Beyrouth - Page 2

  • Liban : Les reporters de Sky News rapportent la découverte de "tunnels" sous le port de Beyrouth

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    Les journalistes de l'édition australienne de Sky News ont rapporté dimanche 9 août que les sauveteurs déblayant les décombres sont tombés sur un tunnel.dans le port de Beyrouth, non loin du site de l'explosion.
    Les médias libanais et israéliens ont attiré l'attention sur cette nouvelle. Le site internet libanais Sawt Beirut écrit que la découverte des tunnels sous le port offre l'espoir de retrouver ceux qui sont toujours portés disparus. Cette publication parle d'un "réseau de tunnels souterrains" sous le port.
    Le site israélien HAMAL écrit que le tunnel découvert appartiendrait au Hezbollah.
    Les experts s'interrogent sur l'utilisation de cette infrastructure souterraine située sous les silos à blé et à proximité du hangar, où le nitrate d'ammonium était stocké.

  • Liban : De hypothèses et des questions après la double explosion du port de Beyrouth

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    La double explosion survenue sur le port de Beyrouth n'a pas manqué de soulever de multiples questions et de remettre à nouveau en cause l'autorité de l'Etat. Le climat de suspicion, de rivalité et de contradictions internes est revenu, cette fois, à un rythme sans précédent. Les citoyens libanais n'ont simplement plus confiance dans leurs dirigeants. Cette désaffection du public envers la classe politique touche tous les politiciens. Car lorsqu'il y a de nombreux morts, les gens ne font plus de distinction religieuse ou politique en ce qui concerne les responsables.

    Les divisions confessionnelles entretenues par la classe politique hors de propos
    Parmi les leçons les plus importantes figurent également celles qui découlent de la large solidarité avec le peuple libanais, aux niveaux régional et international, de telle sorte qu'elles rendent hors de propos les divisions confessionnelles qu'entretient toujours la classe politique libanaise.

    La question de l'attribution des emplois publics
    L'incurie autour de la question du stockage des 2750 tonnes de nitrate d'ammonium a naturellement posé la question de la distribution des emplois publics sur des critères politiques ou confessionnels. Comment les autorités chargées du stockage de matières chimiques aussi dangereuses que le nitrate d'ammonium ont elles pu les conservers pendant plusieurs années dans le quartier n ° 12 du port. On sait que le directeur général des douanes libanaises s'était adressé à la justice pour demander le transfert ou le retour du stock de nitrate d'ammonium. Ré-exportez ces grandes quantités de nitrate d'ammonium ou éliminez-le de n'importe quelle manière, avait-il demandé. La question posée tout naturellement par le directeur des douanes s'est elle perdue dans les méandres procéduraux, toujours est il qu'aujourd'hui l'absence de réponse adéquate suscite les soupçons et les accusations, dans un climat politique particulièrement tourmenté dû à l'absence totale de confiance dans les dirigeants, les sectes et les élites politiques.

    Un contexte particulièrement lourd des relations entre Israël et le Liban qui suscite les suspicions
    A cela s'ajoute une situation particulièrement tendue entre le Hezbollah et Israël, qui a naturellement soulevé la question de l'éventuelle responsabilité de l'Etat hébreu. Ce à quoi, Israël n'a pas tardé à nier son implication dans la double explosion. Mais cela ne suffira pas à écarter les soupçons, notamment en raison des déclarations israéliennes précédentes, du regain de tension récent suite à la mort d'un responsable du Hezbollah près de Damas et les menaces de représailles de la milice chiite libanaise. A cela s'ajoute la multiplication des explosions mystérieuses qui secoue l'Iran et qui serait due, selon de nombreux observateurs, à une cyber-guerre menée par Israël contre l'Iran, grâce à l'utilisation de moyens de haute technologie, capables de détruire à distance les dépôts d'armement du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d'Iran, les sites nucléaires et autres installations stratégiques.
    Le climat de tension entre le Liban et le Hezbollah d'un côté, Israël de l'autre entretient , l'état de polarisation politique au sein de l'État libanais et contribue à paralyser la capacité du gouvernement libanais, quel qu'il soit, d'appliquer la loi et de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les citoyens et sauvegarder leurs intérêts, quand il faudrait rétablir l'autorité de l'Etat face au Hezbollah et à ses alliés.

    Le Hezbollah
    Laisser 2750 tonnes de nitrate d'ammonium dans un simple hangar sur le port de Beyrouth, était faire prendre un risque énorme pour tout le Liban. Mais c'était également un risque énorme pour le Hezbollah.
    Ce parti a commis une erreur en s'insérant profondément dans les équations gouvernementales et en mélangeant sa légitimité constitutionnelle en tant que parti représentant la communauté chiite libanaise avec la recherche d'une légitimité révolutionnaire, se déclarant champion de la lutte contre Israël, entraînant du même coup le Liban dans une spirale d'affrontements avec l'Etat hébreu.
    Et c'est précisément en justifiant la nécessité de se protéger contre ses ennemis, que le Hezbollah s'est mis à mettre progressivement en place une politique de favoritisme et de corruption à tous les niveaux, éliminant des postes clés tous ceux qui pouvaient éventuellement lui être hostiles.
    Et aujourd'hui, certains se demandent si le Hezbollah n'a pas directement ou indirectement tout fait pour laisser sur place ce stock de nitrate d'ammonium, au risque de laisser des adversaires profiter de l'opportunité pour créer une catastrophe et jeter le discrédit sur le Hezbollah.

    Soutien de la France au peuple libanais - pas à la classe politique
    Pendant sa visite au Liban, Jeudi 6 août, le président français a pris bien soin de faire la différence entre la solidarité de la France avec le peuple libanais et les relations avec les représentants de l'Etat, la présidence et le gouvernement. Il a mis en garde: le Liban continuera de souffrir si les réformes ne sont pas mises en œuvre.
    On sait que c'est la France qui a créé l'entité libanaise au lendemain de la Première Guerre mondiale, en la séparant des terres syriennes pour des raisons connues de tous. La France, un siècle après la création du Liban, se considère toujours comme la «mère gracieuse» du Liban, ou le «pays frère», comme l'a dit le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, après le désastre de la double explosion du port. Mais pourquoi la France s'implique-t-elle autant, sept décennies après avoir quitté le Liban en tant que puissance mandataire ?
    Parce que les Français viennent de découvrir qu'il faut s'attendre à ce que l'Etat libanais va tout faire pour protéger les suspects si l'hypothèse d'un acte criminel derrière la double explosion se trouve confirmée. Paris ne peut accepter qu'on brouille les cartes, ne serait-ce que par amitié pour le peuple libanais. C'est pourquoi il demande un changement de comportement de la classe dirigeante.

    Le Pacte de 1943 en question
    Mais tout changement suppose la remise question du Pacte de 1943, qui a assuré, depuis l'indépendance du Liban de la France, une cohabitation des sectes grâce à une division constitutionnelle des pouvoirs. Mais le Pacte de 1943 a également empêché la classe politique d'évoluer, de se moderniser, les dirigeants au sein de chacune des communautés confessionnelles étant plus enclins à conserver leur prérogatives, leurs clientèles plutôt que de s'intéresser à l'avenir du Liban en tant que nation.

  • Liban : Affrontements entre la sécurité et les manifestants à Beyrouth - TV live

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    Les forces de sécurité libanaises ont tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants qui tentaient de franchir un point de contrôle pour atteindre le bâtiment du Parlement dans le centre de Beyrouth, dans le prolongement des manifestations de colère après la double explosion du port de Beyrouth et les énormes destructions dans la capitale libanaise.
    L'"Agence nationale de presse" a déclaré aujourd'hui que des groupes de manifestants s'étaient rassemblés sur la place des Martyrs au centre-ville de Beyrouth pour participer à une manifestation et appeler à "la démission du gouvernement.
    Des dizaines de manifestants, cherchant à entrer au Parlement, ont tenté de s'en approcher, jetant des pierres, du bois et des restes de l'explosion de mardi dernier sur les forces de sécurité présentes pour protéger le bâtiment.
    Les manifestants ont tenté de détruire les obstacles en fer placés devant l'entrée du Conseil par les forces de sécurité pour créer une échappatoire pour entrer au Conseil.

    Une potence avec des effigies de Hassan Nasrallah, Michel Aoun et Nabih Berri
    Les manifestants ont scandé: «Avec notre âme et notre sang, nous nous sacrifions pour Beyrouth», ou encore «Révolution Révolution». Ils ont également dressé une potence pendant des découpages de Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, du président Michel Aoun et du président du Parlement Nabih Berri.

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    Ministère des Affaires étrangères occupé et devenu QG des manifestants
    Les manifestants ont également pris d'assaut le ministère des Affaires étrangères à Achrafieh. Ils ont déclaré qu'il était devenu leur QG et ont accroché des banderoles exigeant un "Beyrouth démilitarisé et sans armes".
    Le ministère de l'Environnement et celui de l'Économie ont également été pris d'assaut par les manifestants qui ont jeté des portraits de Michel Aoun et des dossiers par les fenêtres. Le ministère de l'Economie est situé dans le complexe de bâtiments de la rue des Lazaristes. De l'intérieur, les contestataires ont jeté par la fenêtre un portrait de Michel Aoun, selon des images du groupe Facebook Akhbar al-Saha. Un quatrième ministère a été occupé en fin de soirée. Il s'agit du ministère de l'Energie. Le ministère de l'énergie a été évacué un peu plus tard par les forces de l'ordre. Les manifestants sont également entrés dans le siège de l'Association des banques du Liban, proche de la place des Martyrs, où ils ont détruit le mobilier.
    Assemblés devant le ministère des Affaires Etrangères les manifestants scandent "Iran, get out! Beirut is free, free!". Le ministère des Affaires Etrangères a été évacué dans la nuit par les officiers à la retraite à la demande de l'armée.
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    Nader.jpegL'assaut contre le ministère des Affaires étrangères dirigé par d'anciens officiers de l'armée
    Le général à la retraite George Nader (photo de gauche) aurait dirigé les vétérans de l'armée (photo de droite) qui se sont emparés du bâtiment du ministère des Affaires étrangères.

    Poste de police de Gemmayzé bloqué
    Le poste de police de Gemmayzé, le quartier chrétien visité par le président français, se trouve bloqué ce soir par les manifestants. Au même moment, sur le ring, les forces spéciales de l'armée libanaise sont intervenues lourdement contre les manifestants.

    Coups de feu à Beyrouth

    Des coups de feu ont été entendus sur les lieux de manifestations dans le centre-ville de Beyrouth et notamment aux alentours du Parlement où les tirs étaient assez intenses en soirée. La police confirme que des tirs à balles réelles ont eu lieu.

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    Un agent des Forces de sécurité intérieure (FSI) a été tué alors qu'il intervenait à l'intérieur de l'hôtel Le Gray, qui longe la place des Martyrs, selon l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle). Aucune information n'est toutefois encore disponible sur les circonstances du décès. 
    Des manifestants ont été touchés par des tirs de plombs sur la place des Martyrs, ont constaté les journaliste de L'Orient-le-Jour sur le terrain. Les affrontements dans le centre ville ont fait 728 blessés, dont 70 agents des FSI et 105 militaires.

    Des barricades en début de nuit entre le Ring et Achrafiyé

    Le premier ministre propose des élections législatives anticipées
    "Je vais proposer lundi la tenue de législatives anticipées", a déclaré le premier ministre Hassane Diab
    "Je suis prêt à assumer mes responsabilités pendant deux mois, jusqu'à ce que les parties politiques s'entendent", affirme le Premier ministre.

    De nombreux Libanais affirment que l'Etat les a abandonnés
    De nombreux Libanais, dont les maisons ont été détruites, estiment que l'État qu'ils considèrent corrompu les a abandonnés. Rappelons qu'il y a eu des manifestations depuis des mois avant le désastre du port de Beyrouth, pour protester contre la façon dont le gouvernement gérait la crise économique qui sévissait dans le pays.
    "Nous n'avons aucune confiance en notre gouvernement ... Je souhaite que les Nations Unies prennent la barre au Liban", a déclaré une étudiante, alors qu'elle nettoyait les taches de sang sur les murs de l'immeuble dans lequel elle vivait et qui a été endommagée par l'explosion.
    "Nous vivons au centre de l'explosion», a déclaré Maryse Hayek, 48 ans, psychologue. Je souhaite qu'un autre pays reprenne nos affaires en mains. Nos dirigeants sont une bande de pourriture".
    Samedi, le chef du parti Kataeb, Sami Gemayel, a annoncé la démission de trois députés du parti phalangiste du parlement. Il a fait cette annonce lors des funérailles du secrétaire général du parti, Nizar Najarian, qui a été tué dans l'explosion du port de Beyrouth.
    "Nous nous dirigeons vers une confrontation» pour réformer l'État", a déclaré Gemayel.
    Il a ajouté: "J'appelle toutes les personnes honorables à démissionner de la Chambre des représentants et à renvoyer immédiatement la question au peuple pour décider qui les gouverne sans que personne ne leur impose aucun ordre".

  • Liban : Plusieurs blessés dans des violences entre manifestants et forces de l'ordre dans le centre-ville, jeudi soir 5 août

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    Des dizaines de manifestants qui manifestaient jeudi dans le centre-ville pour condamner les autorités, qu'ils jugent responsables de la double explosion qui a ravagé Beyrouth il y a deux jours, ont été dispersés à coups de gaz lacrymogène par les forces de l'ordre. Des violences ont ensuite éclaté dans les rues de la capitale entre les forces de l'ordre et les contestataires, faisant plusieurs blessés dans les rangs de ces derniers, selon l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle).
    Selon des informations de la chaîne locale d'informations LBCI, les forces de sécurité ont tenté de disperser des rassemblements de manifestants, qui réclamaient notamment la démission du gouvernement de Hassane Diab, devant le Parlement libanais, ce qui a provoqué des violences.
    Sur des images diffusées notamment par le groupe Facebook Akhbar al-Saha, qui relaie les activités du mouvement de contestation, on peut voir les protestataires scander des slogans révolutionnaires, face à un important déploiement de unités de la force anti-émeute. Dans une autre vidéo, les contestataires sont dispersés dans une des rues du centre-ville, certains lançant des projectiles en direction des policiers, d'autres vidant des poubelles au milieu de la rue.
    La rue de la municipalité de Beyrouth a été fermée, peu avant minuit, par un barrage de pneus et de débris enflammés.
    Appels à manifester samedi, des activistes érigent une potence sur la place des Martyrs
    Des activistes réclamant que les responsables de la double explosion qui a ravagé Beyrouth mardi rendent des comptes ont érigé vendredi une potence sur la place des Martyrs, dans le centre-ville de la capitale, alors que des appels circulent sur les réseaux sociaux à une manifestation anti-gouvernementale, samedi, sous le thème "Pendez-les".
    Sur les réseaux sociaux, des appels à un grand rassemblement dans le centre-ville de Beyrouth circulent depuis plusieurs jours. L'un d'eux, intitulé "Dressez les potence", donne rendez-vous aux contestataires à 17h.
    La déflagration de mardi, d'une puissance inouïe, la plus dévastatrice vécue par le Liban, a alimenté la colère de la population, qui avait déclenché en octobre 2019 un vaste mouvement de protestation contre la classe dirigeante. L'indignation est d'autant plus grande que le gouvernement s'est avéré incapable de justifier la présence du nitrate d'ammonium au port "sans mesures de précaution" de l'aveu même du Premier ministre Hassane Diab.

  • Liban : Macron annonce une conférence d’aide pour le Liban

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    Le président français est arrivé à Beyrouth jeudi à la mi-journée du jeudi 6 août pour se rendre au chevet des libanais durement touchés tant humainement que matériellement, par la terrible double explosion de mardi.
    Il s’est rendu sur le port de la capitale libanaise, avant de s'entretenir avec les autorités locales et de nombreuses personnalités politiques. Il a rencontré au palais présidentiel, le chef de l’Etat, Michel Aoun, le Chef du gouvernement, Hassan Diab, et le président de la chambre des députés, Nabih Berri.
    Le président français a également rencontré dans un salon de la Résidence des Pins, immédiatement après sa rencontre avec les chefs des partis politiques traditionnels, une trentaine de personnalités parmi lesquelles Karim Bitar, responsable du département de sciences politiques de l’Université Saint-Joseph ; Henri Chaoul, conseiller financier ; Nayla de Freige, PDG du groupe L’Orient-Le Jour et présidente du Festival de Baalbeck ; Salim Daccache, recteur de l’Université Saint-Joseph ; Dominique Eddé, romancière ; Pierre Issa, secrétaire général du Bloc national ; Melhem Khalaf, bâtonnier de l’ordre des avocats de Beyrouth ; Rania Stephan, libraire ; Jean Riachi, banquier ; Sibylle Rizk, journaliste et membre de l’ONG Kulluna Irada ; ou encore François Abisaab, chargé d’affaires de l’ambassade de l’Ordre souverain de Malte au Liban, accompagné d’une délégation de l’Association libanaise de l’Ordre de Malte.

    Une conférence d'aide pour le Liban
    Le président français a annoncé au cours d’une allocution depuis Beyrouth qu'une conférence d’aide pour le Liban sera lancée « dans les prochains jours ».
    Il a également demandé une enquête internationale pour faire toute la lumière sur les circonstances de la double-explosion qui a fait au moins 173 morts et 6 000 blessés dans la capitale libanaise, répondant ainsi à la demande des leaders de partis politiques et d’anciens Chefs de gouvernement ainsi que du Mufti du Liban qui ont réclamé d’ouvrir une enquête internationale.
    « Après avoir vu, entendu, écouté, je ressens une infinie tristesse » a déclaré le chef de l’Etat, assurant qu’ « aujourd'hui et demain, la France sera là et n'abandonnera jamais les libanais ».
    Il a précisé qu’au moins une cinquantaine de français avait été touchée par les déflagrations.
    Emmanuel Macron a garanti vouloir être « là dans la durée, aux côtés de ceux qui aident à reconstruire » et annoncé qu’un « porte-hélicoptère français arriverait jeudi au Liban ».
    « Je ne peux me substituer à un gouvernement souverainement élu » a-t-il toutefois tenu a précisé, faisant savoir qu’il reviendrait « le 1er septembre prochain, pour faire un point d'étape de cet indispensable sursaut ».
    Se qualifiant de « franc, direct, sincère », le président français attend « des autorités libanaises des engagements ».

    En présence de Macron, des habitants du quartier chrétien de Gemmayzé réclament le départ de Michel Aoun, le président libanais
    Des Libanais atteints par l’explosion du port de Beyrouth, on réclamé, jeudi, le départ du président de la République, Michel Aoun et ont scandé des slogans hostiles à la classe politique au pouvoir.
    Cela s’est passé lors d’une visite d’inspection effectuée par le président français, dans la zone de Gemmayzé particulièrement endommagée par la double explosion du port de Beyrouth.
    Les habitants de Gemmayzé ont scandé des slogans revendiquant le départ du président Michel Aoun et dénonçant la classe politique du pays. Les gens ont scandé « Allez, dégagez Michel Aoun » et « Nous voulons nous nourrir et nous voulons vivre ».
    Ils ont également demandé au président français de « ne pas livrer au gouvernement libanais les dons pour la reconstruction et pour la réparation des dégâts générés par la déflagration ».
    Macron a assuré : « Les aides françaises n’iront pas aux mains des corrompus, et seront fournies directement au peuple et aux organisations non-gouvernementales ».
    Et Macron de poursuivre : « Nous livrerons des aides internationales sous les auspices des Nations Unies », relevant que « le Liban a besoin de changement ».

    Des images trompeuses
    Les télévisions, surtout françaises, ont diffusé des images montrant Macron au milieu d'une foule de Beyrouthins en colère. Le président français se met ainsi en scène comme le sauveur de la nation libanaise. Mais la scène de rue est trompeuse. Tout d'abord, elle s'est déroulée dans le quartier chrétien très francophone et francophile de Gemmayzé et le discours présidentiel à la Résidence des Pins de l'ambassade de France, devant un parterre de personnalités françaises et libanaises.
    Pour l'essentiel, la visite et le discours présidentiels sont restés très massivement hors de l'attention des Libanais, soit parce que la majorité des habitants de Beyrouth sont accaparés par des soucis d'ordre sanitaire (soigner les blessures) et matériels (trouver un abri pour la nuit, des aliments, trouver le moyen d'effectuer les réparations d'urgence), soit pour des raisons confessionnelles et politiques. J'ai interrogé plusieurs amis pour savoir s'ils avaient écouté le président français. Tous, sans exception, m'ont répondu qu'ils ne l'avaient ni écouté ni lu.

    Un pays en crise majeure
    Le Liban souffre de la pire crise économique depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), ce qui a enclenché des protestations populaire, le 17 octobre 2019, avec des revendications économiques et sociales.
    Les manifestants avaient contraint, au terme de douze jours de protestations, le gouvernement de Saad Hariri de démissionner. Celui-ci a été remplacé par le cabinet de Diab, depuis le 11 février dernier.
    Les protestataires revendiquent le départ de la classe politique à qui ils font assumer la responsabilité de la « corruption galopante » dans les institutions de l’Etat.

  • Liban : Le Courant du Futur de Saad Hariri émet des doutes sur le "timing de la double explosion"

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    Le courant du Futur de l'ancien Premier ministre Saad Hariri a émis des doutes mercredi sur le "timing" et les "circonstances" des explosions qui ont ravagé Beyrouth.
    "Une grande catastrophe a frappé Beyrouth et ses habitants, fauchant des centaines d'âmes (...)", a déploré la formation de Saad Hariri, lors d'une réunion virtuelle (en raison du coronavirus) du parti, et de son bureau politique ainsi que son conseil exécutif. "(...) Il est de notre responsabilité, et de la responsabilité de l'Etat de se solidariser avec les habitants de la capitale et de mobiliser nos forces et de réactiver nos relations arabes et internationales dans ce sens".
    "Le courant du Futur ne se contentera pas de pleurer sur les ruines de Beyrouth et considère que cette catastrophe équivaut à une guerre destructrice, plus que toutes les guerres civiles ou israéliennes contre le Liban. Le plus dangereux dans cela, c'est qu'il y a une décision d'assassiner Beyrouth, un assassinat qui équivaut à celui de Rafic Hariri et de ses compagnons" en 2005, alors que le verdict dans l'attentat qui a coûté la vie à l'ancien Premier ministre est attendu dans deux jours, de la part du Tribunal spécial pour le Liban.
    "Il y a de grands doutes qui entourent cette explosion, son timing, ses circonstances, son emplacement, et l'origine et le stockage du matériel inflammable. Ces doutes ne peuvent pas être écartés par de simples mesures sécuritaires ou judiciaires. (...) Nous appelons à une enquête judiciaire et sécuritaire transparentes (...)", conclut le Courant du Futur.
    Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) devrait rendre vendredi à midi (heure de Beyrouth) son jugement dans le procès intenté contre quatre personnes accusées d'avoir organisé l'assassinat de Rafic Hariri, le 14 février 2005. Saad Hariri devait, dans ce cadre, partir pour l'Europe afin de se rendre à La Haye, aux Pays-Bas, où le jugement doit être prononcé. Il a toutefois reporté cette visite en raison de la catastrophe survenue mardi.

  • Liban : Violences dans le centre-ville de Beyrouth après la tournée de Saad Hariri

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    Des partisans du Courant du Futur, la formation dirigée par l'ancien Premier ministre Saad Hariri s'en sont pris mercredi après-midi à des manifestants présents dans le centre-ville de Beyrouth. Ces derniers avaient interpellé M. Hariri, plus tôt dans la matinée, alors qu'il était en tournée sur les lieux détruits par la double explosion de mardi.
    Les partisans de M. Hariri ont déboulé sur la place des Martyrs et ont attaqué, certains à coups de bâtons et de pierres, les manifestants, faisant plusieurs blessés.
    M. Hariri, lors de sa visite sur les lieux du sinistre, s'était rendu sur la tombe de son père, l'ancien président du Conseil Rafic Hariri, assassiné en 2005. "Hier, ils ont tué Beyrouth", avait-il déclaré. Il avait ensuite dû faire face à des dizaines de personnes qui ont scandé des slogans du soulèvement populaire du 17 octobre et l'ont exhorté à "ne plus rêver" de revenir à la tête du gouvernement. "Révolution, Révolution", avaient-ils crié au passage du chef du Courant du Futur. Saad Hariri avait démissionné quelques jours après le début du grand mouvement de contestation d'octobre.