Turquie : Arrestation du jihadiste français Clément Gillet recherché par Paris

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Les autorités turques ont arrêté un Français recherché par Paris et accusé de faire partie d'un groupe jihadiste francophone en Syrie, a annoncé lundi le ministère de la Défense turc.

"Un individu de nationalité française a été arrêté alors qu'il tentait de passer illégalement de Syrie en Turquie", a affirmé le ministère dans un communiqué, identifiant avec les initiales C.G le jihadiste présumé.

Une source sécuritaire française a indiqué à l'AFP qu'il s'agissait de Clément Gillet. Selon le Centre d'analyse du terrorisme (CAT), un think-tank spécialisé basé à Paris, ce converti à l'islam originaire de Bar-Le-Duc (est de la France) est âgé de 28 ans. Il est présent au Proche-Orient depuis 2017 et y aurait été grièvement blessé. Il faisait l'objet d'une notice rouge d'Interpol.

Les autorités turques ont précisé que l'individu faisait partie de Firqat al Ghuraba, le groupe jihadiste dirigé par le Français Oumar Diaby, alias Omar Omsen, soupçonné d'avoir convaincu de nombreux compatriotes de rejoindre la Syrie pendant les grandes heures du califat auto-proclamé du groupe Etat islamique (2014-2019).

Oumar Diaby avait été arrêté en août en Syrie par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS), lié à Al-Qaïda et qui contrôle la province d'Idleb (nord-ouest). Il y serait toujours détenu. Gillet a tenté d'entrer en Turquie sous une fausse identité, ont indiqué les autorités turques. Il est actuellement détenu au commissariat central de Reyhanli, dans le sud-est de la Turquie.

Dans les années qui ont suivi le début du conflit en Syrie, en 2011, la Turquie a été l'un des principaux points de transit des jihadistes cherchant à rejoindre ce pays en guerre. Longtemps accusée de "laisser faire, laisser passer", Ankara annonce désormais régulièrement l'arrestation de membres présumés de l'Etat islamique et d'autres jihadistes recherchés présents sur son territoire, en vertu d'un accord bilatéral appelé le "protocole Cazeneuve". L'accord prévoit notamment qu'Ankara alerte Paris avant chaque expulsion. Des agents français sont alors envoyés en Turquie pour accompagner les ressortissants français pendant le voyage. Arrivés en France, les jihadistes présumés sont placés directement en garde à vue, ou envoyés devant un juge si un mandat d'arrêt est délivré à leur encontre.

"On parle beaucoup de la menace endogène mais la menace projetée reste réelle", a déclaré à l'AFP Jean-Charles Brisard, directeur du CAT, évoquant quelque 300 Français éparpillés "dans la nature" au Levant, dont certains pourraient être tentés de revenir frapper le territoire national. "Ils ne sont pas gênés par les offensives de la coalition, c'est le moins qu'on puisse dire".

Les opérations de la coalition internationale en Syrie ont été très perturbées en 2020, notamment par le désengagement américain lié aux tensions très fortes entre Washington et Téhéran, mais aussi par la crise sanitaire mondiale.

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