Centrafrique : la Minusca reprend le contrôle de Bangassou

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La mission des Nations Unies en République centrafricaine (Minusca) a annoncé avoir repris le contrôle de l'ensemble de la ville de Bangassou (sud-est) dans un communiqué rendu public samedi soir 16 janvier 2021. La ville avait été attaquée par des rebelles, le 3 janvier.
 
« La ville de Bangassou est sous contrôle total de la Minusca, suite à l’ultimatum lancé vendredi par la Force de la Mission aux groupes armés. Les rebelles ont abandonné les positions qu’ils occupaient et fui la ville dans la nuit de vendredi à samedi », a déclaré le 16 janvier, le porte-parole de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), Vladimir Monteiro.
 
Il a précisé que c’est au milieu de la semaine que des Casques bleus supplémentaires en provenance de Bria sont arrivés à Bangassou pour renforcer le dispositif en place et lancer une opération destinée à restaurer l’ordre et l’autorité effective de l’Etat dans la ville, et protéger la population civile.
 
« Les Casques bleus ont intensifié les patrouilles dans la ville et contrôlent à présent tous les principaux axes. La base des FACA (Forces armées centrafricaines) et la brigade de gendarmerie sont également sous contrôle de la Force ».
 
Les habitants qui avaient fui Bangassou suite aux attaques lancées le 3 janvier par des groupes rebelles contre la ville, ont commencé à revenir dans la ville, selon le Minusca.
 
Dans un tweet dimanche matin, le Premier ministre de la RCA, Ngrebada Firmin, a souligné qu’il y a eu des incidents de « pillage de Bangassou par les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) avant leur retrait » de la ville, dans la nuit de vendredi à samedi.
 
« Le gouvernement est résolu à mettre fin aux pillages de nos richesses et les biens de notre peuple », a-t-il souligné.
 
Le 19 décembre, une coalition de groupes armés avait lancé une offensive pour perturber les élections présidentielle et législatives et promis de «marcher sur Bangui».
 
Dans la nuit de mardi à mercredi, les rebelles qui étaient jusque-là tenus à distance de la capitale par les Casques bleus de l'ONU et les forces armées de Centrafrique (FACA), avaient tenté de prendre le contrôle de Bangui, mais ils ont été repoussés.
 
Le pouvoir traque les insurgés
L’ancien chef d’état-major des armées centrafricaines, le général à la retraite, Ludovic Ngaïféi a été arrêté à son domicile par des militaires lourdement armés de même que le père et le frère de Stève Yambete, un proche de l'ancien président François Bozizé, arrêtés, eux aussi chez eux, a-t-on appris de l’avocat du Général et de sources familiales, dimanche.
 
« Mon frère n’a pas été arrêté mais enlevé dans la nuit de vendredi aux environs de minuit. Des militaires lourdement armés sont entrés avec fracas chez lui. Ils l’ont emmené au Camp de Roux. Je demande que sa vie et son intégrité soient protégées. Mon frère n’est pas un rebelle. S’il voulait faire la rébellion, il serait rentré en brousse », a indiqué  Elie Ouefio, frère du Général Ludovic Ngaïféi.
 
Selon Karim Doundembi, avocat du Général Ludovic, son client a été arrêté et conduit à la Section de recherches et d’investigation (SRI) où il a été auditionné samedi en journée.
 
« Une procédure judiciaire a été ouverte mais aucune charge n’a été retenue contre lui. Sûrement lundi, nous serons mieux fixés sur sa situation », a-t-il précisé.
 
Pour rappel, c’est le 14 mars 2020 que le Général de division Ludovic Ngaïféi avait été limogé de l’armée par un décret présidentiel, puis placé en position hors cadre et remis à la Fonction publique de la Centrafrique pour emploi.
 
Après son limogeage de l’armée, le Général Ludovic a écrit un livre intitulé : « Quand la souffrance du peuple m’interpelle à plus d’un titre » où il a expliqué que la situation actuelle que traverse son pays est due à l’inaction du régime en place.
 
« De mon humble avis ce serait indécent d’aller battre campagne et faire des promesses non tenues déjà faites il y a bientôt cinq ans devant une population qui n’a que ses yeux pour pleurer et le ventre vide depuis longtemps : pitié, un peu de sens de l’humanisme », a souligné le Général Ludovic dans son ouvrage.
 
Dans la même nuit de vendredi, des forces de sécurité intérieure ont aussi procédé à l’arrestation du père et du frère de Stève Yambete, un ancien lieutenant de l’armée centrafricaine et un proche de François Bozizé.
 
« Mon mari et mon fils ont été interpellés dans notre domicile et conduits à une destination inconnue. Je ne comprends pas cet acharnement contre ma famille, peut-être à cause de nos liens avec Bozize », a indiqué Yambete Alice.

Un général français affirme que la Russie et la France "travaillent pour le même objectif"
Le général Jean-Pierre Perrin, commandant des forces françaises au Gabon, a condamné vendredi les violences en cours en République centrafricaine, notamment de l’aventure militaire » de François Bozizé, qui n’a « aucun avenir », ont rapporté des médias français.
 
Perrin s'est rendu mercredi en Centrafrique où il a rencontré notamment le président Faustin- Archange Touadéra, précise Radio France Internationale (RFI).
 
Le général Jean-Pierre Perrin s’est adressé à la presse vendredi 15 janvier, selon la même source.
 
Il a rappelé que la Centrafrique est engagée dans un processus électoral soutenu par les différents partenaires dont la France, rapporte le média français.
 
Répondant à la question de l’engagement de la France en Centrafrique, Perrin a déclaré : « Nous ne sommes pas dans la même situation qu’en 2013. En 2013, nous nous sommes engagés, c’était Sangaris. Vous savez ce que Sangaris a réussi à faire et a fait. Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans la même situation qu’en 2013, observe-t-il. On a quand même 11 000 hommes et un peu plus de la Minusca, Vous avez des partenaires bilatéraux de la Centrafrique, vous avez les Faca [Forces armées centrafricaines]. On n’est pas dans les mêmes conditions. »
 
« Donc, chacun apporte sa contribution en complémentarité les uns des autres, en coordination chaque fois que c’est possible. Et la situation n’est pas la même. Par ailleurs, il n’y a pas que le côté militaire. La France est quand même le premier partenaire bilatéral de la Centrafrique en termes d’investissements pour le développement. 
 
Le général Perrin a aussi précisé avoir rencontré le général russe Oleg Polguev, assurant que la Russie et la France en Centrafrique sont ensemble, travaillant pour le même objectif.
 

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