Amrane - Page 3

  • Violents combats entre rebelles chiites et l’armée dans le nord du Yémen

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    Recrudescence des combats
    La région d’Amrane a été, ces dernières 24 heures, le théâtre de violents affrontements entre les rebelles zaïdites de confession chiite (encore appelés Houthistes) et l’armée yéménite. 47 soldats et 70 rebelles ont été tués lors de ces affrontements.

    L'aviation yéménite a effectué plusieurs raids
    Au cours de ces derniers jours, les avions de combat yéménites ont bombardé, à plusieurs reprises, les positions des rebelles chiites, dans la province d’Amrane.

    Les Zaïdites et les tribus sunnites s'affrontent également
    Des affrontements se déroulent, également, entre les rebelles chiites (Zaïdites) et les tribus sunnites, appuyées par la brigade blindée 310. Les récents affrontements ont fait 120 morts parmi les rebelles zaïdites et les membres des tribus.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

  • 25 juin 2014 – Nouvelles de la guerre globale sunnites-chiites

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    Front irakien

    Raffinerie de Baiji
    La  ville de Baiji est finalement tombée entre les mais de l’EIIL dans la nuit du 24 au 25 juin.
    La vidéo ci-dessous montre les partisans de l’EIIL fêtant la victoire :
    https://www.youtube.com/watch?v=qyUdmdrBbJI&feature=player_detailpage&list=UUXlQjCFr2NXJK-wLqsTFU1Q

    Samarra
    Des tribus sunnites, combattant avec l’EIIL, prennent le contrôle d’un carrefour menant à Samarra :
    https://www.youtube.com/watch?v=loaofrYTgnc&feature=player_detailpage
    https://www.youtube.com/watch?v=m6mC9xsna8A&feature=player_detailpage

    Al-Qaïm
    Selon des renseignements américains, des avions de chasse syriens ont bombardé des cibles de l’EIIL en territoire irakien dans le secteur d’al-Qaïm, une ville irakienne située à la frontière avec la Syrie en face de la ville syrienne de Boukamal. On ne sait pas si le gouvernement irakien de Nouri al-Maliki avait demandé ces frappes aériennes à Damas.

    Nouri al-Maliki, le Premier ministre irakien (chiite), exclut la formation d'un gouvernement national d'urgence
    Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a finalement exclu la formation d'un gouvernement national d'urgence pour lutter contre les insurgés au cours d'une allocution télévisée ce mercredi 25 juin 2014.
    "L'appel à la formation d'un gouvernement national d'urgence est un coup contre la Constitution et le processus politique", a expliqué Nouri al-Maliki.
    Le premier ministre irakien entérine par cette décision l’éclatement de l’Irak en trois entités distinctes et indépendantes car aucune institution ne regroupera plus, désormais, les communautés chiite, sunnite et kurde.

    Mort d’Abou Hajer, un commandant de la brigade Abou Fadel al-Abbas
    La brigade Abou Fadel al-Abbas est une milice chiite irakienne engagée en Syrie pour protéger le sanctuaire chiite Sayyidah Zaynab à Damas. Cette milice compte de nombreux combattants originaires d'organisations soutenues par l'Iran (comme les Kataëb du Hezbollah irakien et Asa'ib Ahl al-Haq). Il dispose de personnel en uniforme, d’armes modernes et un commandement autonome. La brigade avait annoncé son retour en Irak  pour contrer l’offensive des Islamistes sunnites. Abou Hajer serait mort lors de combats avec les combattants de l’EIIL :
    https://www.youtube.com/watch?v=9qF8mjulJP0&feature=player_detailpage&list=TLL1yVw7UCl_K3zvccG9cyZZ4PSJeT3pKz

    Les bases aériennes de Balad  et Taji au nord ouest de Bagdad sont menacées
    Le terrain d'aviation était une base clé du dispositif américain quand les troupes américaines étaient dans le pays. Elle a compté jusqu’à 36 000 militaires américains à l’époque de la présence militaire américaine dans le pays.  La base abrite toujours une grande quantité de matériel militaire, y compris des avions et des hélicoptères.
    La Russie avait  commencé à livrer à partir de décembre 2013 des hélicoptères d’attaque Mi-35 et des hélicoptères de transport Mi-8. La base devait recevoir des F-16 américains en Septembre 2014.
    Mais aujourd’hui, la base de Balad est sous le feu de mortier et entouré sur trois côtés par les Islamistes armés de l’EIIL. Le 13 juin, des techniciens américains travaillant sur la base de Balad ont été évacués en toute hâte vers Bagdad.
    L’enjeu de la bataille est énorme car la prise des bases de Balad et Taji représenterait une énorme victoire pour l’EIIL. Les bases abritent un immense arsenal d’équipements militaires. On y compte un millier de camions et de véhicules dont beaucoup sont blindés, 500 à 600 générateurs électriques portables, des hélicoptères Mi-8 de transport, des avions de surveillance, des Humvees et des camions équipés de mitrailleuses lourdes.
    Les Islamistes sunnites se sont déjà emparés d’une immense quantité d’équipements militaires sur les sites déjà conquis dans le nord, y compris même des hélicoptères.

    Des militaires américains sont en place à Bagdad
    Un petit contingent de forces américaines est arrivé à Bagdad. Sa mission sera de recueillir des renseignements pour d’éventuelles frappes aériennes aériennes et établir un centre des opérations à Bagdad. Quarante militaires déjà stationnés à l'ambassade des États-Unis ont commencé leur nouvelle mission de renseignement, et 90 autres viennent d’arriver  à Bagdad à partir de postes au Moyen-Orient, ce qui porte à 130 le nombre de personnes impliquées.
    Les États-Unis ont, selon le Pentagone, commencé à effectuer des vols de surveillance au-dessus de l'Irak avec des avions et des drones à la demande du gouvernement irakien. 30 à 35 vols sont effectués chaque jour actuellement.

    Front syrien

    Boukamal (à la frontière avec l’Irak) : Le Front al-Nosra fait allégeance à l'EIIL
    Les évènements se sont précipités dans la ville syrienne de Boukamal, à la frontière avec l’Irak. La ville irakienne d’al-Qaïm qui lui fait face vient de tomber sous le contrôle des Islamistes de l’EIIL. Mais à Boukamal, les chefs des brigades islamistes locales (soutenues par l’Arabie saoudite) ont décidé d’exclure le Front al-Nosra du tribunal islamique, qui exerce de facto le véritable pouvoir dans cette région comme dans d’autres secteurs rebelles. Du coup, le Front al-Nosra, qui était allié jusqu’ici avec les rebelles islamistes pour lutter contre l’EIIL, ont décidé de changer de camp et de rejoindre l’EIIL.
    Un  membre de l'EIIL a confirmé l'information sur Twitter et posté une photo montrant un commandant égyptien du Front al-Nosra avec un chef tchétchène de l'EIIL.
    Le Front al-Nosra a prêté allégeance à Daech dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 juin 2014. Cette allégeance d’al-Nosra à l’EIIL permet théoriquement aux Islamistes de l’EIIL d’être des deux côtés de la frontière puisqu'ils contrôlent déjà la localité irakienne d'Al-Qaïm en Irak.
    J’ai dit « théoriquement » car le ralliement du Front al-Nosra à l’EIIL a aussitôt créé une vive tension avec les autres groupes rebelles qui contrôlent la ville de Boukamal et ses environs. Des combats avaient déjà opposé l’EIIL à ces groupes rebelles et au Front al-Nosra en avril 2014. Les Islamistes de l’EIIL avaient été chassés de la ville au prix d’une centaine de morts.
    Selon un habitant de Boukamal, "la tension est vive dans la localité et la situation va empirer car cette fusion causera de graves problèmes avec les tribus locales qui refusent ces changements" en raison de leur hostilité à l'EIIL.

    Front yéménite

    Localité d’Amrane
    Les combats se poursuivent entre les miliciens chiites d’Ansarullah et l’armée yéménite dans et autour d’Amrane, au nord de Sanaa. Les combats ont été particulièrement violents dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 juin dans les quartiers nord-ouest de la ville.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)


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  • les combats entre Chiites et Sunnites reprennent au Yemen

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    Reprise des combats au Yémen

    Parmi les théâtres d’opération où s’affrontent dans une guerre globale les forces sunnites soutenues par l’Arabie saoudite et les Emirats du Golfe et les forces chiites soutenues par l’Iran, il manquait le Yémen.
    C’est chose faite depuis dimanche 15 juin. Le cessez-le-feu conclu le 4 juin après des combats très meurtriers (voire ma note du 3 juin 2014 : https://jrbelliard.blog.tdg.ch/zaidites/) a volé en éclats.

    Ansarullah, la milice chiite a repris l'offensive
    De violents accrochages opposaient hier l'armée à des rebelles chiites d’Ansar Ullah dans le nord du Yémen autour de Jebel al-Dhine, une zone montagneuse à une cinquantaine de kilomètres au nord de Sanaa. Les rebelles chiites contrôlent la province de Sa’dah dans le nord du pays et cherchent à élargir leur zone d’influence jusqu’à Sanaa, la capitale du pays. Ils ont lancé dimanche une nouvelle offensive au sud de la ville d’Amrane. Les combats opposent les rebelles chiites au 310ème  bataillon blindé soutenu par les combattants de la confédération tribale des Hached (sunnites).

    Un nouveau front de l'affrontement global Sunnites/Chiites
    La reprise des hostilités constitue un nouveau front de l’affrontement global entre Sunnites et Chiites. Il reste Bahreïn qui, pour l’instant, reste calme.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

  • Comprendre les évènements au Yémen

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    Les combats ont repris au Yémen entre rebelles chiites et l’armée

    Qui sont les rebelles zaïdites ?
    Les Chiites yéménites sont Issus du courant religieux chiite zaïdite. Encore connus sous le nom de Houthistes, ils  habitent sur les hauts plateaux yéménites et notamment la province de Saada. Le chiisme yéménite présente de nombreuses différences au niveau du dogme par rapport au chiisme duodécimain iranien. Les Houthistes représentaient, en 2007, 30 % environ des 22,2 millions de Yéménites qui sont en majorité sunnites. De plus, ils partagent de nombreuses interprétations religieuses avec la majorité sunnite chaféite.
    Les Houthistes  se plaignent d’avoir été marginalisés par le pouvoir sur le plan politique, économique et religieux, et demandent le rétablissement du statut d’autonomie dont ils bénéficiaient avant 1962. Ils assurent défendre une identité menacée selon eux à la fois par la politique du pouvoir central, qui maintiendrait leur région dans le sous-développement, et par la poussée d’un fondamentalisme sunnite à l’égard duquel Sanaa a longtemps entretenu l’ambiguïté.
    La rébellion zaïdite a éclaté en 2004 à la suite de la capture des principaux chefs Houthistes et la mort au combat de leur chef, Hussein Al Houthi, tué en septembre de cette année là par un missile au cours d‘une opération clandestine de la CIA en représailles contre l’attentat contre le destroyer Cole. Hussein, figure de proue du mouvement, a été remplacé depuis lors par son frère Abdul Malik.
    Les houthistes dénient toute instrumentalisation de leur cause par une puissance étrangère et insistent au contraire sur l’aide que le royaume saoudien apporterait au pouvoir yéménite.
    Il semble pourtant que l’Iran apporte une aide aux rebelles chiites du Yémen. Le gouvernement yéménite accusait l’Iran d’être le commanditaire du navire intercepté le 23 janvier 2013 avec, dissimulée à bord, une grande quantité d’armes et notamment des missiles anti-aériens. Les autorités yéménites devaient trouver à bord des missiles SAM 2 et SAM 3 cachés dans un conteneur. Selon les informations, le navire et sa cargaison avaient été remis en Iran à un équipage yéménite de huit hommes pour livraison sur les côtes yéménites.
    La livraison était vraisemblablement destinée aux rebelles chiites.

    Les rebelles zaïdites en conflit presque permanent avec la puissante tribu sunnite des al-Ahmar
    Les rebelles Zaïdites, qui contrôlent une partie du nord du Yémen depuis leur soulèvement contre Sanaa en 2004, et dont l’organisation a pris le nom d’Ansar Ullah (partisans de Dieu) est en conflit avec la puissante tribu des al-Ahmar et son parti al-Islah pour le contrôle de la région d’Amrane (ou Omran) et Ibb.
    Les Zaïdites, qui appartiennent à la communauté chiite, ont pris le contrôle, en février 2014, de la localité de Houth située à 180km au nord de Sanaa et de la région d’al-Khamri, fier de la puissante tribu des Hached. Les violents affrontements avaient débuté le 5 janvier 2014. Les rebelles zaïdites, fortement implantés dans le nord du pays où ils contrôlent notamment la province de Saada, tentaient de gagner du terrain avant la délimitation des provinces qui formeront le nouvel État fédéral yéménite. Ansar Ullah participe en effet au dialogue national, et cherchait à gagner du terrain pour mettre ses adversaires devant le fait accompli.
    Les combats avaient cessé après que les rebelles zaïdites et d’influentes tribus du nord du Yémen aient décidé d’y mettre un terme. Les affrontements avaient quand même coûté la vie à 150 personnes en une semaine. Mais la tribu des al-Ahmar n’avait pas pris part à l’accord L'accord et a décidé de maintenir ses combattants sur le pied de guerre dans la région.

     
    Les affrontements viennent de reprendre
    Les affrontements ont repris, le 23 mars 2014 après un accrochage avec l'armée yéménite qui avait fait douze morts. Les rebelles chiites exigeaient le départ du gouverneur et du commandant régional de l'armée, qu'ils accusaient d'appartenir au parti rival islamiste d'al-Islah.
    Après une relative accalmie, de nouveaux combats se déroulaient à partir du 2 juin 2014 aux portes de la capitale Sanaa.  Les affrontements ont éclaté à l'aube lorsque yéménite est intervenue pour déloger les rebelles d'Ansar Ullah d'une position au sud d'Amrane, qui commande la route vers Sanaa. Les rebelles, soutenus par des combattants tribaux, ont riposté en bombardant des installations des télécommunications et bloquant la circulation sur l'axe routier reliant Amrane à Sanaa. L’Etat-major yéménite faisait appel à l’armée de l’air pour soutenir le 310è bataillon de l’armée et les membres du parti islamiste sunnite al-Islah de la tribu des al-Ahmar. Selon certains rapports, les combats auraient fait, depuis le 2 juin, une centaine de tués parmi les rebelles zaïdites et 20 dans les rangs de l’armée.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)