France : Attaque de Rambouillet: L'assaillant était radicalisé avec des "troubles de personnalité"

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Gorchène Djamel.jpegL'attaque mortelle vendredi 23 avril 2021 d'une policière dans le commissariat de police de Rambouillet, près de Paris, a été commise par Jamel Gorchene (photo ci-contre), un Tunisien de 36 ans dont la radicalisation "paraît peu contestable" et qui présentait "certains troubles de personnalité", a indiqué dimanche le procureur antiterroriste.

Plusieurs éléments accréditent la piste du passage à l'acte de cet homme radicalisé en quelques mois, a annoncé devant la presse le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard. Une "rapide exploitation" du téléphone de l'agresseur, Jamel Gorchene, a révélé "qu'il avait, immédiatement avant de passer à l'acte, consulté des vidéos de chants religieux glorifiant le martyr et le jihad", a-t-il précisé.

Le procureur a aussi évoqué ses publications sur Facebook qui ont révélé, à compter de l'automne dernier, "une adhésion à une idéologie légitimant la violence contre ceux ayant offensé le prophète". Ainsi, "le 24 octobre 2020, quelques jours après l'assassinat de Samuel Paty (un enseignant égorgé par un islamiste tchétchène), l'auteur s'associait à une campagne de soutien au prophète face aux offenses qui lui seraient faites", a souligné M. Ricard. "Si la radicalisation de l'agresseur paraît peu contestable, la présence de certains troubles de personnalité a pu aussi être observée", a relevé M. Ricard.

En garde à vue, le père de Jamel Gorchene a évoqué la "pratique rigoureuse de l'islam" de son fils et "des troubles du comportement" observés chez lui "en début d'année". Il avait bénéficié de deux consultations psychiatriques à l'hôpital de Rambouillet en février. Cependant, "son état n'a nécessité ni hospitalisation ni traitement", a relevé M. Ricard.

Stéphanie Monfermé.jpegActe barbare
A 14H25, vendredi, Jamel Gorchene, "écouteurs sur les oreilles", a poignardé à l'abdomen et à la gorge Stéphanie Monfermé (photo ci-contre)  - agente administrative de 49 ans sans arme ni uniforme - dans le sas du commissariat. Selon des témoins, l'assaillant a crié "Allah Akbar". En riposte, un brigadier de police a fait feu à deux reprises sur l'agresseur qui refusait "de lâcher le couteau" avec "une lame de 22 cm". Tombé au sol, il a lancé "son couteau en direction des policiers", selon le procureur.

Cinquième garde à vue
Une cinquième personne, un cousin de Jamel Gorchene, a été placé en garde à vue dimanche. Son père - qui habitait avec lui - un couple qui le domiciliait administrativement et un autre cousin étaient déjà en garde à vue depuis vendredi et samedi. L'assaillant, chauffeur-livreur, était inconnu des services de renseignement et de la justice. Mais son mode opératoire correspond aux appels récurrents du groupe Etat islamique à s'attaquer aux forces de l'ordre. Il "n'avait pas été porteur de menaces, on n'avait pas détecté de signes de radicalisation", a déclaré samedi le coordonnateur national du renseignement Laurent Nuñez, ajoutant: "cela devient très compliqué (...) de détecter ce genre de profil" commun aux "huit attaques" commises en France depuis la tuerie de la préfecture de police de Paris en octobre 2019.

Radicalisé et Dépressif
Originaire de Msaken, sur la côte est de la Tunisie, Jamel Gorchene était arrivé clandestinement en France en 2009 et avait été régularisé dix ans plus tard. Il avait obtenu en décembre un titre de séjour valable un an. 

L'attaque de Rambouillet est "la 17e action terroriste islamiste commise en France depuis 2014 contre les forces de l'ordre", a rappelé M. Ricard. Neuf fonctionnaires de police ou militaires sont morts et près d'une vingtaine ont été blessés dans ces agressions, souvent commises avec un simple couteau.

Le Premier ministre Jean Castex avait réuni samedi les ministres de l'Intérieur, de la Justice et des Armées et services concernés. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin doit présenter mercredi un projet de loi, en préparation depuis plusieurs semaines, pour renforcer la lutte contre le terrorisme. Un hommage sera rendu à Stéphanie Monfermé lundi en fin d'après-midi devant l'hôtel de ville de Rambouillet. A la même heure, deux syndicats de police ont appelé les forces de l'ordre à "se rassembler symboliquement devant leur bâtiment".

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