Ethiopie : Les rebelles tigréens font défiler 7000 prisonniers de guerre à Mekele, capitale du Tigray

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Le Front populaire de libération du Tigray (TPLF) a exhibé, lors d'un défilé organisé à Mekele, la capitale du Tigray, plus de 7 000 soldats éthiopiens faits prisonniers lors les combats.

Des soldats érythréens et somaliens qui ont combattu aux côtés de l'armée nationale éthiopienne, pourraient avoir été inclus parmi les prisonniers éthiopiens.

Le TPLF est entré dans la ville la semaine passée après le retrait des responsables locaux et des troupes du gouvernement fédéral. Le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed a depuis déclaré un cessez-le-feu unilatéral.

Des célébrations ont éclaté dans les rues de Mekele cette semaine lorsque les combattants rebelles ont repris le contrôle de la ville, après huit mois d'une guerre brutale. Les habitants en liesse, brandissant le drapeau tigréen rouge et jaune, ont accueilli le retour du TPLF.

On rapporte que le gouvernement et les rebelles du TPLF seraient parvenus à un accord de cessez-le-feu.

Les soldats capturés seront renvoyés chez eux grâce à la médiation de la Croix-Rouge, tandis que les officiers resteront aux mains des rebelles.

Le Tigray a été le théâtre de combats féroces après que le Premier ministre Abiy Ahmed ait envoyé l'armée début novembre 2020 pour renverser les autorités régionales dissidentes du Front populaire de libération du Tigré (TPLF).

Abiy les accusait d'avoir mené des attaques contre des bases militaires éthiopiennes.

Après des premiers succès et une déclaration de victoire prématurée, les forces gouvernementales se sont enlisées pendant plusieurs mois dans les combats contre les Forces de défense du Tigray (TDF). L'armée éthiopienne était appuyée par des troupes de la province voisine d'Amhara et l'armée de l'Erythrée qui borde le Tigray.

Les Nations Unies et de nombreux gouvernements ont appelé au respect d'un cessez-le-feu, notamment pour permettre à l'aide humanitaire d'atteindre les populations civiles.

Le 4 juillet 2021, le TPLF a déclaré qu'il accepterait un cessez-le-feu, en principe , à la condition qu'il y ait des garanties qu'il n'y aurait plus d'offensive militaire. Une série d'autres conditions devront être remplies avant que tout accord soit officialisé.

« Les forces d'invasion d'Amhara et d'Érythrée doivent se retirer du Tigray et retourner dans leurs territoires d'avant-guerre », a déclaré le TPLF.

"Tant que nous avons la garantie infaillible que la sécurité de notre peuple ne sera pas compromise par une deuxième série d'invasions, nous accepterons un cessez-le-feu de principe", a déclaré un communiqué signé par le "gouvernement du Tigray".

"Cependant, avant qu'un accord de cessez-le-feu ne soit formalisé, les questions épineuses suivantes doivent être résolues", poursuit le texte, avant d'en énumérer les conditions.

Les autorités rebelles demandent l'engagement de « procédures pour demander des comptes au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et au président Issaias Aferworki pour les dommages qu'ils ont causés », ainsi que la création par l'ONU d'un organe d'enquête indépendant sur les « crimes horribles ». menées pendant le conflit.

Les autres conditions sont d'ordre humanitaire, notamment la distribution de l'aide et le retour en toute sécurité au Tigray des personnes déplacées.

Le gouvernement d'Addis-Abeba a toujours refusé d'ouvrir tout dialogue avec les dirigeants du TPLF, qualifiant le groupe par décret parlementaire d'organisation terroriste.

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