Liban : Nagib Mikati, chargé une nouvelle fois de tenter de former un gouvernement

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Le nouveau Premier ministre désigné, Nagib Mikati, chargé lundi de former le prochain gouvernement après avoir obtenu les voix de 72 députés sur 118 lors des consultations parlementaires contraignantes, a entamé mardi ses concertations avec les différents groupes parlementaires, en vue de mettre sur pied son équipe. Ces entretiens ont débuté place de l’Étoile par une réunion avec le président de la Chambre, Nabih Berry. Il devait ensuite s'entretenir avec les anciens Premiers ministres Saad Hariri et Tammam Salam et le vice-président du Parlement, Élie Ferzli, avant de se réunir avec les blocs parlementaires et les députés indépendants.

Lors d'une brève allocution depuis le palais de Baabda lundi, Nagib Mikati, s’est engagé à former un  cabinet « en coopération avec le chef de l’État, Michel Aoun ». Un cabinet « qui mettra en œuvre l'initiative française » présentée le 1er septembre 2020 à Beyrouth par le président français Emmanuel Macron. M. Mikati, milliardaire, vétéran de la politique, et, en quelque sorte, roue de secours récurrente, a également expliqué que s’il n’avait pas eu des « garanties extérieures », il n'aurait « pas accepté cette mission ».

Un soutien qu’il pourrait mettre à profit dans ses négociations avec le chef de l’État pour former un gouvernement attendu depuis près d’un an maintenant. L’information a été confirmée lundi soir dans les milieux du Hezbollah. Une source proche du parti chiite précisait que l’accord sur la candidature de M. Mikati « est le choix imposé par l’urgence de la situation pour éviter l’effondrement ». Pour cette source, cette désignation « est le fruit de la convergence entre plusieurs États concernés par la situation libanaise ».

La France, pour sa part, a indiqué, par la voix de la porte-parole de la diplomatie française, avoir « pris note » de la désignation de M. Mikati. « L'urgence est désormais de former un gouvernement compétent et capable de mettre en œuvre les réformes indispensables au relèvement du pays, que tous les Libanais attendent », a ajouté Agnès von der Mühll. « La France appelle l'ensemble des dirigeants libanais à agir en ce sens le plus rapidement possible. Leur responsabilité est engagée », a-t-elle encore souligné.

Il reste que les obstacles qui avaient empêché le chef du courant du Futur, Saad Hariri, de former un cabinet, restent plus ou moins identiques. Fort de l’appui de sa communauté sunnite et du club des anciens chefs de gouvernement dont il fait partie, M. Mikati ne saura dépasser certaines lignes rouges. S’il a déjà marqué sa différence avec M. Hariri en acceptant de rencontrer le chef du CPL, Gebran Bassil, qu’il a reçu à dîner samedi, le plus dur reste à faire pour le nouveau Premier ministre désigné.

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