Syrie : Les forces turques évacuent une position encerclée par le régime

Imprimer

Les forces turques ont commencé mardi 20 octobre à se retirer d'un important poste d'observation dans le nord-ouest de la Syrie, encerclé depuis plus d'un an par le régime syrien à la faveur d'une offensive, ont rapporté une ONG et un correspondant de l'AFP.

Parrain traditionnel de certains groupes insurgés dans la province d'Edleb, ultime grand bastion jihadiste et rebelle de Syrie, la Turquie avait déployé des troupes dans le nord-ouest syrien notamment sur 12 postes d'observation instaurés depuis septembre 2018.

Plusieurs de ces positions turques s'étaient retrouvées de facto encerclées par les forces gouvernementales quand celles-ci ont conquis de vastes pans de la province d'Edleb et de la région voisine de Hama, à la faveur d'offensives meurtrières et dévastatrices successives.

Le poste d'observation de Morek, situé dans le nord de Hama, est ainsi encerclé depuis août 2019.

"Après minuit, les forces turques ont commencé à évacuer Morek, et ce matin un convoi important a quitté" le secteur, a indiqué à l'AFP un commandant des factions rebelles proturques.

Selon ce commandant, ces forces vont rallier d'autres positions turques dans le sud de la province d'Edleb, où un correspondant de l'AFP a observé un renforcement des mesures de sécurité de la part des rebelles et de l'armée turque.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé le début du retrait de Morek dans la nuit, précisant que deux autres postes turcs également encerclés pourraient être évacués.

Ankara n'a pas officiellement commenté ce retrait. Par le passé, les plus hauts responsables turcs avaient martelé leur détermination à maintenir les postes d'observation, même encerclés.

Des combats sporadiques continuent de secouer la province d'Edleb et les territoires adjacents, en dépit d'un cessez-le-feu adopté en mars 2020, après une énième offensive du régime relancée en décembre 2019 contre les jihadistes et les rebelles.

Ces derniers contrôlent près de la moitié de la province d'Edleb, mais aussi des pans de territoires dans les régions voisines de Lattaquié, Hama et Alep.

Il se peut que l'évacuation de l'armée turque des postes militaires encerclés soit motivée par la crainte d'Ankara d'une possible offensive de l'armée syrienne épaulée par l'armée de l'air russe, Moscou étant de plus en plus sur une voie de confrontation avec Ankara.

Les commentaires sont fermés.