen". Tim Lenderking, émissaire au Yémen du président américain Joe Biden, a été reçu mercredi soir à Riyad avec l'émissaire de l'ONU au Yémen Martin Griffiths par le prince Khaled ben Salmane, vice-ministre de la Défense chargé du dossier yéménite. Washington a annoncé il y a quelques jours la fin de son soutien aux opérations militaires de la coalition au Yémen, a retiré les Houthis de sa liste des organisations qualifiées de "terroristes" tout en réaffirmant son engagement à aider les Saoudiens à défendre leur territoire.

    Par ailleurs, au Yémen, des combats se sont encore déroulés mercredi près de la ville de Ma'rib, autour d'un camp militaire du gouvernement, a précisé à l'AFP un commandant loyaliste, indiquant qu'ils ont fait quinze morts côté loyaliste et 23 morts côté rebelles. Le camp Koufel "a été pris par les houthis mais ils ont été délogés sous la pression des raids aériens" - une dizaine mercredi -, a-t-il déclaré. Selon lui, la perte de ce camp couperait une importante route d'approvisionnement des forces du gouvernement qui ont reçu des renforts de la province voisine de Chabwa.

    La guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, selon des organisations internationales. Elle a provoqué la pire crise humanitaire actuellement dans le monde, d'après l'ONU. Les houthis sont soutenus par l'Iran chiite, rival régional de l'Arabie saoudite sunnite

  • L'Iran a entamé la production d'uranium métal, nouvelle violation de l'accord de 2015, selon l'AIEA

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    L'Iran a débuté la production d'uranium métal pour s'en servir comme combustible pour un de ses réacteurs, nouvelle violation de ses engagements de l'accord de 2015, a indiqué l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) mercredi soir.
    L'agence onusienne, dont le siège est basé à Vienne, "a procédé le 8 février à la vérification de 3,6 grammes d'uranium métal dans l'usine d'Ispahan" (centre), selon une déclaration transmise à l'AFP.

    Le sujet est d'autant plus sensible que l'uranium métal peut être utilisé dans la fabrication d'armes nucléaires.

    Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a informé les Etats membres de ce nouveau développement qui a pour objectif, selon Téhéran, "de produire du combustible" dans le cadre des activités de recherche et développement.

    Le Plan d'action global commun (PAGC), signé en 2015 par l'Iran et six grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), comporte une interdiction de 15 ans en ce qui concerne "la production ou l'acquisition de métaux de plutonium ou d'uranium ou leurs alliages". Il prévoit que l'Iran puisse être autorisé à commencer sa recherche sur la production de combustible à base d'uranium "en petites quantités" au bout de dix ans, mais seulement avec l'autorisation des autres signataires.

    Cette annonce intervient un peu plus d'un mois après la reprise par Téhéran de l'enrichissement d'uranium à 20%. Si ce niveau est loin du niveau de 90% requis pour une bombe, il s'agit de l'entorse la plus grave à l'accord depuis le retrait des Etats-Unis en 2018 et le rétablissement de sanctions.

    L'arrivée le 20 janvier de Joe Biden à la Maison Blanche a laissé espérer une reprise du dialogue après la politique de pression maximale exercée par son prédécesseur Donald Trump. Mais le nouveau président américain a prévenu qu'il ne ferait pas le premier pas vers l'Iran en levant les sanctions, comme le réclament les dirigeants iraniens.

    "S'ils veulent que l'Iran retourne à ses engagements (...), les Etats-Unis doivent entièrement lever les sanctions, dans la pratique et non sur le papier", a ainsi affirmé dimanche le guide suprême iranien Ali Khamenei. "Nous vérifierons ensuite si dans les faits les sanctions ont été levées correctement", a-t-il prévenu, assurant qu'il s'agit-là de "la politique définitive de la République islamique".

    Moscou appelle l'Iran à "la retenue" après la production d'uranium métal
    Moscou a appelé jeudi Téhéran à la "retenue" après le début de la production d'uranium métal pour alimenter le réacteur de recherche iranien, nouvelle violation de ses engagements de l'accord de 2015.

    L'accord sur le nucléaire iranien menace de voler en éclats depuis que Donald Trump en a retiré les Etats-Unis en 2018 avant de rétablir des sanctions économiques. En riposte, Téhéran s'est affranchi progressivement depuis 2019 de la plupart de ses engagements.

    "Si nous comprenons la logique et les raisons qui motivent l'Iran, il est nécessaire de faire preuve de retenue et d'une approche responsable", a déclaré à l'agence de presse Ria Novosti le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov. "Cela n'incite pas à l'optimisme", a ajouté le ministre russe qui estime que la décision iranienne montre "la volonté de Téhéran de ne pas accepter le statu quo".

    Sergueï Riabkov a de son côté appelé les Etats-Unis à "lever les sanctions prises contre Téhéran" et "ne pas faire traîner les choses en longueur".

     

     

  • Yémen : Nouvelle offensive des rebelles vers le bastion loyaliste de Marib

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    Les rebelles Houthis ont repris leur offensive vers la ville de Marib, bastion du gouvernement à l'est de Sanaa, capitale du Yémen en guerre sous contrôle rebelle, ont affirmé lundi des responsables loyalistes, faisant état de dizaines de morts dans les deux camps.

    Les opérations ont repris après plusieurs semaines de calme, à la faveur de l'arrivée de renforts des Houthis dans la région, selon ces responsables.

    Le conflit au Yémen oppose depuis plus de six ans les Houthis, soutenus par l'Iran, aux forces du gouvernement, appuyées depuis 2015 par une coalition menée par l'Arabie saoudite. Les rebelles contrôlent une grande partie de l'ouest et du nord du pays, dont Sanaa depuis 2014.

    Cette nouvelle offensive intervient au moment où l'administration du nouveau président américain Joe Biden revoit sa politique au Yémen, avec l'arrêt du soutien aux opérations militaires de l'Arabie saoudite et le retrait des rebelles de la liste des "organisations terroristes".

    Quelque soit la politique menée par Joe Biden " à propos du conflit yéménite, une solution au conflit est peu probable sur le terrain dans l'immédiat. Une des lignes de front se trouve à "quelque 10 km à l'ouest de Marib", chef-lieu de la province éponyme situé à 140 km à l'est de Sanaa.

    Ces dernières années, les rebelles ont tenté plusieurs fois de conquérir cette province dont de larges parties restent sous contrôle du gouvernement. 

    Au cours des dernières 24 heures, les forces loyalistes ont repoussé "cinq tentatives d'incursion des Houthis en direction de Marib", a indiqué ce responsable, déplorant la perte d'environ 20 soldats gouvernementaux et faisant état de 24 blessés dans leurs rangs. Le bilan côté rebelle n'est pas connu. Dimanche, trois soldats du gouvernement ont été tués et quatre autre blessés dans leur camp à Marib par un missile tiré par les Houthis, selon d'autres responsables gouvernementaux.

    La guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, selon des organisations internationales, et provoqué la pire crise humanitaire au monde, d'après l'ONU.

    L'Arabie saoudite intercepte quatre drones kamikazes lancés par les Houthis vers l'Arabie saoudite
    La coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a annoncé qu'elle avait intercepté, dimanche 7 février,  quatre drones kamikazes chargés d'explosifs lancés par les Houthis, alliés de l'Iran, vers le Royaume.

    Le site Internet Al-Arabiya a déclaré que la coalition avait intercepté, dimanche soir, deux drones kamikazes  houthis ciblant l'Arabie saoudite.

    Quelques heures plus tôt, le porte-parole des forces de la coalition, Turki Al-Maliki, avait déclaré que les forces de la coalition avaient pu, dimanche, intercepter et détruire un drone piégé "lancé par la milice yéménite houthie pour cibler des biens civils. et les civils dans la région du sud. " Et à l'aube de dimanche, la coalition a également annoncé qu'elle avait intercepté et détruit un autre drone explosif lancé par la milice houthie vers le Royaume.

    Les rebelles yéménites Houthis ont intensifié l'utilisation de drones kamikazes, qui, selon le Comité d'experts des Nations Unies, sont presque identiques en termes de conception, de dimensions et de capacités aux drones de fabrication iranienne. Ces drones sont assemblés à partir de composants  expédiés au Yémen.

    Washington appelle les Houthis à mettre fin à leurs actions militaires contre l'Arabie saoudite et à l'intérieur du Yémen
    Le département d'État américain a appelé le groupe yéménite «Ansarullah» (le bras armé des rebelles Houthis) à arrêter immédiatement leurs attaques contre l'Arabie saoudite et à s'abstenir de mener des actions militaires à l'intérieur du Yémen.

    Le département d'État américain a déclaré dans un communiqué : "Les États-Unis sont profondément troublés par les attaques incessantes des Houthis et les appellent à cesser immédiatement leurs attaques contre des installations civiles en Arabie saoudite et à s'abstenir de mener de nouvelles actions militaires à l'intérieur du Yémen, qui ne font qu'aggraver les souffrances du peuple yéménite. "

    Dans sa déclaration, le ministère du Département d'Etat a appelé les Houthis à s'abstenir de tout acte de déstabilisation et à démontrer leur engagement dans le cadre des efforts de l'envoyé de l'ONU, Martin Griffiths, pour parvenir à la paix, soulignant que le moment est venu de trouver une fin au conflit.

    Vendredi dernier, le département d'État américain avait informé le Congrès de l'intention du secrétaire d'État Anthony Blinken de retirer le nom «Ansarullah» et ses dirigeants de la liste du terrorisme.

    Cette étape, qui entrera en vigueur prochainement, intervient au lendemain de l'annonce par Biden de la fin du soutien américain aux opérations militaires de la coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen