France : Le monde musulman contre le président français

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Les actions et mouvements de protestation contre le président français, Emmanuel Macron, continuent d'affecter plusieurs pays musulmans. En Turquie, quatre parties ont signé une déclaration commune de condamnation, tandis que l'Égypte semble se trouver dans une position délicate.

Le chef de l'Etat français, en plus d'avoir promis de lutter contre le «séparatisme islamique», a défini l'islam comme une religion «en crise» dans le monde entier et a manifesté son soutien à la liberté d'expression, inclue la liberté de blasphémer. Cela a alimenté une campagne sur les réseaux sociaux appelant au boycott des produits français, en particulier des produits alimentaires, dans les supermarchés des pays arabes et en Turquie. Les hashtags tels que #BoycottFrenchProducts et #NeverTheProphet sont largement diffusés par les ressortissants des États tels que le Koweït, le Qatar, la Palestine, l'Égypte, l'Algérie, la Jordanie, l'Arabie saoudite et la Turquie, qui ont ouvertement condamné les déclarations de Macron , jugées offensantes.

Comme l'a rapporté al-Jazeera le 28 octobre, les mouvements de protestation anti-français ne semblent pas prêts de se calmer. Même en Malaisie, des partis et des organisations non gouvernementales ont lancé une campagne visant à boycotter les produits français, appelant le président français à cesser de parler de «terrorisme islamique» et à étudier les vraies valeurs de l'islam.

Le 27 octobre, le Parlement turc a approuvé une note de protestation, présentée par le président de l'assemblée Mustafa Shantoub, dans laquelle les déclarations de Macron ont été condamnées, les considérant comme une insulte contre l'islam et la communauté musulmane.

En parallèle, quatre partis turcs, dont le Parti de la justice et du développement, dont le chef est le président Recep Tayyip Erdogan, ont appelé les leaders d'opinion, les politiciens et les artistes occidentaux à prendre position contre ce que l'on a qualifié de déclarations provocantes et offensantes. envers l'islam et le prophète Mahomet. Les parties d'Ankara ont mis en garde contre d'éventuelles répercussions au niveau international et le risque d'éventuels conflits qui affecteraient négativement et profondément les fidèles de toutes les religions.

La Jordanie et la Cisjordanie, le 27 octobre, ont été témoins de mouvements de protestation. Des groupes de manifestants ont brûlé des photos du président Macron, scandant des slogans contre la France et son chef d'État. Le secrétaire général du Front d'action islamique, bras politique des Frères musulmans en Jordanie, Murad Al-Adaileh, a déclaré lors du sit-in: "Nous demandons au gouvernement français des excuses officielles et immédiates pour avoir offensé le Messager de Dieu", ajoutant que «la rhétorique raciste haineuse menée par Macron peut conduire à une guerre de religion si elle n'est pas arrêtée (…) C'est Macron qui crée l'extrémisme et le nourrit, et mène une guerre raciste contre la nation arabe et islamique».

Al-Jazeera rapporte également que les médias égyptiens se sont retrouvés face à une situation délicate, compte tenu de la proximité du Caire avec l'allié français et de son opposition à la Turquie sur diverses questions régionales, la Libye en premier lieu. Les médias affiliés au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, rapporte al-Jazeera, ont montré de la confusion en traitant la question du boycott des produits français. D'une part, la population égyptienne s'est montrée solidaire de la communauté musulmane, condamnant les tentatives d'offenser la religion et son prophète. D'un autre côté, la campagne de boycott a surtout été liée aux Frères musulmans et au président Erdogan. Contrairement à ce qui s'est passé dans d'autres pays, il n'y a pas eu de mobilisation particulière dans les rues égyptiennes et les médias sociaux égyptiens ont été témoins d'une «contre-campagne» pour boycotter les produits turcs. Enfin, aucune condamnation officielle des déclarations de Macron n'a été exprimée depuis le Caire.

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