Iran : Le groupe de hackers Anonymous a piraté le ministère du travail

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Au moins 36 personnes ont été tuées dans la répression des manifestations qui ont éclaté il y a une semaine en Iran après la mort d'une jeune femme arrêtée par la police des mœurs, a indiqué une ONG basée à New York.

Anonymous
Le groupe de hackers Anonymous a piraté le site Web officiel du ministère iranien de la Coopération, du Travail et des Affaires sociales ( mcls.gov.ir
 ) en violant 75 Mo de données, dans le cadre de son opération en cours "OpIran" en soutien aux manifestants iraniens.

L'armée iranienne menace les "ennemis" dans un contexte d'escalade des protestations

Mehsa Mogoi.jpegMinu Majidi.jpegPar ailleurs, on a l'identité de plusieurs victimes de la répression des forces de sécurité. L'une d'elles est Mehsa Mogoi (photo ci-contre). Cette jeune manifestante a été tuée la nuit dernière à Ispahan par les nervis du régime.

Une autre est Minu Majidi (photo de droite), une mère de 2 enfants. Elle a été tuée par les forces de sécurité iraniennes alors qu'elle protestait contre le meurtre de Mahsa Amini Majidi a été tuée dans la ville de Kermanshah. 

Hananeh Kian .jpegUne jeune femme de 23 ans Hananeh Kian a été tuée jeudi 22 septembre à Noshahr par les forces de sécurité. Elle revenait de chez le dentiste lorsqu'elle a reçu une balle sur le côté, selon ses proches.

Nombreuses arrestations
Les forces de sécurité iraniennes ont arrêté l'un des principaux militants de la société civile du pays et une journaliste qui a joué un rôle clé dans la révélation de la mort d'une jeune femme en détention, selon leur entourage.

Niloufar Hamedi (journaliste).jpegMajid Tavakoli, un militant arrêté à plusieurs reprises ces dernières années, notamment après l'élection présidentielle contestée de 2009, a été arrêté dans la nuit de jeudi à vendredi, a indiqué sur Twitter son frère Mohsen.

Un autre militant basé en Iran, Hossein Ronaghi, a réussi pour sa part à échapper aux policiers venus l'arrêter chez lui pendant qu'il donnait une interview à la chaîne Iran International, basée à Londres, selon cette dernière. Par ailleurs, Nilufar Hamedi (photo ci-contre), une journaliste de Téhéran qui s'était rendue dans l'hôpital où Mahsa Amini se trouvait dans le coma et a contribué à alerter l'opinion mondiale sur son sort a été arrêtée, a annoncé sur Telegram le quotidien Shargh, pour lequel elle travaille.

La photojournaliste Yalda Moaiery a quant à elle été arrêtée cette semaine pendant qu'elle couvrait les manifestations à Téhéran, a affirmé jeudi le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), appelant à la libération de tous les journalistes arrêtés pour leur couverture de cette affaire.

Kamiar Sharifi.jpegOn a également appris que Kamiar Sharifi, étudiant à l'Université de Téhéran et membre des associations d'étudiants en sciences sociales, a été arrêté à son domicile par les forces de sécurité à quatre heures du matin aujourd'hui. Les appareils électroniques de cet étudiant ont été confisqués. Il n'y a aucune information sur la situation actuelle et l'institution qui détient cet étudiant.

L'armée iranienne menace les "ennemis" dans un contexte d'escalade des protestations
L'armée iranienne  a déclaré qu'elle "affronterait les ennemis" pour assurer la sécurité et la paix dans le pays dans le contexte de protestations croissantes.

Dans le communiqué, l'armée a déclaré que ces actes désespérés font partie de la stratégie malveillante de l'ennemi visant à affaiblir le régime islamique.

Par ailleurs, vendredi 23 septembre, des manifestations en faveur du port du voile doivent avoir lieu en Iran. Le plus grand rassemblement est organisé par une organisation gouvernementale devant l'Université de Téhéran après la prière du vendredi, selon l'agence de presse officielle IRNA.

Le Conseil islamique pour la coordination du développement, chargé d'organiser les manifestations officielles, a qualifié les manifestants de "mercenaires qui ont insulté le Saint Coran et le Prophète, incendié des mosquées et le drapeau sacré de la République islamique, profané le foulard des femmes et des lieux publics et porté atteinte à la sécurité publique », selon ce qui a été cité par IRNA.

Les gardiens de la révolution iraniens ont, à leur tour, mis en cause les manifestants et dénoncé une "opération psychologique excessive et une guerre médiatique" qui a commencé "sous prétexte de la mort d'une citoyenne.

Jeudi, le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, a appelé le procureur général et le pouvoir judiciaire à prendre des mesures "pour préserver la sécurité et la sûreté des citoyens dans tout le pays et pour affronter les éléments de sabotage et les émeutiers professionnels".

Il a déclaré: "Les personnes qui ont causé des dommages à la propriété publique, violé les ordres de la police et sont liées à des agences d'espionnage étrangères doivent être traitées conformément à la loi, sans aucune pitié."

En France 
Pendant ce temps, en France, une note du CIPDR (Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation) nous informe qu'une mobilisation sur les réseaux sociaux de collégiennes et lycéennes voilées est en cours pour imposer le hijab et le jilbab à l'école publique. 
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