Armée des Naqchbandis - Page 2

  • Nouvelles de la guerre globale sunnites – chiites : 23 juin 2014

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    Front libanais

    Interpellation à Beyrouth d'un kamikaze français
    Un Français d'origine comorienne, soupçonné d'avoir voulu commettre un attentat suicide au Liban, faisait parti e d’un groupe de quatre jihadistes kamikazes entrés au Liban pour y commettre des attentats. C’est l’un de ces quatre hommes, un Syrien si l’on en juge par son accent, qui serait l'auteur de l'attentat suicide vendredi 20 juin contre le barrage des Forces de Sécurité Intérieure sur le col de Dahr el-Baïdar. 
    Le Français avait été interpellé par la Sûreté générale libanaise dans un hôtel du quartier Hamra.  Il aurait reconnu au cours de son interrogatoire être venu au Liban pour y commettre un attentat suicide.

    Front irakien

    Tal-Afar
    Le commandement de l’armée irakienne avait annoncé, il y a trois jours l’envoi de renfort pour reprendre la ville stratégique de Tal Afar prise en partie par les Islamistes sunnites. La contre-offensive est finalement un échec et l’armée a du abandonner le terrain, laissant l’EIIL seul maître de la région. Il n’y a plus, désormais, de troupes gouvernementales entre Mossoul et la frontière syrienne.

    L’EIIL massacre ses prisonniers
    Selon Qassem Atta, porte-parole du Premier ministre Nouri al-Maliki pour les affaires de sécurité, "des centaines de soldats ont été décapités, pendus (...) à Salaheddine, Ninive, Diyala, Kirkouk » par les jihadistes de l'EIIL".  une vidéo particulièrement odieuse a été mise en ligne par l'EIIL. Elle montre un officier de l'armée se faire décapiter.

    Al-Walid, poste frontière entre l’Irak et la Syrie
    Après avoir pris la localité de Rutbah à l’ouest de l’Irak, les Islamistes sunnites annoncent avoir occupé le poste frontière d’al-Walid entre l’Irak et la Syrie sur la route internationale 11. Mais les combats continuent entre l’armée irakienne et les islamistes pour le contrôle de ce poste frontière ainsi que pour le poste frontière entre l’Irak et la Jordanie où les affrontements ne sont pas terminés contrairement à ce qui avait été annoncé.

    Ville frontière d’Al-Qaïm
    Confirmation : l’EIIL a bien pris le contrôle de la ville irakienne d’al-Qaïm à la frontière avec la Syrie, face à la localité de Boukamal qui, elle, n’est pas entre les mains de l’EIIL mais du Front al-Nosra, le représentant officiel d’al-Qaïda en Syrie en guerre avec l’EIIL.

    L’armée des Naqchbandis exécute le juge qui a condamné Saddam Hussein à mort
    Raouf Abdul Rahman, le  juge qui, en 2006, a condamné à mort Saddam Hussein, ainsi que Barzan Ibrahim al-Tikridi, le demi-frère de Saddam Hussein et chef de la police secrète, et Awad al-Bandar, chef du tribunal révolutionnaire de Saddam,  a été exécuté par les membres de l’armée des Naqchbandis. Cette armée, rappelons-le, est composée d’un grand nombre d’officiers et de soldats de Saddam Hussein. Elle participe à l’assaut mené par les Islamistes sunnites contre le pouvoir irakien. Rahman avait été capturé par les Naqchbandis le 16 juin dernier. A noter qu’un Islamiste du parlement jordanien, Khalil Attieh, s’est publiquement réjoui de l’exécution du juge Rahman.

    Front Yéménite

    AQPA aux côtés du Front al-Nosra
    Selon une information diffusée par un media américain, AQPA (Al-Qaïda dans la péninsule arabique), le représentant officiel d’al-Qaïda au Yémen et en Arabie saoudite, aurait annoncé son soutien à l’EIIL. Il semble que cette information soit fausse si l’on en croit l’arrivée en Syrie pour rejoindre le Front al-Nosra, d’un des membres d’AQPA les plus recherchés par le FBI : Sanafi al-Nasr. Ce saoudien est l’un des principaux dirigeants d’AQPA. Cette arrivée d’al-Nasr en Syrie semble confirmer que les récents succès de l’EIIL en Irak n’ont pas convaincu la centrale d’al-Qaïda de mettre un terme à la lutte fratricide que se livrent en Syrie son représentant, le Front al-Nosra, et la « bande d’al-Bagdadi », comme les adversaires de l’EIIL surnomment cette organisation.

    Front jordanien
    L’armée jordanienne a dépêché des renforts vers la zone frontière avec l’Irak. Ces renforts comprennent des tanks, des lance-roquettes multiples et des transports de véhicules blindés. Leur mission est d’empêcher toute infiltration d’éléments armés islamistes à partir du territoire irakien.

    Les réseaux jihadistes à travers le monde

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    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)
      
     

     

  • Nouvelles de la guerre globale entre Sunnites et Chiites – 21 juin 2014

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    Sur le front syrien

    - Province de Hama
    Les rebelles syriens ont fait exploser, vendredi 20 juin, un camion chargé de près de trois tonnes d’explosifs contre un barrage de l’armée fidèle au régime dans  le village d'al-Horra (province de Hama).
    L’explosion a fait 38 morts dont des civils et des membres des forces de sécurité, et plus de 40 blessés. Le Front islamique, une coalition de rebelles islamistes soutenus par l’Arabie saoudite et les Emirats du Golfe, a revendiqué l'attaque sur son compte Twitter, en précisant que les explosifs placés dans le véhicule avaient été actionnés à distance et visaient des « rassemblements de miliciens d'Assad ».
    La vidéo ci-dessous montre l’attaque de la position dans la nuit suivie de tirs de roquettes le lendemain :
    https://www.youtube.com/watch?v=YyRXREHScJo&feature=player_detailpage

    - Province de Deir ez-Zhor (est syrien)
    À l'Est, l'EIIL a gagné du terrain, prenant à des groupes rebelles la ville de Mouhasan et deux autres villages de la province pétrolière de Deir ez-Zor, dont il contrôle de larges secteurs

    - Sur le front irakien

    Combats entre l’EIIL et l’armée des Naqchbandis
    J’avais prévenu, le mercredi 17juin que les jihadistes de l’EIIL allaient forcément s’affronter avec les organisations qui participaient à l’offensive sunnite contre le régime de Nouri al-Maliki en Irak. Cela n’a pas tardé. Les affrontements qui ont eu lieu depuis vendredi 20 juin à Hawija, province de Kirkouk, opposent l’EIIL à l’armée de Naqchbandis dont les membres sont en majorité d’anciens militaires de l’armée de Saddam Hussein.
    Les combattants de l’armée des Naqchbandis auraient refusé de rendre leurs armes et de prêter allégeance aux jihadistes. Une autre raison pourrait être de savoir qui mettrait la main sur les citernes pétrolières, nombreuses dans cette région du pays.
    Dès le début de l’offensive sunnite en Irak on pouvait s’interroger sur la viabilité d’une alliance regroupant des éléments très disparates, comme les tribus sunnites, d’anciens militaires de Saddam Hussein et une floraison de groupes jihadistes dont la plus importante est l’EIIL.
    On savait que l’EIIL chercherait à imposer son interprétation rigoriste de l’Islam et que son but était de recréer un califat sunnite dans la région du Moyen orient. Beaucoup d’autres groupes étaient, eux, animés par l’esprit de vengeance, à savoir redonner la suprématie politique à la communauté sunnite, ou s’étaient tout simplement dressés contre la politique autoritaire de Nouri al-Maliki qui se faisait surtout au détriment de la communauté sunnite.

    Si seulement Nouri al-Maliki se retirait !
    On peut imaginer que dans le cas où Nouri al-Maliki laissait la place à un dirigeant mieux inspiré de nombreux Sunnites pourraient préférer coopérer avec l’Etat irakien plutôt que de passer sous la coupe des jihadistes de l’EIIL.
    Nouri al-Maliki est l’objet de critiques sur sa façon de gouverner, non seulement des Sunnites mais également de la part de nombreux Chiites comme l’Imam Moqtada Sadr ou encore l’ayatollah Sistani, la principale autorité religieuse chiite du pays.
    Il semble que les Etats-Unis soient de plus en plus impatients vis-à-vis de Maliki qu’ils considèrent désormais comme un obstacle à la cohésion du pays. Le problème est que Nouri al-Maliki a remporté les  dernières élections législatives du 30 avril 2014. Il tarde, toutefois, à former son gouvernement et l’administration américaine pourrait en profiter pour convaincre diverses forces politiques irakiennes à proposer une personnalité chiite plus consensuelle, avec l’espoir que Kurdes et Sunnites reviendront sur leur décision de faire sécession, ce qui est loin d’être acquis.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

     

     

     

  • Nouvelles de la guerre Sunnites/Chiites

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    Le front syrien

    Offensive imminente des rebelles soutenus par l’Arabie saoudite à Damas
    On s’attend à une offensive imminente vers le centre de Damas. Le Front islamique, financé et armé par l’Arabie saoudite, aurait progressé depuis quelques jours vers la place des Abassides à partir du quartier de Jobar.
    Il s’apprêterait à lancer une offensive baptisée « Kasr al-aswar » - Briser les murs en arabe (sous-entendu de Damas). Le chef du Front islamique, Zahran Aloush, serait déjà à Jobar pour commander l’offensive.

    Vidéos des opérations militaires près de la place des Abbassides
    Une première vidéo montre les insurgés à proximité immédiate de la place des Abbassides. Le cinéaste filme l’explosion gigantesque suivie de fusillades :
    https://www.youtube.com/watch?v=AOGzrv4Sm24&feature=player_detailpage
    Cette autre vidéo montre l’explosion du bâtiment visé qui était occupé par les miliciens du régime (appelés Shabbiha par les rebelles) à proximité de la place des Abbassides :
    https://www.youtube.com/watch?v=ZACNMHvEHqE&feature=player_detailpage
    Cette dernière vidéo montre le résultat de l’explosion et ce qu’il reste du bâtiment :
    https://www.youtube.com/watch?v=JJCfChdOqVo&feature=player_detailpage

    Les rebelles syriens aidés et financés par l’Arabie saoudite prennent un poste à la frontière entre l’Irak et la Syrie
    L’Armée Syrienne Libre vient de prendre le poste de Qaïm à la frontière entre l’Irak et la Syrie. Qaïm est une localité irakienne qui avait donné beaucoup de fil à retordre aux troupes U.S. La localité fait face à la localité syrienne de Boukamal. Le fait que ce poste frontière échappe au contrôle de l’EIIL me fait tirer deux conclusions :
    1 – Les tribus sunnites agissent sur ordre de l’Arabie saoudite. Or le royaume wahhabite a visiblement l’intention d’assurer des voies d’approvisionnement en hommes et matériel vers les groupes rebelles syriens qu’il soutient.
    2 – La coopération militaire entre l’EIIL et les tribus sunnites pourrait bien ne durer qu’un temps. Dans un avenir plus ou moins lointain, on devrait assister à un nouvel affrontement entre les guérilleros de l’EIIL et les membres des tribus.

    Précisions sur la bataille de Kassab – Forces en présence
    Les combats pour le contrôle de Kassab, à la frontière turque, ont impliqué des combattants du Hezbollah, et les forces spéciales de l'armée syrienne, appuyés par des combattants de nationalités arabes et iranienne. Les insurgés appartenaient à la brigade Ahrar alCham (islamiste – membre du Front islamique pro-saoudien), le mouvement de Cham al-Islam (islamiste – membre du Front islamique pro-saoudien), katiba ansar al-Cham, la brigade de Cham, le groupe des Fils de Qadisiyah, le rassemblement  Chamouna, et des brigades islamiques.

    Armes françaises à Kassab
    Cela dit, l'armée syrienne a récupéré dans la ville de Kassab des missiles Milan (armes française antichars) -

    Armes françaises à Kassab.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Cette photo mise en ligne par un site du Hezbollah est supposée confirmer ces affirmations. On savait qu’un contrat d’achat d’armes françaises  par l’Arabie saoudite avait été signé en janvier 2014. Il portait sur 3 milliards de dollars et était supposé avoir pour but de renforcer l’armée libanaise. Les armes trouvées à Kassab font elles partie du contrat d’achat ? ou s’agit-il d’une intox ou encore d’une autre source d’approvisionnement, comme la Libye, par exemple ? Il faut se souvenir que des Missiles Milan avaient été fournis aux insurgés libyens pour lutter contre les forces fidèles à Mouammar Kadhafi. Certains de ces missiles avaient atterri entre les mains des insurgés au cours de la bataille de Baba Amro (Homs) mais les postes de tirs avaient été détruits par des bombardements intensifs de l’armée syrienne.

    Le front irakien

    La prise de Tal Afar par l'EIIL confirmée
    Les insurgés sunnites ont confirmé la prise de la ville de Tal Afar, à l’ouest de Mosoul, une ville peuplée majoritairement de chiites turkmènes. Les Islamistes sunnites ont également progressé dans la province de Diyala. Ils ont pris le contrôle de la ville d’al-Adhim.
    Par contre, ils n’ont pas réussi à s’emparer de Baqouba, une ville importante située à 60km au nord de Bagdad. Les insurgés avaient lancé une attaque dans la nuit du 16 au 17 juin contre la localité, et ils avaient réussi à s'emparer de plusieurs quartiers avant d’être repoussés par les forces de sécurité.

    Nombreux morts de part et d’autre
    Les autorités affirment avoir tué près de 279 Islamistes à la suite du bombardement aérien d’un convoi au nord de Bagdad. Il est difficile de confirmer l’exactitude des chiffres. Il est certain qu’à la vue des vidéos diffusées sur le net, on comprend qu’en cas de  bombardement d’un convoi, le nombre des victimes ne peut être que très élevé, les Islamistes progressant dans le plus grand désordre au milieu de la foule.
    En ce qui concerne les vidéos et images de massacres de prisonniers par les guérilleros de l’EIIL, il est, là aussi, difficile de les authentifier mais ils sont crédibles car l’EIIL a une longue tradition de telles exécutions.

    L’EIIL et l’armée de Naqshbandi formeront un commandement uni
    L’EIIL et l’Armée de Naqshbandi - un groupe sunnite comptant dans ses rangs d’anciens officiers de l’armée de Saddam Hussein et dirigé par l’ancien vice-président du régime de Saddam Hussein, Ezzat Douri - ont décidé de former un commandement uni en Irak.
    Selon la chaîne de télévision panarabe Al-Mayadeen, les commandants du groupe de l’EIIL et de l’Armée de Naqshbandi ont participé à une réunion au sud de Mossoul au cours de laquelle il a été décidé de former un commandement militaire uni sous la direction d'Ezzat Al-Douri.
    Il a également été prévu que 5% des véhicules militaires saisis auprès de l’armée irakienne seront transférés en Syrie.

    5000 volontaires iraniens prêts à se rendre en Irak
    Quelque 5.000 Iraniens se sont portés volontaires pour défendre les lieux saints chiites en Irak face à l'offensive des Islamistes sunnites.  L'Irak compte, en effet,  plusieurs lieux saints chiites, à Najaf et Kerbala, au sud de Bagdad, et à Samarra au nord de la capitale. Selon le site, Tabnak, l'appel a été lancé par l'organisation "Quartier général populaire des défenseurs des sanctuaires chiites" et les volontaires peuvent s'inscrire sur le site www.harimshia.org (sanctuaire du chiisme, en persan) ou par SMS.
    "Les inscrits sont organisés en unités (...) et si l'ordre est donné par le guide suprême (l'ayatollah Ali Khamenei), ils se rendront en Irak pour défendre les lieux saints".

    Liban

    Psychose à Beyrouth
    Les forces de sécurité du Hezbollah et les forces de sécurité intérieure (FSI) se sont déployées en masse à l'entrée de la banlieue chiite de Beyrouth, le Dahiyé, par crainte d'attentats islamistes dans le quartier.

     Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)