Irak : Un manifestant tué à Bagdad, le troisième en deux jours

Imprimer

Un manifestant a succombé mardi à ses blessures après avoir été touché à la tête par une grenade lacrymogène lors de heurts nocturnes avec les forces de l'ordre sur la place Tahrir de Bagdad, ont indiqué des sources médicales et policières, le troisième en deux jours.
Dans la nuit de dimanche à lundi, deux manifestants avaient déjà été atteints au visage par des grenades lacrymogènes, les premiers protestataires morts depuis la nomination du gouvernement de Moustafa al-Kazimi il y a moins de trois mois. M. Kazimi est arrivé au pouvoir parce que son prédécesseur, Adel Abdel Mahdi, a été poussé vers la sortie par la classe politique, déterminée à se maintenir coûte que coûte face à une révolte populaire inédite réprimée dans le sang.
Depuis octobre 2019, le mouvement dénonçant la corruption et réclamant emplois et services fonctionnels déplore plus de 550 morts, 30.000 blessés et des dizaines de militants assassinés ou enlevés. M. Kadhimi a promis la lumière sur toutes ces violences et il s'est de nouveau engagé lundi soir à préserver le "droit légitime" de manifester après la mort de deux hommes.
Mais quelques heures plus tard, de nouveau, les forces de l'ordre tiraient des grenades lacrymogènes pour disperser des dizaines d'Irakiens à bout, excédés par les coupures d'électricité qui les privent de courant – et donc de ventilation – dans l'un des pays les plus chauds au monde. "Un manifestant, touché à la tête et au torse par une grenade lacrymogène tirée directement sur lui, a succombé à ses blessures après avoir été admis en soins intensifs", a indiqué un médecin à l'AFP.
Treize autres manifestants ont été blessés dans la nuit, ont précisé des sources médicales. Les défenseurs des droits humains avaient déjà accusé les autorités sous M. Abdel Mahdi d'utiliser des grenades lacrymogènes dix fois plus lourdes qu'ailleurs dans le monde pour viser des manifestants au visage.
L'Irak traverse la pire crise économique de son histoire récente: l'austérité s'annonce rigoureuse alors même que le prix du pétrole – unique source de devises du pays – ne cesse de baisser. Les Irakiens ne cessent de dénoncer des hôpitaux publics incapables de gérer la crise du nouveau coronavirus, alors que le nombre de cas a dépassé les 112.000 dans le pays, dont près de 4.500 morts.

Les commentaires sont fermés.