Irak : Village en deuil après une attaque de l'Etat islamique qui a coûté la vie à huit villageois

Imprimer

Des centaines de personnes ont enterré samedi 13 mars huit Irakiens tués par des membres de l'Etat islamique qui les accusaient de renseigner le Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires majoritairement chiites désormais intégrée à l'Etat, au nord de Bagdad, a constaté un correspondant de l'AFP.

Six membres d'une même famille, parmi lesquels deux femmes, ainsi qu'un avocat et un policier du voisinage, ont été tués vendredi dans une attaque revendiquée 24 heures plus tard par l'agence de propagande de l'organisation de l'Etat islamique (Daech). Des témoins ont expliqué à l'AFP que des hommes vêtus d'habits militaires s'étaient présentés dans les trois maisons visées avant d'abattre les huit victimes.

"Les victimes étaient des gens simples et sans histoire", a assuré à l'AFP le cheikh Ayed al-Abassi, chef de la tribu locale, dénonçant une "attaque dont les motifs restent incompréhensibles".

Le commandement militaire irakien a expliqué avoir déterminé que les assaillants avaient agi sous les ordres d'un habitant du village d'Al-Bou Dor, chassé par ses voisins qui l'accusaient d'appartenir à l'Etat islamique. "Il est revenu se venger", affirme le communiqué du commandement militaire.

Dans un communiqué publié en ligne, l'Etat islamique a de son côté accusé les victimes d'être "des espions du Hachd al-Chaabi". 

Le Hachd, composé principalement de paramilitaires chiites pro-Iraniens, a été intégré aux troupes irakiennes à l'issue de la guerre pour bouter les jihadistes (sunnites) hors d'Irak. L'Etat islamique a ravagé les provinces sunnites du pays de 2014 à 2017, parmi lesquelles Salaheddine où se trouve Al-Bou Dor.

Les attaques jihadistes dans les villes ont considérablement diminué depuis la victoire des forces gouvernementales en 2017, mais des cellules de jihadistes sont toujours actives dans les zones montagneuses et désertiques. Régulièrement, des jihadistes parviennent à tuer, principalement des militaires mais aussi des civils, lors d'attaques perpétrées généralement de nuit et dans des zones reculées.

Les commentaires sont fermés.