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  • 17 août 2014 - Point sur les négociations entre Israël et les Palestiniens

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    Israël veut la démilitarisation de Gaza, ce que refusent le Hamas et le Jihad islamique
    Israël exige la "démilitarisation de Gaza". Les Palestiniens ne veulent même pas discuter de cette exigence. Ils demandent, eux, en priorité, la levée du blocus imposé depuis plusieurs années à l'enclave palestinienne et qui asphyxie l'économie locale. Le point de la démilitarisation de Gaza n'apparaît pas dans la proposition égyptienne.

    Benyamin Netanyahu reste ferme sur ce point
    Benyamin Netanyahu reste ferme : Israël n'acceptera pas d'accord de cessez-le-feu qui ne prennent pas en compte les "besoins sécuritaires d'Israël". C’est ce qu’il a affirmé dimanche 17 août. 
    "Nous n'accepterons d'accord sur un cessez-le-feu que s'il y a une réponse concrète à nos besoins sécuritaires", a déclaré M. Netanyahu à l'ouverture de la réunion hebdomadaire du gouvernement.
    "Si le Hamas pense qu'il peut transformer ses pertes militaires en victoire politique il se trompe", a ajouté le premier ministre israélien.
    M. Netanyahu a prévenu que "tant que le calme ne sera pas revenu, le Hamas va continuer à souffrir, s'il pense que le temps joue en sa faveur il se trompe, s'il pense que nous ne sommes pas assez déterminés il se trompe".

    Les négociations se poursuivent au Caire
    Les négociations se poursuivent au Caire sur les modalités du règlement du conflit entre Israël et la bande de Gaza.

    Mahmoud Abbas soutient la médiation égyptienne
    Une réunion de la direction palestinienne a eu lieu la nuit passée (du 16 au 17 août) à Ramallah pour discuter des pourparlers entre l’Etat juif et les Palestiniens. Le Président de l'Autorité Palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, a soutenu l'initiative égyptienne pour résoudre la crise entre Gaza et Israël, soulignant que l'objectif était actuellement d'arrêter les combats. Il a accusé Israël d’"agression" contre la bande de Gaza et  déclaré qu'il n'y avait pas de véritable alternative à l'initiative égyptienne. Curieusement, Mahmoud Abbas a ajouté qu'il considérait irréalistes les tentatives du Qatar pour aggraver les conditions d’un cessez-le-feu à long terme. Visiblement, le conflit entre Gaza et Israël a donné l’occasion d’une nouvelle compétition entre le Qatar (et la Turquie) qui soutiennent les Frères Musulmans, et l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Egypte qui ont les Frères Musulmans en sainte horreur.
    Abbas compte également sur la générosité des bailleurs de fonds qui doivent se réunir en septembre en Egypte. Une précédente conférence à Charm el-Cheikh n’avait pas donné de résultats satisfaisants pour l’AP.

    Le président du comité exécutif du Hamas tape du poing sur la table devant le représentant de l’Autorité Palestinienne
    Samedi 16 août, le président du comité exécutif du Hamas, Khaled Meshaal, a rencontré au Qatar le représentant de l'Autorité palestinienne, Saeb Erekat. Meshaal a affirmé à son interlocuteur que l’initiative égyptienne n'était pas suffisante, car elle ne prévoyait des discussions sur la construction d’un aéroport et d’un port maritime à Gaza qu’après la signature d’un accord sur une trêve à long terme avec Israël.
    Meshaal a indiqué que le Hamas exigeait un accord sur la question du port et de l’aéroport, ainsi que sur la question de la levée complète du blocus de la bande de Gaza. Si Israël rejette ces exigences, que le Hamas considère comme prioritaires, "le Mouvement de la résistance islamique" reprendra les attaques contre le territoire israélien, a déclaré Meshaal.

    Le Jihad Islamique plus prudent
    Des représentants du "Djihad islamique" se sont exprimés avec plus de prudence, exprimant l'espoir que la délégation palestinienne qui participe aux pourparlers du Caire sera en mesure d'élaborer une stratégie unifiée. Visiblement, le Jihad Islamique n’a aucune intention de mécontenter le « grand frère » égyptien.

    La trêve se poursuivra-t-elle même en cas de désaccord ?
    Selon des sources proches des négociations, la délégation de l’Autorité Palestinienne  accepterait de respecter une extension de la trêve même en cas d’échec sur les négociations, ceci afin de permettre la poursuite des discussions. Par contre,  la direction du Hamas menace de mettre un terme au cessez-le-feu si les négociations ne permettent pas de répondre favorablement aux points clés.

    Un plan « B » existe même en cas de désaccord
    Les Israéliens ont un plan « B » même en cas de désaccord avec les Palestiniens. On parle d'un éventuel assouplissement du blocus de Gaza, d’une aide supplémentaire pour ses habitants, de la libération de détenus n’ayant aucune implication avec des activités terroristes.
    Toutefois, l’armée resterai libre d’agir en fonction de la situation, sans être liée par les accords politiques.

    L’Initiative égyptienne
    1 Israël arrête les opérations militaires dans la bande de Gaza et renonce aux frappes par air, terre ou mer. Tsahal s'engage à ne pas pénétrer sur le territoire du secteur de Gaza.
     
    2 Toutes les factions palestiniennes s’engagent à renoncer aux attaques  à la roquette et au mortier contre le territoire israélien, ainsi que les attaques par terre, air et mer, et à arrêter la construction de tunnels menant en Israël.

    3 Israël ouvre tous les points de contrôle à la frontière avec la bande de Gaza pour les marchandises et les personnes, y compris l'acheminement de l'aide humanitaire à Gaza, et le transport des marchandises et des personnes entre Gaza et la Cisjordanie. Ce point fera l’objet d'accords entre Israël et l'Autorité nationale palestinienne (AP).

    4 Israël et l'Autorité palestinienne s’accordent sur toutes les questions financières liées à la bande de Gaza.
     
    5 Israël annule la "zone stérile" près du secteur de la frontière et ce en trois étapes. Une première étape mmédiatement après la signature de l'accord.  Elle prévoit de réduire de 500 mètres à 300 mètres la « zone stérile ». Une deuxième étape réduira la zone de 300 à 100 mètres après le 18 Novembre avant sa suppression complète le 1 Janvier, 2015. À ce stade, l’accord prévoit le déploiement des forces de la Garde présidentielle palestinienne.
     
     6 La zone de pêche sera étendue jusqu'à 6 miles. Puis, en coordination avec l'Autorité palestinienne, la zone pourra être élargie jusqu'à 12 miles.

    7 Israël aidera l'Autorité palestinienne à reconstruire les infrastructures dans la bande de Gaza, ainsi qu'à répondre aux besoins humanitaires de tous ceux qui ont été forcés de fuir leurs maisons au cours du conflit. Israël pourra également fournir, le cas échéant, une assistance médicale aux blessés.

    8 L'Autorité palestinienne, en coordination avec Israël et les organisations internationales, se chargera de la fourniture des équipements nécessaires au rétablissement de l'ordre et au retour rapide des réfugiés dans leurs foyers.

    9 L'Egypte a lancé un appel à la communauté internationale pour organiser la livraison rapide de l'aide humanitaire à la bande de Gaza et l'allocation de fonds pour sa reconstruction.
     
    10 Après la mise en place d’une trêve à long terme, dans le mois suivant la signature de l'accord, les parties procéderont à des pourparlers indirects sur des sujets tels que la libération des prisonniers et le retour des corps de soldats israéliens.

    11 Les points concernant la construction d'un aéroport et d’un port maritime dans la bande de Gaza feront l’objet de discussions ultérieures conformément aux accords d'Oslo.

    Le texte de l'accord ne mentionne pas la demande israélienne pour la démilitarisation de la bande de Gaza, le problème de l'approvisionnement de Gaza, les biens à double usage (produits chimiques, ciment, fer), ainsi que les questions concernant la relation entre Gaza et l'Egypte (KPP "Rafah").

    Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth l'enfer des espions)

     

  • 16 août 2014 – Négociations du Caire entre Israël et les Palestiniens

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    L’Egypte propose la libération des détenus dans le mois suivant un accord
    Vendredi 15 août, les médias ont publié des informations sur l’initiative égyptienne pour rétablir la paix entre Israël et Gaza. Les Egyptiens proposent que les personnes arrêtées par les autorités sécuritaires israéliennes entre juin et août 2014 soient libérées dans le mois suivant la mise en place d’un cessez-le-feu à long terme. Pour montrer sa bonne volonté, Israël a déjà procédé à la libération de certains détenus qui n’ont pas été engagées dans « des opérations terroristes ». Selon l'agence palestinienne Maan se référant au ministère chargé des prisonniers de l’Autorité Palestinienne (AP), les autorités israéliennes ont remis en liberté, dans la soirée du 15 août, trois des 26 résidents de la bande de Gaza détenus au cours de l'opération "Bordure protectrice ».

    Israël et les Palestiniens pas d’accord sur le nombre de détenus
    Maan rappelle que selon le Hamas 250 résidents de la Bande de Gaza auraient été faits prisonniers par Israël. Les responsables israéliens ne reconnaissent avoir arrêté que  26 Palestiniens de la bande de Gaza et ont remis une liste des détenus à l'Autorité palestinienne (AP). Toutefois, selon Maan, l’une des personnes libérées le 15 Août ne figurait pas sur la liste fournie par les autorités israéliennes ce qui jette un doute sur l'exactitude des informations fournies précédemment par les Israéliens.

    Négociation également sur les personnes arrêtées en Cisjordanie
    Plus tôt vendredi 15 août, les autorités israéliennes ont libéré huit Arabes palestiniens détenus en Juin 2014 en Cisjordanie. L’ex-député du parlement palestinien, Mahmoud al-Khatib, un membre du Hamas de Bethléem, se trouverait parmi les personnes libérées .
    Cependant, le Centre d'information palestinien, affilié au Hamas, a déclaré que les autorités israéliennes avaient prolongé la détention de 17 autres Palestiniens arrêtés en juin, toujours en Cisjordanie, y compris les membres du parlement palestinien, Khaled Saïd, et Ayman Daragme, tous deux membres du Hamas.
    En outre, selon les médias palestiniens, 96 jeunes Arabes qui avaient été arrêtés au cours d'émeutes à Jérusalem ont également été remis en liberté. Beaucoup d'entre eux ont été libérés sous caution, en attendant leurs procès et certains ont été placés en résidence surveillée.
    Rappelons qu’une des conditions posées par le Hamas pour un cessez-le-feu permanent est que les autorités israéliennes libèrent notamment les militants du Hamas qui avaient été échangés en Octobre 2011 contre le soldat israélien Gilad Shalit et qui avaient été détenus à nouveau en Juin. Cela concerne environ 60 prisonniers. En outre, le Hamas cherche à obtenir la libération de tous les habitants de la bande de Gaza, principalement des militants de l'organisation, capturés par les forces israéliennes lors de l'opération "Bordure protectrice".

    Les opérations sécuritaires de l’armée israélienne se poursuivent en Cisjordanie
    L’armée israélienne poursuit ses opérations de sécurité en Cisjordanie et a arrêté des personnes soupçonnées d'activités « terroristes ». C’est ainsi que plus de 30 suspects, dont au moins neuf activistes du Hamas, ont été détenus par les soldats de Tsahal entre le 13 et le 16 août.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

    Lien permanent Catégories : GAZA, HAMAS, ISRAËL 1 commentaire
  • 16 août 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Front irakien

    D’importantes tribus sunnites ont pris les armes contre les Jihadistes de l’EI
    D'importantes tribus sunnites ont pris les armes vendredi 15 août dans l'ouest de l'Irak contre les Jihadistes de l’EI (appelé Daech en arabe) selon des informations obtenues d’un leader tribal.
    Le soulèvement concerne 25 tribus sunnites de la province d'al-Anbar, où Daech contrôle des secteurs importants.
    Analyse :
    Le remplacement de Nouri al-Maliki par Haïdar Abadi approuvé par l’Arabie saoudite et les Américains, (tandis que l’Iran abandonnait al-Maliki), pourrait avoir donné le signal aux tribus qu’il était temps de remettre de l’ordre dans les provinces sunnites irakiennes et qu’elles devaient désormais affronter et chasser les Jihadistes (en majorité étrangers) de leur région.
    Il faut dire que l’offensive menée par les Jihadistes de l’EI commençait par poser de sérieux problèmes à l’administration Obama. Les atrocités commises récemment par les Jihadistes de l’EI contre les Chrétiens et les Yazidis, profitant du retrait brutal et inexpliqué des Peshmergas avaient projeté les Américains en première ligne. Ceux-ci se trouvaient au pied du mur et se devaient de réagir pour satisfaire l’opinion internationale et protéger le Kurdistan et accessoirement le contrat signé par la société pétrolière Exxon avec les autorités kurdes. Mais qui dit intervention, même aérienne, dit personnel au sol, ne serait ce que pour renseigner sur les cibles potentiels et régler les tirs. Or, l'opinion américaine était visiblement allergique à un déploiement de militaires au sol, si petit soit-il. C'est la raison pour laquelle l'Arabie saoudite semble avoir donné un ordre de partir au combat aux tribus sunnites.
    "Cette révolte populaire a été convenue par toutes les tribus souhaitant combattre Daech qui a fait couler notre sang", a expliqué à l'AFP cheikh Abdeljabbar Abouricha, un des leaders du soulèvement.
    Le général Ahmed Saddak, de la police d'al-Anbar, a fait état du soutien des forces de sécurité gouvernementales à ce soulèvement, déclenché à 06H00 locales (03H00 GMT) vendredi 15 août.
    "Les combats se poursuivent", a-t-il assuré faisant état de 12 Jihadistes tués. "Nous n'arrêterons pas avant la libération d'al-Anbar", a-t-il ajouté.
    Cette contre-offensive a commencé par des attaques sur plusieurs secteurs au nord-ouest de Ramadi, selon MM. Abouricha et Saddak.
    Le colonel de police Ahmed Choufir a pour sa part indiqué que les Brigades Hamza, un groupe qui avait lutté par le passé contre les extrémistes liés à Al-Qaïda, avait repris du service. Il a indiqué que ce groupe avait pour mission de repousser les insurgés hors des secteurs qu'ils tiennent à l'ouest de Haditha, une autre ville de la province d'al-Anbar.

    Les Kurdes tentent de reprendre le barrage de Mossoul aux jihadistes de l’EI
    Les forces kurdes, soutenues par l'aviation américaine, ont lancé samedi 16 août une offensive pour reprendre aux jihadistes de l'Etat islamique (EI) le barrage de Mossoul que ces derniers avaient occupé le 7 août dernier.
    Les peshmergas soutenus par l’armée de l’air américaine ont réussi à reprendre le contrôle du côté est du barrage et les combats continuent.

    Nouvelles informations sur des massacres commis par les jihadistes de l’EI
    Des jihadistes ont tué des dizaines de personnes, en majorité des membres de la minorité yazidie, dans le village irakien de Kocho (nord), selon des témoins et des responsables locaux.
    "Nous avons des informations de nombreuses sources, dans la région et via les services de renseignement, que (vendredi 15 août) après-midi, un convoi d'hommes armés (de l'EI) est entré dans ce village", a déclaré à l'AFP un haut responsable irakien, Hoshyar Zebari. "Ils s'en sont pris aux habitants, en majorité des Yazidis qui n'ont pas fui leurs maisons", a-t-il dit, en référence à cette minorité kurdophone non-musulmane, considérée comme hérétique par les jihadistes. "Ils ont commis un massacre contre les habitants", a affirmé M. Zebari, disant qu'"environ 80 personnes ont été tuées".
    Harim Kamal Agha, un haut responsable de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) dans la province de Dohuk, frontalière de celle de Ninive, a fait état de 81 morts, ajoutant que les assaillants avaient conduit les femmes dans des centres de détention qu'ils contrôlent.
    Mohsen Tawwal, un combattant yazidi, a affirmé à l'AFP par téléphone avoir vu un grand nombre de corps dans le village. "On a réussi à pénétrer dans une partie de Kocho, où les habitants étaient assiégés, mais on est arrivé trop tard", a-t-il dit. "Il y avait des cadavres partout. On a seulement réussi à emmener deux personnes vivantes, toutes les autres ont été tuées", a-t-il ajouté.

    Le leader de l’EI a fui vers la Syrie
    Le leader de l’Etat Islamique, le calife autoproclamé Abou Bakr al-Baghdadi aurait fui Mossoul pour revenir en Syrie afin d’échapper à d’éventuelles frappes aériennes américaines. C’est tout au moins ce qu’a affirmé Saeed Mamo Zinni, le porte-parole du PDK, le Parti Démocratique du Kurdistan, au quotidien As-Sharq al-Awsat.
    Selon les services de renseignement, Abou Bakr al-Baghdadi aurait gagné la Syrie dans un convoi de 30 véhicules Humvee.

    Front syrien

    Mleiha a bien été prise par les soldats d’Assad
    Cette vidéo de l’AFP confirme la prise de Mleiha par l'armée d'Assad, un succès après une longue série de revers. Les rebelles avaient réussi à rompre le siège de la ville mais ils n'étaient pas parvenus à se redéployer pour consolider leurs gains, ce qui a permis à l’armée de lancer une contre-offensive victorieuse.
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=mf-Xi-TdLvg

    Bataille de Marea entre les Jihadistes de l’Etat Islamique et les rebelles du Front Islamique
    De violents combats ont eu lieu samedi 16 août entre les rebelles du Front Islamique (pro-saoudien) et les Jihadistes de l’Etat Islamique à l’est de Marea. Cette localité est la place forte du Front islamique, le plus important groupe rebelle qui combat à la fois  les troupes d’Assad et les jihadistes de l’Etat Islamique. Le Front Islamique est soutenu par l’Arabie saoudite.
    "La pression militaire est maintenant sur Marea, ", a déclaré Abou Omar, porte-parole du Conseil Révolutionnaire de Marea.
    Les rebelles ont envoyé des renforts et des armes pour défendre Marea, comme en témoigne cette vidéo qui montre une colonne des Kataëb al-Zanki partant pour la région.
    https://www.youtube.com/watch?v=4lYW8ql-APs&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng&feature=player_detailpage
    "Les rebelles considèrent qu'il s'agit d'une des batailles les plus importantes contre l’Etat Islamique... Il n'est pas question de perdre», a ajouté Abou Omar.
    Les Jihadistes de l’Etat Islamique utilisent des armes lourdes, parmi lesquelles des chars et de l’artillerie, saisies à l’occasion de la  déroute de l'armée irakienne lors de l’offensive éclair de Juin dernier. Ces armes avaient été fournies aux forces irakiennes par les Etats-Unis.
    Les Jihadistes de l’Etat Islamique se sont déjà emparés d’une dizaine de villages dans la région de Marea et Azaz les 14 et 15 août. On craint beaucoup pour les dizaines de rebelles capturés compte tenu de la cruauté dont font preuve les Jihadistes envers leurs prisonniers.
    Azaz, à côté de la frontière avec la Turquie, est une autre cible des Jihadistes de l’Etat Islamique qui cherchent à  développer leur "califat" autoproclamé en Syrie et en Irak

    Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

  • 15 Août : Nouvelle des guerres du Moyen Orient

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    Le front syrien : Un éternel recommencement

    Confusion en Syrie
    Les rebelles ont perdu du terrain à Alep cédant sous la pression des Jihadistes de l’Etat Islamique tandis qu’ils poursuivaient leur avance dans la région d’Hama. Par contre, les rebelles subissaient un grave revers à Mleiha, à quelques kilomètres à l’est de Damas, cette localité étant tombée aux mains des soldats d’Assad.

    Hama
    L'avance la plus remarquable des insurgés a eu lieu dans les environs de l'aéroport militaire de Hama où ils ont pris le village d'al-Sheyha et occupé plusieurs positions du régime à Arzeh et Tal al-Sheyha, s’approchant de 2 à 3 kilomètres de la base militaire.
    Les insurgés soumettaient l'aéroport à un intense bombardement. Rappelons que cet aéroport militaire est le principal centre de  production de barils d’explosifs et c’est également là que sont stockés les missiles Grad d’où ils sont dispatchés aux forces d’Assad dans l’ensemble de la Syrie. 
    Cette vidéo montre les rebelles à l’assaut de l’aéroport militaire de Hama :
    https://www.youtube.com/watch?v=XFjvA-YIXps&feature=player_detailpage&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA
    L’armée d’Assad riposte en bombardant les zones tenues par les rebelles à l’aide de barils d’explosifs. Cette vidéo montre le bombardement aérien à l’aide de barils d’explosifs de la route du barrage dans la région de Hama :
    https://www.youtube.com/watch?v=zQkzs59lT6s&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&feature=player_detailpage
    Cette vidéo, prise juste après un violent bombardement du quartier d’al-Latamné dans la ville de Hama, montre la population à la recherche des victimes :
    https://www.youtube.com/watch?v=J9SOADwwrPU&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&feature=player_detailpage

    L’armée d’Assad s’affaiblit
    Un signe que l’armée encore fidèle à Bachar el-Assad s’affaiblit à mesure des combats qu’elle doit livrer un peu partout,  est fourni par le fait que les effectifs qui luttent contre les insurgés sont de plus en plus composés de milices plutôt que de troupes régulières. L'opposition a également affirmé qu'elle avait capturé deux soldats iraniens parmi les défenseurs jeudi 14 août.
     
    Morek sur la route Hama-Alep
    Plus au nord, toujours dans la province de Hama, les insurgés continuent à infliger des pertes aux troupes de Bachar el-Assad qui ont tenté de prendre Morek, une localité stratégique située sur l'autoroute entre Hama et Alep. Jeudi 14 août, ils ont détruit un véhicule blindé BMP et tué la plupart de ses occupants.
     
    Frontière libanaise - Qalamoun
    Dans le sud-ouest, à la frontière libanaise, les insurgés ont pris deux positions du régime dans la région de Qalamoun entre Al-Dmeir et al-Rehaibeh. Les forces syriennes ont subi de lourdes pertes, de même que les combattants du Hezbollah qui tentaient d'entrer dans le Qalamoun à partir du secteur libanais d'al-Nahleh .
    L'opposition a également attaqué les milices et les membres du Hezbollah al-Jrayjir.
    Au début de la semaine, les insurgés ont investi deux points de contrôle et quatre casernes à Ras al-Maraa
    Voir vidéo ci-dessous :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=KrLL3vq4jp0
    Cette vidéo montre les rebelles prenant le contrôle des dépôts d’armes et de munitions d’Abou Sanad et al-Masani dans le Qalamoun :
    https://www.youtube.com/watch?v=XBjgFaWsLes&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&feature=player_detailpage

    Les Jihadistes de l’Etat Islamique poursuivent leur progression dans la province d’Alep
    Les nouvelles continuent d’être très mauvaises pour les rebelles « libéraux » dans la province d’Alep. Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont réussi à occuper huit villes et villages près de la frontière turque dont la localité de Baghaydin. Les Jihadistes poursuivent leur progression vers la ville frontalière d’Azaz et de Marea. Les affrontements ont tué au moins 40 combattants des groupes rebelles, ainsi que 12 Jihadistes de l’EI. Marea est un bastion du Front islamique, une coalition de groupes islamistes soutenus par l’Arabie saoudite et luttant contre les Jihadistes de l’EI. Azaz se trouve à côté d'un passage frontière avec la Turquie, ce qui serait un atout précieux pour les Jihadistes de l’EI qui cherchent à développer son "califat" sur le territoire qu'il occupe en Syrie et en Irak.
    Les Jihadistes récupèrent ainsi le territoire qu'ils avaient perdu en Syrie en janvier 2014, chassés alors par les rebelles du Front Islamique et le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie). La bataille est assez inégale car les Jihadistes de l’Etat Islamique surpassent leurs adversaires grâce au matériel pris à l’armée irakienne lors de son offensive de juin 2014.
    L'opposition soutenue vaguement par l'Occident dans le nord de la Syrie est dans une très fâcheuse position et risque tout simplement l’anéantissement au profit des Jihadistes de l’Etat Islamique. En effet, si les Jihadistes de l’EI réussissent à s’emparer d’Azaz et de Morea, ils couperaient les lignes d’approvisionnement rebelles en Syrie. Il serait alors facile aux Jihadistes d’attaquer les zones tenues par les rebelles « libéraux » dans la ville d’Alep. 
    Les pays occidentaux seraient alors confrontés à un problème au moins aussi grave que celui qu’ils connaissent en Irak avec l’arrivée en Turquie de centaines de milliers de réfugiés.

    Alep
    Dix personnes ont été tuées par des barils d’explosifs lancés d’hélicoptères de l’armée d’Assad. Les attaques visaient le quartier de Bab al-Nairab dans la vieille ville et le quartier Salahin au sud de la ville.

    Damas
    Les chars du régime bombardent le quartier de Qaddoum à Damas :
    https://www.youtube.com/watch?v=WQjKPgy3Mkw&feature=player_detailpage&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA

    Mleiha – Banlieue de Damas
    Les rebelles avaient annoncé qu’ils avaient rompu le siège de la ville de Mleiha. Leur victoire aura été de courte durée. L'armée syrienne a annoncé, jeudi 14 août, avoir pris le contrôle de la ville. Mleiha est une position stratégique car elle est la «passerelle» vers la Ghouta orientale, une zone où sont retranchés les insurgés du Front Islamique depuis près de deux ans. 
    La victoire a été obtenue grâce à des «opérations spéciales décisives au cours desquelles l'armée a éliminé un grand nombre de rebelles retranchés dans la ville.
    Vidéo de la Télévision de l’Etat, Sana :
    https://www.youtube.com/watch?v=wTchalrsMaA&feature=player_embedded
    Cependant, l'insurrection a démenti l’annonce de la prise de la ville par les soldats d’Assad. Elle affirme que ses combattants se sont retirés de certaines positions dans la partie nord de la localité pour gagner des lignes défensives. Elle affirme que la preuve de ses affirmations est fournie par le fait que les forces d’Assad poursuivent leurs bombardements de la ville.
    Cette vidéo montre le bombardement aérien de la localité rebelle de Hammouriya dans la région de Damas (Rif Damas) ;:
    https://www.youtube.com/watch?list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&v=s6QFxlkEZVo&feature=player_detailpage

    Deraa – à la frontière jordanienne
    Les combats et les bombardements sont permanents.
    Cette vidéo montre le bombardement à l’aide de barils d’explosifs du quartier d’Ankhel :
    https://www.youtube.com/watch?v=bUIOab23U5Q&feature=player_detailpage&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA
    Par ailleurs, on a appris qu’au moins 14 personnes ont été tuées vendredi 15 août quand une voiture piégée a explosé devant une mosquée dans la localité de Namar, contrôlée par les rebelles. Namar se trouve dans la province de Daraa du sud de la Syrie.

    Front irakien - Les atrocités se succèdent

    Jalawla
    Après avoir capturé lundi 11 août la ville de Jalawla, une ville située à 130km de Bagdad revendiquée à la fois par le Kurdistan et le gouvernement central de Bagdad, les jihadistes de l’Etat Islamique ont  détruit une "husseiniyah" (mosquée chiite)chiite et exécuter le muezzin devant la mosquée.
    Dans la localité de Sayed Ahmad, au nord de Jalawla, les jihadistes ont également exécuté six policiers.

    Mossoul
    « À Mossoul, 700 femmes yazidies ont été vendues sur la place publique à 150 dollars pièce... »
    Un Irakien réfugié à Paris, Nabil Younan, a témoigné des atrocités commises par les Jihadistes de l’Etat Islamique devant des journalistes français et étrangers, à l’initiative du Chredo (Coordination des chrétiens d'Orient en danger). Patrick Karam, conseiller général et président du Chredo, a réussi à mobiliser  plus de 120 élus de l'Assemblée nationale et du Sénat pour écouter les témoignages de victimes et de survivants des massacres commis tout récemment en Irak par l'État islamique (EI). La réunion a eu lieu le jeudi 14 août dans une salle de la mairie du 16e arrondissement.
    Nabil Younan, a affirmé qu'entre autres barbaries, les terroristes de l'EI ont vendu aux enchères sur une place publique de Mossoul, il y a seulement trois jours, 700 femmes yazidies au prix moyen de 150 dollars par esclave. « Cela s’est passe au vu et au su de la communauté internationale », a-t-il dit, avant de lancer un appel poignant au monde entier pour qu'une intervention immédiate empêche de tels actes de se poursuivre.
    D'autres témoignages ont été entendus, notamment celui du R.P. Amir Geagea, supérieur dominicain à Bagdad, et celui du père dominicain Anis Hanna, joints par téléphone et interrogés en duplex par l'assistance. Ils ont raconté que des barrages avaient été établis par l'EI aux sorties de Mossoul afin de dépouiller les chrétiens.

    Et on reparle du retrait curieux des Peshmergas cessant soudainement de protéger les localités chrétiennes et yazidies
    Un intervenant a également abordé la question de l'abandon par les peshmergas kurdes de leurs positions dans des villages chrétiens de Ninive. « C'était comme s'ils invitaient les tueurs de l'EI à occuper nos villages », a-t-il déclaré. Il s’est alors interrogé sur l'utilité d'un envoi d'armes françaises aux Kurdes. À ce propos, un des intervenants du Chredo a rappelé que cet abandon des peshmergas est intervenu presque au lendemain de l'entretien téléphonique entre les présidents français François Hollande et kurde Massoud Barzani, le premier promettant des armes françaises au second, en même temps qu'une aide humanitaire aux déplacés yazidis.

    Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

     

     

     

  • 14 août – l’Etat Islamique progresse sur tous les fronts

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    Front Irakien

    Les Etats-Unis font-ils marche arrière en Irak ?
    Après avoir donné des signes que les Etats-Unis allaient se porter au secours des Kurdes, des Chrétiens et des Yazidis en Irak, Washington a brusquement fait marche arrière dans la soirée du 13 août, isolant une nouvelle fois François Hollande et sa promesse d’armer les Kurdes.

    La situation des Yazidis n'est pas si tragique dit Wahshington
    Le Pentagone a déclaré qu’il était peu probable qu’une mission soit engagée pour évacuer les Yazidis encerclés sur le Mont Sinjar par l'avancée des Jihadistes de État Islamique après qu’une équipe d'évaluation américaine ait  jugé la situation humanitaire moins mauvaise que redoutée.
    Plus tôt dans la semaine, les États-Unis avaient annoncé avoir envoyé 130 Marines supplémentaires et des forces spéciales à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. Selon certaines informations, les forces spéciales américaines avaient gagné le mont Sinjar, avec quelques membres des SAS britanniques. Ces forces spéciales avaient pour mission de récolter des renseignements en vue d’une évacuation des Yazidis, et également repérer les cibles jihadistes en vue de frappes aériennes. 
    Une vingtaine de Bérets Verts américains et du personnel humanitaire ont gagné le mont Sinjar en pleine nuit pour évaluer la situation des réfugiés qui ont fui la ville de Sinjar et les villages voisins.
    Selon le Pentagone l'équipe envoyée sur place aurait  constaté beaucoup moins de personnes en fuite que prévu.
    En outre, les soldats américains ont déclaré que la situation s'était améliorée grâce au fait que des milliers de Yazidis avaient réussi à quitter la montagne au cours des dernières nuits, grâce aux largages de nourriture et d'eau, à la contre-offensive des Peshmergas kurdes et aussi en raison des frappes aériennes sur les cibles de l’Etat islamique. Un drone des forces américaines a d’ailleurs, détruit, mercredi 13 août, un véhicule armé des jihadistes de l'Etat islamique près de Sinjar. «Sur la base de cette évaluation, une mission d'évacuation est beaucoup moins probable," a précisé le Pentagone

    Un rapport qui tombe à pic
    Le rapport fait par les Forces spéciales américaines tombe bien pour le Pentagone. En effet, l’administration Obama n’avait aucune envie, voire intention, d’envoyer des troupes au sol. Or, une opération d’évacuation d’un grand nombre de réfugiés supposait la sécurisation d’un périmètre et de voies d’évacuation par des soldats sur le terrain. Cette présence comportait le risque d’un affrontement direct avec les Jihadistes qui ont déjà pris leurs dispositions pour s’abriter des attaques aériennes en se positionnant au milieu de civils.
    Tant qu’Erbil ne sera pas menacé, les Etats-Unis n’interviendront pas. Or, on a constaté ces derniers jours que les Jihadistes de l’EI n’avançaient plus vers la capitale du Kurdistan.

    Front syrien

    L’armée d’Assad a pris le contrôle de la ville stratégique de Mleiha
    Les forces gouvernementales ont pris le contrôle total d'une localité clé dans la banlieue de Damas, après des mois de combats. La prise de cette ville stratégique est le premier succès des forces d'Assad après des semaines de revers dans le nord et la région du Qalamoun.
    Les forces armées contrôlent Mleiha mais les combats continuent dans les vergers au nord et au sud de la ville.
    Mleiha, à 10 km au sud-est de Damas, est un bastion rebelle que les forces du régime, appuyées par les combattants du Hezbollah libanais, cherchaient à reprendre depuis avril 2014. Depuis plus d'un an, la ville, vidée de ses habitants, était assiégée et la cible de bombardements. Le chef des forces aériennes syriennes le général Hussein Isaa, avait été tué en mai 2014 dans cette région.
    Mleiha est une localité stratégique car elle représente le point d'accès vers la Ghouta orientale, une région arboricole tenue par les rebelles. "Sa prise de contrôle va hâter l'anéantissement des poches rebelles qui restent dans la Ghouta orientale", a dit une source militaire précisant que la localité était pleine de tunnels. Reprendre Mleiha permet au régime de protéger certaines zones de Damas des roquettes tirées par les rebelles.
    Cette vidéo montre les bombardements de l’aviation d’Assad sur la localité de Mleiha avant sa prise par l'armée d'Assad :
    https://www.youtube.com/watch?v=AzAxp6Y_yPQ&list=UUnigacRk8PMRKK47soehLWA&feature=player_detailpage

    Progression des Jihadistes de l'Etat Islamique à Alep
    Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont fait une progression fulgurante au nord de la province d'Alep, le mercredi 13 juillet, infligeant de lourdes pertes aux insurgés de l’Armée Syrienne Libre et du Front Islamique pro-saoudien.
    Il semble que les rebelles de l’Armée Syrienne Libre et du Front Islamique aient manqué d’armes et de munitions alors que leurs adversaires du Front Islamique disposaient d’une énorme quantité d’équipements grâce à  leurs récents succès dans le nord de l'Irak et la Syrie orientale.
    Le Conseil suprême des forces armées a averti mercredi qu’ "Alep tombera si la communauté internationale n'intervient pas en soutien." Le problème est que personne n’est prêt à intervenir.

    Yabroud, à la frontière syro-libanaise
    Yabroud, qui a été le dernier bastion important des rebelles dans la région de Qalamoun, est située à 70km au nord de Damas et à proximité du Liban. La moitié de la ville est aujourd’hui occupée par l’armée d’Assad et l’autre moitié par les insurgés.
    Les combats se poursuivent avec les guérilleros du Front al-Nosra tandis que l’armée d’Assad, appuyée par le Hezbollah libanais tente toujours d’occuper la totalité de Yabroud, ainsi que la vallée le long de la frontière libano-syrienne.
    Pour prendre la ville de Yabroud, il faut prendre le contrôle de la montagne Mar Maroun.
    Cette vidéo montre le journaliste gagner le sommet  de cette montagne, objet de combats acharnés. Si les rebelles réussissent à conquérir cette hauteur, ils pourront  contrôler toute la ville de Yabroud et la vallée. Ils auront alors la possibilité de surveiller l'autoroute reliant Damas au nord du pays.
    Les soldats d’Assad  tirent périodiquement par delà les montagnes vers les pentes où sont cachées les positions adverses..
    La vidéo est signée   Andrey Filatov, Viktor Kouznetsov, Alexey Pronin, Marat Musin.
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=TUyVhu0RPfA
      

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

  • Gaza - 14 août 2014 - Israël et le Hamas prolongent le cessez-le feu de cinq

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    L’explosion accidentelle d’un obus israélien fait des victimes à Gaza
    Six personnes ont été tuées dans la matinée du mercredi 13 août par l'explosion accidentelle d'un missile israélien au cours de son désamorçage. Parmi ces morts figure Simone Camilli, 35 ans, vidéaste d'Associated Press depuis 2005. Son traducteur palestinien, Ali Abou Afash, 36 ans, a également péri. Outre son travail d'interprète pour la presse étrangère, Ali Abou Afash, père de deux jeunes enfants, collaborait aussi à temps partiel avec le bureau de l'AFP à Gaza comme assistant administratif. Cinq personnes ont également été grièvement blessées, dont le photographe palestinien Hatem Moussa, également employé par l'agence de presse

    Israël et le Hamas ont convenu de prolonger le cessez-le feu de cinq jours
    Israël et le Hamas ont convenu de prolonger le cessez-le feu de cinq jours malgré le tir de plusieurs missiles juste avant la fin de la précédente trêve.
    L’annonce d’un accord est survenu trois quarts d'heure avant l'expiration de la trêve des armes entrée en vigueur lundi 11 août.
    Le chef de la délégation palestinienne aux pourparlers du Caire, Azzam Al-Ahmad, a déclaré dans la nuit du jeudi 14 août que les parties étaient parvenues à un accord pour étendre de cinq jours la trêve entre Gaza et Israël. 
    Selon al-Ahmad, les discussions auraient fait des progrès significatifs. Ce point de vue n’est pas partagé par les représentants du Hamas pour qui il n’y a pas eu de progrès dans les négociations en raison du refus d'Israël de faire des concessions sur des revendications considérées comme essentielles par le Hamas, comme la fin du blocus.
    Il reste qu’on ait un peu progressé en direction d’un apaisement du conflit. Les deux parties, Israël et le Hamas semblaient se diriger vers un compromis qui tendrait à confier à l'Autorité palestinienne (AP), tout juste réconciliée avec le Hamas, la responsabilité des futures négociations et des frontières de Gaza.

    Plus de temps pour négocier
    Pour les représentants de l’Egypte, agissant en tant que médiateur dans les pourparlers, l’extension de la trêve est une bonne chose et devrait donner le temps nécessaire aux parties pour négocier sur les points controversés.
    La station de radio «Bet Reshet» rapporte que les négociations pourraient reprendre en début de semaine prochaine après consultation.

    Les renseignements égyptiens ont proposé un cessez-le-feu permanent et un report d’un mois des discussions sur des points litigieux
    Les renseignements égyptiens, qui conduisent la médiation, ont proposé un cessez-le-feu permanent et un report d'un mois des discussions sur une exigence-clé des Palestiniens : l'ouverture d'un port et d'un aéroport pour alléger le blocus. Le même report est proposé sur un autre point, la restitution par le Hamas des corps de deux soldats israéliens tués contre la libération de prisonniers palestiniens. Également, l'Égypte propose un accord de cessez-le-feu permanent prévoyant que la zone-tampon le long de la frontière de la bande de Gaza avec Israël soit graduellement rétrécie et placée sous la surveillance des forces de l'ordre de l'Autorité palestinienne. Quant à la levée du blocus, le document égyptien reste vague, se contentant de dire que des points de passage fermés seraient ouverts en vertu d'accords entre Israël et l'Autorité palestinienne.

    Israël pourrait accepter quelques unes des revendications
    Israël consentirait à alléger les restrictions à deux points de passage de la frontière entre Gaza et le territoire israélien, l'un pour les personnes, l'autre pour les biens. Ce dernier serait sous supervision internationale. Israël pourrait aussi autoriser l'entrée d'argent sous de strictes conditions pour payer les dizaines de milliers de fonctionnaires qui attendent leur salaire depuis des mois et enfin d'étendre les zones de pêche.
     
    Les belligérants toujours sur le pied de guerre
    Pendant ce temps, l'armée israélienne se prépare à la reprise des hostilités dans la bande de Gaza au cas où les pourparlers du Caire ne réussiraient pas. Le chef d'état-major de l'armée israélienne Benny Gantz avait prévenu peu avant l’extension de la trêve que « l'opération n'était peut-être pas terminée », tandis que l'armée annonçait « prendre les mesures nécessaires en cas d'agressions du Hamas ». De son côté, le Hamas rappelait que sa branche armée continuait à fabriquer des roquettes.

    Les Palestiniens ont tiré plusieurs roquettes juste avant la fin de la trêve
    Au moins cinq roquettes ont été tirées sur Israël juste avant la fin de la précédent trêve de 72 heures qui se terminait à 21h01. Trois autres missiles ont été tirés en direction de l’ouest du Néguev juste après l’annonce de l’extension de la trêve. L'un des missiles a été frappé par le système de défense antimissile "Iron Dome". Les autres ont explosé en rase campagne sans faire ni victimes ni dégâts. Aucun groupe de la résistance palestinienne n’a revendiqué la responsabilité de ces attaques.
     
    Les Forces de défense israéliennes ripostent
    Dans la nuit du 13 au 14 Août, les Forces de défense israéliennes ont exécuté une série de frappes de représailles sur la bande de Gaza. Selon des sources palestiniennes, les cibles attaquées se situaient dans le centre de Gaza, ainsi que dans le quartier Zeitoun. Il n’y a pas eu d’informations sur d’éventuelles victimes ou des dégâts. Selon le service de presse de l’armée israélienne, les raids étaient une réponse aux tirs des trois missiles effectués après l’annonce de la trêve, en violation flagrante de l'accord entre Israël et les Palestiniens.

    Le Hamas accuse également Israël de violer la trêve
    Commentant les représailles de Tsahal contre la bande de Gaza, Izzat al-Rishq,  un membre du bureau politique du Hamas qui fait partie de la délégation palestinienne aux pourparlers du Caire, a dénoncé cette «violation flagrante de la trêve ». Il a refusé, cependant, d'admettre que l'action de Tsahal avait été précédée par des tirs de roquettes dans le Néguev occidental depuis la bande de Gaza.

    Une mutation qui ressemble à un limogeage
    Le ministre de la défense israélienne, Moshé Yaalon, vient de muter le général de brigade Hagi Topolanski et de le remplacer par Amikam Norkin. Topolanski se trouvait la tête de l'Armée de l'Air israélienne depuis deux ans quand l'ordre de mutation est tombé! le général dirigera désormais la section d'embauche de l'armée israélienne, fonction souvent dévolue à une femme. La mutation de Topolanski pourrait avoirpour origine les craintes du pouvoir politique israélien d'être condamné par la justice internationale pour la mort de nombreux civils gazaouis pendant l'opération "Bordure protectrice".

    Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

  • Rififi politique à Bagdad - pendant ce temps le pays brûle !

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    Le président Massoum a désigné un nouveau Premier ministre en remplacement de Nouri al-Maliki

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