Liban : Plusieurs blessés dans des violences entre manifestants et forces de l'ordre dans le centre-ville, jeudi soir 5 août

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Des dizaines de manifestants qui manifestaient jeudi dans le centre-ville pour condamner les autorités, qu'ils jugent responsables de la double explosion qui a ravagé Beyrouth il y a deux jours, ont été dispersés à coups de gaz lacrymogène par les forces de l'ordre. Des violences ont ensuite éclaté dans les rues de la capitale entre les forces de l'ordre et les contestataires, faisant plusieurs blessés dans les rangs de ces derniers, selon l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle).
Selon des informations de la chaîne locale d'informations LBCI, les forces de sécurité ont tenté de disperser des rassemblements de manifestants, qui réclamaient notamment la démission du gouvernement de Hassane Diab, devant le Parlement libanais, ce qui a provoqué des violences.
Sur des images diffusées notamment par le groupe Facebook Akhbar al-Saha, qui relaie les activités du mouvement de contestation, on peut voir les protestataires scander des slogans révolutionnaires, face à un important déploiement de unités de la force anti-émeute. Dans une autre vidéo, les contestataires sont dispersés dans une des rues du centre-ville, certains lançant des projectiles en direction des policiers, d'autres vidant des poubelles au milieu de la rue.
La rue de la municipalité de Beyrouth a été fermée, peu avant minuit, par un barrage de pneus et de débris enflammés.
Appels à manifester samedi, des activistes érigent une potence sur la place des Martyrs
Des activistes réclamant que les responsables de la double explosion qui a ravagé Beyrouth mardi rendent des comptes ont érigé vendredi une potence sur la place des Martyrs, dans le centre-ville de la capitale, alors que des appels circulent sur les réseaux sociaux à une manifestation anti-gouvernementale, samedi, sous le thème "Pendez-les".
Sur les réseaux sociaux, des appels à un grand rassemblement dans le centre-ville de Beyrouth circulent depuis plusieurs jours. L'un d'eux, intitulé "Dressez les potence", donne rendez-vous aux contestataires à 17h.
La déflagration de mardi, d'une puissance inouïe, la plus dévastatrice vécue par le Liban, a alimenté la colère de la population, qui avait déclenché en octobre 2019 un vaste mouvement de protestation contre la classe dirigeante. L'indignation est d'autant plus grande que le gouvernement s'est avéré incapable de justifier la présence du nitrate d'ammonium au port "sans mesures de précaution" de l'aveu même du Premier ministre Hassane Diab.

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