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  • L'Etat Islamique profite du chaos en Libye - 19 janvier 2016

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    Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 19 janvier 2016
    Jean René Belliard, auteur de "Beyrouth, l'enfer des espions", publie une newsletter quotidienne accessible aux abonnés uniquement. Elle donne chaque jour un résumé des principaux évènements qui se déroulent au Moyen Orient et en Afrique du nord, rédigé à partir des informations réunies sur place par une quinzaine de correspondants. Ci-dessous, un extrait de la newsletter du 18 janvier 2016 – Et beaucoup d’autres informations importantes dans la newsletter envoyée aux abonnés.
    Pour vous abonner, demander des informations à
    ptolemee@belliard74.com

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  • Libye : Il faut maintenant parler de guerre civile

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    La guerre civile
    On peut considérer aujourd’hui que la Libye est en proie à une violente guerre civile dont nul ne sait comment elle finira. Inutile de parler de « risques de guerre civile » ou d’utiliser des titres comme « la Libye au bord de la guerre civile », ou encore de chaos. La Libye n’est pas au bord de la guerre civile. Elle est en pleine guerre civile et le nombre des victimes va croître d’une manière exponentielle. Or, cette guerre civile nous intéresse au plus haut point car elle oppose des Musulmans libéraux - comme on les aime en Occident - à des Islamistes et des Jihadistes.

    Nombreuses conséquences pour les pays voisins :
    La guerre civile qui va ravager la Libye aura de nombreuses conséquences :

    - Elle va signifier un très grave problème humanitaire pour l’Italie qui devra faire face à un accroissement considérable du nombre de « boat people » cherchant par tous les moyens à gagner l’Europe, même au péril de leur vie - C'est déjà le cas aujourd'hui, vous me direz. Il n’y a qu’à regarder les millions de réfugiés syriens qui s’entassent aujourd'hui dans des camps au Liban, en Turquie et en Jordanie pour deviner facilement ce qui attend l’Europe.

    - Un problème sécuritaire extrêmement inquiétant pour les pays limitrophes de la Libye, en commençant par la Tunisie et l’Egypte. La Tunisie a d’ailleurs déjà déclaré qu’elle avait l’intention de fermer ses frontières aux réfugiés libyens. Cela a été annoncé par le ministre des Affaires étrangères, Mongi Hamdi, indiquant que 5000 à 6000 réfugiés libyens arrivaient chaque jour en Tunisie. Or,  l'économie tunisienne est précaire et le pays n'est pas en mesure de recevoir les milliers de réfugiés, a-t-il ajouté.
    Mais fermer les frontières est plus facile à dire qu’à faire. Ces frontières sont poreuses, comme sont celles de l’Egypte et surtout de tous les pays du grand sud saharien déjà en proie à l’agitation jihadiste.  Déjà, la version jihadiste tunisienne, Ansar al-charia, a mis en ligne, aujourd’hui 30 juillet, un sérieux avertissement à l’armée tunisienne, la menaçant des pires conséquences si elle poursuivait ses actions sécuritaires contre les Jihadistes d’AQMI.

    - Les gouvernements occidentaux semblent amnésiques et ne se souviennent plus du tout qu’ils ont contribué à la création d’un vide de l’autorité en se bornant à aider les rebelles à abattre le régime de Mouammar Kadhafi sans se soucier de ce qu’il adviendrait par la suite dans le pays et sans aider les nouvelles autorités libyennes  à reconstituer un Etat et des forces de sécurité. La seule décision prise à ce jour est celle d’évacuer les ressortissants nationaux comme si cela  suffisait.

    Les jihadistes d'Ansar al-Charia ont mis en ligne quelques uns des équipements militaires capturés lors de la prise de la caserne des forces spéciales :

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    On avait cru que le général Haftar bénéficiait de l’aide américaine
    Notre curiosité avait été excitée par la personnalité du général Khalifa Haftar lorsque celui-ci avait déclaré vouloir débarrasser Benghazi des milices islamistes, dont l’une, Ansar al-Charia, avait été inscrite par Washington sur la liste des organisations terroristes. Les autorités américaines l’accusaient d’avoir joué un rôle dans l’assassinat de l’ambassadeur américain, le 11 septembre 2012. On pensait que la CIA était derrière le coup de force du général. Mais depuis le mois de mai, rien ne s’est passé. AFRICOM, l’agence américaine de lutte contre le terrorisme en Afrique et au Moyen Orient, ne semble pas avoir fait le moindre mouvement pour aider et équiper les hommes du général et leur permettre de chasser les Jihadistes de Benghazi. L’administration américaine n’était finalement intéressée qu’à capturer celui qu’elle considérait comme responsable de l’assassinat de son ambassadeur – une opération menée d’ailleurs avec la collaboration des hommes de Haftar – mais rien d’autre. Aujourd’hui, les rebelles islamistes ont conquis le quartier général des forces spéciales de l'armée libyenne, qui s’étaient ralliées au général Haftar. C’était la principale place-forte des partisans de Haftar à Benghazi.
    Les forces spéciales commandées par le colonel Wanis Abou Khamada ont du abandonneur leur caserne située dans le quartier de Bouatni et se sont retirées hors de la ville, laissant 85 soldats morts derrière eux. C’est la pire défaite de l’armée face aux milices islamistes qu’elle prétendait combattre.
    Il s’agit d’un coup dur pour le général Khalifa Haftar car les Forces spéciales s’étaient déclarées favorables au coup de force qu’il avait lancé à partir du 16 mai contre les Islamistes, même si elles n’étaient pas allées jusqu’à se placer sous ses ordres.

    Le «Conseil de la Choura » seul maître de Benghazi
    Le « conseil de la Choura des révolutionnaires de Benghazi », une alliance de groupes islamistes et jihadistes, contrôle désormais la base militaire et est seul maître de la seconde ville du pays.

    L’exemple libyen inspire déjà d’autres Jihadistes
    L’organisation jihadiste tunisienne Ansar al-Charia a cru bon profiter du succès des jihadistes libyens contre l'armée pour élever à son tour le ton et sommer les forces de sécurité et l’armée tunisiennes «de choisir entre la réconciliation ou la guerre».
    Ansar al-Charia appelle les forces de sécurité et l’armée à «libérer leur esprit de la peur, à prendre le parti de la vérité, à revenir à leur religion et à leur nation, avant qu’il ne soit trop tard». Les Jihadistes déclarent qu'ils assimileront tous les membres des forces de sécurité qui ne leur obéiraient pas comme des infidèles et des mécréants.
    «Les événements survenus sur la terre de Kairouan (comme les Jihadistes appellent la Tunisie) depuis le mois de mai (2014), œuvre de frères moujahidines basés dans les montagnes, est la meilleur preuve que vous ne comprenez que la logique de la force et n’écoutez que  le bruit des balles», lit-on dans le communiqué, par allusion aux attaques des forces de sécurité et de l’armée contre les Jihadistes du mont Chambi, à cheval sur la frontière entre l'Algérie et la Tunisie.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

  • Que se passe-t-il en Libye ?

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    Des affrontements violents ont lieu depuis plusieurs jours entre militaires et Islamistes. Il est peut être nécessaire de faire un retour en arrière pour comprendre les évènements. C’est l’histoire d’un gâchis après une intervention internationale qui avait pourtant suscité de grands espoirs et d’efforts pour un retour en arrière de ce riche pays pétrolier dans le giron de la démocratie. 

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  • Des commandos américains et algériens en Libye

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    En appui au général Khalifa Haftar

    Des informations concordantes révèlent une action de soutien au général Khalifa Haftar, menée conjointement  depuis une semaine par des commandos américains et algériens contre les jihadistes en Libye.
    Ces informations ont officiellement été démenties à Alger, où la Constitution interdit à l’armée d’être déployée à l’extérieur de son territoire en temps de paix. Mais elles ont été confirmées par des services de renseignement.

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  • Africom

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    Les militaires américains avaient commencé un programme de formation d’une unité libyenne anti-terroriste
    Le département américain de la Défense a engagé un programme de formation d’unités d’élite anti-terroristes, en Libye, au Mali, au Niger et en Mauritanie, pour aider ces pays à lutter contre les groupes terroristes de la région, a indiqué mardi, 27 mai 2014 le quotidien "New York Times".
    Assuré par les unités des Opérations spéciales américaines, dont, notamment, les Bérets verts et la Delta Force, ce programme de près de 70 millions de dollars a été lancé en 2013, pour contribuer à l’instruction et l’équipement de centaines de commandos sélectionnés, dans les quatre pays en question.
    «La formation de forces locales, pour lutter contre les menaces terroristes, dans leur propre pays, est la chose que nous devons faire», a dit l’un des initiateurs de ce programme, Michael Sheehan, qui est, actuellement, le Président du Centre de lutte contre le terrorisme de l’académie militaire de West Point, (New York).

    Le programme interrompu en Libye après une attaque contre la base du camp Younis
    Les entraînements avaient été interrompus en Libye après qu’une milice islamiste libyenne, bénéficiant de la complicité d’un ou de plusieurs soldats formés par les Américains, a attaqué, peu avant l’aube du 4 août 2013, le Camp Younis situé à une vingtaine de kilomètres de Tripoli. Camp Younis servait de centre d’entraînement des commandos anti-terroristes libyens. La milice réussit à s’emparer de centaines de fusils d’assaut M4, ainsi que des lunettes de vision nocturne, des véhicules blindés et d’autres équipements fournis par les Américains. Cet attaque a mis fin à l’opération en attendant de trouver un site plus sécurisé et à améliorer les  critères de sélection des effectifs susceptibles de suivre une formation anti-terroriste. En attendant, les instructeurs américains sont retournés aux Etats-Unis.

    Le centre de commandement américain en Afrique « Africom »
    L’opération libyenne n’est pas abandonnée pour autant et c’est le Centre de Commandement US en Afrique, appelé «AFRICOM», qui est chargé de son exécution.
    C’est en octobre 2007 que le Président américain de l’époque, George W. Bush, a émis l’ordre de créer ce  centre, entré officiellement en vigueur un an plus tard, en octobre 2008.
    Le QG de l’AFRICOM se trouve au sein de la base militaire américaine de Stuttgart, en Allemagne.
     
    Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

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