Libye: Les représentants des deux chambres adverses promettent de mettre fin à leurs divisions

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Les 123 députés des deux chambres des représentants de la Libye, qui ont participé au sommet de Tanger, au Maroc, ont prêté serment de mettre fin aux divisions à l'intérieur du pays, en commençant par la convocation d'une seule session parlementaire, le 28 novembre, pour créer un organe législatif unique.

Les 123 participants ont également convenu de tenir des élections législatives pour achever la transition dans les meilleurs délais et de convoquer une seule session en présence de la Chambre des représentants dès leur retour en Libye depuis le Maroc. La session aura lieu à Ghadames, une ville oasis située près de la frontière libyenne avec l'Algérie et la Tunisie, loin des centres de pouvoir en Libye, mais la date officielle n'a pas encore été décidée.

Lors de la réunion de Tanger, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a déclaré que le fait d'avoir 123 députés libyens assis à la même table était déjà un succès en soi. Pour Bourita, la Libye a besoin d'une Chambre des représentants pour jouer son rôle et une prochaine réunion en Libye aura un impact important sur le dialogue politique entre les parties.

À l'heure actuelle, en Libye, il y a deux organes parlementaires, l'un à Tobrouk et l'autre à Tripoli. À l'origine, une seule Chambre des représentants avait été formée à la suite des dernières élections législatives en Libye, qui ont eu lieu le 25 juin 2014, pour remplacer le Congrès général national. Cependant, la Cour suprême constitutionnelle de Libye avait invalidé les élections, notamment en raison de la faible participation des électeurs et ordonné la dissolution de la chambre. De nombreux élus n'ont pas accepté cette décision et ont décidé de transférer la Chambre des représentants de Tripoli à Tobrouk. Un Congrès Général National a cependant été établi dans la capitale, puis dissous en 2016. Le 17 décembre 2015, les deux institutions concurrentes avaient signé les accords de Skhirat, au Maroc, se mettant d’accord pour établir le Gouvernement d’Accord National (GNA) et le Conseil présidentiel. Cependant, malgré plusieurs négociations successives, aucune solution n'a été trouvée pour organiser de nouvelles élections législatives et, à l'expiration des accords de Skhirat, le 17 décembre 2017, les positions sont restées figées et le pays s’est retrouvé divisé entre deux pouvoirs, l’un à Tobrouk et l’autre à Tripoli. 

La nouvelle Chambre des représentants, résultat de l’accord de Tanger serait composée de 180 membres répartis en deux groupes, l'un basé à Tripoli, fief du et dirigé par le Premier ministre Fayez al-Sarraj, et l'autre basé à Tobrouk sous la direction d’Aguila Saleh.

La rencontre de Tanger était l'une des initiatives en cours pour mettre fin au conflit et à la reconstruction de la Libye. 

Un cessez-le-feu est actuellement en cours. Il avait été annoncé le 21 août dernier par al-Sarraj et Saleh, puis officialisé par la signature d'un accord de cessez-le-feu permanent dans toute la Libye le 23 octobre. L'accord a été conclu à la suite d'une réunion entre les délégations libyennes rivales, à savoir l'Armée nationale libyenne (ANL) proche des institutions de Tobrouk et le GNA, qui se sont réunies à Genève dans le cadre du Comité militaire mixte 5 + 5 du 19 octobre précédent. Outre les négociations entre les parties pour une résolution politique du conflit en Libye, des dialogues sont également en cours pour donner au pays une nouvelle structure politique et c’est dans ce contexte que les parties sont parvenues à un accord pour organiser les prochaines élections dans le pays le 24 décembre 2021. L’accord a été conclu le 13 novembre 2020 à l'occasion du « Forum de dialogue politique», qui a débuté le 9 novembre précédent, à Tunis, entre 75 représentants des différentes composantes de la population libyenne, sous l'égide de l'ONU.

Rappelons que la Libye est le théâtre d'une longue guerre civile qui a débuté le 15 février 2011, qui a été suivie, en octobre de la même année, par la chute du régime dictatorial de Mouammar Kadhafi. Depuis, le pays n'a jamais réussi à réaliser une transition démocratique et s’est retrouvé entre deux administrations rivales, celle de la Chambre des représentants de Tobrouk et celle du GNA de Tripoli et, au niveau militaire, un affrontement entre les milices liées au GNA et l’Armée Nationale Libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar.

Le GNA d'al-Sarraj est le gouvernement libyen officiellement reconnu par l'ONU. Il est né le 17 décembre 2015 avec les accords de Skhirat et a été formellement soutenu par l'Italie, le Qatar et la Turquie. Les forces de l'ANL qui sont proches du gouvernement de Tobrouk, contrôlent l'est de la Libye. Au niveau international, elles sont soutenues par l'Égypte, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie, la France et la Russie.

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