Gaza : Une vingtaine de blessés lors de heurts avec l'armée israélienne

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Une vingtaine de Palestiniens ont été blessés, mercredi 25 août 2021, dans des affrontements avec l'armée israélienne en marge d'une manifestation rassemblant environ 3000 personnes près de la barrière frontalière séparant la bande de Gaza et l'Etat hébreu, selon des secouristes. Parmi les blessés, se trouvent un enfant blessé par le tir d'une grenade lacrymogène à la tête et une personne âgée.

Plus tôt dans la journée, un Palestinien a succombé à des blessures provoquées cinq jours auparavant lors de heurts similaires le long de la barrière, lourdement gardée par l'armée israélienne. 

"Environ 20 Palestiniens ont été blessés, dont certains à balles réelles tirées" par l'armée israélienne, ont indiqué des secouristes palestiniens. "Ils ont été transportés vers un hôpital de campagne à l'ouest de Khan Younès", dans le sud de la bande de Gaza.

A l'appel de plusieurs factions de l'enclave palestinienne, dont le Hamas islamiste au pouvoir, quelque 3.000 manifestants s'étaient de nouveau rassemblés mercredi après-midi pour protester notamment contre le blocus imposé par Israël à Gaza depuis près de 15 ans. Selon des sources palestiniennes, des dizaines de militants d'une unité spéciale créée pour endommager la barrière, ont tenté de la franchir.

L'armée a répliqué en tirant des balles en caoutchouc, des balles réelles et des grenades de gaz lacrymogène, selon une équipe de l'AFP sur place. Les dirigeants du blog Gaza Report ont rapporté que Tsahal avait employé de nouvelles tactiques pour empêcher quiconque de s'approcher de la barrière. 

E9oGi4WWEAQcwu5.pngSamedi, une quarantaine de personnes avaient été blessées par des tirs israéliens, selon les autorités de Gaza, dont Ossama Khaled Daiah, 32 ans, qui est décédé mercredi. Une foule s'est rassemblée dans l'après-midi dans le camp de réfugiés de Jabalia (nord) dont il était originaire pour assister aux funérailles. Les forces de sécurité affirment qu'Ossama Khaled Daiah avait été observé peu de temps avant d'être neutralisé par un tir, tenant une grenade à la main. (Photo ci-contre). Il était membre des brigades Ezzedine al-Qassam, la branche militaire du Hamas, .

Un membre des forces de sécurité israéliennes, touché samedi par des tirs provenant de Gaza lors des heurts, est lui toujours dans un état critique.

"Nous ne permettrons pas à ces émeutes violentes de recommencer", avait affirmé mercredi Amnon Shefler, le porte-parole de l'armée, qui avait envoyé des renforts le long de la barrière en prévision du nouveau rassemblement.

Mercredi 25 août, le ministre de la Défense Benny Gantz a visité le district militaire sud et a tenu une réunion pour évaluer la situation actuelle à la frontière avec la bande de Gaza. "Israël n'a aucun intérêt à Gaza, sauf que nous sommes intéressés par la paix et le retour des Israéliens détenus là-bas. Le principal obstacle à cela est le Hamas. Nous répondrons à toute tentative d'attaquer nos citoyens, nos soldats ou de créer des menaces à notre souveraineté , a-t-il déclaré à l'issue de la rencontre.

Le chef d'état-major Aviv Kochavi, commentant la situation à Gaza, a déclaré que Tsahal envisageait la possibilité d'une autre opération militaire, peut-être dans un avenir très proche.

De son côté, le secrétaire général du mouvement Ahrar, Khaled Abu Hilal, a publié une déclaration  : « Le message de Gaza à l'ennemi est de lever le siège ou d'exploser, et notre peuple ne peut pas être soumis au chantage et accepter les restrictions et le renforcement du siège, et nous continuerons notre lutte jusqu'à ce que le siège soit rompu."

Pendant plus d'un an, à partir de mars 2018, des rassemblements hebdomadaires avaient eu lieu près de la barrière frontalière pour réclamer la fin du blocus et "le droit au retour" des Palestiniens poussés à l'exil lors de la création d'Israël en 1948. Environ 350 Palestiniens avaient à l'époque été tués par des tirs de soldats israéliens.

Après les affrontements du samedi 21 août, l'Etat hébreu a mené des raids aériens contre "quatre sites de fabrication d'armes et de stockage" du Hamas. D'autres frappes, qui n'ont pas fait de victime, ont eu lieu dans la nuit de lundi à mardi, en représailles à des lancers de ballons incendiaires ayant causé des feux de brousse côté israélien.

Critiques au sein du Hamas
Muhammad Ghazi Hamad, le fils d'un éminent dirigeant du Hamas, a critiqué l'appel à se rassembler près de la barrière frontalière  et a déclaré dans un tweet que certains partisans de la ligne dure répétaient inlassablement les expériences ratées, faisant référence à la chute de dizaines de martyrs et des milliers de blessés dans les manifestations qui ont éclaté chaque semaine depuis deux ans. Des centaines de personnes se sont retrouvées handicapées, en particulier celles qui ont été amputées, tandis que le Hamas n'a rien obtenu de ces actions.

 

 

 

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