Irak : Un Peshmerga (combattant kurde) tué dans une zone tenue par le PKK

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Un nouveau membre des Peshmergas, les combattants du Kurdistan irakien, a été tué mardi 8 juin 2021 dans le nord frontalier de la Turquie, a indiqué un responsable local, accusant le Parti des travailleurs kurdes (PKK), fortement implanté dans cette zone, de cette mort.

Samedi 5 juin déjà, cinq Peshmergas avaient été tués dans une embuscade du PKK qui voulait "refuser l'entrée des Peshmergas dans les zones sous (son) contrôle". Mardi de nouveau, "un Peshmerga a été tué par des tirs du PKK alors que les Peshmergas et les garde-frontières irakiens patrouillaient dans la zone de Darkar", frontalière de la Turquie, a rapporté à l'AFP le maire de la commune, Adib Jaafar. Ali Tatar, le gouverneur de la province kurde de Dohouk, où ont eu lieu ces deux attaques, a qualifié ces actes de "terroristes".

Ces violences entre rebelles kurdes de Turquie et forces du Kurdistan irakien, grand allié d'Ankara, interviennent alors que la Turquie mène depuis le 23 avril une nouvelle campagne militaire, aérienne et parfois terrestre, contre le PKK qu'elle considère comme "terroriste". Samedi, des drones turcs ont bombardé un camp de réfugiés kurdes de Turquie, tuant deux civils et un commandant du PKK.

Le PKK, qui refuse de reconnaître le gouvernement kurde irakien et milite pour un Kurdistan unifié à cheval sur la Syrie, la Turquie, l'Irak et l'Iran, est autant l'ennemi d'Ankara que d'Erbil, capitale du Kurdistan irakien.

La Turquie, qui a de facto installé une dizaine de bases militaires depuis 25 ans au Kurdistan irakien, bombarde régulièrement dans les montagnes du nord de l'Irak des bases arrières du PKK, qui livre depuis 1984 une sanglante guérilla sur le sol turc ayant fait plus de 40.000 morts.

Le député Mohammed Reda Al Haydar, patron de la commission parlementaire de la Défense au Parlement irakien, a dénoncé la campagne militaire turque comme une "violation de la souveraineté irakienne", mettant en avant "le droit de riposte de l'Irak". "Ces problèmes entre la Turquie et le PKK doivent être réglés sur le sol turc et non le nôtre", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse avec M. Tatar.

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