Bagdad - Page 5

  • Syrie : L'armée syrienne entre profondément à l'intérieur de Deir ez-Zhor

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    Syrie 

    L'armée syrienne entre profondément à l'intérieur de Deir ez-Zhor
    Les Forces Tiger, une unité d'élite de l'Armée Arabe Syrienne (AAS), la Garde Républicaine, et leurs alliés, soutenus par des conseillers militaires russes, sont entrés profondément à l'intérieur de la zone tenue par l'Etat islamique dans la ville de Deir ez-Zhor.
    Selon des sources pro-gouvernementales, les troupes gouvernementales auraient atteint la zone de l'école Khadijah dans le quartier de Hamidiyah, dans la partie nord de la ville.
    Auparavant, l'AAS avait libéré le quartier Arfi, les zones des Travailleurs 1 et 2 et le stade voisin.
    Les troupes gouvernementales ont également progressé dans les districts d'al-Hamidiyah et de Jbela.
    Les combats entre forces pro-gouvernementales et jihadistes de Daech seraient extrêmement violents. Selon l'agence Amaq, organe de presse de l'Etat islamique, les forces pro-gouvernementales auraient perdu 35 combattants, deux chars et un véhicule BMP-1.
    Boukamal
    L'AAS cherche à reprendre le contrôle complet de la ville pour pouvoir redéployer ses forces d'élite sur le front de Boukamal.   
    En ce qui concerne l'offensive lancée par l'armée syrienne et le Hezbollah chiite libanais à partir de la station de pompage T-2 en direction de Boukamal, aucun succès significatif n'a été obtenu.
    Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) soutenues par les USA progressent également vers Boukamal
    Le 28 octobre, les Forces Démocratiques Syriennes, une coalition majoritairement kurde pilotée par les Etats-Unis, ont passé la journée à consolider leurs acquis dans les champs pétrolifères d'Omar avant d'avancer vers Boukamal et la frontière irakienne.  
    Le Pengagone ne cache pas son objectif de tenter d'empêcher la Syrie et l'Irak de reprendre le contrôle de l'autoroute Deir ez-Zhor-Bagdad. 

    Jean René Belliard

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  • Nouveau conflit en Irak ? l'armée irakienne avance en direction de Kirkouk

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    Irak
    Kirkouk
    Nouveau conflit en Irak ? l'armée irakienne avance en direction de Kirkouk
    Les forces gouvernementales irakiennes, notamment la 9ème division, se sont mises en mouvement, vendredi 13 octobre, dans le sud de la province de Kirkouk, reprenant des positions occupées depuis trois ans par les combattants kurdes. Cette province pétrolière du nord de l'Irak est revendiquée par le Kurdistan autonome.
    Face à elles, des milliers de combattants kurdes (peshmergas) étaient prêts à "défendre" leurs positions, selon les autorités kurdes, en crise ouverte avec le gouvernement central depuis la tenue le 25 septembre de leur référendum d'indépendance contre l'avis de Bagdad.
    "Les forces armées irakiennes avancent pour reprendre (aux peshmergas) les postes militaires dont ils se sont emparés lors des événements de juin 2014", dans le chaos créé par la percée jihadiste, a indiqué à l'AFP un général des forces armées irakiennes qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat depuis une position au sud de la ville de Kirkouk.
    Il a indiqué que les forces gouvernementales faisaient mouvement vers le sud de la province. Elles ont repris "vendredi matin la Base-102, à l'ouest de la ville de Kirkouk, près de l'autoroute menant à Tikrit, désertée sans combat par les peshmergas" dans la nuit, a-t-il poursuivi.
    Cheikh Jaafar Moustafa, commandant peshmerga dans la province de Kirkouk, a indiqué lors d'une conférence de presse à la mi-journée que les combattants kurdes s'étaient retirés de zones où ils s'étaient avancés pour combattre les jihadistes de l'Etat islamique (EI).
    "Nous sommes revenus sur nos lignes dans les environs de Kirkouk et nous défendrons la ville de Kirkouk en cas d'attaque", a-t-il ajouté. "Si l'armée irakienne s'y avance, nous nous battrons".
    Des médias kurdes ont évoqué un retrait des peshmergas sur 72 km².
    Le premier ministre dit être prêt à négocier mais l'armée a reçu un ordre de marche
    Cheikh Moustafa a en outre affirmé avoir tenté une médiation. "Nous avons informé les commandants militaires présents sur place que nous étions en contact" avec le Premier ministre Haider al-Abadi et "qu'il nous avait dit que nos problèmes seraient réglés par le dialogue sous 48 heures", a-t-il rapporté.
    "Mais les commandants militaires nous ont répondu qu'ils avaient des ordres leur intimant d'avancer vers ces régions et qu'ils ne se préoccupaient pas des déclarations de M. Abadi", a ajouté le commandant peshmerga.
    Les unités d'élite de la police et du contre-terrorisme, ainsi que les Unités paramilitaires de mobilisation populaire (Hached al-Chaabi, une coalition de milices majoritairement chiites et soutenue par l'Iran) participent à ces opérations, a affirmé à l'AFP le général des forces armées irakiennes.
    Le Hached  al-Chaabi a  publié des photos montrant un de ses membres en tenue kaki faisant le V de la victoire devant un drapeau kurde. Sur d'autres images, on peut voir des affiches de cette force paramilitaire collées sur un panneau routier.
    L'armée se défend de mener une offensive et parle seulement d'opération de sécurisation
    Le Commandement des opérations conjointes nie qu'une opération militaire ait démarré au sud de Kirkouk. "Nous confirmons que nos forces sont toujours en train de mener des opérations de déminage, d'inspection et de sécurisation dans les zones libérées et avertissons les médias qui tentent de tromper l'opinion publique que nous intenterons des poursuites contre eux."
    Les Peshmergas ont reçu l'ordre de défendre le Kurdistan coûte que coûte
    Des véhicules Peshmergas positionnés le long de la route menant à Kirkouk
    En face, Hemin Hawrami, conseiller du président du Kurdistan autonome Massoud Barzani, a assuré sur Twitter que "des milliers de peshmergas lourdement armés" étaient dans la province de Kirkouk avec "pour ordre de se défendre quel qu'en soit le prix". "L'escalade ne viendra pas de notre part, nous nous défendrons seulement et nous les repousserons s'ils attaquent", a-t-il ajouté.
    Un conflit dévastateur
    Pour Qubad Talabani, vice-premier ministre du Kurdistan, "les mouvements militaires irakiens sur Kirkouk mèneront à un conflit dévastateur. La sagesse doit prévaloir, la progression (des troupes irakiennes) doit cesser et le dialogue doit commencer."
    Pétrole et base militaire
    Les autorités du Kurdistan autonome disent redouter que les forces gouvernementales disséminées à travers le pays à l'issue des différentes batailles contre l'EI ne retournent désormais leurs armes contre les peshmergas.
    Dans la ville même de Kirkouk, les habitants se ruaient sur les stations-service. Dans les quartiers à majorité kurde, dans le nord de la ville, des civils étaient sortis avec des armes, ont rapporté des témoins.
    Le gouvernement kurde affirme citant ses services de renseignement que les forces de Bagdad ont l'"intention de s'emparer des champs pétroliers, d'un aéroport et d'une base militaire".
    Les autorités centrales, par le biais de la société d'Etat, la North Oil Company (NOC), étaient en charge de l'ensemble des champs pétroliers de la riche province de Kirkouk.
    Mais en 2008, les Kurdes avaient pris le contrôle du champ de Khormala. Et en 2014, dans le chaos créé par l'offensive des jihadistes, ils se sont également emparés de Havana et Bay Hassan.
    Quant à la base, il s'agit de celle de la 12e division de l'armée irakienne, dont les peshmergas s'étaient emparés en juin 2014 en chassant les soldats peu après la chute de Mossoul aux mains des jihadistes. L'aéroport est mitoyen.
    Les trois champs pétroliers de la province de Kirkouk fournissent 250.000 barils par jour sur les 600.000 b/j de pétrole qu'exporte la région du Kurdistan irakien en dépit du refus de Bagdad. Si les Kurdes perdaient ces champs, cela constituerait une perte considérable pour la région autonome qui traverse sa pire crise économique.
    Une  opportunité pour l'Etat islamique
    L'affrontement prévisible entre Kurdes et l'autorité centrale irakienne est non seulement un conflit entre Kurdes et Arabes, éventuellement Turkmènes, mais également entre Sunnites et Chiites, les Kurdes étant majoritairement de confession sunnite alors que le gouvernement de Bagdad est plutôt contrôlé par la majorité chiite. On peut prévoir que l'Etat islamique, comme il l'a fait à d'autres occasions et dans d'autres pays, va s'activer pour exploiter à fond cette soudaine  opportunité, profitant de l'éclatement du front anti-jihadistes en morceaux.
     
    Jean René Belliard

     

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  • Course aux armements à Kirkouk - une poudrière au nord de l'Irak

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    Irak
    TribunalIrakien
    Un tribunal irakien ordonne l'arrestation des organisateurs du référendum kurde
    Abdel Sattar al-Bireqdar
    Un tribunal à Bagdad a ordonné, mercredi 11 octobre, l'arrestation du président et des deux membres de la Commission ayant organisé le référendum d'indépendance au Kurdistan irakien, a indiqué à l'AFP Abdel Sattar al-Bireqdar, porte-parole du Conseil suprême de la magistrature.
    Cette décision a été rendue après que la justice a été saisie par le Conseil de la sécurité nationale, présidé par le Premier ministre irakien Haider al-Abadi et où siègent plusieurs ministres, a-t-il précisé.
    Hendren Saleh, le président de la commission, ainsi que Yari Hadji Omar et Wahida Yofo Hermez "ont organisé le référendum en contrevenant à la décision de la Cour suprême" irakienne, a-t-il fait valoir.
    La Cour suprême, plus haute instance judiciaire centrale, avait décidé le 18 septembre de suspendre cette consultation dans la région autonome du Kurdistan, la jugeant contraire à la Constitution.
    L'ordre d'arrêter les responsables de l'organisation du référendum a été rendu par le tribunal de Rasafah, la rive est du fleuve Tigre, qui englobe la moitié de la capitale irakienne.
    Elle empêche de fait les trois responsables kurdes, qui avaient effectué de nombreuses navettes pour rencontrer des responsables à Bagdad à l'approche du référendum, de circuler dans les provinces irakiennes, hors des trois gouvernorats de la région autonome.
    Exactement deux semaines après une victoire massive du "oui" lors de cette consultation controversée, la crise continue de s'envenimer entre Erbil et Bagdad.
    Lundi 9 octobre, le gouvernement central avait annoncé de nouvelles mesures de rétorsion économiques et judiciaires contre le Kurdistan irakien, multipliant les menaces sans toutefois détailler ses décisions.
    Plus tôt dans la journée du mercredi 11 octobre, la Cour suprême irakienne s'était déclarée incompétente pour statuer sur le sort des députés du Parlement central à Bagdad ayant promu le référendum d'indépendance au Kurdistan irakien ou voté lors de cette consultation.

    Kirkouk
    Course aux armements à Kirkouk - une poudrière au nord de l'Irak
    La crise au Kurdistan irakien et notamment dans la ville de Kirkouk, disputée entre les autorités centrales de Bagdad et celles du Kurdistan, a provoqué une course aux armements, ce qui ne présage rien de bon pour l'avenir. Rappelons que la ville est ethniquement mélangée entre Kurdes,  Turkmènes et Arabes. Chacune des communautés et particulièrement les Turkmènes et les Arabes s'activent pour se protéger d'une prise de contrôle imminente de leur ville par les kurdes. Les ventes d'armes légères sur le marché noir a grimpé en flèche et avec elles les prix.
    Au cours des deux dernières semaines seulement, le prix d'un fusil d'assaut de type AK-47 (Kalachnikov) a atteint un million de dinars (800 $) et un pistolet Beretta est vendu pour un prix d'environ 1000$.
    D'autres armes vendues incluent des armes de poing et des grenades. Ces armes sont offertes par des marchands d'armes - y compris sur Facebook. Il s'agit très souvent de membres des services de sécurité ou de milices qui ont participé aux combats. Ils se sont servis sur les équipements laissés par les jihadistes de l'EI dans des zones reprises comme Hawija.  
    La dernière fois qu'il y a eu une telle frénésie d'achat d'armes, c'était en 2014, lorsque l'État islamique était aux portes de la ville. Ils ne sont jamais entrés à Kirkouk, mais les forces peshmergas kurdes ont profité du retrait de l'armée pour prendre le contrôle de la ville.
    La province de Kirkouk 
    Kirkouk est une province multiethnique riche en pétrole avec des Kurdes, des Arabes et des Turkmènes à 280 kilomètres au nord de Bagdad. La province est contestée depuis 2003, les Kurdes affirmant que la province fait partie intégrante du Kurdistan.  
    La ville de Kirkouk est actuellement contrôlée par les Peshmergas
    Aujourd'hui, lla ville est entièrement contrôlée par les Peshmergas et les Asayish (la police kurde), ce qui provoque de fortes tensions dans les quartiers turkmènes et arabes.   
    Pas de confiance à Bagdad
    Turkmènes et Arabes ont décidé de s'armer parce qu'ils n'ont aucune confiance dans le gouvernement irakien, malgré les menaces des dirigeants de reprendre Kirkouk par la force si le gouvernement régional du Kurdistan maintient son contrôle de la ville.
    "Les Turkmènes cherchent à se protéger parce qu'ils n'ont aucune confiance dans les autorités irakiennes, qui pourraient abandonner Kirkouk en échange de champs de pétrole ou d'accords politiques avec l'Iran ou les Etats-Unis", a déclaré un habitant turkmène de Kirkouk.
    Les bureaux du Front  Turkmène Irakien a subi six attaques ces deux dernières semaines  
    Selon Jassem Mohammed Jaafar, député turkmène, les bureaux du Front Turkmène Irakien dans la ville de Kirkouk ont subi six attaques ces deux dernières semaines, au fusil d'assaut et à la grenade.
    Il dit que les mesures de sécurité autour des maisons des dirigeants turkmènes dans la ville ont été renforcées. 
    "Les Turkmènes sont sérieusement menacés par une expansion systématique des Kurdes dans leurs districts de Kirkouk", a déclaré Fawzi Akram, un autre député turkmène. Akram affirme qu'il y a une pression sur la communauté turkmène pour qu'elle quitte la ville et il exhorte Bagdad à intervenir.
    Les civils kurdes achètent aussi des armes 
    Les civils kurdes de la ville achètent également des armes, dans le cas où les factions armées kurdes se retireraient de la ville.  
    Kirkouk - une véritable poudrière 
    Kirkouk pourrait devenir l'étincelle qui allume un nouveau conflit dans le nord de l'Irak 
    Dans cette situation, et en raison des menaces proférées sur Kirkouk par les unités de mobilisation populaire pro-Bagdad (Hashed al-Shaabi - une coalition de milices majoritairement chiites), le vice-président irakien, Iyad Allaoui, a averti cette semaine qu'une «guerre civile» pourrait éclater à Kirkouk, si aucun compromis n'est trouvé. Allaoui a appelé toutes les parties à faire preuve de retenue et à résoudre rapidement les différends.

    Jean René Belliard

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  • Chronique de la guerre mondiale contre les jihadistes

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    Chronique de la guerre mondiale contre les  jihadistes

    Voici ce que les abonnés ont lu, samedi 9 septembre 2017, dans la 736e newsletter du groupe Ptolémée.

    Ils viennent aussi de recevoir la 737e newsletter, ce dimanche 10 septembre.

    Si vous êtes particulièrement intéressés par les évènements du Moyen Orient, d'Afrique du nord, du Sahel et ceux liés au jihadisme à travers le monde, avec analyses et alertes, écrivez à

    ptolemee@belliard74.com

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  • L'Irak n'en a pas fini avec les défis, malgré ses victoires sur Daech

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    L'Irak n'en a pas fini avec les défis, malgré ses victoires sur Daech 
    (De notre correspondant en Irak)
    Après Mossoul, les forces irakiennes ont remporté une nouvelle victoire à Tal Afar. Les succès militaires sont certainement le résultat d'une meilleure coordination tout le long de la chaîne de commandement au sein des forces armées gouvernementales et également grâce à un meilleur partage des renseignements entre Bagdad et la coalition dirigée par les États-Unis. Cela a  permis des attaques plus rapides et mieux ciblées.
    Le ministre irakien des AE appelle à la poursuite de la coopération militaire avec la coalition 
    Le ministre irakien des Affaires étrangères, Ibrahim Al-Jafari, a averti le 26 août que «la victoire en Irak ne signifiait pas la fin du danger posé par Daech». 
    C'est pourquoi l'Irak doit poursuivre sa coopération militaire avec la coalition, a-t-il dit, affirmant qu'il fallait une «sécurité préventive» contre les «cellules terroristes qui travaillent dans l'ombre». 
    Car il faut s'attendre à ce que Daech revienne à son «mode opératoire original», en attaquant des cibles "molles" telles que les quartiers résidentiels et les marchés.
    Un manque de coordination et d'organisation priverait les services de sécurité de la possibilité de faire face à de telles attaques, a poursuivi le ministre. 
    Quel avenir pour la coalition après la défaite de Daech ? 
    La question de savoir si et comment la coalition continuera à fonctionner en Irak. Il s'agit d'un sujet politique à la fois à Bagdad et à Washington. Rappelons que les Etats-Unis avaient retiré leurs troupes en 2011, huit ans après le début de son intervention dans le pays.
    Une poursuite de la coopération militaire entre Irak et États-Unis sera assurément contestée par la coalition paramilitaire du Hashed al-Shaabi, dont plusieurs des milices qui la constituent sont inféodées à l'Iran. Il n'est pas sûr que le premier ministre irakien Haïder al-Abadi réussisse à convaincre le Hashed al-Shaabi de tolérer la présence militaire américaine en Irak, même si, théoriquement, le Hashed al-Shaabi est placé sous ses ordres.  
    Les groupes paramilitaires chiites ont toujours joué un rôle problématique en Irak  
    Les groupes paramilitaires chiites ont  joué un rôle problématique dans la politique irakienne dès les années 1930, selon Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou, professeur d'histoire internationale à l'Institut des diplômés de Genève. 
    Le Hashed al-Shaabi "n'est que la version la plus récente d'une configuration politico-sécuritaire nationale combinée à une composante sectaire depuis 2003", a-t-il déclaré. 
    Le spécialiste irakien a ajouté que l'existence du Hashed était une «admission de l'échec d'une armée formée par les administrations américaines à un coût financier et matériel important sur 14 ans».
    Les abus du Hashed al-Shaabi et de l'armée compliquent les efforts de réconciliation 
    Les abus plusieurs fois dénoncés des forces gouvernementales et des combattants chiites du Hashed al-Shaabi contre la population sunnite lors des défaites de Daech,  pourraient compliquer les efforts pour retrouver la confiance de la minorité sunnite irakienne, marginalisée et hors du pouvoir depuis la chute du dictateur Saddam Hussein en 2003.
    Le référendum kurde - un autre défi pour l'Irak 
    Outre la question sectaire, l'Irak est confronté à un autre défi à son unité nationale. Il s'agit du référendum sur l'indépendance de la région autonome du Kurdistan, prévue pour le 25 septembre. 
    Les États-Unis et les membres de la coalition sont fermement opposés au référendum, prétextant qu'il pourrait compliquer la lutte contre Daech. En fait, les Etats-Unis craignent surtout une violente réaction de la Turquie et les risques d'un nouveau conflit entre Kurdes et Arabes, notamment dans les provinces contestées de Kirkouk.
    2018 - Une année électorale 
    Au printemps 2018 devraient avoir lieu des élections législatives, ce qui constitue un test pour le premier ministre Haïder Abadi. 
    Le premier ministre compte bien sur le succès de la campagne militaire pour prouver que ses  "réformes »fonctionnent", a déclaré Kirk Sowell, un analyste des risques politiques et éditeur de Inside Iraqi Politics. 

    Mais le succès électoral d'Abadi pourrait souffrir des prix bas du pétrole, qui ont mis à mal les caisses de l'État irakien. Les élections n'ont lieu qu'en avril ou mai prochain et d'ici là, l'influence des succès militaires pourraient s'estomper. 

    Jean René Belliard

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