Syrie : 37 militaires du régime tués dans une attaque jihadiste dans l'Est du pays

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Au moins 37 militaires du régime ont été tués dans une embuscade massive de l'Etat islamique contre un convoi de trois bus transportant des soldats de la 4e division,  près de la localité de Shulah, sur la route Homs-Deir Ezzor. L'un des bus a été totalement détruit. Le convoi ramenait des soldats en permission de la région de Deir ez-Zor à celle de Homs à l'occasion des fêtes de fin d'année. 
 
C'est l'attaque la plus meurtrière de l'Etat islamique en Syrie depuis 2 ans 1/2 et le commandant de la 17e division, à laquelle appartenait les soldats, a juré de les venger. Les médias officiels ont confirmé le nombre élevé des victimes.
 
Malgré sa mise en déroute en mars 2019 avec la chute de son "califat", l'Etat islamique continue de lancer des attaques meurtrières en Syrie, notamment dans le vaste désert de la Badia qui s'étend de la province centrale de Homs jusqu'à celle de Deir ez-Zor, à la frontière avec l'Irak, où les jihadistes sévissent également. 
 
L'embuscade a pris pour cible des militaires de la quatrième division, une unité d'élite  de l'armée syrienne, particulièrement fidèle à Bachar al-Assad;  , a-t-il ajouté. Les jihadistes ont fait exploser des bombes en bord de route avant d'ouvrir le feu.
 
Au moins 37 militaires --dont huit officiers-- ont été tués et une dizaine blessés, certains se trouvant "dans un état critique", selon un bilan actualisé fourni par l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH). Deux autres bus transportant des militaires, qui faisaient partie du même convoi, ont réussi à s'échapper, selon l'OSDH. L'Etat islamique n'avait pas revendiqué dans l'immédiat cette attaque sur ses chaînes Telegram.
 
Combats dans le désert
Après avoir autoproclamé en 2014 un "califat" à cheval sur la Syrie et l'Irak, l'Etat islamique a enchaîné les défaites dans les deux pays avant de s'écrouler en mars 2019 en Syrie. Renouant avec la clandestinité, les jihadistes se sont engagés dans une guerre d'usure contre l'armée syrienne et ses alliées (notamment les milices iraniennes ou pro-Téhéran) mais aussi contre les forces kurdes, dans le Nord-Est, longtemps soutenues par Washington dans leur lutte contre Daech.
 
En avril, 27 combattants des forces du régime et de ses alliés avaient péri dans une attaque de l'Etat islamique  aux abords de la ville désertique d'Al-Soukhna (centre), contrôlée par l'armée syrienne. Ces derniers mois, la Badia a été le théâtre de combats féroces entre les jihadistes et les forces du régime, appuyées par des frappes aériennes de l'allié russe. Depuis mars 2019, ces affrontements ont coûté la vie à plus de 1.300 soldats syriens et miliciens pro-iraniens, ainsi qu'à plus de 600 jihadistes de l'Etat islamique, d'après un bilan de l'OSDH.
 
Dans ce pays en guerre depuis près d'une décennie, les combats ont toutefois largement baissé en intensité en 2020. Un cessez-le-feu a été adopté en mars dans le Nord-Ouest, où se trouve l'ultime grand bastion jihadiste et rebelle d'Edleb. L'émergence du nouveau coronavirus, qui mobilise les efforts des différentes autorités locales à travers une Syrie morcelée, a également participé à cette baisse. 
 
Le conflit syrien, déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, s'est complexifié au fil des ans avec l'implication d'une multitude de belligérants, la montée en puissance des jihadistes et l'intervention de puissances étrangères. Le régime de Bachar el-Assad, fort du soutien de la Russie et de l'Iran, a réussi ces dernières années à reprendre plus de 70% du territoire. La guerre a fait plus de 387.000 morts et des millions de déplacés.


Revendication de l'Etat Islamique :

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