Mali : El-Qaëda revendique l'attaque qui a tué un hussard parachutiste français

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Dans une déclaration publiée en ligne plus tôt dans la journée du jeudi 30 juillet, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), affilié à al-Qaïda, a pris la responsabilité de l'attaque suicide contre les troupes françaises dans le nord du Mali la semaine dernière. Un soldat français avait été tué dans l'attaque.
La déclaration du GSIM affirme que «les moudjahidines ont frappé la base française dans la région de Gossi [dans la région de Tombouctou au Mali] le 23 juillet». Le groupe djihadiste poursuit en ajoutant que «deux véhicules explosifs avaient été utilisés dans le raid».
Le GSIM explique que deux voitures suicide ont explosé à l’entrée de la base, tandis qu'une troisième réussissait à exploser à l’intérieur du camp. Selon la branche d'al-Qaïda, des mortiers ont ensuite été tirés sur l'enceinte avant qu'une équipe d'assaut de deux autres djihadistes se lancent à l'assaut.
Le raid du 23 juillet à Gossi a été confirmé par l'armée française à l'époque, bien que la déclaration officielle du ministère français de la Défense diffère grandement de la version des événements telle que l'explique le GSIM.
L'armée française a confirmé qu'un soldat avait été tué dans l'attaque, mais cela est intervenu après qu'une patrouille de reconnaissance dans la région de Gossi ait essuyé des tirs et que son véhicule ait été touché par une voiture piégée . Deux autres soldats avaient également été blessés dans l'explosion .
Des affrontements entre les forces françaises et les djihadistes ont alors éclaté. Des informations supplémentaires de France 24 ont également confirmé que les affrontements avaient eu lieu en dehors de la base militaire de Gossi.
En ce qui concerne la présence de deux autres véhicules suicide, cette présence n'a été confirmée ni par les reportages locaux ni par la déclaration militaire française.
La zone proche de Gossi a connu une importante activité militaire française ces derniers mois. En avril, un légionnaire étranger français a été tué par un engin piégé dans les régions frontalières entre le Mali et le Burkina Faso . En mai, un autre légionnaire a été tué dans la même région .
L'attaque de la semaine dernière marque également le premier attentat suicide de GSIM cette année. Si le groupe djihadiste a mené plusieurs raids sur des bases militaires maliennes depuis janvier, il a néanmoins fait un usage modéré de cette tactique.
Par exemple, le mois dernier, le GSIM a tué au moins 20 soldats maliens lors d'une attaque contre une base près de Sokolo dans la région centrale de Ségou au Mali. En mars, au moins 29 soldats maliens ont été tués à Tarkint dans la région de Gao. Et en avril, 25 autres soldats ont été tués à Bamba également dans la région de Gao.
Aucun de ces cas n'a vu l'utilisation de voitures piégées.
Le GSIM continue de constituer une menace sérieuse non seulement pour la sécurité malienne, mais aussi pour la situation sécuritaire globale au Sahel. Malgré une mission antiterroriste dirigée par la France, des troupes du G5 Sahel et une force de maintien de la paix des Nations Unies, Al-Qaïda conserve toujours la capacité d'opérer ouvertement à l'intérieur du Mali et de la région au sens large.
GSIM
Le GSIM est dirigé par Iyad Ag Ghaly, un membre de la tribu touareg des Ifoghas, originaire de Kidal (nord du Mali), incontournable depuis plusieurs décennies sur l'échiquier sahélien, d'abord à la tête d'une rébellion touareg dans les années 1990, puis en tant que chef de groupes islamistes armés. Il est aujourd'hui le représentant au Sahel du chef suprême d'el-Qaëda, Ayman Zawahiri. L'armée française avait annoncé la semaine dernière la mort d'un parachutiste, survenue lorsque "son engin blindé avait sauté au contact d'un véhicule suicide chargé d'explosifs", au cours d'une mission de reconnaissance.
Barkhane
L'opération française antijihadiste au Sahel, Barkhane, compte autour de 5.100 soldats. Ces derniers mois, l'armée française et celles des pays du G5 Sahel ont multiplié les offensives dans la région, en particulier dans la zone dite des "trois frontières" entre Mali, Niger et Burkina Faso. Paris a revendiqué la "neutralisation" de plusieurs dizaines de jihadistes au total, dont en juin l'émir d'el-Qaëda au Maghreb islamique (Aqmi), l'Algérien Abdelmalek Droukdal, figure du jihadisme dans la région depuis 20 ans.

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