France : Un membre présumé du commando qui a assassiné Khashoggi arrêté à l'aéroport de Roissy

Imprimer

Un membre présumé du commando impliqué dans l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en 2018 à Istanbul a été interpellé mardi matin 7 décembre 2021 à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle et placé en rétention judiciaire. L'arrestation intervient trois jours après la visite du président français en Arabie saoudite.

Khalid Alotaibi, 33 ans, a été interpellé par la police des frontières alors qu'il s'apprêtait à prendre un vol pour Ryad, a indiqué une source proche du dossier. Il a été placé en rétention judiciaire dans le cadre d'un mandat d'arrêt international émis par la Turquie, a précisé une source judiciaire. Une fois son identité confirmée, il devrait être présenté mercredi au parquet général de la cour d'appel de Paris qui devrait lui notifier le mandat d'arrêt.

Khalid Alotaibi est soupçonné d'avoir fait partie d'un commando d'une dizaine de Saoudiens envoyés au consulat d'Istanbul le 2 octobre 2018 pour "exécuter" Khashoggi et "dissimuler les preuves" du meurtre, selon des documents des gouvernements britanniques et américains. Alotaibi peut refuser son extradition en Turquie. Dans ce cas, la justice française pourra demander à ce qu'il reste en France, libre, sous contrôle judiciaire ou sous écrou extraditionnel, le temps que la Turquie fasse une demande d'extradition. Dans les semaines suivantes, la cour d'appel devrait alors statuer sur la demande d'extradition.

Le Saoudien arrêté en France "n'a aucun lien " avec l'affaire, affirme l'ambassade d'Arabie à Paris
L'ambassade d'Arabie saoudite à Paris a déclaré mardi soir que le Saoudien arrêté plus tôt dans la journée en France n'avait "aucun lien" avec l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en 2018 à Istanbul et a demandé sa "libération immédiate".

"Le citoyen en question n'a aucun lien avec l'affaire", a tweeté l'ambassade, ajoutant que les "coupables du meurtre" ont déjà été jugés en Arabie saoudite et y "purgent" leur peine.

Corps non retrouvé
L'interpellation du membre présumé du commando responsable de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi intervient trois jours après la rencontre du président français avec le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane à Djeddah. Les retrouvailles avec l'homme fort de Ryad, "MBS", étaient très attendues, trois ans après le choc provoqué par l'assassinat de Jamal Khashoggi à Istanbul. "Nous avons parlé de tout sans aucun tabou. Et nous avons pu évoquer évidemment la question des droits de l'Homme (...) et cela a été un échange direct", avait déclaré le président français. "Les prochaines semaines et les prochains mois nous permettront de voir si nous avançons sur ce sujet."

Le président français avait justifié sa rencontre avec le prince héritier, l'une des premières pour un dirigeant occidental depuis cette affaire, parce que "le dialogue avec l'Arabie saoudite est une nécessité" en raison de son "poids démographique, économique, historique et religieux".

Jamal Khashoggi, ancien proche du pouvoir saoudien dont il était devenu un féroce détracteur, a été assassiné dans les locaux du consulat de son pays à Istanbul, en octobre 2018, par un commando d'agents venus d'Arabie saoudite. Son corps, démembré, n'a jamais été retrouvé.

Un rapport des services de renseignement américains accuse le prince héritier d'avoir "validé" l'assassinat. Après avoir nié le meurtre, Riyad avait fini par dire qu'il avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls. À l'issue d'un procès opaque en Arabie saoudite, cinq Saoudiens ont été condamnés à mort et trois à des peines de prison -- les peines capitales ont depuis été commuées.

Les commentaires sont fermés.